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Amélioration de la circulation des Algériens en Europe ?

Posted on 24 novembre 2009 (0)

AlgérieL’Algérie oeuvrera au sein des pays du groupe 5+5 à l’amélioration des conditions de circulation, de séjour et d’établissement de ses ressortissants en Europe. C’est ce qu’a annoncé, lundi, le ministre de l’Intérieur et des collectivités locales, M. Noureddine Yazid Zerhouni, qui prend part aux travaux de la 14ème Conférence des ministres de l’Intérieur de la Méditerranée occidentale (CIMO ou 5+5), qui ont débuté hier, dans l’île de San Servolo à Venise (Italie). Le 5+5 regroupe Espagne, Portugal, France, Italie, Malte, Maroc, Tunisie, Libye, Algérie, Mauritanie.

M. Noureddine Yazid Zerhouni, ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, prend part à cette conférence qui se penchera notamment sur la lutte contre le terrorisme et le crime organisé, ainsi que sur la circulation des personnes et la coopération dans le domaine de la Protection civile. Dans une déclaration à l’APS peu après son arrivée lundi à Venise, M. Zerhouni a souligné que «ce qui nous intéresse le plus, en tant qu’Algériens, c’est de chercher d’abord comment améliorer les conditions de circulation et de séjour de nos ressortissants et leur établissement dans les pays européens», a-t-il indiqué. Le ministre de l’Intérieur a mis en exergue, d’autre part, la nécessité de «ne pas négliger dans la lutte antiterroriste les efforts nécessaires qui doivent être fournis par toutes les parties» pour «ne pas alimenter la matrice idéologique du terrorisme».

Pour sa part, le ministre français de l’Immigration Eric Besson, dans une déclaration à l’AFP, a proposé la création d’un «visa commun méditerranéen» destiné à certains étudiants dont les Algériens. «Nous voulons ouvrir des opportunités pour les immigrés en situation régulière, favoriser leur mobilité et leur circulation», a-t-il expliqué, annonçant qu’il proposait à ses collègues «une expérience pilote pour les jeunes, la création d’un visa commun méditerranéen». Ce visa permettrait à des étudiants issus de filières d’excellence, comme les technologies de l’environnement ou l’aéronautique, «de se déplacer dans n’importe lequel des pays du 5+5, voire à terme des pays de l’Union pour la Méditerranée», a-t-il ajouté.

Ces étudiants auraient en outre accès à «une bourse méditerranéenne et à une première expérience professionnelle à la fin de leurs études».

M. Besson a également proposé aux ministres du 5+5 d’étudier les conditions dans lesquelles les candidats au statut de réfugié pourraient faire cette demande dans les pays de transit. Cette procédure permettrait par exemple à des candidats à ce statut issus de pays de l’Afrique sub-saharienne de demander la protection internationale à partir des pays de «transit» comme le Maroc, la Tunisie ou la Libye. «Nous devons pouvoir expliquer au candidat au statut de réfugié politique qu’il n’a pas besoin de prendre le risque de traverser la Méditerranée pour que sa demande soit examinée», a-t-il dit. De son côté, l’Europe s’engagerait à «répartir de façon équitable» en son sein les personnes qui obtiendraient ainsi ce statut.

La lutte contre le terrorisme, la circulation des personnes, ainsi que la coopération dans le domaine de la Protection civile, constituent les principaux thèmes inscrits à l’ordre du jour de cette 14ème Conférence des ministres de l’Intérieur des pays de la Méditerranée occidentale (CIMO ou 5+5).

Djamel Belaïfa

Indice de développement humain de 2009

Posted on 11 novembre 2009 (0)

0Le rapport mondial sur le développement humain 2009 du Programme des Nations unies pour le développement a été lancé dans notre pays le 11 novembre 2009. Ledit rapport classe le Burkina Faso 177e sur 182 pays. Un rang peu honorable du fait notamment de la variable Education et plus précisement l’alphabétisation et l’enseignement secondaire.

“Lever les barrières : mobilité et développement humain”, c’est le thème du rapport mondial sur le développement humain 2009 publié par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD). Il récuse les stéréotypes négatifs décrivant les migrants comme “volant nos emplois” ou “vivant au dépend du contribuable”.

Il démontre que les craintes et les autres effets négatifs sur le développement que suscite la migration de main d’œuvre qualifiée sont souvent exagérés. Même quand elles sont justifiées, il existe plus de solutions efficaces que les barrières à l’immigration.

L’étude au regard des avantages de l’immigration, a fait des recommandations : libéraliser et simplifier les canaux habituels permettant aux personnes faiblement qualifiées de chercher du travail à l’étranger ; garantir des droits élémentaires aux migrants ; réduire les coûts de transactions de la migration ; améliorer les résultats pour les migrants et les communautés d’accueil, récolter les bénéfices de la mobilité interne et intégrer la mobilité aux stratégies de développement. Au sujet de la classification des pays, la Norvège vient en tête des pays qui ont un développement humain très élevé.

Le Burkina Faso est classé 177e sur 182 pays dont la queue est tirée par le Niger. Notre pays est donc devant cinq pays que sont le Mali (178e), la République centrafricaine (179e), la Sierra Leone (180e) ; l’Afghanistan (181e) et le Niger (182e).

Les indices auxquels les rédacteurs du rapport sont parvenus reposent sur les données de 2007. Au Burkina, l’IDH en 2007 est évalué à 0,389 soit une évolution positive depuis 1975 et de 0,267 avec une progression de près de 46% sur la période.

Selon le coordonateur du Système des Nations unies, Babacar Cissé, cette évolution est imputable :

- aux efforts dans l’éducation primaire entraînant une hausse de scolarisation de près de 20% en dix ans ;

- à l’amélioration de certains indicateurs intermédiaires de santé dont l’accès à l’eau, l’insuffisance pondérale des enfants de moins de 5 ans, la mortalité infantile qui ont un effet direct sur l’espérance de vie ;

- au coût de la vie relativement bas comme le démontre le Produit intérieur brut en parité de pouvoir d’achat (PPA).

Cependant, avec les taux de scolarisation (32,8%) et d’alphabétisation (28,7%) qui sont parmi les plus bas au monde, notre pays ne peut avoir meilleur classement. “La variable Education et plus précisement l’alphabétisation et l’enseignement secondaire tirent le pays par le bas”, a fait remarquer le représentant résident du PNUD.

Il est donc impérieux que ces défis soient intégrés dans la nouvelle Stratégie de croissance accélérée de développement durable (SCADD).

Abdou Karim Sawadogo, l’Observateur

Belgique : des containers pour demandeurs d’asile

Posted on 24 octobre 2009 (0)

immigrationComment une idée généreuse peut se muer en bourde politique ? Question de langage. Le vocabulaire des politiques confond souvent être humain et marchandise. Surtout lorsqu’il s’agit des autres.

Le gouvernement belge vient de prendre une curieuse décision : acheter des containers pour l’hébergement des demandeurs d’asile. Les journaux de vendredi matin ont annoncé que le Secrétaire d’Etat à l’intégration, Philippe Courard (PS), va lancer un appel d’offres européen pour l’acquisition de 700 containers pour l’année 2010 aux fins d’accueillir et d’héberger les quelque 1.000 demandeurs d’asile qui sont actuellement logés dans des centres pour sans-abri (SDF) et autres hôtels.

L’initiative du Secrétaire d’Etat est certainement à saluer quand on voit comment d’autres pays européens traitent la question des fuyards des dictatures, de la faim et des guerres. Hier, la France par exemple a, après avoir raflé les Afghans de la «Jungle» de Calais, commencé leur renvoi par charters en collaboration avec les Anglais. La bonne initiative belge est quelque peu écornée par le choix du vocabulaire du lieu d’accueil pourrait-on dire : containers. Vocable usité par les milieux du commerce, du transit portuaire des marchandises et des affaires. Vocable, s’il évoque rarement l’idée de bungalow d’urgence ou à usage de bureau, évoque plus couramment l’idée d’emballage, de récipient, de… poubelle. On peut écrire container ou conteneur d’ailleurs.

Mais ne présupposons pas de l’intention du rédacteur de l’appel d’offres dont le montant de 16 millions d’euros (pour les 700 containers) a peut-être brouillé l’esprit quant à la finalité de ce marché. Il faut reconnaitre que la Belgique est l’un des rares pays européens à respecter encore les damnés de la terre qui frappent à sa porte. Plus de 12.000 demandes d’asile pour la seule année 2008 dont près de 9.000 sont en traitement final.

Au plus fort des crises politiques en Europe centrale et en Afrique dans les années 90, la Belgique, pays de 10 millions d’habitants, a accueilli 35.000 demandeurs d’asile en 1.999 et jusqu’à 42.000 en l’an 2.000. Une majorité a bénéficié de l’aide sociale et financière de l’Etat fédéral, des régions et communes. Dès le lendemain de sa formation en septembre dernier, le nouveau gouvernement a lancé une opération de régularisation des immigrés «clandestins» sur base de critères justes et légaux. Là encore, il faudrait lever des préjugés et autres clichés : les demandeurs d’asile ne sont pas en majorité africains ou asiatiques. Les chiffres officiels du ministère du Haut Commissariat aux réfugiés et apatrides (CGRA) placent, de tout temps, les Russes en tête du classement des demandeurs d’asile. Suivis, contexte oblige, des Irakiens, Afghan, Iraniens, Kurdes… Les pays du Maghreb en fin de liste.

On compte par exemple 176 demandes d’Algériens en 2007 et 206 demandes en 2008. A bien y observer, on ne peut éviter de s’interroger sur la capacité déployée par les politiques belges à garder une politique d’accueil humaine, tant les contraintes de la politique sur l’immigration imposée par l’Union européenne sont lourdes, sélectives et égoïstes. Le pacte sur l’immigration adopté par l’UE, sous présidence française en décembre 2008, ne laisse pas beaucoup de marge de manoeuvre pour les Etat membres de l’UE. Mais revenons à cet appel d’offres de 16 millions d’euros pour l’achat de 700 containers (ou conteneurs). Il a un précédent.

L’année dernière, l’idée a été émise par le gouvernement belge de faire appel à leurs voisins néerlandais pour la construction de prisons sur base de… containers. Le procédé est répandu en Hollande : c’est rapide, facile et coûte moins cher que la construction en dur. Au final, la Belgique a, après mûre réflexion, décidé d’envoyer depuis la semaine dernière ses prisonniers « en trop» en Hollande pour être hébergés (gardés) dans les prisons en… containers. Quelle histoire !

M’hammedi Bouzina Med, QO Bruxelles

Ressortissants suisses détenus en Libye

Posted on 23 octobre 2009 (0)

KadafhiLe président de la Confédération suisse, Hans-Rudolf Merz, a critiqué une fois de plus la Libye, qui empêche deux hommes d’affaire suisses de quitter le pays depuis plus d’un an, au motif d’une infraction présumée des lois sur l’immigration.

Les deux Suisses avaient été arrêtés quatre jours après l’arrestation à Genève d’un fils de Moammar Gadhafi, Hannibal, et de son épouse. Ils étaient accusés d’avoir maltraité des domestiques.

Les autorités suisses ont abandonné par la suite les poursuites contre le couple. En août, M. Merz s’était rendu en Libye pour présenter des excuses au sujet de l’incident.

De son côté, la ministre suisse des Affaires étrangères, Micheline Calmy-Rey, a dénoncé une violation du droit international.

1,4 million d’écrivains potentiels en France

Posted on 24 septembre 2009 (0)

La France compterait 1,4 million d’écrivains potentiels, selon un sondage OpinionWay pour Le Figaro littéraire qui révèle que 32 % des Français ont écrit ou songé à écrire un livre.

EcrivainUne étude OpinionWay réalisée auprès d’un échantillon de 988 Françaisâgée de plus de 18 ans révèle que 1,4 million de personnes possèdent déjà un manuscrit. Vous pouvez  lire ce sondage sur le site du Figaro.

Un livre sorti ces derniers temps mérite d’être cité en parlant des écrivains français. Il s’agit du “Clonage Institutionnel” d’Elise Mbock, ouvrage qui contient des réflexions sur le fonctionnement de notre société en rapport avec la démocratie, l’égalité des chances, la cohésion sociale et les freins à la croissance. Le chapitre générique est “la confiscation des territoires et les nouveaux rentiers” que j’identifie comme l’agent majeur de notre déséquilibre actuel.

Le livre se résume en ce paragraphe : [on a échoué dans le traitement de l'immigration qu'on a fini par institutionnaliser par un traitement minimum. On est en train d'échouer dans la politique de la ville. On va échouer dans l'égalité des chances et la cohésion sociale. Il ne peut pas y avoir d'égalité des chances sur fond de clonage institutionnel, car le clonage institutionnel est un système à la fois discriminatoire et rentier. Notre société fracturée est le clone de notre système scolaire fondamentalement inégalitaire].

Elise Mbock est Docteur en Sciences de l’Information et de la Communication de l’Université Lyon 2 depuis 1995 et a été candidate aux élections cantonales en 2008 sur le canton de l’Isle d’Abeau dans l’Isère (Nord).

Les migrants de la “jungle” conduits en centre d’accueil

Posted on 23 septembre 2009 (0)

Parmi eux, une cinquantaine des 125 mineurs interpellés mardi lors de l’évacuation de la “jungle” de Calais ont été placés dans un centre d’accueil à Vitry-sur-Orne, en Moselle.

Plus de six ans après la fermeture de Sangatte, par Nicolas Sarkozy, Eric Besson, veut vider la « jungle », sans créer un « mini-Sangatte ». A la demande du ministre de l’Immigration, les opérations de démantèlement de la «jungle» de Calais ont été lancées mardi matin. Des cars ont commencé à encercler la zone industrielle des dunes, près du port, entre les grands parkings et les usines, où tentaient desurvive dans des campements de fortune des centaines de migrants sur un espace sablonneux et boisé.

Face à la police française, les migrants n’ont opposé aucune résistance, ce qui n’a pas empêché les policiers de les interpeller de façon musclée. Des militants associatifs ont également été arrêtés alors qu’ils tentaient de dénoncer cette opération policière.

Eric Besson justifie cette opération en affirmant que les passeurs y font régner « la loi de la jungle ». Pour les associations « cela ne fera que déplacer le problème ». Suzanne, militante à l’association Salam s’interroge: « Mes chiens sont mieux traités que ces jeunes migrants. Qu’est-ce qu’on en fait? » Elle rit, amère. « Ca fait six ans que je répète la même chose. Quand ils ont fermé Sangatte, il y avait peut-être 200 migrants. Maintenant, ils sont 800.

Ca n’a strictement rien changé. » Pour remédier à la situation humanitaire désastreuse, le ministre a prévu un plan en six points pour Calais. « Un point de recueil des demandes d’asile à la sous-préfecture, une agence pour suivre les droits des migrants, un point de distribution des repas mieux adapté, une permanence d’accès aux soins, un point sanitaire et un nouveau point d’accueil de jour. » « Des avancées hummanitaires réelles », estime Jean-Claude Lenoir, cofondateur de l’association humanitaire Salam.

immigrationConcernant les “mineurs isolés” ou les enfants sans-papiers mineurs, ils ont été placés dès leur arrestation dans des centres d’accueils spécialisés dans dans l’est de la France et le Pas-de-Calais, selon la préfecture. Une cinquantaine d’entre eux se trouveraient dans un centre d’accueil à Vitry-sur-Orne, en Moselle.

Le GISTI fait remarquer que le nombre de jeunes étrangers mineurs qui entrent ou tentent d’entrer seuls en France est en constante augmentation ces dernières années. Ils viennent pour échapper à toutes sortes de drames : les uns espèrent simplement trouver dans notre pays des conditions de vie moins difficiles, d’autres sont des enfants maltraités qui ne sont protégés par aucun dispositif dans leur pays, enfin certains fuient des persécutions ou les atrocités de pays en guerre.

Calais : Des policiers dans la «jungle»

Posted on 22 septembre 2009 (0)

Des “CRS” dans une “jungle”, n’est-ce pas une image insolite ? Des policiers ont fait leur entrée mardi matin dans la “jungle” de Calais pour déloger quelques centaines de clandestins qui tentent de rejoindre la Grande-Bretagne. Pour les associations de défense des droits de l’homme, il s’agit d’une « fausse solution ».

Plus de six ans après la fermeture de Sangatte, par Nicolas Sarkozy, Eric Besson, veut vider la « jungle », sans créer un « mini-Sangatte ». A la demande du ministre de l’Immigration, les opérations de démantèlement de la «jungle» de Calais ont été lancées mardi matin. Des cars ont commencé à encercler la zone industrielle des dunes, près du port, entre les grands parkings et les usines, où tentaient desurvive dans des campements de fortune des centaines de migrants sur un espace sablonneux et boisé.

Face à la police française, les migrants n’ont opposé aucune résistance, ce qui n’a pas empêché les policiers de les interpeller de façon musclée. Des militants associatifs ont également été arrêtés alors qu’ils tentaient de dénoncer cette opération policière.

Eric Besson justifie cette opération en affirmant que les passeurs y font régner « la loi de la jungle ». Pour les associations « cela ne fera que déplacer le problème ».

CRSSuzanne, militante à l’association Salam s’interroge: « Mes chiens sont mieux traités que ces jeunes migrants. Qu’est-ce qu’on en fait? » Elle rit, amère. « Ca fait six ans que je répète la même chose. Quand ils ont fermé Sangatte, il y avait peut-être 200 migrants. Maintenant, ils sont 800. Ca n’a strictement rien changé. » Pour remédier à la situation humanitaire désastreuse, le ministre a prévu un plan en six points pour Calais. « Un point de recueil des demandes d’asile à la sous-préfecture, une agence pour suivre les droits des migrants, un point de distribution des repas mieux adapté, une permanence d’accès aux soins, un point sanitaire et un nouveau point d’accueil de jour. » « Des avancées hummanitaires réelles », estime Jean-Claude Lenoir, cofondateur de l’association humanitaire Salam.

Union européenne : sus à l’immigration !

Réunis hier à Bruxelles, les 27 ministres de l’Intérieur de l’UE continuent de croire que la seule manière de stopper les flux migratoires réside dans une approche sécuritaire, et uniquement sécuritaire.

Ce 21 septembre, les 27 ministres de l’intérieur des pays de l’UE ont eu à examiner, une énième fois, leur «politique commune de l’immigration.» Intitulé de la rencontre qui relève plus du discours politique démagogique que d’une approche juste et légale du problème des migrations dans le monde en général, et de celui spécifique à l’Europe en particulier.

Depuis la première approche communautaire de l’immigration contenue dans le traité d’Amsterdam (octobre 1998) à ce jour, l’Europe n’a jamais étudié le problème de l’immigration que sous son seul aspect sécuritaire. Cette vision d’un phénomène vieux comme l’humanité a évolué sous la dernière présidence française de l’UE (juillet 2008 – décembre 2008) vers une approche davantage sécuritaire doublée d’une politique sélective des immigrés dont a besoin l’Europe. Le pacte européen sur l’immigration présenté par la France, et adopté par le Conseil européen en octobre 2008, a scellé définitivement toute chance de concertation avec les pays dits «pourvoyeurs» de flux migratoires, alors même que ce fameux pacte affirme prôner la concertation avec ces mêmes pays.

immigrationPour rappel, le pacte est résumé en cinq points essentiels: l’utilisation de l’immigration selon les besoins de chaque pays d’accueil; l’éloignement du reste des arrivants; le renforcement des contrôles aux frontières; un partenariat avec les pays du Sud et une politique d’asile commune. Si les trois premiers points sont assez clairs, les deux derniers ne sont rien d’autre qu’une tromperie. Car, de concertation avec les pays du Sud, il n’y en a point eu. L’Europe veut réduire les pays du sud méditerranéen en particulier au rôle de gardiens de ses propres frontières. A ce jour, seuls la Libye, le Maroc et le Sénégal ont signé des accords dans ce sens. Ces trois pays ont érigé des centres de détention financés par l’UE sans autres discussions. C’est cela la politique de concertation contenue dans le pacte européen.

Dans l’UE, c’est à peu près la même logique qui est adoptée, puisque le nombre de centres de détention des clandestins est passé de quelques dizaines dans les années 90 à 234 en 2005 pour atteindre les 300 actuellement. Et le Parlement européen (PE) n’a pas fait exception lorsqu’il a adopté, le 18 juin 2008, la «directive retour» qui étend la durée de détention des «illégaux» jusqu’à 18 mois et une interdiction de séjour jusqu’à 5 ans. Hier, à Bruxelles, à l’appel du ministre français de l’Intérieur, l’UE s’est penchée sur les moyens de renforcer l’agence «Frontex», cette véritable armada militaire d’interception des chaloupes et rafiots en mer utilisés par les «fuyards» de la faim et de l’oppression en Afrique. Créée en octobre 2004 sur initiative de la France, Frontex regroupe des navires et avions de surveillance et d’interception des flottilles de migrants sur la façade atlantique africaine et européenne.

La France, encore une fois, a proposé hier à Bruxelles d’organiser des affrètements de vols groupés de reconduction des clandestins aux frontières. C’est dire combien l’Europe n’arrive pas à se défaire de l’approche strictement sécuritaire du phénomène migratoire. Pour mémoire, sur les quelque 200 millions d’immigrés recensés actuellement de par le monde, l’UE en accueille mois de 8%, soit 42 millions environ. Avec une telle proportion, l’UE se lance, depuis ce fameux pacte sur l’immigration, dans l’autre approche, celle de la sélection des immigrés en fonction de ses besoins.

A bien y observer, la politique de l’immigration adoptée par l’Europe n’a rien de commun ni dans l’esprit ni dans la forme, avec les grands principes énoncés par l’ONU sur la question inscrite comme «Objectif du millénaire». L’Organisation internationale de la migration (OIM) de l’ONU prévoit le déplacement (migration), en raison de conflits, de sécheresse… de plus d’un milliard d’individus dans le monde pour les 20 ans à venir ! Et la construction de murs de protection par l’Europe apparaît comme dérisoire face à un tel destin qui guette l’humanité.

M’hammedi Bouzina Med – QO et Marcel Mbida – Monde Actu

Immigration : La France se noie dans les tests ADN

Posted on 15 septembre 2009 (0)

Nouvelle polémique, nouveau débat dans l’Hexagone sur l’immigration (ciblée), notamment maghrébine. La France s’est trouvée en cette difficile rentrée sociale marquée par la menace de la grippe aviaire, un sujet de débat politique entre la gauche et la droite qui aurait été inutile en d’autres temps.

Le thème: l’immigration. Le sujet: les fameux tests ADN pour fixer la parenté d’un candidat à l’immigration dans le cadre du rapprochement familial. Cette loi, sarkozyenne s’il en est, et votée au plus fort du débat sur l’immigration ciblée prônée par l’équipe de Nicolas Sarkozy alors ministre de l’Intérieur, ne sera pas mise en application dans les délais prévus, c’est-à-dire le 31 décembre 2009. Dimanche, le ministre français de l’Immigration Eric Besson annonce qu’il ne signerait pas le décret d’application de la loi sur les tests ADN pour le regroupement familial.

ADNLa non-validation de ce décret dénoncé par la gauche et les associations de défense des immigrés, dont SOS-Racisme, est due au fait que le ministre français n’était pas «en mesure» de «respecter l’esprit et la lettre de la loi». «Je ne signerai pas ce décret d’application pour une raison simple. Je ne suis pas en mesure dans les délais impartis par la loi, 31 décembre 2009, de respecter l’esprit et la lettre de la loi», a expliqué Eric Besson à la radio Europe 1. «Le législateur a émis tellement de contraintes que le décret d’application n’est pas possible en l’état», a-t-il ajouté, expliquant notamment que les «consulats (français à l’étranger) ne sont pas équipés pour ces empreintes génétiques».

La France a adopté en 2007 l’expérimentation de tests ADN pour le regroupement familial dans la loi sur la maîtrise de l’immigration, mais le Sénat avait restreint ses modalités par rapport au projet initial, qui avait déclenché de nombreuses protestations.     En fait, la chambre haute du Parlement français avait conditionné ces tests à la décision d’un juge, conduisant nombre d’observateurs à prédire une application très difficile. Mais, en novembre 2007, le Conseil constitutionnel, juge de la constitutionnalité des lois en France, avait validé, sous réserves, le recours possible aux tests ADN tout en rejetant une application systématique. Déjà, au mois de février dernier, Eric Besson avait affirmé qu’il signerait le décret d’application permettant la mise en oeuvre de ces tests quand il aurait «la conviction absolue que tout a été fait sur le plan éthique, moral et des réalisations concrètes», évoquant alors un délai d’»un mois et demi ou deux mois».

Cette décision a, d’ailleurs, provoqué une large satisfaction au sein des associations locales de défense des droits des immigrés et contre le racisme, ainsi que la gauche. Pour autant, le Premier ministre français, François Fillon, semble accepter la position de son ministre et annonce, alors qu’il est en partance pour Moscou, que le gouvernement va rediscuter avec le Parlement des conditions de mise en oeuvre de cette loi. En marge d’un déplacement en Russie, le Premier ministre a défendu «un texte très équilibré qui contient à la fois des dispositions visant à mettre en oeuvre les tests ADN et des garanties pour les personnes». Mais, «pour le moment, nous n’arrivons pas à mettre en oeuvre ces garanties, donc il n’est pas question d’appliquer seulement une partie du texte voté par le Parlement», a-t-il dit, précisant que «tant que ces garanties ne seront pas applicables, nous ne mettrons pas en oeuvre ce texte».

Dans ce «un pas en avant, deux pas en arrière», c’est en fait le président du groupe UMP à l’Assemblée française, Jean-François Copé, qui est le plus chaud et qui pousse pour l’application de cette loi. Lundi, il a plaidé pour que soit signé le décret d’application de la loi sur les tests ADN pour les candidats au regroupement familial, rappelant qu’une loi avait été votée. «Il faut que chacun soit bien conscient tout de même qu’il s’agit d’une loi votée et que lorsque la loi est votée, les gouvernements ont l’obligation de mettre en oeuvre les décrets d’application», a-t-il souligné sur une radio locale.

En 2007 et lors de la présentation de cette loi à l’assemblée, de vives critiques s’étaient exprimées contre cette mesure, qui a été finalement approuvée dans une loi sur la «maîtrise de l’immigration» adoptée par le Sénat avec de très importantes restrictions. Mais la mesure ne pourra s’appliquer d’emblée à l’Algérie, au Maroc et à la Tunisie. Un test génétique ne pourra être pratiqué qu’avec l’accord de la personne concernée, et devra être approuvé par un magistrat français. Les tests ne concerneraient en outre que la filiation avec la mère, seraient gratuits et ne seraient employés que pendant une période probatoire, jusqu’en 2010.

Le président de la Ligue des droits de l’homme (LDH) Jean-Pierre Dubois a considéré dimanche que l’annonce d’Eric Besson confortait l’opinion de son organisation sur le recours aux tests ADN, jugé «scandaleux et inapplicable». Il a souligné que l’appel obligatoire à des médecins à l’étranger et à l’approbation d’un magistrat français en urgence rendait de toutes façons inopérant le texte de loi. Le débat est lancé, et la bataille pour le retrait de cette loi «scélérate», qui vise particulièrement les Maghrébins, ne fait que commencer. Alors que resurgissent dans l’Hexagone des voix et des gestes malsains, à la limite du racisme primaire comme au temps honni de la «métropole», comme cette sortie scandaleuse du ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux, il est urgent que les associations de défense des droits de l’homme et de lutte contre le racisme interviennent pour barrer la route à de telles lois dignes de l’époque la plus noire de la colonisation française en Afrique.

Mahrez Ilias

Racisme : Brice Hortefeux poussé à la démission

Posted on 11 septembre 2009 (0)

Les propos “racistes” de Brice Hortefeux embarrassent mais sa famille politique tente de minimiser la polémique grandissante.  Le Parti Socialiste (PS) réclame sa démission et l’UMP dénonce un procès d’intention “sordide”.

Lors de l’université d’été 2009 de l’UMP, à Seignosse dans les Landes, Brice Hortefeux déclare, posant pour une photo avec un jeune militant d’origine arabe : « Il ne correspond pas du tout au prototype… Il en faut toujours un. Quand il y en a un, ça va. C’est quand il y en a beaucoup qu’il y a des problèmes ». Le militant UMP qui apparaît sur cette vidéo défend le ministre de l’Intérieur, de l’Outre-Mer et des Collectivités territoriales en déclarant notamment que « Ça a été entièrement sorti du contexte. Mon secrétaire départemental blaguait avec le ministre parce qu’il parle auvergnat et c’est de là que c’est parti ». La gauche de son côté demande unanimement la démission du ministre

Jean-François Copé, président du groupe UMP à l’Assemblée nationale, a dénoncé vendredi “un procès d’intention absolument sordide et profondément injuste” à l’encontre du ministre de l’Intérieur. “Brice Hortefeux… n’a jamais été raciste de sa vie”, affirme Jean-François Copé.

HortefeuxCertains propos de Brice Hortefeux pourraient laisser penser qu’il est raciste. Le 5 novembre 2008 sur BFM, Brice Hortefeux avait estimé que l’élection de Barack Obama avait « un côté symbolique puisque chacun sait qu’ il est d’une famille issue de l’immigration » ; puis il avait ajouté : « C’est le témoignage que le défi de l’intégration peut être relevé ». Sachant que le nouveau président américain est né à Hawaï, un des États de l’Union, que sa mère est elle-même de type « caucasienne » – en reprenant la terminologie en vigueur sur les documents officiels – et qu’il n’a jamais été élevé par son père, Kenyan, qui a quitté la famille alors que son fils n’avait que deux ans.

On se souvient aussi que le 24 février dernier, lors de l’émission Le Grand Journal, Brice Hortefeux a déclaré « Je suis compatriote béninois » en exhibant un passeport diplomatique. Sa nationalité béninoise n’ayant jamais été confirmée, Brice Hortefeux s’est prévalu d’un vrai-faux passeport.

Espagne, une destination pas comme les autres

Posted on 05 septembre 2009 (0)

Depuis le dernier quart de ce siècle, l’Espagne, ce voisin à 15 km seulement du Maghreb et de l’Afrique, représente la frontière sud de la richesse européenne la plus proche du Tiers-Monde.

Deux villes, Ceuta et Melilla, sont même enclavées au Maroc, cette rive nord immédiate de notre mer Méditerranée «Mare Nostrum» (appellation romaine) se trouve convoitée par des masses d’immigrants légaux et illégaux.

Nonobstant l’histoire récente des migrations touchant l’Europe, des mouvements de population de cette envergure rend l’Espagne un cas d’autant plus singulier que les Espagnols furent considérés, jusqu’au début des années 1980, comme un peuple d’émigrants.

En effet, il n’y a pas si longtemps que le flux d’immigrants espagnols affluant vers les quatre coins du monde en quête de paix, de pain et souvent des deux à la fois, entre 1935 et 1940 l’émigration nette des Espagnols était de 101.872 (d’autres références parlent de 250.000, chose qui suscite bien des controverses). Les années de plus grande émigration espagnole furent entre 1955 et 1965, avec un total de 964.916 émigrants qui quittèrent la péninsule natale pour trouver ailleurs refuge et espoir d’une vie meilleure, fuyant la misère et la guerre civile (y compris des migrations politiques) qui faucha la vie à : 500.000 d’entre eux de juillet 1936 à mai 1939 (d’autres références parlent seulement de 200.000 victimes environ) guerre qui fut la conséquence dramatique, sur le long terme, des malaises sociaux, économiques, culturels et politiques qui accablaient l’Espagne depuis plusieurs générations. Après la proclamation de la 2ème République en 1931 et l’exacerbation croissante des tensions entre Espagnols culmina avec l’insurrection de 1934 des Asturies, réprimée dans le sang par les légionnaires appuyés par les unités marocaines sous le commandement du général Francisco Franco. Cette répression, d’une brutalité sans retenue (1 300 tués, 3 000 blessés, 30 000 arrestations) entraîne les protestations de tous les partis de gauche.

A vrai dire, avant que le Maghreb ne fut une région d’émigration, c’était une zone d’immigration. A partir de la moitié du XIXe siècle jusqu’à la décolonisation du nord de l’Afrique, des milliers et des milliers de Français, d’Italiens et d’Espagnols (en majorité andaloux et levantins) ne cessaient d’aller et venir au Maghreb. Entre 1830 et 1962, l’Algérie considérée jadis comme la colonie française la plus importante, le recensement de 1896 en a fait état presque de 300.000 Européens, dont environ 100.000 Espagnols et autres 100.000 étaient espagnols nationalisés français. Un siècle après l’occupation française, l’élément espagnol domine le panorama de la présence européenne en Algérie. Entre les résidents nés en Europe 137.759 Espagnols contre 133.128 Français. En ce qui concerne les 524.248 Européens nés en Algérie, on estimait autour de 40 % ceux d’origine espagnole.

L’émigration espagnole vers l’Algérie est un phénomène relativement ancien voire antique en comparaison à l’émigration espagnole vers le Maroc. L’arrivée des Espagnols dans les villes côtières algériennes remonte au XVe siècle, c’est-à-dire, durant la Reconquête (Reconquista). Quelques facteurs historiques qui ont lié l’Algérie à l’Espagne ont pu influer sur la préférence migratoire vers notre pays, depuis l’époque des Rois Catholiques, la Couronne espagnole ayant eu la souveraineté sur quelques sites du littoral maghrébin, tenta de nouer quelques relations (disons normales) bien que «Les rivages opposés d’Europe et d’Afrique furent plus constamment, plus cruellement ennemis que jamais : Littora litloribus contraria ».

En effet, un grand nombre de morisques (moriscos) ont trouvé refuge en Algérie expulsés d’Espagne au début du XVIIe siècle et se sont installés dans nos villes côtières. Ensuite, c’est la Couronne d’Aragon qui eut un intérêt commercial en y tenant des relations de négoce mais, en 1509, Ferdinand, encouragé dans ses propres sentiments, et poussé par les conseils ardents de Ximénès, sponsor officiel de l’expédition, voulut avoir l’honneur et se donner la popularité de continuer le châtiment des Maures réfugiés en Afrique, qui devenaient, comme pirates, de jour en jour plus formidables, ou, du moins, plus incommodes aux puissances chrétiennes, et surtout à l’Espagne. Oran fut ainsi prise par l’armée du cardinal Francisco Jiménez (Ximénès) de Cisneros commandée par Pedro Navarro. «C’est la plus belle ville au monde», s’écria en 1509 le cardinal de Cisneros après avoir vu Oran la Joyeuse qu’il venait d’annexer par les armes à la couronne des rois catholiques. En 1563, Don Alvarez de Bàzan y Sylva, marquis de Santa-Cruz, fit construire au sommet du pic de l’Aïdour (Murdjadjo) le fort de Santa-Cruz qui porte encore son nom (et pas celui de la sainte Vierge comme le croient encore les Oranais), coincés dans le Rozalcazar, ou Bordj Lahmar, ou encore Château Neuf, considéré jadis comme la plus grande fortification de la ville d’Oran. Les Espagnols s`enferment à l’intérieur du fort, par manque de ravitaillement ils se nourrissent pour la première fois de la fameuse KARENTIKA (caliente o calientita) – en espagnol la modérément chaude. Malgré plusieurs expéditions à l’intérieur, les Espagnols furent bloqués dans la ville jusqu’en 1708. En 1732, ils entrèrent en Algérie à la suite de la victoire remportée à Aïn El-Turck par le comte Montémar, pour en sortir définitivement en 1792 à la suite du tremblement de terre qui détruisit la ville en 1790.

L’Algérie coloniale comptait parmi le nombre le plus important d’immigrants et colons espagnoles qui se sont installés en travailleurs, entrepreneurs et, souvent, en grands propriétaires et maîtres fonciers, jouissant des avantages offerts jadis par l’administration coloniale, leur niveau de vie était bien meilleur que celui des Indigènes, quelques mois suffisaient aux saisonniers espagnols pour épargner entre 100 et 130 francs, sommes échangées en pesetas, représentaient en somme entre 30 à 50 pour cent à peu près du salaire annuel dans la Péninsule, déduits les mois de chômage saisonnier.

La dernière émigration massive des Espagnols a eu lieu en 1939, à la fin de la guerre civile espagnole. En avril de ladite année, et à bord du «Stanbrook», ce sont 2.300 personnes qui ont débarqué à Oran, venant du port d’Alicante. Dans la province d’Alger, divers champs de réfugiés ont été installés. Un total de 10.000 réfugiés sont arrivés en Algérie.

Aussi, convient-il de réfléchir à la place accordée à l’histoire de l’immigration espagnole en Algérie, par exemple, dans les différents espaces, publics et privés, concernés par cette mémoire.

Actuellement, et restant fidèle et cohérente avec son histoire, l’Espagne veut avoir un statut de terre d’accueil et, selon l’Eurostat (Office statistique des Communautés européennes), laquelle indique qu’au cours des cinq dernières années (période 2001-2005), le nombre d’immigrés en Espagne a augmenté de quelque 3 millions (2.977.300). C’est dès 1997, toujours selon les chiffres d’Eurostat, que l’Espagne, aujourd’hui secondée par l’Italie, raflait à l’Allemagne, pour le conserver jusqu’à ce jour, le titre de nº1 européen de l’accroissement de l’immigration par an.

En effet, dix ans de miracle économique espagnol, ponctués en 2005 par une croissance de 3,5 % (près de 3 fois la moyenne des pays de la zone euro), un excédent budgétaire de plus d’un pour cent du PIB (contre au moins 3 % de déficit pour la France, l’Allemagne et l’Italie) et un taux de chômage ramené à 8,7 % (moins qu’en France et qu’en Allemagne), alors qu’il était de 23,9 % en 1994.

Des régularisations dites «extraordinaires» de clandestins. On en compte six depuis 1985, trois ayant été opérées par des gouvernements socialistes (la dernière au printemps 2005) et trois par les gouvernements conservateurs de José Maria Aznar. L’Espagne, qu’elle soit de gauche ou de droite, régularise donc massivement en moyenne tous les trois ans et demi. Aussi, les clandestins ne cessent-ils d’affluer dans l’attente d’une prochaine régularisation.

Cette régularisation massive n’est pas sans raisons et nécessités économiques. En effet, bien que la population espagnole crût au XXe siècle de 112 %, «la baisse de la natalité a été non-stop», selon l’expert en comptabilité nationale et régionale, Julio Alcaide, qui, dans une étude intitulée «l’Évolution de la population espagnole au XXe siècle aux provinces et des communautés autonomes», explique que : le taux de natalité est passé de 17,7 % au début d’un siècle à 4,6 % dans la période 1995-2000. «La population a augmenté grâce aux facteurs compensatoires, comme la baisse de la mortalité infantile qui, au début du siècle passé, était de 50 % alors qu’aujourd’hui elle est pratiquement nulle, à l’espérance de vie, qui est en amélioration, et aux mouvements migratoires de ces dernières années», a expliqué Alcaide.

«Grâce aux flux d’immigrants, notre pays tendrait à disparaître», a affirmé cet expert, qui considère que sans ceux-ci, le développement économique de ces dernières années n’aurait pas été possible».

Bien qu’au point de vue de la qualité d’immigration et apport à la société espagnole en termes de valeur ajoutée on reproche au marché espagnol de ne demander en général qu’une catégorie de main-d’oeuvre immigrante de travailleurs manuels, secteur domestique, d’agriculture ou des mines, car pour les postes de qualifications spécifiques qui exigent des diplômes, la priorité est donnée aux nationaux. En effet, un immigrant avec bagage, qui vient en Espagne pourvu de visa, a plus de mal à être régularisé ou à s’intégrer qu’un clandestin qui débarque dans une embarcation de fortune sur les côtes des Canaris ou des Baléares…

Les gens de faible culture y trouvent apparemment, et bien facilement, espace et moyen d’intégration en Espagne qu’un intellectuel à mon avis !

Une analyse de la façon dont les cultures particulières se maintiennent et s’expriment dans la vie politique, sociale et économique à l’heure de la mondialisation, est plus que nécessaire à méditer pour le cas de l’Espagne plus concrètement.

Les temps ont bien changé, ce pays déchiré par 3 ans de guerre civile des plus meurtrières et 36 ans de dictature franquiste semble acquérir une nouvelle vie, un nouveau souffle lui a été octroyé tel un sphinx qui renaît de ses cendres. L’Espagne entre de plein fouet dans le modernisme, elle rejoint de plein droit la CEE le 12 Juin 1985, où elle intégra, par la suite, toutes les structures de ce corps qui promet tant de bonnes choses à l’avenir des peuples de la rive Sud méditerranéenne avec toutes les belles et nobles valeurs qu’il fit siennes, Démocratie, Droits de l’Homme devenus les colonnes d’Hercule de cette nouvelle entité. Elle ratifia le traité de Maastricht le 07 Février 1992, y compris celui ayant trait au respect des droits de l’Homme, notamment la convention européenne des droits de l’Homme.

L’essor économique (criard !) de l’Espagne frappe l’oeil du plus distrait, des infrastructures époustouflantes, des routes des autoroutes, des vielles villes revalorisées, des villes modernes qui naissent comme des champignons, une débauche architecturale de haut niveau à te couper le souffle, qui n’a rien à envier à ce qu’on voit à Munich, Paris ou à Londres, une explosion d’art, de culture. L’Espagne s’inscrit ainsi en un pays touristique de prédilection, ayant acquis ce cachet par excellence. A vrai dire, ce pays a beaucoup investi en efforts, moyens humains et financiers, il mit le paquet pour arriver, non sans l’aide de la communauté européenne. L’Europe solidaire confère à l’Espagne, outre l’aide d’aspect financier, un espace vital où sa politique étrangère s’exprime en toute rigueur, une autre portée stratégique qu’elle à toujours prisée à travers ses nombreuses «conquistas» et «compañas» outre-mer, davantage de puissance lui a été facilitée, l’Espagne peut désormais compter inconditionnellement sur l’Europe qui lui procure, selon le principe de solidarité, presque tout !

Références bibliographiques: La sociedad rifeña frente al Protectorado español de Marruecos (1912-1956). Edicions Bellaterra, Barcelona, 2003.& J. B. Vilar, Emigración española a Argelia (1830-1900). Instituto de Estudios Africanos, Madrid 1975, et Aperçu historique statistique et topographique sur l’Etat d’Alger à l’usage de l’Armée expéditionnaire d’Afrique avec cartes, plans, vues et coutumes par CH.Picquet géographe du Roi et Monseigneur le Duc d’Orléans 1830).

Chaalal Mourad