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Egypte-Algérie : La Coupe de notre monde

Posted on 15 novembre 2009 (0)

FIFAIl faut se l’avouer : il est presque plus important de vaincre l’Egypte que d’aller en Afrique du Sud. La raison ? L’Afrique du Sud c’est la Coupe du monde, le match d’hier était la coupe de notre monde, à nous et aux Egyptiens. A l’heure de ces lignes, le score était impossible à deviner, mais pour nous, l’Egypte avait déjà perdu. Perdu quoi ? Ce qui lui restait de son nassérisme culturel, réduite à mitrailler un bus au lieu de libérer le panarabisme de ses territoires imaginaires. Le nombrilisme égyptien était choquant pour nous les Algériens, mais aussi cette certitude qu’avait ce pays frère d’être le grand frère de tous les autres pays arabes, sans hésiter devant le lamentable et le ridicule. Un spectacle de délire médiatique qui montre cette extrémité de la désolation et de la vanité où peut mener le panarabisme lorsqu’il est vaincu partout et ne trouve plus d’autres ennemis que ses frères de lait.

Le néonassérisme déclenché par un simple match de foot montre que ce pays n’a pas encore réglé la question de son obésité historique : il se prend encore pour le centre de notre monde. D’où l’enjeu de ce match : c’est la coupe de « notre monde » à nous, un monde triste et horizontal où le leadership se joue en écrasant les autres au lieu de les mener à la victoire.

Les Algériens savent depuis longtemps ce qu’est un pays ennemi ; ce qu’il ne savent pas cependant, c’est quoi un « pays frère ». Comment définir cette expression, cette fraternité orale dont l’utopisme nous étouffe et dont la redondance nous fait grimacer par son hypocrisie ? C’est quoi être un pays frère ? Est-ce que cela se mange et nourrit son homme et son peuple ? Est-ce que cela s’exprime comme le doigts de la main ou en poussant Yussef dans le puits ? Est-ce que cela nous sert quelque part lorsqu’on se fait malmener en terres étrangères ? Presque pas.

Maintenant, si même avant le résultat du match, nous savons que l’Egypte a perdu quelque chose, l’autre question est « qu’avons-nous gagné nous ? ». Une première conclusion : il faut désormais qu’on soit fier d’être des Algériens et pas des produits dérivés du panarabisme décadent. Deux : ils peuvent nous concurrencer notre arabité ; mais si on accepte notre algérianité, celle-là personne ne peut nous la voler. Trois : nous avons une équipe, un drapeau et un peuple : il ne nous manque que l’indépendance vis-à-vis du panarabisme démodé et des colonisations internes. Quatre : désormais, nous n’avons plus à imiter l’Egypte, ni personne d’autre que les nôtres. Cinq : il faut demander à tous nos officiels de parler algérien et de ne pas baragouiner dans une langue classique, là où même les Egyptiens n’hésitent pas à parler égyptien tout en se déclarant d’un arabisme pur à plusieurs castes. Six : nous n’avons plus à avoir honte de nous-mêmes, de nos prénoms, de notre vraie langue nationale et de notre culture: nous ne sommes la photocopie de personne, ni d’aucune origine certifiée. Ce n’est peut-être qu’un match, mais il a suffi à démonter l’essentiel : nous pouvons être simplement algériens et l’être superbement et sans artifices importés.

Kamel Daoud

Concessionnaires automobiles : Des soucis pour la pièce détachée

Posted on 05 novembre 2009 (0)

carsLa mesure décidée par le ministère du Commerce de ne tolérer que l’importation exclusive, à partir du 2 novembre dernier, de la pièce de rechange d’origine a été saluée hier par Marc Bergeretti, directeur général de Peugeot Algérie SPA (PSA).

S’exprimant à l’occasion d’une conférence de presse organisée au siège de PSA à Alger, le responsable du constructeur automobile français pour l’Algérie a indiqué que cette décision intervient après les réunions de concertation organisées le mois de juin dernier avec le ministère du Commerce, pour lutter efficacement contre les pièces de rechange contrefaites.

«C’est un signal fort qui démontre que les autorités algériennes ont pris conscience du danger que représentent ces pièces sur la vie des citoyens», a déclaré M. Bergeretti, qui ajoute cependant, «qu’il faut attendre comment cela va se passer».

Même si la mesure est louable à plus d’un titre, le responsable de la marque a néanmoins souligné que Peugeot n’a pas été consulté et a été pris de court.

Le constructeur français n’a pas encore adapté sa logistique, notamment pour ce qui est de l’étiquetage de la pièce de rechange en langue arabe, a indiqué le conférencier qui fera savoir qu’une demande a été adressée au ministre du Commerce pour débattre de ce problème.

Le responsable chargé de la pièce de rechange à Peugeot a fait savoir hier qu’il y’a actuellement quelque 25 000 références (Pièces détachées) qui sont stockées au niveau du magasin central dans la capitale. D’après lui, l’adaptation à la nouvelle mesure décidée par le ministère du Commerce, pour ce qui est du moins de l’étiquetage en langue arabe, demande du temps.

«L’installation d’une chaîne d’étiquetage en Algérie serait bénéfique pour le pays», indiquera le patron de PSA qui soulèvera un autre problème, à savoir le fait que les pièces dont sont dotés les véhicules de la marque Peugeot ne sont pas toutes fabriquées en France. M. Bergeretti a clairement fait savoir qu’il redoutait «des lourdeurs administratives au niveau de la douane» à cause de tous les documents qu’il faudrait présenter. Par ailleurs, interrogé sur les répercussions des mesures contenues dans la LFC 2009, le directeur général de Peugeot Algérie a souligné que l’Algérie est souveraine dans ses décisions.

Toutefois, le conférencier n’a pas écarté une augmentation des prix de vente des véhicules de la marque en Algérie. L’instauration du certificat de conformité, les lettres de crédits et le changement du débarquement des véhicules dans d’autres ports vont certainement induire d’autres coûts.

Enfin, pour ce qui est de l’éventualité de la mise en place d’une industrie automobile dans notre pays, Marc Bergeretti a indiqué que l’Association des concessionnaires automobiles algériens (AC2A) est en train de réfléchir à mettre sur pied des paramètres pour concrétiser l’idée, d’autant plus, a-t-il argumenté, que l’Algérie est aux portes de l’Europe et occupe une position stratégique.

Z. M.

Les journalistes parlent-ils trop de Diar Echems ?

Posted on 24 octobre 2009 (0)

AlgérieLes journalistes parlent-ils trop de Diar Echems, de ses jeunes en émoi et en émeute et… de son imam qui appelle au calme uniquement parce que cela se passe à Alger ? La question est triviale. Les journalistes sportifs s’occupent de football, les culturels s’occupent de la culture s’ils en trouvent. Quant aux journalistes qui s’occupaient du peu de politique qu’il a pu y avoir en ce pays entre l’intermède d’octobre 1988 et le point final de janvier 1992, ils ont bien fini par constater, de guerre lasse, qu’ils ont perdu leur objet.

Dans ce pays, il n’y a plus de politique. L’Etat a décidé que c’est trivial, inutile même s’il faut bien accepter, pour satisfaire les étrangers, de mettre en place une scène politique ornementale. Mais en définitive, les journaux ont fini par se rendre compte – bien après les lecteurs, il faut le reconnaître – qu’il n’y a rien de passionnant à suivre les sombres péripéties des redresseurs redressés au sein du vieux FLN, de la guerre de position sur-gérée au sein du MSP ou des problèmes de préséance au sein de la présumée alliance présidentielle. Ni le saint vendredi, ni les langues nationales, étrangères ou vernaculaires, et encore moins les cultures ne passionnent.

Ceux qui sont chargés – et rétribués – de participer à l’illusion de la vie politique sont fatigués de sur-jouer pour faire croire que ce qu’ils font n’a rien de trivial. Même ceux-là n’ont pas grand-chose à dire et se taisent en général en attendant d’être convoqués à la prochaine convocation du corps électoral…

Quand on se souvient de la surpolitisation du pays après les émeutes d’octobre 1988 et qu’on la compare à la dépolitisation ambiante actuelle, on peut créditer le pouvoir d’une réussite totale et absurde. Si totale que face à des émeutiers en colère qui ne se reconnaissent ni dans le FIS, ni dans le père, ni dans ses vagues cousins, des responsables en soient à rêver d’avoir de bonnes associations de quartier à qui parler…

La lecture de la dépêche APS où l’on indique que le ministre de l’Intérieur souligne l’importance de revoir le rôle des associations de quartiers afin que ces dernières puissent accomplir leur mission avec «plus d’efficacité et de crédibilité», a en effet de quoi surprendre. Elle est juste. Sauf qu’on ne voit pas comment on peut avoir de bonnes associations «efficaces et crédibles» quand on ne veut pas avoir de vrais partis politiques, quand on persiste à ne pas accepter des syndicats autonomes et quand on ne supporte pas – ce n’est qu’un exemple – que la Ligue des droits de l’homme organise une rencontre dans un hôtel !

La stérilisation du champ politique a été réussie. Les intellectuels ne s’en mêlent plus, les chefs de partis s’occupent de contrôler l’appareil en attendant qu’on leur fasse signe. Qui a fait de la politique en ce pays ces derniers mois en dehors du pouvoir ? Presque personne, sauf à prendre pour de la politique les prises de position des patrons après les mesures décidées dans le cadre de la loi de finances complémentaire…

L’Algérie est presque devenue, comme certains le souhaitent absurdement, une Tunisie «tranquille». C’est pour cela que des journalistes croient que Diar Echems ne relève pas du sport ou du sécuritaire, mais bien de cette chose triviale qui s’appelle «politique».

K. Selim, QO Algérie

Nobel de littérature 2009 à Herta Muller

Posted on 14 octobre 2009 (0)

Herta MullerContre toute attente, le jury du Nobel de littérature a couronné Herta Muller, une Roumaine Allemande, dont l’œuvre est peu connue des francophones et des anglophones parce que peu traduite. Pour beaucoup, ce choix est une énigme.

N’ayant jamais lu une œuvre de Herta Muller, l’écrivaine fraîchement nobélisée, nous n’aurons pas à parler de la qualité de son art. Beaucoup de francophones se trouvent dans notre situation, car la belle et mince quinquagénaire aux yeux de braise (d’après les photos d’elle publiées dans la presse) n’a que trois romans traduits en français : L’homme est un grand faisan sur terre, Le Renard est déjà le chasseur, La Convocation et paraîtra en 2010 chez Gallimard, La balançoire du souffle, son dernier roman.

Les anglophones, non plus, ne sont pas mieux lotis, car moins d’un tiers de ses œuvres ont été traduites dans la langue de Shakespeare. Seuls quelques heureux qui lisent et manient la langue de Goethe comme le Capitaine Dadis (c’est lui qui le dit) ont peut-être lu son œuvre. D’ailleurs, une célèbre germaniste avouait à un critique du Nouvel Obs n’avoir découvert l’existence de Herta Muller qu’après l’attribution du Nobel. Ce qui ne va pas sans poser quelques interrogations sur le jury de Stokholm.

On pensait que le Nobel récompensait des auteurs dont l’œuvre est déjà mondialement connue et dont la vision participe d’une manière ou d’une autre à questionner autrement le monde. De ce fait, le Nobel est perçu comme une chambre d’écho qui amplifiait la voix de l’écrivain et portait son message à toute la planète. C’est un prix de consécration. Mais avec le sacre de l’inconnue Herta Muller, le Nobel devient un prix de révélation ou de découverte.

Il est difficilement compréhensible que la roumaine allemande dont l’œuvre n’est pas encore sortie de l’espace germanophone coiffe au poteau des grosses pointures de la littérature dont les livres ont une audience mondiale comme les américains Philip Roth, Joyce Carol Oates ou l’Israélien Amos Oz. Des auteurs qui ont besoin du Nobel pour donner une amplitude à leurs discours sur le monde.

Herta Muller, surprise que le Nobel lui échoie, n’a eu qu’un laconique communiqué disant qu’elle n’avait rien à dire pour l’instant. Pour un écrivain, c’est-à-dire quelqu’un qui fait commerce de mots, ce mutisme est paradoxal. Loin de nous l’idée de supputer qu’elle ne mérite pas le Nobel. Le jury a été séduit par une œuvre qui « dessine les paysages de l’abandon ». Ainsi libellé, c’est un vrai pensum, mais le jury du Nobel est coutumier des formulations absconses.

Il est évident que le jury a voulu récompenser une œuvre qui tourne autour de la dénonciation de la dictature de Ceausescu. Herta Muller est née le 17 août 1953 en Roumanie dans la région du Banat historiquement de communauté allemande. Fille d’un ancien SS.Waffen et d’une mère qui sera déportée 5 ans en URSS, elle milite dans un groupuscule d’intellectuels roumains allemands qui disent se battre pour la liberté d’expression et que la Securitate qualifie de fascisants.

Employée comme traductrice dans une usine de machines, elle refuse de dénoncer les activistes à la Securitate et perd son emploi. Son domicile sera mis sur écoute et elle, constamment surveillée selon elle. Elle quitte la Roumanie en 1987 avec son mari Richard Wagner (pas une réincarnation du célèbre musicien, un écrivain) pour l’Allemagne.

Toute son œuvre, depuis le premier recueil Bas-fonds, est consacrée à la dénonciation de la dictature roumaine. Jusqu’à l’obsession. Même en Allemagne, elle continue à se sentir surveillée par les avatars de la police politique roumaine ( c’est connu, en Occident que les dictatures communistes ne meurent jamais). C’est donc cette œuvre entièrement surgie d’une psychose du communisme que le Nobel a voulu récompenser. Et aussi une femme belliciste qui a pris fait et cause pour l’invasion irakienne.

Après le Nobel de Doris Lessing qui récompensait une Zimbabwéenne blanche, icône d’une Angleterre altruiste et négrophile au moment où Mugabe passait en Occident pour un raciste, celui de J.M. Le Clezio qui couronnait un écrivain amoureux des peuplades du monde en ces temps de choc des civilisations voulu par Bush Junior et ses néo-cons, voilà le Nobel de l’Europe démocratique vigilante contre la résurgence des germes communistes à l’Est. Vous avez dit Nobel politique ?

On attend impatiemment le discours de Stockholm de Herta Muller pour voir si elle peut dépasser l’antagonisme idéologique. Il est certain qu’elle n’aura pas à se forcer pour faire mieux que Le Clezio dont l’allocution restera l’une des plus convenues et des moins inspirées depuis que le Nobel existe.

Et puis, si les 10 millions de couronnes du Nobel peuvent revenir à des outsiders, on peut légitimement rêver d’un prochain Nobel pour le Burkina Faso. Sans chauvinisme aucun.

Enfin, n’ayant trouvé aucun argument massif qui plaide pour le sacre de la Roumaine, face à Philip Roth, nous en arrivons à penser que la proximité phonique entre le nom de la lauréate Herta Muller et celle de Heine Muller, un de nos dramaturges de cœur, a dû opérer sur le jury. Rien que pour ça, elle mérite amplement le Nobel.

Barry Saidou Alceny, l’Observateur

Cancer du sein : Comment trouver les mots pour dire les maux ?

Posted on 14 octobre 2009 (0)

femmeQuel est, en effet, le meilleur moyen d’accroître nos chances de guérison quand un cancer se déclare ? Un seul : le dépistage précoce. Comment trouver les mots pour dire les maux ? Comme se faire entendre de ces femmes qui, par milliers, chaque année, ne répondent pas à l’appel du dépistage organisé ?

Faites-vous dépister pour ne pas risquer d’être soignée trop tard. Faites-vous dépister pour augmenter vos chances de vivre plus longtemps en bonne santé et  pour ne pas avoir à le regretter. Quel est, en effet, le meilleur moyen d’accroître nos chances de guérison quand un cancer se déclare ? Un seul : le dépistage précoce.

Ce message, d’une seule et même voix, dans toutes les langues de l’Europe, nous l’adressons aujourd’hui aux femmes, à toutes les femmes, à commencer par celles qui ne savent pas ou qui n’osent pas. C’est à ces femmes qu’il faut d’abord s’adresser, aux plus fragiles, aux plus vulnérables, aux plus précaires, aux plus isolées.

Comment trouver les mots pour dire les maux ? Comme se faire entendre de ces femmes qui, par milliers, chaque année, ne répondent pas à l’appel du dépistage organisé ?

Les contraintes qui interdisent ou empêchent certaines femmes d’utiliser les procédures de dépistage qui leurs sont offertes, nous les connaissons.

Le défaut d’information, le préjugé, parfois aussi la peur, sont les causes qui font qu’un trop grand nombre de femmes sont soignées trop tard.Il nous faut donc susciter une plus large adhésion au dépistage organisé.

Saisissons l’occasion de cet « octobre rose » pour mieux communiquer et mieux informer. En ce mois du dépistage du cancer du sein, l’Europe doit unir ses forces pour faire valoir cette culture de prévention qui doit irriguer toujours davantage nos politiques de santé publique.

Pour susciter une plus large adhésion au dépistage organisé, nous devrons, sans doute, briser encore certains tabous, convaincre, faire circuler partout l’information, mais aussi défendre le principe d’un accès universel à la pratique gynécologique.

Pour Roselyne Bachelot, « défendre un tel principe, c’est défendre la cause des femmes, de toutes les femmes, quelles que soient leurs origines et leur situation sociale. » La ministre de la Santé estime que « ce combat est un combat pour la vie, un grand défi de santé publique, mais c’est aussi un combat militant pour la liberté. » Elle souhaite que lEurope, par les valeurs qu’elle incarne, soit à l’avant-garde de ce combat.

Tocqueville, il y a maintenant près de deux siècles, affirmait justement qu’« on reconnaît le degré de développement d’une société au niveau d’émancipation des femmes ». Or, si, aujourd’hui, partout en Europe, l’égalité des droits entre les hommes et les femmes est instituée, cela ne suffit toujours pas à établir, dans les faits, l’égalité réelle. Parmi les indicateurs de cette injustice persistante, on oublie trop souvent d’évoquer la question, à mes yeux essentielle, de la santé des femmes.

Les cancers du sein et de l’utérus restent les deux premiers cancers pour lesquels les femmes paient un lourd tribut. Et là encore, l’inégalité face au risque est patente : les plus modestes et les plus vulnérables, celles qui demanderaient à être les mieux protégées sont aussi les plus exposées au risque par défaut de prévention et carence d’information.

La pratique très disparate, suivant les milieux, de la mammographie, en atteste de manière éloquente. La vulnérabilité sociale éloigne, en effet, trop souvent de l’information disponible. Entre le taux de chômage et la mortalité par cancer du sein liée à une inégalité dans l’accès au dépistage, la corrélation est ainsi clairement établie.

Le ministère de la Santé place cet « octobre rose » sous le signe de la solidarité envers les moins favorisées d’entre nous, qui sont aussi trop souvent les moins bien informées et les moins instruites. Ainsi, à toutes celles qui craindraient le dépistage, il faut dire et faire savoir, quelle que soit la nature de leur réticence, qu’elles n’ont rien à craindre, ni de la méthode ni du diagnostic. Car, si par malchance, un cancer est découvert, le plus tôt est le mieux pour assurer au traitement de meilleures conditions de confort et de résultat.

Pour les femmes qui s’y prennent trop tard, ce qui vient après est plus difficile. « En aucun cas, nous ne saurions accepter comme une fatalité cette inégalité des femmes devant la santé », affirme Roselyne Bachelot.

Le combat pour la santé des femmes dont la politique de dépistage du cancer du sein est un peu l’emblème, est l’affaire de tous : l’affaire des pouvoirs publics mais aussi du monde associatif et de la société civile toute entière, partout mobilisée en Europe.

Nous sommes tous solidaires dans ce combat. Les entreprises, par exemple, ont, de toute évidence, un rôle éminent à jouer dans la diffusion de l’information utile. C’est aussi sur leur lieu de travail que les femmes doivent pouvoir recourir à la pratique souvent décisive du dépistage.

« Informer, éduquer, émanciper, tels sont les maîtres-mots de notre engagement commun au service de la santé des femmes », indique la ministre de la Santé. « Pour faire progresser la pratique du dépistage, il nous faudra donc adapter nos messages pour modifier les comportements et toucher un plus grand nombre de femmes », précise-t-elle. Elle veut qu’on saisisse l’occasion de cet « octobre rose » pour mieux communiquer et mieux informer.

Malgré les politiques de prévention et les traitements toujours plus efficaces, le cancer reste aujourd’hui l’une des causes principales de mortalité en Europe. Parmi les plus courants figure le cancer du sein. Une exposition, intitulée « Cancer du sein, faites-vous dépister! » s’est déroulée du 7 au 16 octobre 2008 au Parlement européen de Bruxelles.

En 2006, 429000 femmes ont été touchées dans les pays membres de l’Union européenne. En France, près d’une femme sur huit sera confrontée au cours de sa vie à ce fléau, les derniers chiffres font état de 11000 décès annuels.

C’est pour mobiliser les énergies et mettre en avant l’importance du dépistage que Roselyne Bachelot-Narquin, ministre française de la Santé, de la Jeunesse, des Sports et de la Vie associative, a choisi le Parlement européen pour relayer ce message.

Jacques Chirac en campagne contre les faux médicaments

Posted on 12 octobre 2009 (0)

appel-cotonouL’ancien président Jacques Chirac s’est engager à « combattre l’économie criminelle des faux médicaments » en Afrique. « La Fondation que j’ai créée pour servir la paix a fait de l’accès aux médicaments de qualité l’un de ses objectifs prioritaires. Je veux d’abord saluer aujourd’hui celles et ceux qui ont réussi à faire du Laboratoire de Contrôle de la Qualité des médicaments de Cotonou, une référence qui servira d’exemple à d’autres implantations. Cet après-midi, je visiterai ses nouveaux bâtiments construits à l’initiative du Ministère de la Santé du Bénin et réalisés en partie avec notre concours. Car le début du combat c’est de se donner les moyens de vérifier la qualité des médicaments mis sur le marché et disponibles dans les hôpitaux, les dispensaires et les officines. », déclare Chirac.

« De toutes les inégalités, la plus blessante est l’inégalité devant la santé. » A Cotonou au Bénin, Jacques Chirac explique qu’il s’est battu en France « pour que les plus démunis aient accès aux soins ; pour que les traitements pionniers ne soient pas réservés aux privilégiés ; pour que nous trouvions des solutions afin d’abaisser le coût des médicaments destinés aux pays les plus pauvres, et des financements innovants permettant d’atteindre les Objectifs sanitaires du millénaire. »

« L’économie criminelle des faux médicaments me révolte parce qu’elle s’attaque aux pays les plus pauvres, et, en leur sein, à des familles sans protection sociale et sans moyens ; parce qu’elle concerne les médicaments les plus indispensables à la santé individuelle et collective : ceux qui soignent le paludisme, la tuberculose, le SIDA ; parce qu’elle s’insinue partout, sur les marchés des rues, comme sur Internet, et qu’elle grossit au point que ses revenus dépassent ceux du trafic de la drogue ; et parce que les faux médicaments ne se contentent pas de tromper l’espérance des patients et qu’ils sont souvent des poisons qui tuent ou handicapent. »

Qu’on ne me dise pas qu’il ne s’agit pas d’un crime. En effet, selon l’OMS « un médicament sur quatre utilisé dans les pays en développement est faux » et « 200.000 décès par an pourraient être évités, si les médicaments prescrits contre le paludisme étaient conformes à la réglementation et capables de traiter réellement la maladie. »

C’est pourquoi, devant ces drames, nous voulons lancer, aujourd’hui, de Cotonou, ville exemplaire, cet appel contre l’impunité et l’indifférence que je me permets de vous proposer. “Nous, chefs d’Etat, ou anciens chefs d’Etat, responsables politiques et citoyens des nations d’Afrique, des Amériques, d’Asie et d’Europe, réunis à Cotonou ce lundi 12 Octobre 2009 à l’invitation de son Excellence Monsieur Thomas Boni Yayi, Président de la République du Bénin, et à l’initiative de la Fondation Chirac,

- Considérons que l’accès universel à des soins et des médicaments de qualité est un droit fondamental ;
- Considérons que dans la plupart des pays en développement, des franges importantes de la population n’ont pas accès à ce droit fondamental, ce qui est contraire à la dignité humaine et constitue une injustice génératrice de déséquilibres et de tensions ;
- Considérons que la production et la vente de faux médicaments constituent un crime et une atteinte à l’ordre public ;
- Considérons que le trafic international des faux médicaments nuit gravement aux relations pacifiques entre les Etats ;
- Considérons qu’un terme doit être mis le plus rapidement possible à la production, au trafic international et à la commercialisation illicites des faux médicaments ;

En conséquence :

- Exprimons le vœu que les Etats mettent en œuvre, sans délai, des politiques sécurisées d’accès universel à des médicaments de qualité, en cohérence avec les Objectifs du Millénaire pour le Développement ;
- Exhortons les chefs d’Etat et de Gouvernement, les responsables d’organisations internationales et d’organisations non gouvernementales à prendre la pleine mesure des enjeux de santé et de sécurité publiques liés au fléau des faux médicaments et à décider au plan national de mesures appropriées :

- la mise en application stricte des textes législatifs et réglementaires dans les Etats qui en disposent ; et l’instauration d’un cadre législatif et réglementaire, là où il fait défaut ;

- la mise en place, sur le terrain, d’instruments efficaces de lutte contre le trafic ; avec des personnels formés et des dispositifs répressifs adaptés à la réalité du trafic des faux médicaments ;

- le renforcement des capacités des personnels de santé dans la prévention et la lutte contre les faux médicaments ;

- la sensibilisation et l’information du public sur les méfaits des faux médicaments ;

A cet effet,

- Nous engageons à œuvrer ensemble en vue d’éradiquer la production, le trafic et le commerce illicites des faux médicaments ;
- Appelons à la responsabilisation de tous les acteurs, y compris des populations, pour mettre en oeuvre les dispositions qui s’imposent ;
- Proposons d’accroître la mise à disposition de médicaments génériques de qualité pour tous, notamment ceux de la liste des médicaments essentiels établie par l’Organisation Mondiale de la Santé.
- Invitons les chefs d’Etat et de Gouvernement, les responsables d’Organisations internationales, d’organisations non gouvernementales et les chefs d’entreprise concernés à se réunir à Genève en 2010 pour une conférence mondiale visant à arrêter les principes de base d’une Convention internationale de lutte contre les faux médicaments.”

L’appel de Cotonou lancé par Jacques Chirac contre le trafic des faux médicaments : « L’Histoire a connu, il y a bien longtemps, la révolution agricole, puis plus récemment la révolution industrielle. Elle aborde la troisième révolution, celle de l’information. Nous en connaissons les effets : les liens sociaux, les relations professionnelles, les initiatives culturelles passent dorénavant par les ordinateurs connectés. Nul n’en conteste les aspects bénéfiques. Soyons aussi conscients des dangers que cette révolution recèle : celui de voir se creuser encore, et de manière irréversible, l’écart entre pays riches et pays pauvres. Celui aussi de l’uniformisation culturelle. Ainsi, aujourd’hui, 90% des informations qui transitent par Internet sont émises en langue anglaise, parce que les outils et les serveurs sont dédiés à l’usage exclusif de cette langue.

« L’enjeu est clair : si dans les nouveaux médias notre langue, nos programmes, nos créations ne sont pas fortement présents, nos futures générations seront économiquement et culturellement marginalisées. Sachons, demain, offrir à la jeunesse du monde des rêves francophones, exprimés dans des films, des feuilletons et valorisant la richesse culturelle et la créativité de chacun de nos peuples.

« Il faut produire et diffuser en français. C’est une question de survie. Il faut unir nos efforts. Les pays du Sud peuvent et doivent participer à ce combat, qui n’est pas seulement celui de la francophonie. Les hispanophones et les arabophones, tous ceux qui s’expriment en hindi ou en russe, en chinois ou en japonais, sont confrontés à la même menace que nous. J’appelle la francophonie à prendre la tête d’une vaste campagne pour le pluralisme linguistique et la diversité culturelle sur les inforoutes de demain. Je souhaite que cet appel de Cotonou marque fortement cette ambition et soit entendu et compris dans le monde entier. » Jacques Chirac, Président de la République Française.

L’ancien président a lancé lundi 12 octobre une vaste campagne de mobilisation internationale visant à lutter contre les médicaments contrefaits. L’Appel de Cotonou s’est déroulé au Centre International des Conférences de Cotonou au Bénin.

Objectifs de la mobilisation internationale

Cette mobilisation a l’ambition, à terme, de répondre aux trois problèmes majeurs liés à ce trafic

1. Pallier le manque d’informations afin d’éveiller les consciences :

Les comportements d’achat doivent changer. Pour que l’accès à la santé soit banalisé, même pour les populations les plus pauvres, il est essentiel de les informer sur les médicaments génériques de qualité, disponibles à un coût dix fois inférieur dans les circuits publics et privés. Il est impératif d’informer systématiquement les pharmaciens d’officine qui doivent prévenir les patients sur les dangers des faux médicaments.

2. Former les techniciens de laboratoires de contrôle de la qualité

Pour permettre le bon fonctionnement des laboratoires et en assurer leur pérennisation, il est essentiel de former des personnes sur le terrain et de leur fournir les ressources nécessaires. Pour optimiser cette mesure, il s’agira de réunir une équipe de techniciens assurant la maintenance et la formation des différents laboratoires.

3. Élaborer un instrument répressif afin de réglementer la distribution de médicaments et de renforcer le droit des malades pour un accès aux médicaments de qualité contrôlée

Parce que le trafic de médicaments falsifiés est bien un problème de santé publique, il est aujourd’hui un devoir d’établir une loi, internationalement reconnue, permettant de mettre un terme à ce fléau. L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et la France disposent de législations pouvant servir de modèle. La mise en application de ces législations devra fédérer les acteurs de la santé (les pharmaciens d’officine et les conseils de l’ordre des pharmaciens, les laboratoires…) et du contrôle (services de police et de douane) pour sécuriser la chaîne de distribution des médicaments. Il sera alors impératif de les former sur les circuits qu’emprunte cette économie parallèle.

L’Appel de Cotonou, Bénin, 12 octobre 2009

L’Appel de Cotonou s’est déroulé au Centre International des Conférences de Cotonou au Bénin. L’ancien président français Jacques Chirac, le Président du Bénin Thomas Boni Yayi, et le Président du Burkina Faso,Monsieur Blaise Compaoré, avec d’autres chefs d’Etat et dirigeants d’organisations internationales, se sont engagés à endiguer la banalisation de la production et de la vente de faux produits pharmaceutiques en Afrique et ailleurs, à soutenir les acteurs publics et privés, déjà engagés dans cette lutte, et à éveiller les consciences aux risques encourus par la prise de ces faux médicaments.

Cet acte fondateur de la mobilisation est la première étape d’un long processus de demande d’un vote d’une Convention d’interdiction de la production et de la vente de faux médicaments devant les Nations Unies.

Agir au service de la paix

Protection de la biodiversité, dialogue des cultures, respect de l’environnement : parce que les réponses à ces nouveaux défis sont plurielles, la Fondation Chirac agit sous des formes multiples. Construire une culture du respect mutuel, tisser des liens entre les mondes, bâtir une société internationale plus harmonieuse a toujours été l’ambition politique de Jacques Chirac. Tout au long de sa vie publique, il a agi pour que prévale la paix sur les facteurs de guerre, la solidarité sur l’indifférence, le partage sur l’égoïsme, la responsabilité sur la fatalité.

Pour donner vie au principe universel de l’égale dignité des hommes et des peuples, il est un ardent militant de la diversité culturelle. Pour progresser vers un modèle de développement durable qui comprenne cette indispensable dimension, il est l’un des avocats du dialogue entre les cultures et les civilisations. C’est cette même ambition qu’il poursuit aujourd’hui avec la Fondation Chirac : agir au service de la paix.

Une paix menacée par les conflits non résolus ou les crises, mais également fragilisée désormais par les atteintes à l’environnement et le risque de voir demain les réfugiés climatiques se compter par millions. Une paix sapée par les faillites de la solidarité sociale, par l’écrasement des cultures singulières, par la recrudescence des conflits identitaires.

Selon les situations, la fondation Chirac soutient des initiatives existantes, plaide pour une cause ou se joint à l’expérimentation de projets pouvant montrer la voie, avec pour objectif de contribuer à réguler la mondialisation et à réinventer une gouvernance mondiale.

Accès aux médicaments de qualité

L’accès à des médicaments de qualité est un des enjeux majeurs des politiques de santé publique en Afrique où la contrefaçon est un fléau.

Parmi ces médicaments contrefaits, certains ne contiennent aucun principe actif, d’autres contiennent des principes actifs sous dosés, d’autres encore contiennent des substances hautement toxiques.

Ces faux médicaments nuisent aux patients par leur incapacité à traiter des maladies graves, ils peuvent provoquer une pharmaco-résistance et, dans trop de cas, entraînent la mort.

Alors que l’achat de médicaments dans les pays en développement constitue toujours une charge lourde pour le patient, cette dépense, en pure perte, a des conséquences économiques pour les familles.

La mise sur le marché de médicaments dangereux ou inactifs et échappant à tout contrôle constitue à la fois une menace pour la sécurité des populations, un scandale moral et un défi pour les acteurs du développement.

Extension du Laboratoire National de Contrôle de la Qualité des Médicaments au Bénin

Associé à des politiques d’information et d’éducation sur le changement des comportements (campagnes de sensibilisation des populations), le contrôle de la qualité des médicaments est une première réponse au développement des contrefaçons de médicaments.

Il est une étape indispensable pour permettre aux pays du Sud de mettre en place ou de conforter des politiques de santé publique efficaces et pérennes. La Fondation Chirac a choisi le Bénin pour sa première action pour l’accès aux médicaments de qualité.

Car, depuis la fin des années 90, la politique d’accès aux médicaments est la priorité de la politique de santé du Bénin qui a fait des efforts importants et exemplaires de restructuration de sa politique pharmaceutique.

Ainsi, le ministère de la Santé a sécurisé l’accès aux médicaments de qualité par plusieurs mesures la restructuration de la centrale d’achat des médicaments essentiels; la création d’une école de pharmacie; et la réhabilitation du laboratoire national du contrôle de la qualité des médicaments.

Ces mesures ont permis au Bénin d’être novateur dans la sous-région. Toutefois, confronté à l’explosion du marché des médicaments contrefaits, le Bénin a besoin de consolider ses outils de lutte. Parmi ceux-ci, le Laboratoire National de Contrôle de la Qualité des Médicaments est particulièrement important.

Mobilisation internationale contre le trafic de faux médicaments

Pour agir efficacement et de façon globale, la Fondation Chirac lance une campagne de mobilisation internationale.

Dans le passé, sur des sujets sensibles comme celui du Sida (discours d’Abidjan, 5 décembre 1997), le Président Jacques Chirac a fait évoluer les opinions publiques. Aujourd’hui, à la tête de sa fondation, il mobilise la communauté internationale contre la prolifération des médicaments falsifiés.

Cette campagne se déroulera en deux temps : un Appel lancé de Cotonou par plusieurs chefs d’Etat le lundi 12 octobre 2009, pour demander le vote d’une Convention d’interdiction de la production et du commerce de faux médicaments devant les Nations Unies; et une conférence internationale contre les faux médicaments en 2010 à Genève, siège de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS).

Le Vatican ouverture d’un synode sur l’Afrique

Posted on 07 octobre 2009 (0)

papeLe pape Benoit XVI a ouvert, aujourd’hui, au Vatican, un synode consacré aux réponses à apporter aux problèmes de l’Afrique. 228 évêques – africains pour la plupart – discuteront de ce thème pendant trois semaines. La rencontre a débuté par une messe spéciale animée par une chorale congolaise, et durant laquelle des prières ont été dites en Swahili, Haoussa et autres langues africaines.

L’Afrique a été contaminée par le matérialisme occidental, « un déchet toxique spirituel », a déclaré le souverain pontife, ajoutant que « le colonialisme n’est pas vraiment terminé. » Par ailleurs, les différents groupes religieux qui se déploient en Afrique enseignent «  non pas l’amour et le respect de la liberté, mais l’intolérance et la violence », a-t-il souligné.

Plusieurs experts extérieurs s’adresseront aux évêques réunis au Vatican, y compris l’ancien chef de la Mission hybride Onu-Union africaine au Darfour et le directeur général de la FAO.

Cancer du col de l’utérus : Faites-vous dépister !

Posted on 01 octobre 2009 (0)

OctobreA l’occasion d’octobre rose, un message à délivrer : « Cancer du sein, faites-vous dépister ! » Lancement d’octobre rose, le mois de sensibilisation au cancer du sein, par Roselyne Bachelot, ministre de la Santé, de la Jeunesse, des Sports et de la Vie associative les 1er et 7 octobre 2009.

Faites-vous dépister pour ne pas risquer d’être soignée trop tard. Faites-vous dépister pour augmenter vos chances de vivre plus longtemps en bonne santé. Faites-vous dépister pour ne pas avoir à le regretter. Quel est, en effet, le meilleur moyen d’accroître nos chances de guérison quand un cancer se déclare ? Un seul : le dépistage précoce. Ce message, d’une seule et même voix, dans toutes les langues de l’Europe, nous l’adressons aujourd’hui aux femmes, à toutes les femmes, à commencer par celles qui ne savent pas ou qui n’osent pas. C’est à ces femmes qu’il faut d’abord s’adresser, aux plus fragiles, aux plus vulnérables, aux plus précaires, aux plus isolées.

Comment trouver les mots pour dire les maux ?

Comme se faire entendre de ces femmes qui, par milliers, chaque année, ne répondent pas à l’appel du dépistage organisé ? Les contraintes qui interdisent ou empêchent certaines femmes d’utiliser les procédures de dépistage qui leurs sont offertes, nous les connaissons. Le défaut d’information, le préjugé, parfois aussi la peur, sont les causes qui font qu’un trop grand nombre de femmes sont soignées trop tard.Il nous faut donc susciter une plus large adhésion au dépistage organisé. Saisissons l’occasion de cet « octobre rose » pour mieux communiquer et mieux informer !

En ce mois du dépistage du cancer du sein, l’Europe doit unir ses forces pour faire valoir cette culture de prévention qui doit irriguer toujours davantage nos politiques de santé publique. Pour susciter une plus large adhésion au dépistage organisé, nous devrons, sans doute, briser encore certains tabous, convaincre, faire circuler partout l’information, mais aussi défendre le principe d’un accès universel à la pratique gynécologique.

Défendre un tel principe, c’est défendre la cause des femmes, de toutes les femmes, quelles que soient leurs origines et leur situation sociale.

Ce combat est un combat pour la vie, un grand défi de santé publique, mais c’est aussi un combat militant pour la liberté. L’Europe, par les valeurs qu’elle incarne, doit être à l’avant-garde de ce combat. Tocqueville, il y a maintenant près de deux siècles, affirmait justement qu’« on reconnaît le degré de développement d’une société au niveau d’émancipation des femmes ».

Or, si, aujourd’hui, partout en Europe, l’égalité des droits entre les hommes et les femmes est instituée, cela ne suffit toujours pas à établir, dans les faits, l’égalité réelle. Parmi les indicateurs de cette injustice persistante, on oublie trop souvent d’évoquer la question, à mes yeux essentielle, de la santé des femmes.

Les cancers du sein et de l’utérus restent les deux premiers cancers pour lesquels les femmes paient un lourd tribut.

Et là encore, l’inégalité face au risque est patente : les plus modestes et les plus vulnérables, celles qui demanderaient à être les mieux protégées sont aussi les plus exposées au risque par défaut de prévention et carence d’information.

La pratique très disparate, suivant les milieux, de la mammographie, en atteste de manière éloquente. La vulnérabilité sociale éloigne, en effet, trop souvent de l’information disponible. Entre le taux de chômage et la mortalité par cancer du sein liée à une inégalité dans l’accès au dépistage, la corrélation est ainsi clairement établie.

Aussi, je voudrais, en cette année de présidence française de l’union, placer cet « octobre rose » sous le signe de la solidarité envers les moins favorisées d’entre nous, qui sont aussi trop souvent les moins bien informées et les moins instruites. Ainsi, à toutes celles qui craindraient le dépistage, il faut dire et faire savoir, quelle que soit la nature de leur réticence, qu’elles n’ont rien à craindre, ni de la méthode ni du diagnostic. Car, si par malchance, un cancer est découvert, le plus tôt est le mieux pour assurer au traitement de meilleures conditions de confort et de résultat.

Pour celles qui s’y prennent trop tard, ce qui vient après est plus difficile. En aucun cas, nous ne saurions accepter comme une fatalité cette inégalité des femmes devant la santé. Le combat pour la santé des femmes dont la politique de dépistage du cancer du sein est un peu l’emblème, est l’affaire de tous : l’affaire des pouvoirs publics mais aussi du monde associatif et de la société civile toute entière, partout mobilisée en Europe.

Nous sommes tous solidaires dans ce combat.

Les entreprises, par exemple, ont, de toute évidence, un rôle éminent à jouer dans la diffusion de l’information utile. C’est aussi sur leur lieu de travail que les femmes doivent pouvoir recourir à la pratique souvent décisive du dépistage. Informer, éduquer, émanciper, tels sont les maîtres-mots de notre engagement commun au service de la santé des femmes.

Ce que je souhaite pour mon pays, comme toute citoyenne de l’Union, je le souhaite pour l’Europe. Européenne dans l’âme, je pourrais aussi bien inverser la proposition : ce que je désire pour l’Europe, je le veux aussi pour mon propre pays. Je suis donc particulièrement fière, alors même que j’ai l’honneur de présider le conseil des ministres de la santé européen, d’inaugurer ici, au Parlement, cette impressionnante exposition qui est pour moi comme un hymne à la vie et à la liberté. Je félicite le Professeur Bonnier et Florian Launette pour leur travail exceptionnel qui confère à cet « octobre rose » une aura toute particulière. Je remercie également le Professeur Maraninchi dont l’état des lieux sur le dépistage en Europe constitue une précieuse contribution à notre réflexion. Je tiens enfin à remercier tout particulièrement Elisabeth Morin-Chartier, députée européenne, qui « parraine » cette manifestation.

Pour faire progresser la pratique du dépistage, il nous faudra donc adapter nos messages pour modifier les comportements et toucher un plus grand nombre de femmes. Gageons que cet événement puisse aussi contribuer à modifier les représentations, au plus grand bénéfice de la santé des femmes en Europe ! (Roselyne Bachelot, ministre de la Santé, de la Jeunesse, des Sports)

Bachelot participe aux Jeux de la francophonie à Beyrouth

Posted on 28 septembre 2009 (0)

JeuxLa ministre de la santé Roselyne Bachelot est arrivée à Beyrouth au Liban pour prendre personnellement part aux 6èmes Jeux de la francophonie, qui sont placée sous le signe de la solidarité, de l’excellence et de la diversité. Elle a profité de ce voyage pour rencontrer les représentants des autorités libanaises.

Sélections Culture et Sports

Les VIèmes Jeux de la Francophonie ont fait l’objet d’une cérémonie prestigieuse organisée à Paris, jeudi 9 avril, au siège de l’Organisation internationale de la Francophonie, à l’issue du conseil d’orientation des Jeux qui a réuni les ministres de la Culture, de la Jeunesse et des Sports et l’Administrateur de l’Organisation internationale de la Francophonie, Clément Duhaime. La présentation des partenaires, des sélections aux concours culturels, des pays qualifiés aux compétitions sportives et le tirage au sort des équipes de football et de basket étaient au programme.

Les prochains Jeux placés sous le signe de la solidarité, de la diversité et de l’excellence, vont réunir à Beyrouth (Liban) du 27 septembre au 6 octobre près de 3000 jeunes artistes et sportifs d’au moins cinquante pays membres de la Francophonie. Grand rendez-vous attendu par la jeunesse francophone, la cérémonie organisée par le Comité international des Jeux de la Francophonie (CIJF) a permis d’annoncer la couverture médiatique internationale proposée par les partenaires, au premier rang desquels TV5Monde, Radio France Internationale, les Radios francophones publiques et le magazine Jeune Afrique. Une convention sera signée avec le média TV hôte diffuseur, Future TV, chaîne privée nationale au Liban dont les images seront libres de droit.

Le public découvrira des jeunes talents de grande qualité venus de tous les continents. On ne saurait oublier que les Jeux de la Francophonie leur offrent une première tribune internationale comme ce fut le cas par exemple pour Hicham El Guerrouj (athlétisme), Marie José Pérec (athlétisme), Mélanie Engoang (judo), David Douillet (judo), Mayra Curado Andrade (chanson).

Les sélections aux VIèmes Jeux recensent trente sept nations représentées dans les sept épreuves culturelles : la chanson, le conte, la danse de création, la littérature, la peinture, la photographie et la sculpture. Pour le volet sportif, Monsieur Talal Arslan, ministre de la Jeunesse et des Sports du Liban, s’est réjoui de la participation des meilleurs athlètes dans les six disciplines suivantes : athlétisme, basket-ball féminin, football masculin, boxe, judo et tennis de table, ainsi que le volley-ball de sable à titre de démonstration. Les tirages au sort des équipes de football et de basket ont eu lieu en présence de Gérard Houllier et Yvan Mainini représentants désignés respectivement par la FIFA (Fédération internationale de Football Association) et la FIBA (Fédération internationale de Basket Association).

À six mois de l’événement, le haut niveau de participation et l’avancement des préparatifs « montrent la volonté de chacun de faire des Jeux de la Francophonie de Beyrouth un véritable succès et témoignent de l’attachement porté à la jeunesse francophone » a déclaré Clément Duhaime qui a également souligné la qualité de l’implication et l’efficacité des deux Comités d’organisation, national et international (CNJF et CIJF) qui ont permis de tenir les échéances fixées.

Discours de SE M. Diouf

Le Liban nous a toujours habitués à un accueil enthousiaste et fraternel, aujourd’hui encore. Et je souhaiterais, Monsieur le ministre de la Culture, Monsieur le Représentant personnel, que vous vous fassiez mes interprètes auprès du Président de la République, S.E.Monsieur Michel Sleiman, pour l’assurer, une nouvelle fois, de notre profonde gratitude. Je veux également associer à ces remerciements le Haut Comité national d’organisation et le Comité national des Jeux de la Francophonie qui ont tout mis en œuvre pour honorer cette tradition d’hospitalité.

Le Liban nous a toujours habitués à compter avec lui. Et je veux saluer ce soir, comme elle le mérite, Beyrouth capitale mondiale du Livre, événement auquel la Francophonie est activement impliquée !

Le Liban nous a toujours habitués à célébrer la Francophonie avec éclat. Le 9ème Sommet, en 2002, fut à cet égard, un moment inoubliable ! Et je sais que, grâce au travail, à la mobilisation et à l’imagination du Haut Comité national d’Organisation des Jeux, présidé par S.E.M. le Premier Ministre Fouad Siniora, mais aussi du Comité national, des bénévoles, et de toute la population libanaise – cette 6ème édition des Jeux de la Francophonie fera date dans nos Annales.

Et c’est en prévision de ce grand rendez-vous de la solidarité, de la diversité et de l’excellence, que je voudrais dédier cette Journée internationale de la Francophonie à toute la jeunesse libanaise, et à toutes celles et tous ceux qui vont nous offrir, dans quelques instants, un avant-goût de leur talent.

Mais avant que nous ne célébrions le bonheur d’être ensemble, en musique et en chansons, je tiens à vous redire la place de choix, la place de cœur que le Liban tient au sein de notre organisation, à vous redire combien la création littéraire en langue française doit au Liban, combien la vitalité de la langue française dans cette région doit au Liban, combien l’excellence d’un enseignement et d’une recherche académique en langue française doit au Liban, à vous redire combien la Francophonie doit à l’activisme de la diaspora libanaise de par le monde, à vous redire, enfin, que le Liban reste, pour la Francophonie, le symbole vivant et créatif de ce dialogue entre les cultures et les religions, inscrit au rang de nos priorités et de nos engagements.

C’est de tout cela que je tenais à vous remercier, ce soir, au nom des 69 autres Etats et gouvernements qui ont rejoint notre communauté et qui fêtent, en ce 20 mars, la Francophonie sur les cinq continents.

Sachez, en retour, que notre solidarité avec le Liban est totale, j’allais dire, même, fusionnelle. Sachez que, dans les moments les plus sombres, nous avons vécu, avec vous, au jour le jour, par la pensée. Les réunions de nos instances ont été l’occasion, à maintes reprises, de condamner avec vigueur les violences perpétrées au Liban, de soutenir la souveraineté et l’intégrité territoriale, de réclamer l’application intégrale des résolutions de l’ONU, comme ce fut le cas encore, lors du dernier Sommet à Québec. Mais par-delà cet appui politique, l’OIF, les opérateurs, ainsi que l’Assemblée parlementaire de la Francophonie ont toujours eu la volonté, dans les moments les plus difficiles, de maintenir et de renforcer leurs programmes en faveur de la population libanaise, témoignant ainsi de leur solidarité en action.

Je pense à la coopération de notre Délégation à la démocratie, aux droits de l’Homme et à la paix avec les Institutions de l’Etat de droit, à l’appui de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie au Parlement libanais, je pense à notre dynamique réseau de Centres de lecture et d’animation culturelle, je pense aux campus numériques développés par le Bureau Moyen Orient de l’Agence universitaire, qui n’a jamais cessé ses activités, je pense au rétablissement de la diffusion de TV5Monde dans les foyers libanais, je pense à l’aide apportée par l’Association internationale des Maires francophones en matière d’équipements urbains et de formation des fonctionnaires municipaux.

Vous le voyez, la Francophonie est bien implantée au Liban, et elle entend le rester. Soyez donc convaincus que nous demeurerons à vos côtés pour l’avenir d’un Liban stable, pacifié et radieux, d’un Liban indépendant et souverain, d’un Liban dynamique et créatif, d’un Liban à l’image de tout ce qu’il est en mesure et en droit d’offrir à la Francophonie et au monde.

Discours SE M. Tammam Salam

Soyez le bienvenu au Liban où vous comptez de nombreux amis.

Vous comptez aussi parmi nous des admirateurs de votre parcours politique exceptionnel et de votre vision du monde empreinte de sagesse et d’humanité.

Face à tous les facteurs de division, d’opposition, et d’inégalité, la Francophonie apparaît aujourd’hui comme un ciment, un lien pour défendre nos valeurs et nos droits.

Ces principes que vous, Monsieur le Secrétaire général, avez voulu porteurs d’une vision unificatrice, en matière de paix civile, de développement durable et de légalité internationale.

Mesdames…. Messieurs,

La francophonie s’étend sur cinq continents et regroupe plus de 200 millions de francophones dans le monde.

Ceci implique une responsabilité et un engagement qui vont au-delà des appels à la préservation de la langue commune.

Dans ce cadre, la francophonie peut jouer un rôle important, pour influencer la politique et l’économie mondiale.

Cette responsabilité, exige une réflexion commune, autour du sujet du développement économique et social.

Chers amis,

Le français est enseigné, dans l’ensemble des 1645 écoles publiques et privées que compte le pays. En outre, les deux tiers des écoles françaises conventionnées ou homologuées au Moyen-Orient, se trouvent au Liban.

Cela montre l’importance que le Liban accorde à la Francophonie, et justifie son souhait d’être un pôle régional de l’enseignement du français.

Le Liban a toujours été considéré comme l’éditeur de la région. Il est le premier producteur, et le premier importateur de presse et de livres français de tout le Moyen-Orient.

C’est peut-être là, l’une des raisons pour lesquelles le Liban a été déclaré par l’UNESCO, Capitale Mondiale du Livre en 2009.

Cette année sera l’occasion d’élargir notre réseau de bibliothèques publiques… notamment nos « CLAC », pour encourager la lecture surtout parmi nos jeunes.

Mesdames, Messieurs,

Ce soir vous allez avoir un avant-goût des talents libanais qui ont été retenus dans le cadre des disciplines culturelles des 6èmes Jeux de la Francophonie.

À cinq mois de ces Jeux, notre Comité national ainsi que tout le pays, sont mobilisés pour qu’ils se déroulent dans des conditions optimales à tous les niveaux.

Ce rendez-vous sera sans doute… une formidable occasion d’échange, pour les participants venus des quatre coins du monde… pour célébrer la splendeur de la francophonie.

Monsieur le Secrétaire général…

Le Liban vous remercie pour votre présence parmi nous à l’occasion de la célébration de la Journée internationale de la Francophonie, et vous reconfirme son attachement à la Francophonie, et son engagement à faire de l’année 2009, Une année Francophone par excellence !!

Discours M. Khalil Karam
Rêvée et conçue par le Poète – Président SENGHOR, consolidée de nos jours par le Visionnaire – Président DIOUF, la Francophonie tient bon.

Ce n’est point un hasard de célébrer en présence du Secrétaire général de la Francophonie, du Secrétaire d’État Français pour la Francophonie, et toute cette élite francophone venue de tous les coins du Liban, à Beyrouth en mars 2009, la Journée internationale de la Francophonie.

S’il est vrai que le français est langue seconde au Liban, la Francophonie veut faire entendre clairement sa voix :

Notre pays adopte l’idée de « francophonie plurielle » proposée hier par Mme SARAGOSSE.

Les valeurs de pluralité, rappelées il y a tout juste 4 jours par SE Général Michel SLEIMAN au cours de plusieurs interventions, lors de sa visite d’Etat en France, sont pour nous libanais, d’une importance existentielle.

La qualité de notre langue arabe perfectionnée et conservée religieusement pendant des siècles dans nos Madrassats citadines et couvents de la montagne est notre fierté nationale.

Je tiens à remercier vivement l’équipe du CNJF qui a fait réussir cette journée ainsi que les artistes qui ont enrichi par leur talent l’événement francophone. Et surtout l’équipe de l’ombre de l’OIF, les médias francophones et les médias libanais pour leur participation enthousiaste. Pour plus d’infos, visitez le site officiel des Jeux de la francophonie

A grade égal : tâches égales, salaire inégal !

Posted on 25 septembre 2009 (0)

Depuis la promulgation de l’ordonnance portant statut général de la fonction publique en juillet 2006 (et tous les espoirs suscités en son temps), les enseignants-chercheurs ainsi que leurs collègues chercheurs hospitalo-universitaires et chercheurs permanents n’ont eu aucune autre alternative que de ronger leur frein en attendant le régime indemnitaire qui n’a pas encore pointé son nez malgré les « assurances » des pouvoirs publics.

Tantôt c’est vers la fin de la promulgation de tous les statuts particuliers, tantôt c’est à chaque secteur de discuter les indemnités de ses fonctionnaires, une fois que leur statut particulier soit décrété. Dans un premier temps, on a évoqué le mois de juillet 2009. Mais comme en Algérie l’été est la saison du profond coma politico-social, c’est vers ce mois de septembre 2009 que les regards se sont tournés. Accrochés au moindre chuchotement ou à la plus petite rumeur suintant des journaux, de la radio ou de la télévision, les enseignants-chercheurs suivent ce feuilleton avec un grand intérêt dont le nombre d’épisodes semble incommensurable.

Cette rentrée 2009/2010 constitue donc une fois de plus une indéniable désillusion pour les enseignants chercheurs qui ont trop espéré depuis les multiples promesses, surtout après l’inattendue grille des salaires de septembre 2007. Ils sont lassés par tant d’attente et laminés par une inflation galopante.

Les responsables du secteur en particulier et les pouvoirs publics en général n’ont-ils pas annoncé, à maintes circonstances, que le problème des salaires des enseignants-chercheurs allait être définitivement réglé afin qu’ils puissent consacrer leur énergie aux défis qui les attendent ? Maintenant que les échéances arrivent à terme, il semble que plus personne ne se rappelle ces engagements et que l’amnésie règne dans les arcanes de la république.

LA DÉVALUATION DE L’ENSEIGNANT CHERCHEUR DÉCRÉTÉE

commerceAu moment où l’on s’attendait à se mettre quelque chose sous la dent à propos du régime indemnitaire, voilà que le site Internet du journal officiel a mis en ligne, en ce jeudi 17 septembre 2009 et 27ème jour du mois de Ramadhan 1430, le décret exécutif n° 09-272 du 30 août 2009 modifiant et complétant le décret n° 86-276 du 11 novembre 1986 fixant les conditions de recrutement des personnels étrangers dans les services de l’État, des collectivités locales, établissements, organismes et entreprises publics.

Exactement, c’est comme l’année dernière qui nous fait évoquer non sans soupirs le 1er anniversaire du jour béni des parlementaires suite à la nuit de leur destin.

La spécificité de l’amendement dudit décret concerne les enseignants-chercheurs et notamment leurs collègues hospitalo-universitaires avec le nouvel article 2 qui est libellé de la sorte: « L’article 8 bis du décret n° 86-276 du 11 novembre 1986, modifié et complété, susvisé, est modifié, complété et rédigé comme suit : les personnels étrangers recrutés pour exercer les fonctions de professeur hospitalo-universitaire, professeur, maître de conférences hospitalo-universitaire classe «A», maître de conférences classe «A», maître de conférences hospitalo-universitaire classe «B» et maître de conférences classe «B» au sein des établissements l’enseignement supérieur perçoivent le traitement de base de leurs homologues algériens. Le traitement de base déterminé ci-dessus est affecté d’un coefficient correcteur compris entre 2 et 4,1. Le reste sans changement ».

Notons que dans la version officielle en langue nationale, le mot « affecté » signifie « multiplié ». Pour rappel, mentionnons qu’en 1986 le coefficient correcteur était compris entre 1,1 et 4 pour l’ensemble des travailleurs étrangers jusqu’en octobre 2004 où il a bondi entre 8 et 11 pour les enseignants universitaires afin d’encourager les étrangers à venir enseigner dans nos établissements universitaires. En plus, l’arrêté interministériel du 9 janvier 2005 a encore corrigé ce coefficient pour le hausser à 10 ou 11 fois le salaire de base !

Par ailleurs, le coefficient multiplicateur risque encore d’augmenter si l’on tient compte de l’indemnité d’expérience professionnelle et des primes qui sont, en général, toutes calculées en fonction du salaire de base.

En attendant l’arrêté interministériel qui va détailler le dernier décret paru, le salaire de base pourra atteindre la somme de 273060,00 DA (vingt-sept millions trois mille soixante centimes algériens en brut) pour l’équivalent de notre professeur sans oublier le reste ! Ainsi, le traitement de base d’un maître de conférences de classe B « étranger » peut aisément dépasser le triple de celui de notre malheureux cher professeur !

L’HISTOIRE DE L’ANNONCE CANADIENNE DE 2004

On se rappelle toujours de cette offre d’emploi pour les années 2004/2005 et 2005/2006 du ministère de l’enseignement supérieur Algérienne destinée aux enseignants exerçant au Canada. C’était le bureau des relations internationales de l’école polytechnique de Montréal qui avait diffusé l’annonce émise par le consulat général d’Algérie à Montréal, via l’ambassade d’Algérie à Ottawa. Cette alléchante annonce avait défrayé la chronique au sein du milieu universitaire Algérien. L’enseignant embauché avait droit à une prise en charge totale : billet d’avion pour lui, son conjoint et de deux de ses enfants et la mise à sa disposition d’un logement meublé.

En plus d’un salaire net de 60.000 da, l’enseignant coopérant se verrait octroyer un supplément transférable allant de 900 à 1100 dollars canadiens. Il bénéficierait, en outre, d’un congé annuel et d’un rapatriement en cas de difficultés de santé ou autres.

Comme le signale cette affiche, il y a lieu de souligner que l’enseignement devrait être dispensé en français et ou en arabe pour les enseignants maîtrisant la langue officielle du pays. Une telle annonce ne pouvait autrement s’adresser qu’à nos universitaires expatriés au Canada mais seul Dieu sait s’ils sont revenus au galop ou se sont retenus : il n’y malheureusement aucun chiffre sur le sujet mais la réalité visible du terrain l’a bien décelée. Rappelons seulement, qu’à l’époque, le salaire d’un enseignant algérien au grade de professeur à l’échelon intermédiaire ne dépassait guère les 50000 da.

Il est important de souligner ici que les enseignants-chercheurs ne sont absolument pas contre la venue des compétences étrangères. Bien au contraire, l’université algérienne doit s’ouvrir sur le monde extérieur afin d’éviter l’isolement scientifique et le repli sur soi. Personnellement, je me réjouis que les salaires proposés soient aux normes maroco-tunisiennes. Mais là où le bât blesse, c’est que les enseignants-chercheurs algériens ne peuvent même pas rêver de ces payes malgré des compétences semblables et des obligations similaires.

Les fortes disparités entre les rémunérations des enseignants locaux et coopérants risquent de porter atteinte au respect et à la dignité de l’enseignant local. Une humiliation de plus. A titre d’exemple, regardons la situation qui prévaut dans l’équipe nationale de football. Les joueurs sont tous traités de la même façon par le pays. En effet, les joueurs expatriés et leurs camarades locaux perçoivent, au centime près, les mêmes primes et indemnités. Cela est aussi vrai pour ceux qui n’ont jamais évolué sur le terrain. Imaginez ce que cela provoquerait comme zizanie et malaise si jamais les instances du sport avaient opté pour la différence de traitement. L’équipe en serait sans aucun doute décimée.

En tous les cas, elle n’aurait jamais fait un tel parcours. Notons que le décret n° 86-276 du 11 novembre 1986, dans son article 2, révèle que les travailleurs étrangers doivent justifier des conditions de recrutement au moins égales à celles offertes aux homologues algériens occupant les mêmes emplois ou postes de travail et doivent avoir une expérience de travail d’au moins 4 ans. Ces conditions sont déterminées par les statuts particuliers compte tenu des titres universitaires et professionnels détenus par les intéressés, ainsi que les travaux qu’ils auraient réalisés dans leurs spécialités.

Remarquons, au passage, que comme l’expérience minimale exigée n’est pas énorme, ce ne sont donc pas du tout les grandes sommités qu’on cherche à attirer.

LE PARADOXE DES JUMEAUX

Pour parler concrètement, prenons le cas de 2 jumeaux. Après avoir fait leurs études ensemble au pays, partent à l’étranger pour poursuivre leurs études dans la même université. Après avoir obtenu des diplômes similaires de doctorat, les frères siamois se sont ensuite séparés. Le premier est rentré au pays muni de son passeport vert et recruté dans un établissement universitaire local en tant que Maître de Conférences « A », après avoir honoré ses obligations du service national. Je ne vous raconterais pas les années de galère et les déboires qu’il a endurés pour obtenir un logement social dans un quartier populaire à cause de la crise aiguë dans le domaine. Quant au second, il est resté dans le pays formateur et a été engagé avec un grade équivalent au premier et possède dorénavant l’avantage de la double nationalité. Ce dernier peut donc, s’il le souhaite, être recruté au pays avec son passeport étranger.

À ce titre, il bénéficiera de la multiplication de son salaire et logé à bonne enseigne, contrairement à son homologue possédant la nationalité algérienne : un vrai dilemme et un casse-tête juridico-politico-administratif très complexe à résoudre.

La problématique reste la même si on remplace le deuxième enseignant par un Canadien de souche car le patriotisme de l’enseignant local en prendrait un sacré coup.

Il est dévalué par son pays et de surcroît dans son propre pays. Les complexes d’infériorité et de supériorité seraient ainsi nourris en permanence.

VALORISER AU LIEU DE DÉVALORISER

Il va sans dire qu’un nombre considérable d’enseignants-chercheurs locaux vont se sentir mal à l’aise et diminués devant leurs homologues recrutés en qualité d’étrangers. Pour remédier à ce dilemme inconcevable, les décideurs auraient dû revaloriser les salaires des locaux à leur juste valeur et indexer ceux des coopérants étrangers sur ces salaires. De la sorte, ils en finiraient une fois pour toute avec cette politique de deux poids, deux mesures au détriment de l’Algérien et du pays. Les nôtres se hâtent d’attribuer les normes internationales aux étrangers mais non à leurs propres compatriotes ! Pouvez-vous imaginer une telle situation dans un pays européen ? Une telle affaire aurait ébranlé la scène politique de ce pays et les médias s’en seraient donné à coeur joie. En procédant ainsi, les autorités algériennes sont tacitement en train de dévaloriser toute la formation universitaire. En plus, ils mettent également en doute toutes les compétences locales qui ont été marginalisées à cause justement de ces mesures injustes et inacceptables. Comble de cette ambiguïté, le décret a été publié suite au rapport du ministère de tutelle comme l’indique précisément le texte. C’est ce qu’on appelle en japonais se faire hara-kiri.

UN RÉGIME INDEMNITAIRE SALVATEUR ?

Enfin, le décret présidentiel n°07-304 du 29 septembre 2007 fixant la grille indiciaire des traitements et le régime de rémunération des fonctionnaires est cité en avenant du décret d’août 2009. Cependant, à la place de « régime de rémunération des fonctionnaires », les rédacteurs du décret l’ont remplacé par « régime indemnitaire des fonctionnaires ». S’agit-il d’une erreur de transcription ou d’une promulgation prémonitoire des indemnités ? Attendons les prochaines péripéties du feuilleton pour mieux voir.

Mohammed Beghdad, Enseignant à l’université de Mostaganem et syndicaliste du CNES