Sri Lanka : l’ONU demande 165 millions pour rapatrier les déplacés
LA FIFA premier comptable
Publié le 15. nov, 2009 par Kharroubi Habib - journaliste algerien dans la catégorie Football
L’agression contre le bus transportant l’équipe nationale algérienne et son encadrement a été dûment constatée et confirmée par des représentants mandatés de la FIFA. Lesquels ont également témoigné que des passagers du bus, dont les joueurs Lemmouchia, Halliche et Saïfi, ont été blessés en précisant que leurs blessures ne sont pas superficielles.
Le code disciplinaire de la FIFA prévoit, en cas d’infraction grave, ce qui était manifestement le cas de l’incident du Caire, le déroulement de la rencontre sur terrain neutre et d’autres sanctions contre la partie reconnue responsable. Et la FIFA s’est contentée de demander à la Fédération égyptienne de football «des garanties officielles écrites pour qu’aucun incident ne se produise avant, pendant et après le match».
Nous ne prendrons pas le raccourci d’accuser la FIFA d’avoir mollement réagi à l’agression perpétrée contre l’équipe algérienne, sous influence de la Fédération égyptienne. Il est plus probable que ses responsables se sont laissés aller à minimiser la gravité de la situation créée par l’hystérie que la rencontre suscite. Le passage à l’acte contre la délégation algérienne en plein centre de la capitale égyptienne est pourtant la preuve que des «zinzins» sont déterminés à transformer la rencontre sportive en une occasion de «casser de l’Algérien».
Cet article étant rédigé avant le match, l’on ne peut se baser sur la manière dont il s’est déroulé. Dans tous les cas, nous persisterons à considérer que la FIFA a commis une faute en se limitant uniquement à demander à la FEF des «garanties écrites». Car ce faisant, c’est elle qui assumera au premier chef la responsabilité d’éventuels incidents qui se produiront malgré ces «garanties écrites».
En d’autres circonstances et pour des incidents moins graves que celui du caillassage du bus de notre équipe nationale, la FIFA de M. Blatter (le match Egypte-Zambie de 93 par exemple) s’est montrée moins timorée en faisant application avec rigueur de son code disciplinaire. La FIFA se serait honorée si elle avait contribué à faire baisser la tension dramatique qui entoure la rencontre du Caire. En la délocalisant par exemple en terrain neutre. Elle a pris le risque de faire confiance aux autorités égyptiennes. Lesquelles ont contribué insidieusement et par calcul politicien à enflammer et au-delà de toute limite le sentiment anti-algérien des supporters égyptiens.
Il y a dans les instances dirigeantes de la FIFA des membres et responsables qui ne seraient pas navrés que la rencontre Egypte-Algérie se solde par des affrontements fratricides. L’arabophobie dans ces sphères et dans d’autres n’est pas qu’une vue de l’esprit. Elle existe et ceux qui en sont atteints se délecteront de l’éventuel lamentable spectacle d’une «lutte à mort», au vrai sens du terme, entre frères arabes. Alors, quelques Algériens blessés par agression avant le match n’est pas pour eux une raison irrécusable d’empêcher le spectacle d’aller au terme qu’ils voudraient le voir atteindre.
Kharroubi Habib
