"inquiétude" Archives

Grippe A : Paranoïa généralisée ?

Posted on 07 octobre 2009 (0)

GrippemondeLa hantise du virus H1N1 a pris l’allure d’une paranoïa généralisée sans que vraiment l’opinion soit informée de la dangerosité réelle de cette nouvelle forme de grippe. Le dernier signe visible est la décision de la Tunisie de boycotter le traditionnel pèlerinage à la Mecque pour cause de grippe A (H1N1) alors même que le nombre cumulé de cas grippaux dans le pays n’est que de 73 confirmés.

En tout état de cause, les épidémiologistes refusent d’alimenter une ambiance générale d’inquiétude diffuse. Pour l’instant, selon ces experts, le nouveau virus paraît bénin et la grippe A n’aurait pas d’effet significatif sur les statistiques de mortalité. Aucun «excès de mortalité» par rapport aux mêmes périodes sans épidémie – indicateur de la mesure des effets d’une épidémie – n’a été enregistré. Les huit cents décès liés à la maladie ont concerné des personnes souffrant de pathologies chroniques, des femmes enceintes ou des enfants en bas âge.

Ainsi, cette crainte largement irrationnelle serait entretenue, selon certaines mauvaises langues, par des laboratoires pharmaceutiques ravis d’une aubaine qui leur permettra, une fois le vaccin mis au point, de faire exploser leurs chiffres d’affaires. Ces préoccupations mercantiles, bien réelles, ne doivent pas cependant empêcher l’application du principe de précaution. La protection de la santé des individus est en effet l’axe principal de toute politique publique digne de ce nom. Si la grippe A, en tant que telle, ne semble pas dangereuse, son impact sur les personnes fragilisées peut être mortel. Les mesures de prudence s’imposent donc sans controverse possible.

Encore faut-il hiérarchiser les priorités et faire admettre à la population le bien-fondé des mesures protectrices. Cette préoccupation est illustrée par la décision des ministres arabes de la Santé d’interdire le pèlerinage à La Mecque aux catégories à risque. On le sait, bon nombre de nos aînés accomplissent le Hadj avec l’espoir de mourir dans la ville originelle de la prophétie islamique. Mais si le caractère privé et intime d’un tel souhait est respectable, il ne peut en aucun cas légitimer la mise en danger d’autrui. Or, les concentrations humaines sont naturellement propices à la contamination fulgurante d’un très grand nombre d’individus. La décision des ministres de la Santé est sage et mesurée : il ne s’agit pas d’annuler le pèlerinage de cette année, mais bien de protéger les pèlerins de risques inutiles et pouvant être incontrôlables.

Les dispositifs envisagés par les pays les plus avancés se fondent sur la même démarche : il ne s’agit pas de dépister systématiquement le virus de la grippe chez tous les malades, mais bien de prendre en charge spécifiquement les personnes chez lesquelles le virus peut provoquer des évolutions dommageables. La voie médiane, entre un certain fatalisme et la psychose, est donc celle que les hommes de science ont choisie. Pour le pèlerinage, la voie du juste milieu et de l’équilibre s’impose naturellement.

Migration : le Pnud fait sauter « les barrières »

Posted on 05 octobre 2009 (0)

immigrationPermettre la migration à l’intérieur et au-delà des frontières nationales peut potentiellement augmenter la liberté des populations et améliorer ainsi la vie de plusieurs millions de personnes dans le monde : tel est la conclusion du Rapport mondial sur le développement humain 2009 du PNUD.

Permettre la migration – à l’intérieur où au-delà des frontières – peut potentiellement augmenter la liberté des populations et améliorer la vie de millions de personnes dans le monde : tel est le résultat du Rapport mondial sur le développement humain 2009, lancé ici même aujourd’hui.

Nous vivons dans un monde très mobile, où la migration est non seulement inévitable mais constitue également une dimension importante du développement humain. Près d’un milliard de personnes sont des migrants, soit une personne sur sept. Le Rapport, intitulé Lever les barrières : mobilité et développement humains, montre que la migration peut améliorer le développement humain pour les personnes migrantes, pour les communautés d’accueil et celles de départ.

« La migration est une force sur laquelle il faut compter, qui peut contribuer de manière significative au développement humain », déclare Helen Clark, administrateur du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD). « Mais pour concrétiser ses avantages, un cadre politique favorable doit être mis en place, comme le suggère ce rapport. »

En effet, la migration peut augmenter les revenus et améliorer la santé d’une personne, ainsi que les perspectives d’éducation de leurs enfants. Plus important encore, vivre là où l’on souhaite est un élément clé de la liberté humaine, explique le Rapport, qui avance également que la réductions des barrières et d’autres contraintes à la mobilité ainsi que l’amélioration des politiques à destination de la population migrante peuvent générer d’énormes bénéfices en termes de développement humain.

Cependant, la migration n’apporte pas que des avantages. Ses gains potentiels dépendent beaucoup des conditions dans lesquelles elle a lieu. Les dépenses financières peuvent être relativement élevées et la mobilité entraîne inévitablement des incertitudes et une séparation familiale. Les populations pauvres sont souvent limitées par un manque de ressources, d’informations ainsi que des barrières dans les communautés et les pays d’accueil. Pour nombre de ces personnes, la migration reflète également les répercussions d’un conflit, d’une catastrophe naturelle ou de graves difficultés économiques. Certaines femmes finissent dans des réseaux de trafic d’êtres humains, perdent des libertés importantes et sont exposées à des dangers physiques.

Cette étude est la plus récente publication d’une série de Rapports mondiaux sur le développement humain visant à encadrer les débats sur certains des défis les plus urgents pour l’humanité, du changement climatique aux droits de l’homme. Ce rapport indépendant a été mandaté par le PNUD. Jeni Klugman est la directrice de l’édition 2009.

Bousculer les idées reçues

Les conclusions de ce Rapport apportent un éclairage nouveau à certaines idées reçues. La plupart des migrants ne franchissent pas les frontières nationales mais se déplacent à l’intérieur de leur pays. 740 millions de personnes sont des migrants internes, soit plus de trois fois le nombre de migrants internationaux. Parmi les migrants internationaux, moins de 30 % se déplacent d’un pays en développement vers un pays développé. Par exemple, seuls 3 % des Africains vivent en dehors de leur pays de naissance.

Contrairement à ce qui est généralement admis, les migrants développent l’activité économique et donnent plus qu’ils ne reçoivent. Des enquêtes détaillées montrent que l’immigration augmente généralement l’emploi dans les communautés d’accueil, n’encombre pas le marché du travail local et améliore le taux d’investissement dans les entreprises et initiatives nouvelles. De manière générale, l’impact des migrants sur les finances publiques – nationales et locales – reste relativement faible, tandis que les avantages qu’ils apportent dans d’autres domaines, tels que la diversité sociale et la capacité d’innovation, ont été largement démontrés.

Les auteurs indiquent que les gains pour les migrants peuvent être énormes. Une étude a révélé que les migrants issus des pays les plus pauvres ont, en moyenne, vu leur revenu multiplié en moyenne par 15, leur taux de scolarisation doublé et leur mortalité infantile divisée par 16 après une migration vers un pays développé.

Liens avec le développement

Pour les pays d’origine des migrants, le Rapport avertit que la migration ne saurait être à elle seule une solution au développement. Néanmoins, la mobilité apporte souvent des idées, des connaissances et des ressources nouvelles – aux migrants et aux pays d’origine – qui complètent, voire améliorent, le développement humain et économique. Dans de nombreux pays, l’argent envoyé par les migrants dépasse l’aide officielle.

Les gains des migrants sont souvent partagés avec la famille et la communauté d’origine. Dans de nombreux cas, cela se matérialise par des transferts de fonds, mais les familles de migrants tirent également d’autres avantages. Ces « transferts sociaux » incluent la réduction de la fertilité, l’augmentation du taux de scolarisation et l’autonomisation des femmes.

Le Rapport soutient également que l’exode de la main-d’œuvre hautement qualifiée, par exemple les médecins, les infirmières et les enseignants (sujet d’inquiétude majeur pour un certain nombre de pays en développement qui perdent ces professionnels) est plus un symptôme qu’une cause de l’échec des systèmes publics.

Une fois intégrée dans des stratégies nationales de développement plus larges, la migration constitue un complément aux efforts généraux locaux et nationaux pour réduire la pauvreté et améliorer le développement social et économique.

Supprimer les barrières

Le rapport Lever les barrières dresse une série de réformes autour de six « piliers », qui appellent à :

  • ouvrir les voies d’entrée existantes à davantage de travailleurs, notamment les moins qualifiés ;
  • garantir le respect des droits humains fondamentaux des migrants, notamment l’accès aux services d’éducation et de santé ainsi qu’au droit de vote ;
  • réduire les coûts des démarches liées à la migration ;
  • trouver des solutions concertées bénéfiques pour les pays d’accueil comme pour les migrants ;
  • éradiquer les obstacles à la mobilité interne ;
  • intégrer la migration dans les stratégies de développement des pays d’origine.

En termes de migration internationale, le Rapport ne défend pas une libéralisation à tous crins car la population du pays de destination a le droit de modeler sa société, mais il soutient qu’il serait plus judicieux d’augmenter l’accès aux secteurs ayant une forte demande de main-d’œuvre, y compris pour les emplois peu qualifiés. Cet aspect est particulièrement important pour les pays développés frappés par le vieillissement de la population car ce phénomène entraîne l’augmentation de la demande de travailleurs migrants.

Faciliter l’accès et diminuer les coûts des démarches d’obtention des documents sont d’autres mesures importantes permettant de diminuer les obstacles à la migration légale. Selon le Rapport, la rationalisation de ces « barrières administratives » permettrait d’enrayer le flux des migrants irréguliers puisque les voies légales seraient simplifiées et moins chères.

Le rapport Lever les barrières appelle également les pays d’accueil à prendre des mesures pour mettre fin à la discrimination envers les migrants. Le Rapport insiste sur l’importance de répondre aux inquiétudes des résidents locaux et d’améliorer la sensibilisation aux droits des migrants. Il recommande en outre de travailler avec les employeurs, les syndicats et les groupes communautaires pour lutter contre la xénophobie.

Malgré les cas d’intolérance, les recherches mandatées par le PNUD pour le Rapport indiquent que la population des pays d’accueil est généralement favorable à la migration lorsque des emplois sont disponibles, et apprécie les avantages (économiques, sociaux et culturels) apportés par cette diversité accrue.

De l’abstrait au concret

Les conséquences de la récession mondiale se sont rapidement propagées à l’emploi, et la crise de l’emploi est une mauvaise nouvelle pour les migrants. Dans plusieurs secteurs, le nombre de nouveaux migrants est en baisse, tandis que certains pays d’accueil prennent actuellement des mesures pour encourager ou obliger les migrants à repartir. Mais selon le Rapport, c’est maintenant qu’il faut agir.

« La récession doit être considérée comme l’occasion d’instituer une nouvelle donne pour les migrants, qui profiterait aux travailleurs locaux et immigrés tout en les protégeant contre un sursaut protectionniste », indique la directrice Jeni Klugman. « Avec la reprise, les nombreuses tendances sous-jacentes qui ont favorisé les migrations au cours des cinquante dernières années referont surface et inciteront plus de personnes à migrer. »

Les gens se déplaceront ; c’est pourquoi le rapport Lever les barrières offre les outils pour mieux gérer cette mobilité humaine inévitable en posant des principes et des lignes directrices pour les destinations traditionnelles d’immigration, telles que les États-Unis et l’Europe, et les nouveaux « aimants » de la migration, comme le Costa Rica, le Maroc et la Thaïlande. La série de réformes proposée par le rapport Lever les barrières est étroitement liée à une évaluation réaliste de la situation économique et sociale, de la reconnaissance de l’opinion publique et d’autres contraintes politiques, observe le Rapport. Cependant, avec du courage politique, tout est possible.

Indice du développement humain

Autre élément publié aujourd’hui dans le cadre du Rapport mondial sur le développement humain 2009 : l’indice du développement humain (IDH), un indicateur composite du bien-être de la population qui regroupe l’évaluation de l’espérance de vie, de l’alphabétisation, de la scolarisation et du PIB par habitant. Ce dernier montre qu’en dépit des progrès constatés dans de nombreux domaines ces 25 dernières années, les disparités de bien-être dans les pays riches et pauvres continuent d’être grandes – une situation inadmissible.

L’IDH de cette année a été calculé pour 182 pays et territoires, soit la couverture la plus large à ce jour. Les estimations, qui reposent sur les informations disponibles les plus récentes recueillies par les Nations Unies et d’autres partenaires internationaux, s’appuient sur les données de 2007. Source : communiqué du PNUD :  Le Rapport sur le développement humain bouscule les idées reçues sur la migration

La vaccination contre la grippe A refusée par 1 médecin sur 2

Posted on 25 septembre 2009 (0)

Malgré l’effervescence médiatique, les médecins libéraux restent sereins à l’approche de la vague épidémique de grippe. Interrogés par l’IFOP pour « le Quotidien », 89 % affichent un état d’esprit confiant, contre 10 % qui expriment de l’inquiétude.

L’effervescence médiatique ne suffit pas à convaincre les médecins libéraux de se faire vacciner contre la grippe A (H1N1)e. Interrogés par l’IFOP pour « le Quotidien », 89 % affichent un état d’esprit confiant, contre 10 % qui expriment de l’inquiétude.

Une petite majorité (52 %) seulement se dit prête à se faire vacciner : 62 % des généralistes et 37 % des spécialistes.

La question de l’adhésion personnelle des médecins à la vaccination est ainsi posée. C’est l’une des préoccupations de Roselyne Bachelot, qui l’a exprimée aux syndicats qu’elle a reçus à la fin de la semaine dernière.

Cette semaine, les autorités sanitaires constatent de nouveau, une diminution de l’estimation du nombre de nouveaux cas de grippe à la Réunion. Aussi une diminution des appels pour grippe au centre 15 et de la fréquentation des services des urgences pour grippe. Enfin, une baisse de la part d’activité consacrée à la grippe par les médecins du réseau sentinelle :6,5% en semaine 38 contre 11,4% en semaine 37. Elle se situe dans la moyenne observée au cours des 5 dernières années à la même période.

H1N1-Auj1En semaine 38 du 14 au 20 septembre, l’estimation des nouveaux cas de grippe est de 2500. Aucun nouveau décès n’a été constaté. La tendance à la baisse de l’évolution de l’épidémie se poursuit donc et le premier pic épidémique a été atteint en semaine 35 (semaine du 24 au 30 août).

Les services de l’Etat restent cependant mobilisés et vigilants afin de faire face à toute évolution de l’épidémie. C’est pourquoi le dispositif de surveillance virologique renforcé, mis en place à la Réunion depuis le début de l’épidémie reste activé.

Quatre réunions d’information seront organisées au début du mois d’octobre avec l’ensemble des médecins généralistes de l’île. L’objectif est de faire le point avec l’ensemble des médecins généralistes de l’île.

Ceux-là mêmes qui ont été placés au cœur du dispositif de prise en charge des malades, et sur la vaccination.

Situation dans les établissements scolaires de la réunion. Pour la semaine 39, les services du Rectorat constatent de nouveau une diminution du nombre d’enseignements et d’enfants scolarisés absents pour cause de grippe. Sources : Le quotidien du Médecin et l’Antenne de la Réunion

Le roi de Thaïlande atteint de la grippe

Posted on 20 septembre 2009 (0)

Le roi de Thaïlande, Bhumibol Adulyadej, est atteint de la grippe. Il a été hospitalisé à l’hôpital Siriraj de Bangkok à la demande des conseils de ses médecins, a annoncé dimanche le Palais royal.

Atteint de la grippe, le roi Bhumibol Adulyadej a reçu un traitement d’antibiotiques par injection intraveineuse, affirme un communiqué du Bureau du palais royal indiquant que « le roi a eu de la fièvre samedi, était fatigué et avait perdu l’appétit ».

Bhumibol Adulyadej et Vladimir Poutine

Bhumibol Adulyadej et Vladimir Poutine

Le roi Bhumibol Adulyadej est le souverain constitutionnel, chef de l’État et protecteur des religions de Thaïlande. Il règne sur le pays depuis plus d’un demi siècle.

Il est le plus ancien chef d’Etat en exercice dans le monde. Le roi Bhumibol Adulyadej jouit d’une immense estime de la population thaïlandaise, la longueur de son règne, son constant intérêt pour le développement des zones défavorisées du royaume, son action conciliatrice et sage lors des nombreux coups d’État militaires qu’il a eu à traverser, expliquent probablement cette dévotion qui le place parmi les plus vénérés des souverains.

La nouvelle de sa maladie n’a suscité aucune inquiétude particulière de la part de la population. Les Thaïlandais attendent que leur souverain se rétablisse rapidement.

Grippe A (H1N1) : 32% des Français inquiets

Posted on 20 septembre 2009 (0)

L’épidémie de grippe A(H1N1) qui continue de progresser en France métropolitaine inquiète 32% de Français, selon un sondage réalisé par l’institut Ifop pour Ouest-France Dimanche.

Un sondage réalisée les 17 et 18 septembre auprès de 975 Français âgées de plus de 18 ans, 68% des sondés ne seraient pas inquiets, tandis que 32% le sont. Mais 5% de Français se disent « tout à fait inquiets ».

Par ailleurs, les Français trouvent que le ministère de la Santé gère bien l’épidémie de grippe A (H1N1).

Mondeactu-H1N1Un sondage réalisé par TNS-Sofres pour l’hebdomadaire « Pèlerin Magazine » place le cancer en tête des maladies les plus redoutées avec 72 % de citations, contre 54% pour la maladie d’Alzheimer, 39% pour les maladies cardiovasculaires et 36% pour les accidents cérébraux vasculaires. Le premier rang du cancer est bien légitime : il représente en effet la première cause de décès France (152.704 morts, soit 30% des décès toutes causes confondues). Par ailleurs, 278.000 nouveaux cas ont été diagnostiqués et plus de 920 000 patients ont bénéficié d’une prise en charge pour le traitement d’un cancer dans un établissement hospitalier.

À la question « quelles sont les maladies que vous redoutez le plus pour vous-même ou pour vos proches ? », la réponse est sans appel : le cancer arrive en tête devant la maladie d’Alzheimer, les maladies cardio-vasculaires et les accidents cérébraux.

L’inquiétude face au cancer tend néanmoins à diminuer. L’étude révèle que la peur d’être confronté à cette maladie enregistre une baisse de 6 points par rapport à la même étude réalisée en 2001 (72% en 2008 contre 78% en 2001). Cette diminution du sentiment d’inquiétude n’empêche pourtant pas la progression régulière de la maladie. Ainsi, entre 1980 et 2000, le nombre de cas a augmenté de près de 60 %.

Mais le fait marquant de ce sondage réside dans la peur grandissante des Français à l’égard de la maladie d’Alzheimer. Avec 54% de citations, elle figure au deuxième rang du classement. Mais surtout, elle s’est imposée au fil des ans comme une maladie de plus en plus redoutée : le nombre de citations progresse en effet de 13 points par rapport à 2001. Une préoccupation qui s’explique sans doute par le vieillissement général de la population et la place grandissante accordée à cette maladie dans les médias, notamment avec le lancement du Plan Alzheimer au mois de février.

À l’inverse, la crainte liée au sida diminue légèrement. Cette maladie est citée par seulement 27% des sondés en 2008, contre 35% en 2001.

Tension sur les vaccins contre la grippe A

Posted on 16 septembre 2009 (0)

La Food and Drug Administration (FDA)vient de donner son feu vert à quatre laboratoires pharmaceutiques pour produire les vaccins contre la grippe A (H1N1). La Commission européenne vient d’adopter un document de stratégie pour soutenir les États membres engagés dans la lutte contre la grippe pandémique H1N1 2009. Tous ces efforts montrent que la menace est particulièrement prise au sérieux, d’autant plus que l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) multiplie des déclarations de mise en garde.

Un mouvement d’inquiétude commence à prendre forme chez les parents de bébés et nourrissons ainsi que chez les femmes enceintes, qui ont rencontré des difficultés pour se faire administrer les vaccins périodiques indispensables.

VaccinAinsi, des parents qui nous ont contactés, affirment «qu’ils ont fait plusieurs polycliniques ou services de la protection maternelle et infantile, pour faire vacciner leurs enfants nouveau-nés ou leurs épouses enceintes, se sont vu répondre qu’il n’y a pas de vaccin». D’autres informations que nous avons recueillies auprès de plusieurs sources, indiquent que certaines structures de santé, notamment celles de la protection maternelle et infantile (PMI), n’arrivent pas à faire face à la demande à cause d’un manque de vaccins.

Nos informateurs ont indiqué que la pénurie touche la catégorie de vaccin appelé «DT Coq Polio rappel» pour les nourrissons de 3, 4 et 5 mois et celui concernant les bébés de cinq ans, d’une part, et du vaccin Anti D pour les femmes enceintes qui ont un rhésus négatif d’autre part.

Ainsi, plusieurs de ces personnes concernées qui nous ont contactés, expriment leur désarroi «après avoir couru vainement les différentes PMI de la ville et même les pharmacies, à la recherche des fameux vaccins pour, au bout de la course, se voir opposer une fin de non-recevoir par les responsables de ces structures qui ont invoqué la rupture de stocks». D’autres femmes concernées ont signalé qu’elles se sont présentées à plusieurs reprises à la PMI de Bab El-Kantara pour se faire vacciner, mais ont été renvoyées parce que la quantité de vaccins disponible n’était pas suffisante et cet état de fait a obligé les responsables de la structure à limiter tous les jours le nombre de patientes à vacciner. Par contre, au niveau de la maternité du centre hospitalo-universitaire de Constantine que nous avons contactée, on nous a assuré que le vaccin Anti D pour les femmes enceintes est disponible en quantités suffisantes.

Questionné sur cette affaire, le directeur de la santé, de la population et de la réforme hospitalière de la wilaya, le Dr Damèche, a répondu «qu’il ne s’agit pas, à proprement parler, de rupture de stock, mais plutôt de tension momentanée provoquée, selon lui, par la procédure de contrôle indispensable effectué au niveau de l’Institut Pasteur d’Algérie sur les stocks de vaccins importés». Il indique que cette situation n’est pas propre à Constantine, mais touche plusieurs autres wilayate du pays qui en souffrent plus encore. Le DSP nous assure qu’il va s’attacher immédiatement à régler ce problème auprès des autorités compétentes au ministère et d’assurer les familles concernées «que d’ici une semaine au plus, tout va rentrer dans l’ordre», en ne manquant pas de préciser que ce contretemps ne perturbera nullement leur calendrier de vaccination périodique.

A. Mallem

L’Iran et les va-t-en-guerre

Posted on 12 septembre 2009 (0)

Qui peut oublier les admonestations adressées par l’administration Bush à Hans Blix, coupable de ne pas soutenir le projet de guerre contre l’Irak d’arguments estampillés AIEA. Les accusations lancées par Israël et la France contre l’actuel patron de l’AIEA, Mohamed El-Baradeï, ne sont guère différentes. Les va-t-en-guerre ont besoin que l’AIEA dise ce qu’ils veulent entendre, quitte à accuser l’AIEA de dissimuler des preuves. Ils souhaiteraient que l’agence se départît d’un minimum de prudence et qu’elle avalise toutes les «preuves» qui lui sont transmises par les services occidentaux. Il ne manquerait plus que l’AIEA affirme qu’il faut à peine 45 minutes pour que l’Iran déploie ses armes nucléaires, comme l’avait affirmé impudemment pour l’Irak l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair.

Outre Israël et M. Kouchner, des «sources», non identifiées, ont relayé les accusations contre El-Baradeï. Or, celui-ci, tout en étant critique à l’égard de l’Iran, sait que des documents bidonnés et falsifiés sont soumis à l’agence sans qu’elle puisse d’ailleurs en connaître les originaux. L’Iran a d’ailleurs dénoncé des documents falsifiés remis par les Etats-Unis à l’AIEA. Mohamed El-Baradeï a eu le tort de casser l’effort de propagande guerrière en déclarant à la revue spécialisée «Bulletin of Atomic Scientists» qu’on exagère le risque iranien. « D’une certaine façon, je pense que le risque a été exagéré. Il y a une inquiétude au sujet de ses intentions futures et ce pays doit être plus transparent avec l’AIEA et la communauté internationale. Mais l’idée que l’on va se réveiller demain et que Téhéran disposera d’une arme nucléaire, voilà une idée qui n’est pas étayée par les faits tels que nous les connaissons».

Il manquait des «annexes» dans le rapport, a affirmé Bernard Kouchner, ministre français des Affaires étrangères, qui était en 2003 un partisan actif de la guerre contre l’Irak. Avait-il eu entre les mains en 2003 des «annexes» prouvant que l’Irak avait les ADM ? On sait bien qu’il n’en est rien. Et que ce fut une forfaiture absolue que même Colin Powell a considérée comme une «tache» dans sa carrière. Les choses ont tendance à se répéter. Avec une arrogance certaine, les Occidentaux exigent d’être crus sur parole… Comme si la fable des armes de destruction massive de Saddam Hussein et ses conséquences guerrières n’étaient que des broutilles.

AIEALa presse occidentale fonctionne sur le postulat que l’Iran ment et que les dirigeants occidentaux et israéliens ne disent que la vérité. C’est grossier et intenable. La Russie, qui a défendu «les compétences et le professionnalisme de M. El-Baradeï», tente de maintenir un équilibre pour chercher une solution qui rassure les Occidentaux, sans enlever aux Iraniens leur droit au nucléaire. Cela suppose que l’on cherche réellement à négocier et non à faire «plier» le régime iranien.

Les nouvelles discussions qui vont être entamées entre l’Iran et les 5 membres du Conseil de sécurité ainsi que l’Allemagne auront peu de chances d’aboutir si leur objectif est de faire renoncer l’Iran à son programme nucléaire. L’imam Khameneï l’a de nouveau réaffirmé. Si l’objectif est d’avoir des garanties raisonnables sur le caractère strictement civil du programme, les discussions peuvent aboutir. A condition que les politiques prennent le dessus sur les va-t-en-guerre.

K. Selim

Vaccin anti-grippe A : Entre soulagement et inquiétude

Posted on 12 septembre 2009 (0)

Les résultats des premiers  essais des vaccins anti-grippe A sont concluants, selon Le New England Journal of Medicine (NEJM). La vaccination contre la grippe A/H1N1 doit débuter cet automne en France. Entre soulagement et inquiétude, cette campagne de vaccination massive soulève de nombreuses interrogations : quelles seront les personnes prioritaires ? Les vaccins seront-ils sûrs ? La vaccination sera-t-elle obligatoire ?

Quand le vaccin sera-t-il disponible ?

La campagne de vaccination massive contre la grippe A/H1N1 pourrait démarrer à la mi-octobre. A cette date, les vaccins devraient avoir reçu leur autorisation de mise sur le marché (AMM). « Plusieurs millions de doses seront disponibles à partir de la mi-octobre, munies de leur AMM », a précisé la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, lors d’un des points presse réguliers sur la grippe A/H1N1. « Aucun vaccin ne sera injecté avant d’avoir reçu une autorisation de mise sur le marché (AMM). » Cette autorisation garantit la sécurité des produits de santé. Elle détermine aussi les spécificités de la vaccination : délai entre deux injections, effets secondaires, efficacité, etc.

Mondeactu-VaccinsLa vaccination est-elle obligatoire ?

« La vaccination sera gratuite et non obligatoire », a annoncé Roselyne Bachelot. Chacun sera donc libre de se faire vacciner ou pas, y compris les professionnels de santé. La vaccination des enfants en milieu scolaire sera soumise à l’autorisation des parents.

Y aura-t-il assez de vaccins pour tout le monde ?

La France a commandé 94 millions de doses de vaccins contre la grippe A. Mais la livraison des vaccins devrait s’échelonner sur plusieurs mois. La mise à disposition progressive des vaccins impose aux autorités d’établir des priorités. A terme, « le vaccin devra être accessible à toute personne qui en fera la demande », a certifié Roselyne Bachelot.

Quelles sont les premières personnes qui seront vaccinées ?

Le Haut Conseil de santé publique a rendu le 7 septembre ses recommandations sur la vaccination. Seront vaccinés « en priorité les personnels de santé, médico-sociaux et de secours, en commençant par ceux qui sont amenés à être en contact fréquent et étroits avec des malades grippés ou porteurs de facteurs de risque ».

Quelles sont les autres personnes prioritaires ?

Le Haut Conseil a établi cinq groupes de population dont le niveau de priorité est décroissant. Premier groupe : les femmes enceintes à partir du 2e trimestre de grossesse, l’entourage des nourrissons de moins de 6 mois (parents, frères et sœurs…) et les bébés de 6 à 23 mois ayant de pathologies chroniques graves : respiratoires, cardiaques, neuromusculaires, déficits immunitaires. Le deuxième groupe compte les personnes de 2 à 64 ans atteintes de maladies sévères : respiratoires, cardio-vasculaires, rénales, diabète, déficits immunitaires, drépanocytose. Les nourrissons de 6-23 mois en bonne santé et les personnes de 65 ans et plus avec facteur de risque font partie du groupe 3. Enfin, les 2-18 ans en bonne santé constituent le groupe 4 et les 19 ans et plus sans facteur de risque le groupe 5.

Pourquoi les bébés de moins de 6 mois ne seront-ils pas être vaccinés ?

Les nourrissons de moins de 6 mois ne bénéficieront pas de la vaccination, car il n’existe pas de vaccin adapté à leur âge. Pour les protéger de façon indirecte, c’est leur entourage qui doit être vacciné : c’est ce que les médecins appellent « la vaccination en anneau ».

Comment les personnes prioritaires sont-elles informées ?

Elles doivent recevoir une lettre de leur organisme d’assurance maladie. Ce courrier va contenir un bon nominatif à présenter au centre de vaccination le plus proche de leur domicile. Une fois les personnes prioritaires vaccinées, toute la population recevra un bon de l’assurance maladie.

Où se trouvent les centres de vaccination ?

Les centres de vaccination sont déterminés par les préfets, à raison d’un minimum de trois centres par département. Il devrait s’agir de grandes structures publiques, comme les gymnases ou les salles polyvalentes. Les établissements de santé sont exclus afin de ne pas perturber leur fonctionnement et préserver leur capacité à recevoir les malades. Des équipes mobiles doivent être constituées afin de pouvoir effectuer une vaccination dans les écoles et dans les centres pour personnes âgées ou handicapées. Les centres de santé mutualistes peuvent aussi être candidats.

Par qui serons-nous vaccinés ?

Des professionnels de santé volontaires vont vacciner la population : médecins, infirmières, étudiants en médecine.

Combien de doses faut-il pour être protégé ?

« Le schéma vaccinal de base comporte actuellement l’administration de deux doses espacées de 21 jours », précise le Haut Conseil de la santé publique. Mais les données à venir pourraient faire reconsidérer ce schéma « si la première dose » permettait « l’obtention d’un effet protecteur. » Le Haut Conseil précise également « qu’une quantité de vaccins monodose sera disponible. »

Les personnes qui ont eu la grippe A doivent-elles se faire vacciner ?

« La vaccination pourra être proposée » aux personnes qui déclarent « avoir déjà été atteintes de la grippe A, sauf si celle-ci a été confirmée biologiquement », explique le Haut Conseil de la santé publique. Pour le moment, les tests biologiques sont réservés aux cas graves et aux cas groupés : plus de trois patients atteints au sein d’un même foyer.

Tous les vaccins utilisés seront-ils identiques ?

Le ministère de la Santé a commandé des vaccins auprès de quatre laboratoires : Sanofi-Pasteur, Novartis, GlaxoSmithKline et Baxter. Il y aura donc quatre vaccins différents en circulation. Les deux injections devront être réalisées avec le vaccin du même fabricant.

Comment les vaccins sont-ils fabriqués ?

Les vaccins contre la grippe A/H1N1 sont fabriqués de la même façon que ceux de la grippe saisonnière. Ils sont produits à grande échelle, soit sur des oeufs de poule, soit sur des cultures cellulaires. Ensuite, le virus est inactivé, c’est-à-dire « tué ». Le vaccin ne contient donc pas de virus vivant. Le fabricant récupère alors les protéines qui se situent à la surface du virus contre lesquelles se dirigent nos défenses immunitaires. Il ajoute des adjuvants pour augmenter l’efficacité du vaccin.

Les adjuvants sont-ils dangereux ?

Certains adjuvants sont suspectés de provoquer l’apparition de maladies auto-immunes. « Il n’existe actuellement aucun signal permettant de craindre la survenue d’effets secondaires graves suite à l’utilisation de vaccins grippaux adjuvés, assure le Haut Conseil de santé publique. Toutefois, nuance-t-il, il n’existe pas de données suffisantes concernant leur utilisation chez des sujets dont le système immunitaire est immature (jeunes enfants) ou modifié (femmes enceintes, immunodéprimés). » Il recommande ainsi de privilégier l’utilisation de vaccins sans adjuvant pour les enfants âgés de 6 à 23 mois, les femmes enceintes, les malades souffrant de maladies du système immunitaire, les transplantés.

Mondeactu-H1N1La vaccination est-elle sans risque ?

En termes de santé publique, les autorités estiment que les bénéfices de la vaccination sont supérieurs aux risques. Mais « les vaccins contre la grippe A sont trop nouveaux pour que l’on puisse connaître exactement leurs effets secondaires », souligne le Dr Robert Cohen, pédiatre infectiologue à l’hôpital intercommunal de Créteil et expert du réseau Infovac (réseau d’experts indépendants sur les vaccinations à destination des pédiatres). « Il n’est pas encore possible d’exclure un risque rare (1 à 10 par million) d’effets indésirables inhabituels ou graves. Ce risque est cependant beaucoup plus faible que le risque de complications de la grippe A/H1N1 qui est de 2 à 3%. »

Faudra-t-il également se faire vacciner contre la grippe saisonnière ?

La vaccination contre la grippe A ne protège pas de la grippe saisonnière, et inversement. Les personnes âgées et les patients souffrant de maladies chroniques devront, comme chaque année, se faire vacciner contre la grippe saisonnière. Le Haut Conseil de santé publique recommande que ce vaccin soit administré en premier et le plus vite possible. « Un intervalle minimal de 21 jours doit être respecté entre la vaccination contre la grippe saisonnière et la première injection du vaccin contre la grippe A. »

Si le virus H1N1 mute, le vaccin nous protégera-t-il, même partiellement ?

Tout dépend du type de mutation. Si les protéines de surface du virus A/H1N1 ne sont pas modifiées, le vaccin distribué à l’automne pourra protéger, au moins partiellement, d’une mutation modeste. En revanche, si le virus mute de façon importante, il ne nous protégera pas.

Pour en savoir plus, Visitez l’espace dédié à l’information des professionnels de santé sur la grippe A/H1N1

Articles proposés par la Rédaction de Monde Actu :

Une rentrée menacée par la pandémie grippale

Roselyne Bachelot : « La circulation du virus s’accélère »

Barack Obama réforme le système de santé américain

La grippe A-H1N1 à l’école

Brice Hortefeux : Après le dérapage la démission ?

La grippe A-H1N1 à l’école

Posted on 11 septembre 2009 (0)

Le virus de la grippe A-H1N1 sème la terreur dans des écoles à travers le monde. Le Lycée Pierre et Marie Curie de Menton dans les Alpes-Maritimes vient tout simplement de fermer ses portes et restera fermé pendant une semaine. Mais ce matin, nous nous intéressons particulièrement à la rentrée scolaire en Algérie où les parents expriment ouvertement leurs inquiétudes.

Au moins 21 élèves et deux adultes du Lycée Pierre et Marie Curie de Menton présentent des symptômes grippaux, selon un communiqué de la préfecture. Des prélèvements effectués sur un Lycéen ont confirmé qu’il a la grippe A-H1N1.

Si toutes les rentrées scolaires charrient leur lot d’inquiétudes financières et l’appréhension des nouveautés de programmes expérimentaux, cette année, une autre crainte vient se greffer au tableau déjà terni par des points noirs recensés par les parents d’élèves.

Mondeactu-H1N1Entre surcharge des classes, nouveau week-end, le sempiternel problème des livres scolaires et l’insécurité autour des établissements scolaires, des parents redoutent, plus que tout, le spectre de la grippe porcine. Une angoisse qu’on perçoit aisément dans les propos qu’ils tiennent et qui trahissent un désarroi face à un sujet dont ils n’arrivent pas à cerner les contours. «Je ne vous cache pas mon ignorance devant cette maladie, mais je sais qu’en France, plusieurs écoles ont été fermées après avoir détecté plusieurs cas d’élèves malades», dira une mère de famille rencontrée dans un magasin de prêt à porter. Pour d’autres, le danger est de ne pas prévenir à l’avance et qu’on se retrouve face à une véritable épidémie qui peut se déclarer à partir d’un seul cas contaminant tout un CEM par exemple. Slimane, la cinquantaine bien entamée revient sur des inquiétudes. «Mon fils est en deuxième année du moyen et croyez-moi c’est avec la peur au ventre que sa mère et moi le verrons partir chaque jour étudier». Pourtant, les pouvoirs publics, devançant tout risque de contamination «scolaire», ont convoqué les coordinateurs de l’hygiène scolaire de toutes les wilayas du pays à Alger pour une formation de deux jours concernant la prévention contre la grippe porcine. Parmi les consignes préventives à appliquer, le nettoyage systématique des classes en deux étapes.

La première avec un détergent « grésil » et ensuite avec l’eau de javel. Aussi, sont préconisées les habitudes d’hygiène corporelle qui manquent cruellement chez nos élèves ainsi que dans les établissements scolaires. Selon les recommandations, universellement appliquées, si un cas confirmé est détecté dans une classe, alors, cette dernière est fermée. Si trois cas sont décelés, alors, c’est tout l’établissement scolaire qui est fermé pour une semaine, selon toute vraisemblance, période d’incubation du virus. La priorité des prélèvements est donnée aux scolarisés qui ont séjourné à l’étranger. Malgré ces mesures dictées, les parents d’élèves ne sont pas pour autant rassurés. Certains versent même dans l’alarmisme à l’image de Abdelkader, la quarantaine, papa d’un enfant de 7 ans et enseignant dans un lycée d’un quartier périphérique.

«Les écoles n’ont même pas l’eau courante alors comment voulez-vous inciter des enfants qui n’ont pas l’habitude de l’hygiène corporelle à aller se laver les mains plusieurs fois par jour». «Il faudra mettre les moyens avant de décréter n’importe quoi», ajoutera-t-il excédé. Youcef, 45 ans, infirmier, craint également pour sa fille, scolarisée dans un CEM à Es-Sedikia, à Oran. «Mais que voulez-vous qu’on y fasse, j’espère simplement qu’ils savent ce qu’ils ont à faire», lâchera-t-il fataliste. La promiscuité, le nombre exagéré d’élèves par classe, l’absence d’hygiène dans certains établissements scolaires ou tout autour sont autant d’ingrédients qui inquiètent les parents d’élèves.

La pandémie de la grippe porcine fait craindre le pire surtout à la lisière de la période hivernale. Afin de parer à toute mauvaise surprise, rappelons que les responsables du ministère de la Santé et de la Population avaient mis en place un programme de prévention et de veille sanitaire dans certains secteurs jugés sensibles. En collaboration avec la direction de la Santé et de la population, les services de l’Education comptent lancer, dès cette rentrée scolaire, une campagne de sensibilisation des élèves au sujet de la maladie du virus A/H1N1.

Les premiers cours de cette rentrée scolaire seront réservés à la définition de la maladie, les voies de sa contraction et comment éviter de la choper. Les mesures préventives à prendre en cas de suspicion de foyers de la maladie seront également enseignées aux enfants, afin de les communiquer à leur tour à leurs parents. De son côté, la direction de la Santé a annoncé la mise en marche d’un programme de formation accélérée au profit des médecins autour de la maladie de la grippe porcine. Des cycles courts seront dispensés à ces médecins qui auront à intervenir dans les écoles, en vue de fournir les explications justes et nécessaires au profit des écoliers et lycéens.

Moncef Wafi – Monde Actu