Thursday, 26th August 2010

L’Algérie, un géant aux pieds d’argile

Publié le 04. nov, 2009 par Kharroubi Habib - journaliste algerien dans la catégorie A la une

AlgérieSelon les statistiques de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), l’Algérie est le 42e exportateur mondial et le 56e importateur. Doit-on se réjouir que notre pays soit dans le peloton de tête pour ces deux raisons ? Certainement pas. Car, dans le premier cas, son classement l’Algérie ne le doit qu’à ses hydrocarbures qui constituent plus de 90% de ce qu’elle exporte, et, dans le second, au volume de ses importations qui est la preuve de l’insignifiance de ses capacités propres à répondre aux besoins multiformes de son marché intérieur. Il n’y a pas lieu par conséquent de pousser de «cocorico» triomphaliste, comme l’a fait notre télévision nationale qui, une fois n’est pas coutume, a aussitôt répercuté le classement dont l’OMC a gratifié le pays, mais en faisant tout de même l’impasse sur celui concernant ses importations.

Il y aurait eu de quoi se réjouir que l’Algérie soit dans le «top» cinquante des plus grands exportateurs, si la performance était due à des productions industrielles et agroalimentaires, dont les qualités et les quantités font qu’elle se taille une place enviable dans le circuit commercial mondial. Avec des exportations hors hydrocarbures qui peinent à atteindre la modique et pour tout dire insignifiante valeur de deux milliards de dollars l’an, le pays est en réalité inexistant dans le circuit international des échanges. Même le paramètre des services, comme l’ensemble des activités des transports, des voyages et autres services commerciaux, que l’Organisation mondiale du commerce (OMC) intègre dans les statistiques ayant été la base de son classement, ne réduit pas de beaucoup la prépondérance des hydrocarbures dans les exportations de notre pays.

Etre également dans le peloton de tête des pays importateurs n’est pas aussi motif à satisfaction pour notre pays. Car cela dénote tout simplement qu’il consacre l’essentiel des recettes financières que lui procurent ses exportations à nourrir sa population et à satisfaire ses autres besoins. En tant que pays importateur, il aurait été beaucoup plus valorisant que l’Algérie soit située dans les profondeurs du tableau. Car cela aurait signifié qu’elle dispose de capacités substantielles à répondre à une partie de ses besoins internes.

Les deux classements dont il est question sont les révélateurs de la problématique à laquelle l’Algérie est confrontée. Celle de sa dépendance à l’exclusive exportation de ses ressources d’hydrocarbures. Le mal est pourtant connu. Manque la stratégie qu’il faut mettre en oeuvre pour en avoir. Celle dont il est question dams le discours officiel peut constituer la solution. Il n’est pas certain qu’elle fasse l’unanimité, voire consensus dans la classe dirigeante en charge des affaires de la nation. D’où la valse d’hésitations, d’allers-retours et de «bricolages» dans sa mise en application.

Subsidiairement, nous ferons remarquer que l’ENTV s’est gardée de répercuter l’autre classement international rendu public au même moment que celui fait par l’OMC. Lequel met la meilleure université algérienne, celle de Bel-Abbès, au 4116e rang dans le monde. Ce qui, il est vrai, n’est pas du tout valorisant pour notre système universitaire.

Kharroubi Habib

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