Deux Français sur trois n’ont pas encore décidé de se faire vacciner contre la grippe A (H1N1), selon un sondage TNS Sofres. La ministre de la Santé a tenté vainement de persuader les indécis et le Premier ministre François Fillon vient de dévoiler le scénario de la campagne de vaccination contre le virus de la grippe A (H1N1) qui débutera le 15 octobre prochain.
Le Gouvernement exhorte les Français à se faire vacciner, à commencer par les professionnels de Santé. Il convient de souligner que la pandémie de grippe A (H1N1) a déjà fait une trentaine de victimes en France. Par ailleurs, la ministre de la Santé Roselyne Bachelot et Nora Berra lancent un appel à la vaccination précoce des personnes âgées de plus de soixante-cinq ans, des personnes souffrant de maladie chronique et des professionnels de santé.
Des Français réticents
L’épidémie de grippe A(H1N1) qui continue de progresser en France métropolitaine inquiète 32% de Français, selon un sondage réalisé par l’institut Ifop pour Ouest-France Dimanche.
Un sondage réalisée les 17 et 18 septembre auprès de 975 Français âgées de plus de 18 ans, 68% des sondés ne seraient pas inquiets, tandis que 32% le sont. Mais 5% de Français se disent « tout à fait inquiets ».
Par ailleurs, les Français trouvent que le ministère de la Santé gère bien l’épidémie de grippe A (H1N1). Un sondage réalisé par TNS-Sofres pour l’hebdomadaire « Pèlerin Magazine » place le cancer en tête des maladies les plus redoutées avec 72 % de citations, contre 54% pour la maladie d’Alzheimer, 39% pour les maladies cardiovasculaires et 36% pour les accidents cérébraux vasculaires. Le premier rang du cancer est bien légitime : il représente en effet la première cause de décès France (152.704 morts, soit 30% des décès toutes causes confondues). Par ailleurs, 278.000 nouveaux cas ont été diagnostiqués et plus de 920 000 patients ont bénéficié d’une prise en charge pour le traitement d’un cancer dans un établissement hospitalier.
À la question « quelles sont les maladies que vous redoutez le plus pour vous-même ou pour vos proches ? », la réponse est sans appel : le cancer arrive en tête devant la maladie d’Alzheimer, les maladies cardio-vasculaires et les accidents cérébraux.
L’inquiétude face au cancer tend néanmoins à diminuer. L’étude révèle que la peur d’être confronté à cette maladie enregistre une baisse de 6 points par rapport à la même étude réalisée en 2001 (72% en 2008 contre 78% en 2001). Cette diminution du sentiment d’inquiétude n’empêche pourtant pas la progression régulière de la maladie. Ainsi, entre 1980 et 2000, le nombre de cas a augmenté de près de 60 %.
Mais le fait marquant de ce sondage réside dans la peur grandissante des Français à l’égard de la maladie d’Alzheimer. Avec 54% de citations, elle figure au deuxième rang du classement. Mais surtout, elle s’est imposée au fil des ans comme une maladie de plus en plus redoutée : le nombre de citations progresse en effet de 13 points par rapport à 2001. Une préoccupation qui s’explique sans doute par le vieillissement général de la population et la place grandissante accordée à cette maladie dans les médias, notamment avec le lancement du Plan Alzheimer au mois de février.
À l’inverse, la crainte liée au sida diminue légèrement. Cette maladie est citée par seulement 27% des sondés en 2008, contre 35% en 2001.
Bachelot tente de rassurer
Roselyne Bachelot, ministre de la Santé et des Sports, s’est voulue rassurante dimanche sur l’innocuité des vaccins contre la grippe A (H1N1). S’exprimait devant « Le grand jury » RTL-Le Figaro-LCI, la ministre de la Santé Roselyne Bachelot a déclaré que les vaccins anti-grippe A contenant un adjuvant ne présentent absolument pas de risque. Cependant, certaines catégories de personnes devraient se voir proposer d’autres vaccins par précaution, a-t-elle précisé.
La ministre de la Santé dit qu’elle s’en réfère aux meilleurs épidémiologistes, infectiologues, virologues aussi bien des instances françaises et européennes que de l’rganisation mondiale de la Santé (OMS). « Ils signalent que l’immunité avec adjuvants est meilleure », a-t-elle affirmé au Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro.
Dans les lignes directrices publiées par L’OMS, l’accent a été mis sur l’utilisation de l’oseltamivir et du zanamivir pour éviter les formes graves et les décès, réduire le nombre des hospitalisations et diminuer leur durée.
Actuellement, le virus pandémique est sensible à ces deux médicaments (de la classe des inhibiteurs de la neuraminidase), mais il est résistant à une autre classe d’antiviraux (les inhibiteurs de la protéine M2). Dans le monde entier, on continue à observer chez la plupart des patients infectés par le virus pandémique des symptômes typiques d’allure grippale, avec guérison complète en moins d’une semaine, même en l’absence de tout traitement médical. Il n’est donc pas nécessaire d’administrer des antiviraux aux patients normalement en bonne santé et atteints d’une grippe sans complications.
Au niveau individuel, les décisions thérapeutiques initiales doivent se fonder sur l’examen clinique et le fait de savoir si le virus est présent dans la communauté. Dans les zones où le virus circule largement au niveau communautaire, les médecins voyant des patients présentant un syndrome grippal partiront du principe que le virus pandémique en est la cause. Les décisions thérapeutiques doivent être prises sans attendre la confirmation d’une infection à virus H1N1 par le laboratoire.
Cette recommandation s’appuie sur les rapports, en provenance de tous les sites de flambées, selon lesquels le virus H1N1 devient rapidement la souche dominante.
Des médecins prêts à se faire vacciner
Afin de connaître et faire connaître la perception et les attentes de la communauté médicale vis‐à‐vis de la pandémie grippale, la CMH et MG France ont adressé simultanément aux médecins hospitaliers comme aux médecins de ville, en particulier aux médecins généralistes, un court questionnaire sur la prise en charge de la grippe A H1N1.
Ce questionnaire a obtenu 4027 réponses recueillies entre le 6/09/2009 et le 12/09/2009. Ce sondage est le plus récent et le plus complet à ce jour, dans la mesure où il concerne pour 57% la communauté hospitalière et 39% les médecins généralistes (5,5% des médecins interrogés sont d’exercice mixte). Depuis le 12 septembre 2009, 300 réponses supplémentaires ont été reçues, mais elles ne modifient en rien les données présentes.
L’ensemble des régions de la métropole est représenté, avec une répartition des réponses par région quasiment adéquate au prorata de la densité médicale. Il faut également souligner que toutes les spécialités sont représentées, de la médecine générale à la pharmacie et à la médecine du travail.
Les résultats de ce sondage sont fondamentaux à un double titre en ce qu’ils révèlent une initiative nouvelle Ville‐Hôpital qui concrétise une volonté de longue date de travailler ensemble pour une meilleure qualité des soins ainsi que pour l’efficience de notre système de soin.
L’importance du nombre de répondants (et donc sa fiabilité : un peu plus de 4000 médecins, dont 40% de médecins généralistes et 60% de médecins hospitaliers). Celle‐ci montre d’une part que la grippe interroge la communauté médicale à tous les niveaux. Les médecins souhaitent qu’on leur donne la parole et qu’on les entende sur ce sujet ; d’autre part que la communauté médicale est en attente d’une organisation ‐ y compris entre la Ville et l’Hôpital ‐ clairement identifiée sur la prise en charge de la grippe.
Les médecins se sentent concernés par le mode d’organisation de la réponse à apporter à la grippe. Il convient de ne pas décevoir cette attente. Les médecins généralistes, en première ligne, sont plus impliqués que la moyenne des médecins consultés. Les médecins hospitaliers et généralistes sont décidés à travailler de concert pour garantir la qualité des soins et la meilleure utilisation possible des ressources disponibles (humaines, techniques, logistiques). Les organisateurs (CMH, MG France, SNAM HP) souhaitent être contributeurs sur ce dossier exemplaire (y compris et avant tout pour l’après‐grippe) et faire un certain nombre de propositions qui viennent compléter le travail déjà mené par les autorités compétentes.
Question du degré de disponibilité des informations médicales (prévention, matériel, traitement) : 30% estiment encore ne pas savoir ; il faut leur rappeler que nous tenons à leur disposition l’ensemble des documents disponibles (cf. site www.mg‐france.org). Pour le reste, nous appelons à la nécessité de messages clairs de la part des pouvoirs publics, notamment en ce qui concerne l’utilisation du Tamiflu. Nous le rappellerons notamment à l’occasion de la réunion de présentation des propositions du Haut Comité de la Santé publique sur la vaccination.
L’évolution de la prise en charge dans le temps (prise en charge hospitalière systématique avec stratégie de confinement d’abord, puis passage à l’ambulatoire) et la superposition des discours sur le degré de gravité de la grippe (une grippe banale mais pas bénigne avec des risques de complication majeurs pour une population très large y compris en bonne santé) complique la lecture à tous les niveaux, y compris au cœur de la communauté médicale.
Besoin de clarifier le parcours de soin classique du patient avec la mise à disposition de protocoles clairs de prise en charge des populations identifiées comme étant à risque : immunodéprimés, femmes enceintes, nourrissons, surcharge pondérale.
A ce titre, il faut rappeler que les patients grippés, présentant un profil à risque ou non, doivent être vus ou régulés par les médecins généralistes d’abord (cf. le cas du décès du jeune homme de 26 ans sans antécédent ni risque majeur a priori) puis, éventuellement, envoyés à l’hôpital passé ce premier filtre. Ce procédé doit impérativement être respecté, rappelé auprès des patients, pour ne pas risquer un encombrement des Services portes ou un report de la prise en charge pour les patients dont l’état nécessite une prise en charge hospitalière.
L’organisation de la prise en charge Ville‐Hôpital : un peu plus de 50% des médecins répondants ne connaissent pas de circuit identifié. Plus significatif encore : 65% des répondants sont désireux de voir des circuits s’activer et être identifiés. (Cf. Proposition plus bas).
Question directement adressée aux médecins généralistes sur la vaccination : le retour d’information au généraliste consécutif à la vaccination (ou à la non vaccination quelle que soit la raison du refus) est considéré comme important à 75%2. C’est un élément essentiel de la réussite de l’organisation de la vaccination.
L’intervention du Premier ministre
Estimant que la pandémie grippale est restée théorique pour de nombreux Français qui ne seraient pas disposés à se faire vacciner, François Fillon a directement appelé les médecins à se faire vacciner. Les Français « entendent parler dans les médias, » mais ‘ils ne la touchent pas du doigt », a déclaré le Premier ministre au cours d’une conférence de presse à Matignon.
Dès le 9 octobre, la France devrait disposer d’environ 1,2 million de doses de vaccin anti-grippe A de Glaxo- SmithKline (GSK) sur les 50 millions commandées par l’Etat français. Au moins 44 millions de doses seront livrées par d’autres groupes pharmaceutiques. Au total, la France a commandé 94 millions de doses de vaccins auprès de quatre grands laboratoires.
La France dispose déjà de 12 000 des 50 000 doses de Baxter livrées avant même que l’autorisation de mise sur le marché (AMM) ne soit validée par l’Agence européenne du médicament.
Les professionnels de santé seront les premières personnes à être vaccinées, notamment ceux qui travaillent en réanimation néonatale et pédiatrique. Egalement prioritaires, les personnels des crèches, les femmes enceintes et les nourrissons de 6 à 23 mois avec facteurs de risques seront ensuite vaccinées. « Tous les Français sont sur la liste », affirme la ministre de la Santé, « mais il y a un ordre de déroulement qui correspond aux publics les plus exposés et aux publics les plus vulnérables. » Source : Que pense la communauté médicale (ville-hôpital) de la grippe A, CMH, MG France et Snam HP et la Rédactiond e Monde Actu