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Une femme sur deux a recours une fois dans sa vie à l’avortement
Publié le 28. sept, 2009 par La Rédaction dans la catégorie Santé
Plus de 40% des femmes ont recours une fois dans leur vie à l’avortement, soit près d’une femme sur deux. Selon une étude de l’Institut national d’études démographiques (Ined) sur les chiffres de l’avortement en France, plus de 200.000 interruptions volontaires de grossesse (IVG) y sont pratiquées chaque année.
Selon cette même étude, 12.000 avortements concernent des mineures et 75 % les moins de 35 ans. Il est également observé que les IVG médicamenteuses sont en constante augmentation.
Il est évident que « la légalisation de l’avortement n’a pas eu d’impact démographique ». Pourtant en deux ans et demi, sur la période d’août 1973 à janvier 1976 correspondant à la légalisation de l’avortement, le taux de fécondité est passé de 2,36 à 1,8 enfants par femme (-24%).
La généralisation de la contraception n’a pas fait diminuer le nombre d’avortements mais a fait diminuer le nombre de grossesses non prévues de 46% en 1975 à 33% en 2004. Par contre le nombre d’avortements par grossesse non prévue a augmenté de 41 à 60% sur la même période.
L’étude explique que les femmes utilisant une contraception sont les plus résolues à dominer leur fécondité et donc avortent plus souvent lorsqu’une grossesse est non conforme à leur projet.
Le consentement du père a également été étudié. Lorsque la relation de couple est stable, les pères sont informés de l’avortement dans 97% des cas et sont d’accord à 80%. Si la relation est instable ou terminée, 83% des pères sont informés et sont d’accord dans seulement 56% des cas.
Ce qui a baissé le plus certainement est l’envie réelle d’enfant. Il doit être désiré et sa venue est conditionnée par les autres projets du couple : études, parcours professionnels, vie sentimentale. Cette tendance lourde est soutenue par « une pression sociale forte à avorter » explique Chantal Blayot, professeur de démographie à l’université Montesquieu-Bordeau IV. Le contexte social n’est pas favorable aux familles nombreuses » à la première naissance, on félicite les parents ; à la troisième on leur demande si ils ont bien réfléchi… »
L’Inpes et le ministère de la santé et des sports lancent une campagne pour remobiliser les 18-30 ans autour de la contraception. L’objectif de cette campagne est à la fois de favoriser le dialogue au sein du couple, de poursuivre la lutte contre les idées reçues et également de promouvoir la diversité de l’offre contraceptive. L’accent est donc mis sur l’implication des hommes autour de cet enjeu qui concerne le couple et pas uniquement la femme.
Une mise en scène humoristique pour inciter au dialogue
Deux spots TV de 30 secondes avec pour signature « Faut-il que les hommes tombent enceintes pour que la contraception nous concerne tous ? » montrent des hommes vivant des situations auxquelles seules les femmes peuvent être confrontées : retard des règles, utilisation d’un test de grossesse…
La mise en scène « d’hommes enceintes » permet de capter l’attention des hommes sur le mode de l’autodérision tout en interpellant les femmes. Chacun est ainsi encouragé à prendre ses responsabilités.
Ces spots seront diffusés du 14 septembre au 5 octobre sur TF1, M6 et sur les chaînes du câble et du satellites (W9, Canal+ Sport, Comédie, Eurosport, I Télé, MCM, MTV, NRJ12, Téva, et Virgin 17… ).
Reprenant le même principe créatif que les films TV, trois spots radio de 30 secondes mettent en scène un homme qui se confie à l’un de ses proches. La réaction de la personne amplifie l’aspect humoristique de la scène ; ainsi un père dit à son fils : « Combien de fois t’ai-je dit de te méfier des filles de ton âge, hein ? Mais monsieur se croit plus malin que les autres ». Faisant suite à l’annonce de la grossesse, un ami répond : « Et tu sais qui est la mère au moins ? ».
Ces spots seront diffusés à partir du 19 septembre durant 3 semaines, sur les stations jeunes et généralistes (Virgin Radio, Fun Radio, NRJ, RTL 2, Skyrock, Le Mouv’). Sources : communiqué conjoint de l’Inpes et du Ministère de la Santé et l’étude de l’Ined

D’où viennent donc ces informations erronées sur les délais légaux (semaines de grossesse) du recours à l’IVG en Europe ? Dans le graphique, on mélange semaines d’aménorrhées (du 1er jour des dernières règles) et semaines depuis la fécondation. Si on prend les semaines d’aménorrhées pour tous les pays, la situation est la suivante:
France, Allemagne, Belgique : 14 semaines d’aménorrhée (ensuite interruption thérapeutique possible)
Suisse, Norvège, Danemark, Grèce : 12 semaines d’aménorrhée (ensuite interruption thérapeutique possible)
Italie : 90 jours d’aménorrhée (ensuite interruption thérapeutique possible)
Autriche : 16 semaines d’aménorrhée (ensuite interruption thérapeutique possible)
Suède : 18 semaines d’aménorrhée (ensuite interruption thérapeutique possible)
Pays-Bas : 24 semaines d’aménorrhée
Grande-Bretagne et Espagne : indication médico-sociale (pas d’IVG à la demande de la femme) jusqu’à 24 semaines d’aménorrhée et au-delà lorsqu’il y a malformation foetale grave ou danger de mort pour la femme en GB, sans délai fixe en Espagne.