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Zimbabwe : mise en cause du juge chargé du dossier Bennet

Posted on 13 novembre 2009 (0)

MugabeAu Zimbabwe, les avocats de la partie civile ont demandé au président du tribunal chargé du dossier Roy Bennet de démissionner en raison de son parti pris supposé en faveur de l’accusation.

Maître Béatrice Mtetwa a indiqué jeudi que le juge Chinembiri Bhunu avait fait des commentaires à l’occasion d’un cas similaire en 2006, donnant à penser qu’il partage le point de vue du parquet. Pour rappel, le prévenu, qui est proche du premier ministre Morgan Tsvangirai, est poursuivi pour terrorisme et trafic d’armes. L’affaire Roy Bennet est l’un des facteurs ayant empoisonné la cohabitation au sein du gouvernement d’union nationale.

Ancien fermier blanc de 52 ans, Roy Bennett avait été arrêté le 13 février, jour de la prestation de serment du gouvernement d’union formé par M. Tsvangirai et le président Robert Mugabe, dont il devait faire partie en tant que vice-ministre de l’Agriculture. Après de longues procédures judiciaires, Roy Bennett avait été inculpé pour terrorisme, sabotage et banditisme et libéré sous caution début mars.
Son poste au gouvernement est resté vacant jusqu’à présent.

Nucléaire : le « oui, mais… » de Téhéran à l’AIEA

Posted on 30 octobre 2009 (0)

0L’Iran a donné sa réponse initiale au plan onusien de faire enrichir son uranium à l’étranger. Celle-ci n’a pas été rendue publique, mais Téhéran semble avoir posé quelques conditions à ce plan.

Le représentant de l’Iran auprès de l’Agence internationale de l’énergie atomique – l’AIEA – dit que son pays a adopté une approche positive concernant les pourparlers sur l’enrichissement de l’uranium. Dans une interview diffusée par une chaîne de télévision iranienne, Ali Asghar Soltanieh semble toutefois minimiser la portée des discussions actuelles et laisse entendre que d’autres pourparlers sont nécessaires.

« Lors d’une telle réunion, qui est essentiellement une discussion technique entre l’Iran et AIEA, les préoccupations techniques et économiques doivent être prises en considération lorsqu’il s’agit des modalités de fourniture de combustible », a-t-il déclaré.

Ces allusions de Soltanieh semble renforcer les informations selon lesquelles l’Iran cherche à poser des conditions au plan original. L’AIEA veut que l’Iran envoie la plupart de ses réserves d’uranium en Russie pour être enrichie à 20%, un degré suffisant pour des besoins énergétiques mais pour des armes nucléaires.

Cet uranium enrichi devra ensuite être expédié en France pour être transformé en crayons ou plaques nucléaires, puis retourné en Iran d’ici la fin de l’année.Selon les médias iraniens, Téhéran veut bien envoyer son uranium à l’étranger, mais de manière graduelle. L’Iran se plaint, par ailleurs, du rôle de la France dans ce processus. Paris, on s’en souvient, avait pris une position particulièrement ferme vis-à-vis du programme nucléaire iranien.

Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a assuré, de son côté, que son pays coopèrera avec l’AIEA. Toutefois, il a souligné que l’Iran ne renoncera pas à ce qu’il a appelé « ses droits nucléaires. »

Côte d’Ivoire : violation de l’embargo sur les armes

Posted on 28 octobre 2009 (0)

Gbagbo_ferkeL’Afrique était un dépotoir. Elle reste de nos jours un champ d’expérimentation et un terrain idéal pour trafiquants d’armes. Les exemples sont légion. Dernier en date, l’Angolagate, le nom donné à un trafic d’armes dans les années 90 à destination de l’Angola. Cette affaire, qui a connu son épilogue devant le tribunal de Paris mardi dernier et dite « affaire Falcone-Mitterrand-Gaydimak », a, pour la première fois, révélé au grand jour les liens occultes et quasiment maffieux entre marchands d’armes et milieux politiques.

Les deux principaux protagonistes de ce trafic juteux (environ 400 milliards de nos francs) que sont Arcadi Gaydamak et Pierre Falcone ont été condamnés chacun à six ans de prison ferme et les autres personnes incriminées écopent de peines moins lourdes assorties d’amendes de plusieurs milliers d’euros.

Dire que l’Afrique demeure une aubaine pour trafiquants d’armes de toute sorte, c’est trahir un secret de polichinelle. Cela tient d’autant plus de la lapalissade que pendant que mardi dernier l’Angolagate connaissait son dénouement judiciaire, les Nations unies décidaient de pointer un doigt accusateur sur les responsables de trafic d’armes en Côte d’Ivoire.

En 2005, en pleine crise politico-militaire, les Nations unies avaient décrété un embargo sur les armes à destination du pays du président Félix Houphouët -Boigny. Pour le groupe d’experts mandatés par le Conseil de sécurité pour enquêter sur ce trafic, « cet embargo est régulièrement violé aussi bien par l’ex- rébellion des Forces nouvelles que par le gouvernement avec de nombreuses entrées d’armes et de munitions en provenance du Burkina » et « malgré l’embargo sur les armes, les deux parties ivoiriennes dans le Nord et le Sud continuent de se réarmer ou de se rééquiper avec du matériel connexe ».

Voilà qui est dit et qui pourrait – si cette information est juste – compliquer singulièrement la tâche du facilitateur dans la crise ivoirienne. En effet, si ce rapport avait été sorti il y a quelques années, personne n’aurait rien eu à redire en criant au baudet, ce, d’autant plus qu’il bruissait de toutes parts que le Burkina était un grand fournisseur d’armes aux rebelles ivoiriens.

Mais de nos jours, où notre pays se démène comme un beau diable pour éteindre le brasier ivoirien, cela est difficilement compréhensible Et c’est peu dire que d’affirmer que ce brûlot concocté par les experts onusiens pourrait bien être une pierre jetée dans le jardin de Blaise Compaoré, celui-là même qui été choisi comme facilitateur.

Comment, véritablement, peut-il jouer son rôle de médiateur, c’est-à-dire être équidistant des deux parties, tout en poursuivant la fourniture d’armes à une des parties ?

Une autre préoccupation et non des moindres soulevée dans le rapport mérite vraiment qu’on s’y attarde un peu : il s’agit de la « course à l’armement » que l’on constate aussi bien du côté de la rébellion que du côté gouvernemental. Comment comprendre que, pendant que tous les regards sont tournés vers la présidentielle du 29 novembre prochain (dans un mois jour pour jour donc), les différentes parties ne soient préoccupées qu’à s’équiper en matériel de guerre ?

Certes, le report de la présidentielle est depuis un secret de polichinelle ; mais si, du côté pouvoir, acheter ce matériel de guerre pour équiper une armée républicaine pourrait aisément s’expliquer et se comprendre (si toute fois la Côte d’Ivoire n’était pas frappée d’embargo), cela l’est moins en ce qui concerne la rébellion armée.

Alors, les différents protagonistes de la crise ivoirienne jouent-ils vraiment franc-jeu afin de sortir de cette impasse ? Le doute est permis, ce, d’autant plus que plus jamais cette situation de ni guerre ni paix fait l’affaire de plus d’un. Alors qu’au-delà des petits intérêts personnels, il faudra bien sceller une paix de braves !

Boureima Diallo, l’Observateur

Sanctions européennes contre la Guinée

Posted on 28 octobre 2009 (0)

GuineeLes ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne ont résolu d’imposer un embargo sur les armes et des sanctions ciblées contre la junte de Conakry. Cette décision tombe un mois jour pour jour après la répression sanglante du 28 septembre dernier. Interdictions de visas à l’encontre de quelque 42 dignitaires et proches des tenants du pouvoir, et même l’éventualité du gel des avoirs dans les banques et institutions financières européennes.

Un train de mesures qui rejoint les sanctions déjà votées par la CEDEAO (Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest). Comme à son habitude, la communauté internationale entend faire fléchir l’impénitent capitaine et ses compagnons du CNDD (Conseil national pour la démocratie et le développement) qui, depuis ce jour maudit de septembre, tiennent le pays en otage.

Assassinats, tentatives d’assassinat et disparitions d’opposants ne cessent chaque jour d’alourdir le bilan de la tuerie du stade, tandis que les Guinéens sombrent peu à peu dans la terreur. La pire des dictatures est en train de s’installer en Guinée, et, fier comme Artaban, l’obstiné capitaine Dadis poursuit sa fuite en avant, faisant fi des sanctions infligées par ses pairs africains.

Un entêtement qui lui vaut aujourd’hui les foudres de l’Europe et même de Washington. Mais il faut croire que du côté de la junte, l’annonce de la « mauvaise nouvelle » n’a pas produit l’effet escompté, puisqu’un conseiller du président s’est contenté d’en prendre acte au nom du gouvernement. « Notre priorité pour l’instant, a-t-il ajouté, est de privilégier d’un côté la discussion avec les différents acteurs politiques à Ouagadougou, et de l’autre, l’enquête de l’ONU… »

Pas de quoi donc fouetter un chat guinéen, quand on sait que, depuis son arrivée au pouvoir en décembre dernier, la junte en a vu d’autres. Moussa Dadis Camara, comme bien d’autres fossoyeurs de la démocratie, n’a que faire des mesures de rétorsion imposées par ses pairs africains ou venues d’Occident. L’homme fort de Conakry n’est pas amateur de voyages, et ses proches, comme bien d’autres avant eux, sauront trouver les moyens de contourner l’interdiction de visas.

De même, c’est bien connu que, du côté de la Chine ou de l’Ukraine, les marchands d’armes sont passés maîtres dans la violation des embargos. L’affaire de l’Angola gate, dont le procès vient de s’achever en France, en est la preuve la plus criante.

Alors, qui paiera le prix fort, si ce n’est le citoyen Guinéen, déjà affaibli par la conjoncture, difficile, et rongé par la peur… Mais avant la Guinée, il y a eu le Zimbabwe de Robert Mugabe, touché, lui aussi, par des sanctions. Cela n’a jamais empêché le vieux dictateur de s’offrir des vacances à Hong Kong, tandis que son pays sombrait chaque jour un peu plus dans le marasme, puis la famine.

C’est dire que la politique des sanctions à l’encontre des régimes jugés voyous a déjà montré ses limites. S’il est vrai que ces mesures sont nécessaires, auront-elles une quelconque efficacité face à l’obstination des dirigeants de la junte au pouvoir à Conakry ? Rien n’est moins sûr.

Tous les espoirs reposent sur le dialogue, à travers notamment la médiation engagée sous l’égide de la CEDEAO. Rendez-vous donc à Ouagadougou.

H. Marie Ouédraogo, l’Observateur

Zimbabwe : la maison de Tsvangirai mise à sac par la police

Posted on 26 octobre 2009 (0)

TsvangiraiLe gouvernement d’union nationale du Zimbabwé a encaissé un autre coup dur. Quelques 50 policiers armés ont mis sac, vendredi, une maison appartenant au Premier ministre Morgan Tsvangirai, en disant y rechercher des armes, a indiqué le Tendai Biti, secrétaire général du parti de Tsvangirai, le Mouvement pour le changement démocratique (MDC).

Selon M. Biti, les policiers ont emporté « des objets de valeurs » qu’utilisent les responsables du MDC en visite dans la capitale.Tendai Biti a accusé le président Robert Mugabe et son parti, la ZANU-PF, d’avoir ordonné l’intervention des policiers en réprésailles à la décision du MDC de geler ses activités au sein du gouvernement d’union nationale.

Morgan Tsvangirai, lui, est actuellement en tournée pour expliquer aux leaders d’Afrique australe pourquoi il a suspendu sa participation au gouvernement. Il accuse le président Mugabe et son parti d’être malhonnêtes et peu fiables.

Le chef de l’Etat zimbabwéen que cite le quotidien d’Etat « Herald » a déclaré que Tsangirai peut aller à tous les sommets et faire appel à n’importe quel leader du monde, mais qu’il est hors de question pour lui d’abandonner son authorité.

Avertissement de Clinton à Pyongyang sur le nucléaire

Posted on 23 octobre 2009 (0)

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La secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton a dit mercredi que les sanctions contre la Corée du Nord resteraient inchangées tant que Pyongyang n’aurait pas adopté de mesures vérifiables et irréversibles vers une dénucléarisation complète.

Lors d’un discours à Washington, Mme Clinton a dit que la Corée du Nord ne devrait se faire aucune illusion sur le fait que les États-Unis pourraient avoir un jour des relations normales et sans sanctions avec une Corée du Nord dotée de l’arme nucléaire.

Certes Washington est disposé à entamer des pourparlers bilatéraux avec Pyongyang, a ajouté la chef de la diplomatie américaine, mais ce retour à la table des négociations ne serait pas suffisant pour établir des relations normales avec les États-Unis, a-t-elle dit.

Vaste coup de filet contre un cartel de la drogue aux USA

Posted on 23 octobre 2009 (0)

0Plus de 300 personnes ont été arrêtées dans le cadre d’une opération menée sur deux jours dans 19 États par plusieurs agences du gouvernement.

L’enquête, connue sous le nom de « Projet Coronado », durait depuis 44 mois. La cible de cette vaste action antidrogue : « La Familia », un cartel basé dans le sud-ouest du Mexique, et qui est l’une des principales sources de cocaïne et méthamphétamines pour les trafiquants aux États-Unis.

Le raid a permis de saisir de 3,4 millions de dollars en liquide, de la drogue, des armes et véhicules. Depuis le début de l’opération il y a quatre ans, les autorités ont arrêté près de 1 200 personnes et sais plus de onze tonnes de stupéfiants.

Par ailleurs, le ministère américain du Trésor a annoncé avoir placé sur sa liste noire 6 membres du cartel de Tijuana, le réseau du trafiquant de drogue Felix Arellano, ainsi qu’une société. Une décision qui gèle leurs avoirs aux États-Unis et interdit aux Américains de faire des affaires avec eux.

Guinée : les sanctions « insuffisantes » selon la RADDHO

Posted on 23 octobre 2009 (0)

Guinée3La junte militaire au pouvoir en Guinée fait le dos rond face à la pression internationale toujours aussi fort. Le gouvernement guinéen s’est ainsi engagé à coopérer à l’enquête des Nations unies sur la sanglante répression du 28 septembre.

Dans le même temps, l’Union européenne a décidé l’imposition de sanctions ciblées à l’encontre des membres du Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD), mais aussi un embargo sur les armes.

Alioune Tine, président de la Rencontre africaine pour la défenmse des droits de l’Homme, juge de telles sanctions « insuffisantes. » Dénonçant l’existence, en Guinée d’une « véritable culture très enracinée… justement de l’impunité », M. Tine a appelé la Cour pénale internationale à se saisir de ce dossier afin que « toutes les personnes impliquées (…0 soient jugées, (…) soient punies. »

Les Français quittent la Guinée

Posted on 18 octobre 2009 (0)

Guinée3Les dirigeants africains de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) ont suivi la proposition d’Amnesty International qui réclamait un embargo sur les armes à destination de Conakry et la mise en place d’une commission d’enquête internationale pour faire la lumière sur les évènements de la semaine du 28 septembre.

Amnesty International appelle à la suspension des ventes d’armes à la Guinée. L’appel concerne les armes ou munitions qui pourraient être utilisées dans des cas de violation des droits de l’homme. Cette réaction fait suite à la répression sanglante de la manifestation du 28 septembre dernier qui fait plus de 150 morts selon les ONG locales et plus de mille blessés.

Amnesty internationale réclame également la mise en place d’une commission d’enquête internationale pour faire la lumière sur les évènements de la semaine du 28 septembre.

Pendant ce temps, les mouvements de jeunes guinéens s’unissent pour protester contre les violences du 28 septembre. Ils organisent une grève de la faim prévue la semaine prochaine. Le président de la fédération des associations de la jeunesse guinéenne, Thierno Baldé a déclaré que cette grève permettra de montrer l’implication de la jeunesse, en utilisant un moyen pacifique de protestation.

Le procureur de la Cour pénale internationale (CPI) a annoncé l’ouverture d’une enquête préliminaire sur la situation en Guinée, pour déterminer si les abus et les violences rapportés – meurtres de civils et viols notamment, sont susceptibles de constituer des crimes relevant de sa compétente : des crimes contre l’humanité par exemple.

Tel est ce qui ressort d’une interview accordée par Emeric Rogier, analyste principal dans le bureau du procureur. La procédure consiste à recueillir, évaluer et analyser toutes les informations disponibles, pour déterminer s’il y a des raisons de penser que des crimes relevant de la compétence de la Cour ont été commis en Guinée, notamment lors des événements du 28 septembre à Conakry.

Sur une base régulière, le bureau du procureur examine des situations dans différents pays du monde sur les cinq continents et la Guinée faisait déjà partie des situations ayant retenu son attention.

Tout le monde peut envoyer, dit-il, des informations par le biais de communications sous article 15 du statut, qu’il s’agisse d’individus, simples citoyens, d’ONG ou même d’organisations internationales, ou de gouvernements.

La cour prend en compte toute information, quel que soit le support utilisé pour la communiquer, pourvu que son authenticité et son sérieux soient établis. Elle prendra le temps nécessaire pour évaluer l’information, à l’effet d’en tirer les conclusions qui s’imposent. Dans le passé les analyses préliminaires ont pris quelquefois des mois et parfois jusqu’à trois ans.

Sur le front diplomatique, les efforts se poursuivre pour résoudre la crise guinéenne. Le sous-secrétaire d’Etat adjoint pour le Bureau des Affaires Africaines du Département d’Etat Américain, M. William Fitzgerald a récemment rencontré Moussa Dadis Camara. Il a dit avoir discuté avec lui de la transition vers un régime civil.

Le chef de la junte militaire guinéenne « est chargé de cette transition, et il faut continuer jusqu’aux élections présidentielles, (…) législatives et même munipales », a déclaré M. Fitzgerald. Le sous-secrétaire d’Etat adjoint américain a jugé prématurée l’idée d’une force d’intervention pour la Guinée. Celle-ci pourrait peut-être être envisagée dans l’avenir, a-t-il indiqué.

« Toute la communauté internationale parle d’une seule voix lorsqu’il s’agit de l’exigence pour M. Camara et pour les autres membres du CNDD aisi que pour le Premier ministre de respecter la parole qui a été donnée de ne pas se présenter aux élections présidentielles », a déclaré, son côté, Ramtame Lamamra commissaire à la Paix et à la Sécurité de l’Union Africaine.

Le comité Nobel aurait succombé à l’Obamania

Posted on 14 octobre 2009 (0)

Obama victory« Rarement une personne a, comme l’a fait Obama, capté l’attention de la planète », affirme le comité Nobel qui semble avoir succombé à l’Obamania. Orateur au style distingué, maître dans l’art de l’éloquence et des joutes oratoires émouvantes, capable de susciter l’enthousiasme des jeunes électeurs et habile usager de l’internet dont il a su faire un outil de sa campagne, Barack Obama a été désigné Prix Nobel de la Paix 2009.

Un Nobel par anticipation

L’attribution du prix Nobel de la paix 2009 au président américain Barack Obama a été accueillie positivement par les milieux officiels gouvernementaux et diplomatiques. Mais le concert d’approbation quasi unanime exprimé dans ces sphères a du mal à cacher que la décision du Comité du prix Nobel ne soulève pas l’enthousiasme ailleurs, surtout dans les opinions publiques. La distinction accordée au président américain, la première année de son mandat, est jugée en effet prématurée et, pour tout dire, précipitée car ne consacrant aucun acte tangible du bénéficiaire en faveur de la paix durant cette période.

Réserve que l’ex-président polonais Lech Waleza, lui aussi prix Nobel de la paix, a exprimée en déclarant que «Barack Obama n’a encore rien fait qui plaide en faveur de l’attribution qu’Oslo vient de lui décerner».

Il ne peut être qu’étonnant tout de même que le Comité du prix Nobel ait basé son choix sur les intentions manifestées par le président américain d’oeuvrer à l’instauration d’un monde de paix. Des intentions dont il aurait dû prendre la précaution d’attendre qu’elle soient traduites concrètement à travers la gestion par ce président d’au moins l’un des délicats dossiers qui, au plan international, menacent cette paix qu’il dit vouloir contribuer à instaurer.

Les «obamistes» soutiennent bien entendu cette anticipation controversée du Comité d’Oslo en affirmant que la seule élection de leur héros à la présidence des Etats-Unis et ses discours du Caire et d’Ankara sont suffisants à justifier sa distinction pour avoir créé en Amérique et dans le monde un climat de réconciliation favorable à la consolidation de la paix.

Ce qui pose problème est que ce prix Nobel 2009, dont les intentions pacifistes ne sont pas en cause, pourrait échouer à leur donner corps en ayant, en tant que président et commandant en chef de l’Amérique et de son armée, à ordonner des opérations dans le monde qui les contrediront. Les mêmes milieux rétorqueront sans doute que sa distinction par le prestigieux prix Nobel renforcera sa capacité à résister aux pressions dont il fait l’objet pour l’amener à renoncer à sa vision d’un monde pacifique.

Nous persistons et signons que le choix d’Obama pour le prix Nobel de la paix est à tout le moins hâtif. Et ce ne sont pas les populations palestinienne, irakienne et afghane, pour ne se référer qu’à elles, qui nous contrediront. Une «obamania» inconsidérée nous semble avoir prévalu dans le vote de l’auguste aréopage nobeliste. Ce qui est dommageable pour le crédit du prix qu’ils décerne.

Peut-être, si l’on veut tout de même rester optimiste, que le président américain aura à coeur de démontrer qu’il mérite sa distinction en allant, durant les années de mandat qui lui restent, au bout des convictions qui la lui ont valu. Mais ce n’est là encore qu’un espoir qui n’a de fondement que la sympathie que le président américain a suscitée et continue de susciter en se réclamant d’une volonté de paix. L’intéressé est, nous semble-t-il, conscient en ce à quoi sa distinction controversée l’oblige. Il ne pouvait que l’accueillir comme il l’a fait. C’est-à-dire en «toute humilité». A lui de prouver maintenant qu’avec lui, «Yes we can» faire la paix dans le monde.

Le troisième président américain honoré

Le président Obama fait désormais partie du club des Américains lauréats du prix Nobel de la paix. Il est en outre le quatrième président à se voir attribuer cet honneur. En tout, 21 Américains ont reçu le Prix décerné par le comité Nobel en récompense de leurs accomplissements en faveur de l’harmonie et du bien-être dans le monde.

Le premier lauréat américain du prix Nobel était également le premier président des États-Unis à être ainsi distingué. Il s’agissait de Theodore Roosevelt, récompensé en 1906 pour ses efforts de médiation visant à mettre fin à la guerre russo-japonaise.

Le président Woodrow Wilson a également reçu le prix Nobel de la paix en 1919 en reconnaissance de son Plan de paix en quatorze points et de la création de la Société des Nations (SDN), une organisation internationale vouée à la promotion de la réconciliation entre les peuples. Le Congrès n’approuva jamais l’adhésion des États-Unis à la SDN, mais les efforts du président Wilson contribuèrent néanmoins à établir l’objectif de la création d’une organisation internationale vouée à l’instauration de relations pacifiques entre les pays. Un tel organisme, l’Organisation des Nations unies, finit par voir le jour après la Deuxième Guerre mondiale.

L’ancien président Jimmy Carter a manifesté, tout au long de sa vie, un engagement énergique envers le règlement des conflits et l’action philanthropique dans le monde, tout particulièrement par le truchement de son organisation, le Carter Center, dont le siège est à Atlanta. Le comité Nobel lui a décerné le prix Nobel de la paix en 2002.

En 2007, l’ancien vice-président Al Gore, le créateur du documentaire récompensé d’un Oscar Une vérité qui dérange, a partagé le prix Nobel de la paix avec le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) pour leur campagne visant à informer le monde des dangers du changement climatique.

Sénateur et ancien secrétaire d’État, Elihu Root reçut le prix Nobel de la paix en 1912 pour son rôle de promotion et de médiation de négociations internationales. Charles Dawes reçut ce même prix (avec le ministre britannique des affaires étrangères) durant son mandat de vice-président pour ses travaux sur le Plan Dawes, qui visait à collecter des réparations de guerre de l’Allemagne après la Première Guerre mondiale.

Le comité Nobel a également récompensé Frank Kellog en 1929 pour le pacte Briand-Kellog de renonciation à la guerre. En 1931, deux Américains ont reçu le prix Nobel : la féministe Jane Addams pour son action envers le pacifisme et la paix dans le monde, et Nicholas Butler pour ses démarches de promotion du pacte Briand-Kellog.

Durant son mandat de secrétaire d’État, Cordell Hull a été récompensé par le comité Nobel pour sa participation à la création des Nations unies. En 1946, à l’âge de 79 ans, Emily Green Balch a reçu le prix Nobel de la paix pour ses efforts de promotion des projets de la Société des Nations portant sur le désarmement. La même année, le comité récompensait également John Mott, président de la World Alliance of Young Men’s Christian Associations (YMCA).

L’ancien professeur de Harvard Ralph Bunchee a obtenu le prix Nobel de la paix en reconnaissance de son œuvre au sein des Nations unies en tant que médiateur pour les questions moyen-orientales. Après la Deuxième Guerre mondiale, c’est le général George Marshall, qui a également été secrétaire d’État, qui a obtenu cet honneur, pour son Plan Marshall de reconstruction de l’Europe de l’après-guerre.

La seule personne à remporter deux prix Nobel non partagés, Linus Pauling, a d’abord été lauréat du prix Nobel de Chimie en 1954 pour ses recherches sur les effets biologiques néfastes de l’énergie nucléaire, puis du prix Nobel de la paix en 1962 pour sa campagne contre les essais nucléaires.

En 1964, le comité Nobel a octroyé son prix de la paix au dirigeant du mouvement pour les droits civiques, le pasteur Martin Luther King. En 1970, Norman Borlaug a été récompensé pour sa contribution à la « révolution verte » qui, en augmentant la production alimentaire, a sauvé des millions de gens de la famine.

Trois ans plus tard, l’ancien secrétaire d’État Henry Kissinger partageait le prix Nobel de la paix avec le politicien vietnamien Le Duc Tho (ce dernier l’a refusé). Le comité Nobel voulait rendre hommage à leur participation aux Accords de paix de Paris mettant fin à la guerre du Vietnam.

Elie Wiesel, auteur qui a survécu à l’Holocauste, a reçu le prix Nobel de la paix en 1986 en récompense de son œuvre au nom des peuples opprimés. La coordonnatrice et fondatrice de la Campagne internationale pour l’interdiction des mines terrestres, Mme Jody Williams, a partagé ce prix en 1997 avec l’organisation qu’elle a contribué à créer.

La surprise du lauréat

« Bonjour. Eh bien, je ne m’attendais pas à un réveil de ce genre : après que j’ai eu reçu la nouvelle, Malia est entrée me voir et m’a dit : « Papa, tu as gagné le prix Nobel de la paix, et c’est l’anniversaire de Bo ! » Puis Sacha a ajouté : « En plus on a un week-end de trois jours qui arrive. » Il est bon d’avoir des enfants qui nous ramènent aux réalités de l’existence.

Je prends la décision du comité Nobel avec surprise et une profonde humilité. Je n’estime pas qu’elle représente une récompense pour mes propres accomplissements mais plutôt l’affirmation du rôle primordial que jouent les États-Unis en faveur des aspirations qui sont les mêmes pour les peuples du monde entier.

Pour être franc, je ne pense pas mériter de figurer en compagnie de tant de personnalités transformatrices qui ont été honorées par ce prix, des hommes et des femmes qui m’ont inspiré et qui ont inspiré le monde entier par leur courageuse quête de la paix.

Mais je sais aussi que ce prix reflète le genre de monde que ces hommes et ces femmes, et tous les Américains, souhaitent construire : un monde qui donne vie à la promesse de nos documents fondateurs. Et je sais qu’au long de l’histoire, le prix Nobel n’a pas servi uniquement à rendre hommage à une réalisation spécifique, mais aussi à donner de l’élan à un ensemble de causes. C’est pour cela que j’accepte ce prix comme un appel à l’action, un appel à toutes les nations à faire face aux défis communs du XXIe siècle.

Ces défis ne peuvent être relevés par un seul dirigeant ni par un seul pays. C’est pourquoi mon gouvernement s’efforce d’instaurer une nouvelle ère d’engagement où tous les États doivent assumer la responsabilité du monde auquel nous aspirons. Nous ne saurions tolérer un monde où de nouveaux pays se dotent de l’arme nucléaire et où la terreur d’un holocauste nucléaire pèse sur de nouvelles populations. Et c’est pourquoi nous avons commencé à prendre des mesures concrètes visant à l’avènement d’un monde sans armes nucléaires, car tous les États ont le droit de chercher à maîtriser l’énergie nucléaire pacifique, mais tous ont la responsabilité de démontrer leurs intentions pacifiques.

Nous ne saurions accepter la menace croissante que posent les changements climatiques, qui pourraient endommager à jamais le monde que nous léguons à nos enfants ; semant le conflit et la famine, détruisant les littoraux et vidant les villes. C’est pourquoi tous les pays doivent maintenant assumer leur part de responsabilité et transformer la façon dont ils utilisent l’énergie.

Nous ne saurions permettre aux différences entre les peuples de définir le regard qu’ils portent l’un sur l’autre, et c’est pourquoi nous devons chercher à réaliser un nouveau départ entre les populations de convictions, de races et de religions différentes : un nouveau départ fondé sur l’intérêt mutuel et le respect mutuel.

Nous devons aussi chacun jouer notre rôle en vue de régler les conflits qui causent tant de souffrances et de peines depuis tant d’années, et cet effort doit comprendre un engagement indéfectible à réaliser enfin le droit de tous les Israéliens et de tous les Palestiniens de vivre en paix et en sécurité, dans des États bien à eux.

Nous ne saurions accepter un monde qui prive toujours davantage de gens des possibilités de progrès et de la dignité à laquelle tout le monde aspire : la possibilité de s’instruire et de gagner honnêtement sa vie ; la sécurité qui permet de vivre sans crainte de maladie, ou de violence, ou d’être privé d’espoir en l’avenir.

Et alors même que nous cherchons à créer un monde où les conflits se règlent pacifiquement et où la prospérité soit largement partagée, il nous faut faire face au monde tel que nous le connaissons aujourd’hui. Je suis le commandant en chef d’un pays qui a la responsabilité de mettre fin à une guerre et qui, dans un autre théâtre, doit affronter un adversaire impitoyable qui met directement en péril le peuple des États-Unis et ses alliés. Je suis également conscient du fait que nous devons faire face aux conséquences d’une crise économique mondiale qui a mis des millions d’Américains au chômage. Ce sont des problèmes que j’affronte chaque jour, au nom du peuple américain.

Les tâches que nous avons à accomplir ne seront pas toutes achevées au cours de ma présidence. Certaines, telle l’élimination des armes nucléaires, ne seront peut-être pas achevées de mon vivant. Pourtant, je sais qu’on peut relever ces défis pour peu qu’on reconnaisse qu’il n’appartient pas à une seule personne ou à un seul pays de s’y attaquer. Ce prix ne se rapporte donc pas simplement aux efforts de mon gouvernement, il reflète les efforts courageux déployés par des êtres humains dans le monde entier.

C’est la raison pour laquelle ce prix doit être partagé avec toute personne qui lutte pour la justice et pour la dignité : avec la jeune femme qui marche en silence dans les rues pour affirmer son droit fondamental de s’exprimer, bien qu’elle soit confrontée aux bastonnades et aux balles ; avec la dirigeante de l’opposition, assignée à résidence, parce qu’elle refuse de renoncer à son engagement en faveur de la démocratie ; avec le soldat qui se sacrifie lors de plusieurs tours de service sur le champ de bataille en faveur d’une personne à l’autre bout du monde ; et avec tous ces hommes et ces femmes qui, de par le monde, sacrifient la sécurité de leur personne et leur liberté, voire leur vie, pour la cause de la paix.

Telle a toujours été la cause de l’Amérique. Telle est la raison pour laquelle le monde a toujours eu les yeux tournés vers l’Amérique. Et telle est la raison pour laquelle je suis persuadé que l’Amérique maintiendra son rôle primordial dans le monde. » (Barack Obama depuis la Maison-Blanche, le 9 octobre 2009)

Un Nobel qui divise

Jamais l’attribution d’un prix Nobel n’a autant divisé. Autant la classe politique norvégienne que les grandes figures politiques mondiales. Obama, le président des Etats-Unis, aura été en fait le premier surpris par cette distinction, qui serait venue un peu d’ailleurs. La presse internationale s’évertuait dans ses éditions de samedi d’expliquer cette attribution, non sans grand étonnement quant au choix du récipiendaire, même aux Etats-Unis où le Washington Post était en première ligne parmi ceux qui s’étonnaient franchement du choix du président américain pour un prix qui récompense, traditionnellement, une longue carrière au service de la paix dans le monde.

Avec Barack Obama, les choses auraient en fait évolué dans le sens contraire des aiguilles d’une montre. C’est-à-dire à l’avance. Pourquoi ? Beaucoup estiment en fait que le comité Nobel aura voulu donner plus de poids à l’action diplomatique du premier président US de couleur. Un président qui a réussi, en quelques mois et de sages décisions, à apaiser l’appréhension des Russes vis-à-vis du projet de bouclier antimissiles que l’administration Bush voulait déployer en Pologne. Jusqu’à ressusciter le spectre de la guerre froide, de nouveau. L’annulation de ce projet militaire avait tellement ravi les Russes qu’ils se sont empressés de se rapprocher de l’OTAN, un geste impensable il y a seulement une année, défaitiste il y a vingt ans. Et pourtant, Obama a réussi à rapprocher par une telle décision Moscou de l’OTAN, de Washington et de l’Europe.

C’est cette donnée qui aurait forcé une décision, par anticipation, du comité Nobel. Est-il dès lors étonnant de voir que le président russe Dmitri Medvedev salue personnellement cette distinction, soulignant «j’espère que cette décision apportera un élan supplémentaire à notre effort commun pour créer un nouveau climat de politique internationale». La joie est dans l’ex-camp «rouge», si l’on considère la réaction positive de Fidel Castro, pourtant l’un des pires ennemis de l’administration US. «C’est une mesure positive», estime Castro, si «l’on considère la politique génocidaire de ses prédécesseurs». En fait, il n’y a pas de normes dans ce genre de situations, où la férocité politique des uns et des autres est à fleur de peau.

A Oslo, par contre, il y a des appels à la démission du président du Comité Nobel, Thorbjoern Jagland, qui cumule la fonction de président du Conseil de l’Europe depuis septembre dernier. Un parti d’opposition norvégien a ainsi recommandé au président du Comité Nobel de démissionner pour ne pas avoir une double casquette avec les affaires européennes. D’où cette question de beaucoup d’observateurs politiques qui se demandent si le président du Conseil de l’Europe et du Comité Nobel n’aura pas voulu impliquer davantage l’Amérique réformiste et débarrassée de ses va-t-en-guerre ! républicains dans les affaires européennes. Tant il est vrai que le prix Nobel de la paix n’est pas une distinction comme les autres, et l’attribuer à un président américain au début, au tout début de son mandat aura des lectures absolument à géométrie politique très variable.

Au point que l’un des anciens prix Nobel, l’Argentin Adolfo Perez Esquivel, s’est dit surpris de voir le président d’un pays «qui commet le plus d’agressions dans le monde» récompensé du plus prestigieux des prix Nobel, celui de la Paix. En espérant que le président Obama utilise le prix au service des peuples, pour résoudre les graves conflits dans lesquels les Etats-Unis sont impliqués, Esquivel aura-t-il en fait lancé un défi pour le tout nouveau Nobel de la paix à donner une autre tournure, plus humaine, de la politique étrangère US ? Pas évident, tant que le lobby sioniste contrôle cette politique étrangère US.

Kharroubi Habib, Mahrez Ilias – Monde Actu