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L’or, le dollar et le journaliste

Posted on 11 octobre 2009 (0)

médiasUn article de presse, signé par Robert Fisk, un journaliste très au fait des questions moyen-orientales du quotidien britannique The Independent, serait-il responsable de l’actuelle fièvre de l’or ?

De fait, après avoir frôlé son record historique pendant plusieurs semaines, l’once de métal jaune a finalement franchi un seuil nouveau mardi dernier, à 1.045 dollars. Le précédent record, qui date de mars 2008, s’établissait à 1.034 dollars. Les opérateurs de marché confirment que cette hausse irrésistible est largement imputable aux rumeurs sur la modification de la devise de facturation du baril de pétrole, actuellement coté en dollars. Selon le quotidien britannique, la Chine, la Russie, le Japon, la France et les pays arabes du Golfe se concerteraient « secrètement » dans le but de remplacer le billet vert dans les transactions pétrolières par un panier de monnaies incluant le yen, le yuan chinois, l’euro, l’or et la future monnaie commune du Golfe. En attendant que le dollar perde son statut de monnaie du pétrole «la monnaie de transition pourrait bien être l’or, selon des sources de banques chinoises», ajoute le quotidien.

Les mouvements sur l’or ont naturellement impacté les marchés de change. Ainsi dans cette même journée de mardi, le taux de change du billet vert contre l’euro était de 1,47, soit un gain de 0,41 % pour la devise européenne.

Des démentis sans effet apaisant

Le Koweït, le Qatar, l’Arabie Saoudite et la France ont démenti ces informations, le ministre japonais des finances affirme qu’il n’a jamais entendu parler de rencontres internationales sur ce thème.

Cette avalanche de démentis des uns et de dénégations des autres ne semble pas avoir d’effet apaisant sur les turbulences qui affectent le dollar. L’article de The Independent a stimulé une vague de rumeurs dans un contexte où l’hégémonie du dollar est contestée par de nombreux pays émergents. Ces derniers attribuent, entre autres griefs, la responsabilité de la crise financière à la gestion irresponsable de sa monnaie par l’administration américaine. Il ne fait guère de doute que la montée en puissance de pays comme la Chine, le Brésil où l’Inde par exemple, menace la toute-puissance monétaire de Washington. La Chine, plus gros créancier du Trésor des Etats-Unis, ne fait pas mystère de ses intentions de réduire son exposition au risque américain. Pékin a signé plusieurs accords bilatéraux avec des pays d’Amérique Latine pour éviter que le dollar soit la monnaie de règlement des transactions entre les pays concernés. De manière encore plus significative, la Chine emmène progressivement sa devise, le Yuan, vers le statut de monnaie de facturation internationale. La Banque Centrale chinoise autorise depuis quelques mois un certain de pays voisins à libeller les échanges en yuan. Lors de la récente réunion du G20 à Pittsburgh, certains participants du Sud ont déploré en privé, le fait que la question de la création d’une refonte du système financier international ait été éludée.

Financiers, malgré eux, des guerres

étasuniennes

Les Chinois défendent l’idée du renforcement des Droits de Tirage Spéciaux, unité de compte du FMI, pour les substituer au dollar en tant que monnaie de réserve mondiale. Mais il est clair que même si un consensus devait être atteint sur cette question, sa mise en œuvre demanderait plusieurs années.

2018 est l’horizon temporel évoqué par Robert Fisk qui cite des sources bancaires du Golfe et de Hong-Kong. La mutation du système de Bretton-Woods ne peut effectivement intervenir, sauf crise majeure, dans des délais rapprochés.

Les motivations économiques fondamentales pour un changement de monnaie de réserve globale sont évidentes mais elles n’excluent pas, loin de là, d’autres considérations plus directement stratégiques. La position du dollar confère aux Etats-Unis un pouvoir disproportionné sur le reste de la planète. L’obligation mécanique des pays détenteurs d’excédents de financer les déficits américains conduit à une situation ou ce sont les créanciers étrangers qui soutiennent, bien malgré eux, les guerres décidées à Washington et le surarmement d’un pays économiquement déclinant. Sans les souscriptions aux bons du Trésor américains et les dépôts en dollar des pays étrangers, les déséquilibres budgétaires des Etats-Unis seraient simplement insupportables. Les déficits américains, proprement abyssaux, justifiés par la nécessité de sauver leur système bancaire et de stimuler l’économie, nourrissent une inquiétude grandissante de la part des détenteurs de réserves en dollars. Les risques de dérapages inflationnistes sont bien réels.

Et c’est bien à ce niveau que se pose la question des raisons à court terme, de la fièvre qui s’est emparée du marché de l’or. Les investisseurs et opérateurs des marchés craignent en effet que le risque principal, au moment où la récession globale semble achevée, est celui d’une reprise de l’offre et, dans le même temps, d’une demande toujours très déprimée.

Signes avant-coureur

Les indicateurs d’une telle situation ne manquent pas ; il suffit d’observer le dynamisme boursier et la reprise des investissements productifs face à une consommation globale en net recul. C’est l’opinion de l’économiste Roubini qui voit un découplage croissant entre l’activité économique globale et la montée des bourses. Le spectre de la crise des années trente, qui fut une crise de surproduction, hante à nouveau certains esprits et c’est bien cette sombre perspective qui nourrit la spéculation sur l’or et le dollar. La faiblesse actuelle du dollar, qui parait tout à fait acceptée par les pays du G7, pénalise directement les pays exportateurs. De nombreux pays s’inquiètent que la faiblesse du dollar altère leurs politiques de sortie de crise. Nombres d’économistes en ont fait publiquement état à l’occasion du sommet du Fmi qui s’est ouvert le 6 octobre à Istanbul. Quelles chances ont-ils d’être entendus par une instance contrôlée par les Etats-Unis ? Il semble bien que l’alternative à la crise et aux blocages des institutions financières internationales réside dans un changement des règles du jeu. La fièvre de l’or est peut-être un signe avant-coureur des mutations à venir.

K.Selim

Le bébé né dans les toilettes du train et tombe sur la voie

Posted on 08 octobre 2009 (0)

miracleUn bébé est tombé sur la voie ferrée par la fosse septique d’un train peu après sa naissance dans les toilettes mais il a été retrouvé sain et sauf, ont rapporté les médias indiens ce jeudi, 8 octobre 2009.

Times of India a publié les premières photos de Rinku Debu Ray, la jeune maman de 28 ans, qui a accouché dans les toilettes du wagon d’un train express près de Calcutta, dans l’Etat du Bengale-Occidental au nord-est de l’Inde. La jeune femme ne croyait pas retrouver son bébé vivant, puisqu’il a glissé dans la fosse septique et est tombé sur la voie ferrée.

Sans rien dire à personne, les passagers ont vu la dame sauter du train en marche et ont tiré la sonnette d’alarme, pensant qu’elle s’était suicidée. Bhola Ray, le mari de cette femme explique qu’ils ont retrouvé sa femme après ‘une heure de recherche. La mère et le bébé se porte bien, un miracle !

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Nouveaux séismes dans le Pacifique

Posted on 07 octobre 2009 (0)

sumatraDeux puissants séismes ont secoué le Pacifique sud cette nuit, dont un tremblement de terre d’une magnitude de 8,1 dans le sud des îles Salomon et au nord-ouest de Vanuatu, dans le sud-ouest de l’océan Pacifique, en mer de Corail. Un second séisme, d’une magnitude de 7,3, s’est produit dans la même zone quelques minutes plus tard.

Le 29 septembre 2009 à 17 h 48 min UTC (6 h 48 min heure locale) a eu lieu à environ 200 km au sud-ouest d’Apia, la capitale de l’archipel des Samoa un séisme d’une magnitude de 8, suivi d’un tsunami qui a touché les îles Samoa et Tonga. L’institut géologique américain a immédiatement déclenché un alerte au tsunami pour la Nouvelle-Zélande, les îles Fidji et Tonga, la Polynésie française, les Samoa, les Samoa américaines, Wallis et Futuna, les îles Cook, Tuvalu, Kiribati et les îles Kermadec.

Une surveillance au tsunami a été déclarée entre autres pour la Nouvelle-Calédonie, la Papouasie-Nouvelle Guinée, Vanuatu, Nauru, les îles Marshall, les îles Salomon et Hawaï. Un tsunami s’est abattu sur les îles Samoa et Tonga vingt minutes après. L’alerte pour les autres territoires a été levée quatre heures après.

L’agence fédérale américaine de gestion des situations de crise (Fema) a décidé d’envoyer deux équipes de secours sur l’archipel américain. Une alerte au tsunami a été lancée le lendemain sur toute la côte Pacifique du Japon, avant d’être levée.Les pays touchés par le tsunami sont les Samoa américaines, Samoa et Tonga où des décès ont été confirmés. De grosses vagues ont touché, sans dommage majeur les côtes des îles Fidji, la côte nord de la Nouvelle-Zélande et la côte ouest des États-Unis.

Le Haut-Commissaire néo-zélandais à Apia, David Dolphin a annoncé que 5 personnes sont mortes après le tsunami qui a suivi le tremblement de terre dans les îles Samoa. Aux Samoa américaines, 22 personnes ont péri, selon des responsables et 7 personnes ont trouvé la mort dans l’archipel voisin des Tonga.

Le lendemain, un puissant séisme de magnitude 7,9 est enregistré à 17 heures 16 locale (10 heures 16 GMT). Son épicentre a été localisé dans l’océan Indien à 78 km au sud-ouest de la ville de Padang, dans la province de Sumatra ouest, et son hypocentre à une profondeur de 71 km.

Selon un responsable de l’agence de géophysique, des bâtiments, dont des immeubles, ont été détruits dans la ville indonésienne de Padang et ses environs à la suite. Le Centre d’alerte des tsunamis du Pacifique a lancé une alerte au tsunami pour l’Indonésie, la Malaisie, l’Inde et la Thaïlande.

ONU : Kadhafi se paie le Conseil de Sécurité et les Etats-Unis

Posted on 25 septembre 2009 (0)

Khadafi propose de transformer l’Assemblée Générale des Nations Unies en Parlement Mondial. Il propose également de supprimer le Conseil de Sécurité qui n’est qu’un « conseil de terreur », puisqu’il ne pratique qu’une rhétorique des sanctions et de la terreur. « Personne ne devrait accepter les futures résolutions de ce conseil de la terreur », a déclaré le colonel. Khadafi a par ailleurs critiqué la composition du conseil de sécurité avec ses 5 membres permanents dotés d’un droit de véto. Tous égaux ?

On lui avait alloué 55mn ; il a parlé 1 heure 36 mn. On n’enferme pas le colonel Khadafi dans un cadre. On ne limite pas le Roi des Rois. Au-delà de l’anecdote qui est loin du record de Fidel Castro qui avait parlé 4 heures aux Nations Unies, le Président Libyen a démontré l’injustice de l’institution onusienne et de son Conseil de Sécurité avec ses 5 membres permanents que sont : les Etats-Unis, la Russie, la Chine, la France et la Grande Bretagne avec droit de véto.

Sur ce point, le Président Nicolas Sarkozy qui a pris la parole après le colonel a répondu qu’il était favorable à la désignation de nouveaux membres permanents : un pays africain, un pays de l’Amérique latine, l’inde, le Japon et l’Allemagne. « La légitimité des Nations Unies dépend de cette réforme » a déclaré le Président Nicolas Sarkozy.

Le Président de la République Française a pris la parole avant le Premier Ministre Britannique Gordon Brown  ; lui même suivi par le Président Chinois, Hu Jintao et le Président de la Russie, etc.

La poignée de main impossible

KadhafiL’allocution du Président Libyen ne visait pas uniquement l’ONU, elle visait également les Etats-Unis. Selon Khadafi, « l’invasion de l’Irak est la mère de tous les maux ». Les actions militaires Américaines au Panama, au Vietnam et à la Grenade sont tout aussi condamnables.

Pendant longtemps, le colonel Khadafi a croisé le fer avec les Etats-Unis, étant classé comme pays terroriste fournissant, comme l’Iran au Hamas, le soutien aux organisations « terroristes ». Ceci a culminé avec les attentats du Lockerbie pour lesquels la rancoeur des Américains n’est toujours pas retombée.

Le Président Barack Obama que Mouamar Khadafi a appelé « mon fils » ne pouvait pas serrer la main de « l’ennemi public » des Américains lors de la passation de la parole.

A l’heure où les démons du racisme rôdent sur le débat autour de l’assurance maladie qui polarise les émotions aux Etats-Unis,  ce geste aurait ajouté au trouble émotionnel des Américains. Sans compter que certains Américains continuent de penser que la religion « cachée » du Président Obama c’est l’Islam. Sujet remis à l’ordre du jour lors des salutations contestées de Barack Obama au souverain Saoudien. Le Président s’était légèrement incliné et certains Américains avaient interprété cela comme un geste d’allégeance insupportable que seule l’appartenance secrète du Président à l’Islam pouvait justifier. La Maison Blanche avait dû faire une déclaration pour dire qu’il s’agissait tout simplement d’une marque de respect du Président à l’un des plus vieux souverains du monde. Source : Scene publique, un journal édité par la journaliste Elise Mbock, Docteur en communication

Discours de Barack Obama à l’ONU

Posted on 23 septembre 2009 (0)

Barack Obama estime que « les changements climatiques constituent une menace grave et croissante » et appelle à la lutte contre le réchauffement de la planète dans son discours prononcé le 22 septembre 2009 au siège de l’ONU à New York, lors de la réunion au sommet sur les changements climatiques.

Voici l’allocution du président des États-Unis d’Amérique au Sommet du secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon sur les changements climatiques :

Je tiens à remercier le secrétaire général d’avoir organisé cette réunion au sommet, et tous les dirigeants qui y participent. Le fait que nous soyons aussi nombreux aujourd’hui montre que la menace que constituent les changements climatiques est grave, pressante et croissante. La réaction de notre génération face à ce problème sera jugée par l’histoire, car si nous ne nous y attaquons pas hardiment, rapidement et de concert, nous risquons d’entraîner les générations à venir dans une catastrophe irréversible.

Obama interAucun État, qu’il soit grand ou petit, riche ou pauvre, ne peut échapper aux effets des changements climatiques. La montée du niveau des mers menace toutes les côtes. Des tempêtes et des inondations de plus grande ampleur menacent tous les continents. Des sécheresses et des mauvaises récoltes entraînent la sous-alimentation et les conflits dans des lieux où la sous-alimentation et les conflits sont déjà fréquents. Dans les îles dont la superficie diminue, des familles sont déjà obligées de quitter leurs foyers pour devenir des réfugiés du climat. La sécurité et la stabilité de tous les pays et de tous les peuples – notre prospérité, notre santé et notre sécurité – sont en danger, et le temps que nous avons pour remédier à cette situation est limité.

Et pourtant nous pouvons y remédier. Comme l’a dit John Kennedy, « nos problèmes sont créés par l’homme, ils peuvent donc être résolus par l’homme. » Il est vrai que pendant de trop nombreuses années l’humanité a mis du temps à réagir ou même à reconnaître l’ampleur de la menace climatique. C’est vrai pour mon pays également. Nous le reconnaissons. Il s’agit cependant d’un nouveau jour, d’une nouvelle époque. Je suis fier de pouvoir dire que les États-Unis ont fait plus pour encourager la production d’énergie propre et pour réduire la pollution due aux émissions de gaz carbonique ces huit derniers mois que pendant toute autre période de leur histoire.

Notre gouvernement consacre les investissements les plus importants qu’il ait jamais faits au secteur des énergies renouvelables ; ces investissements sont destinés à doubler la capacité de production d’énergie éolienne et d’autres énergies renouvelables en trois ans. Dans tous les États-Unis, des entrepreneurs construisent des éoliennes, des panneaux solaires et des piles pour des voitures hybrides avec l’aide de garanties de prêt et de crédits d’impôt, projets qui créent des emplois et des entreprises. Nous investissons des milliards de dollars afin de réduire le gaspillage d’énergie dans nos logements, dans nos bâtiments et celui dû à nos appareils électroniques et ménagers, ce qui permet aussi aux ménages américains d’économiser de l’argent grâce à la réduction de leurs factures d’électricité et de carburant.

Nous avons proposé la toute première politique nationale visant tant à accroître les économies de carburant qu’à réduire la pollution due aux émissions de gaz à effet de serre pour toutes les nouvelles voitures et tous les nouveaux camions, ce qui fera économiser de l’argent à nos consommateurs et du pétrole à notre pays. Nous progressons en ce qui concerne la réalisation des premiers projets de construction d’éoliennes au large des côtes de notre pays. Nous investissons des milliards de dollars en vue de la séquestration du carbone de sorte que nous puissions réduire la pollution causée par nos centrales au charbon. Cette semaine, nous venons d’annoncer que pour la première fois nous allons commencer de surveiller les quantités de gaz à effet de serre émis dans tout notre pays.

À la fin de la semaine, j’œuvrerai de concert avec mes collègues au sein du G20 pour mettre fin aux subventions concernant les combustibles fossiles de sorte que nous puissions mieux nous attaquer au problème climatique. Déjà, nous savons que la récente baisse de l’ensemble des émissions américaines est due en partie aux mesures qui visent à encourager un meilleur rendement énergétique et un meilleur emploi des énergies renouvelables.

Fait des plus importants, la Chambre des représentants a adopté en juin un texte de loi sur l’énergie et le climat qui devrait permettre finalement que l’énergie propre soit une forme d’énergie rentable pour les entreprises américaines et réduire considérablement les émissions de gaz à effet de serre. Une commission du Sénat a déjà examiné ce texte de loi, et je compte œuvrer de concert avec d’autres alors que nous progresserons.

Étant donné qu’aucun pays ne peut relever ce défi à lui seul, les États-Unis incitent un nombre d’alliés et de partenaires plus grand que jamais à trouver une solution. En avril, nous avons convoqué ici aux États-Unis la première des six réunions du Forum des grandes puissances économiques sur l’énergie et le climat qui ont eu lieu jusqu’à présent. À Trinidad, j’ai proposé un partenariat sur l’énergie et le climat pour les Amériques. Nous agissons par l’intermédiaire de la Banque mondiale pour encourager les projets d’énergies renouvelables et de technologies connexes dans les pays en développement. Enfin, nous accordons une place prioritaire aux questions climatiques dans le cadre de nos relations diplomatiques avec des pays aussi divers que la Chine et le Brésil, l’Inde et le Mexique, du continent africain au continent européen.

Toutes ces mesures représentent de la part du peuple américain et de son gouvernement une reconnaissance d’importance historique. Nous comprenons la gravité de la menace climatique. Nous sommes résolus à agir et nous nous acquitterons de nos responsabilités envers les générations à venir.

Toutefois, bien qu’un grand nombre de pays aient pris des mesures hardies et partagent notre détermination, nous ne sommes pas venus ici pour célébrer des progrès aujourd’hui. Nous sommes venus parce qu’il faut progresser beaucoup plus. Nous sommes venus parce qu’il reste beaucoup à faire.

Il s’agit d’une tâche qui ne sera pas facile. Alors que nous nous apprêtons à aller à Copenhague, on ne doit pas se faire d’illusions sur le fait que le plus dur est devant nous. Nous cherchons des changements radicaux mais nécessaires au beau milieu d’une récession mondiale, où la tâche la plus prioritaire de tous les pays est de relancer l’économie et de diminuer le chômage. Nous tous allons devoir faire face à des doutes et à des difficultés dans nos capitales respectives alors que nous tentons de parvenir à une solution durable aux problèmes climatiques.

Barack ObamaJe suis venu ici aujourd’hui pour dire que les difficultés ne peuvent servir d’excuse au contentement de soi. La gêne n’est pas non plus une excuse pour l’inaction. Enfin, nous ne devons pas permettre que la perfection devienne l’ennemi du progrès. Chacun de nous doit faire ce qu’il peut quand il le peut pour faire grandir l’économie de son pays sans mettre en danger notre planète, et il nous faut le faire tous ensemble. Nous devons saisir l’occasion de faire de la réunion de Copenhague un pas important dans la lutte mondiale contre les changements climatiques.

Nous ne pouvons pas non plus permettre que les anciennes divisions qui ont caractérisé le débat sur le climat pendant tant d’années bloquent nos progrès. Oui, il incombe toujours aux pays industriels qui ont causé une grande partie des dommages subis par notre climat au cours du siècle dernier, dont les États-Unis, de jouer un rôle de premier plan. Nous continuerons de le faire, en investissant dans le secteur des énergies renouvelables, en favorisant un meilleur rendement et en réduisant considérablement nos émissions de manière à atteindre les objectifs que nous avons fixés pour 2020 et notre objectif de longue durée pour 2050.

Toutefois, les pays en voie de développement rapide qui seront responsables de près de toute la croissance des émissions de gaz carbonique dans les décennies à venir doivent aussi jouer leur rôle. Certains de ces pays ont déjà fait de grands progrès pour ce qui est de la production de l’énergie propre et de son utilisation. Ils doivent cependant s’engager à prendre des mesures vigoureuses sur leur territoire et accepter de respecter ces engagements tout comme le font les pays industriels. Nous ne pouvons pas relever ce défi si tous les grands émetteurs de gaz à effet de serre n’agissent pas de concert. Il n’y a pas d’autre solution.

Nous devons aussi redoubler nos efforts pour mettre les autres pays en développement, en particulier les pays les plus pauvres et les plus vulnérables, sur la voie d’une croissance durable. Ces pays ne disposent pas des mêmes ressources pour lutter contre les changements climatiques que des pays tels que les États-Unis ou la Chine, mais ce sont eux qui ont l’enjeu le plus immédiat dans une solution, car ils connaissent déjà les effets du réchauffement de notre planète : la famine, la sécheresse, la disparition des villages côtiers et les conflits dus à la rareté des ressources. Leur avenir n’est plus le choix entre une économie croissante et une planète plus propre, car leur survie dépend des deux. La réduction de la pauvreté aura peu d’effet si on ne peut récolter ce que l’on a semé ou trouver de l’eau potable.

C’est pourquoi il nous incombe de fournir l’aide financière et technique dont ces pays ont besoin pour s’adapter aux effets des changements climatiques et pour encourager un développement causant peu d’émissions de gaz carbonique.

Ce que nous recherchons après tout, ce n’est pas simplement un accord sur la limitation des émissions des gaz à effet de serre. Nous cherchons à conclure un accord qui permettra à tous les pays de connaître un bon taux de croissance et d’augmenter le niveau de vie de la population sans mettre en danger notre planète. En mettant au point des technologies non polluantes et en partageant notre savoir-faire, nous pouvons aider les pays en développement à éviter les technologies polluantes et à réduire les émissions dangereuses.

Monsieur le secrétaire général,

Alors que nous sommes réunis ici aujourd’hui, la bonne nouvelle est que, après tant d’années d’inaction et de déni, la plupart des pays reconnaissent finalement l’urgence du problème qui se pose à nous. Nous savons ce qu’il convient de faire. Nous savons que l’avenir de notre planète dépend d’un engagement mondial à réduire de façon permanente la pollution due aux gaz à effet de serre. Nous savons que si nous adoptons les règles et les incitations qu’il convient, nous donnerons libre cours au pouvoir créateur de nos meilleurs scientifiques, ingénieurs et entrepreneurs pour construire un monde meilleur. Déjà, un grand nombre de pays ont fait le premier pas sur la voie menant à la réalisation de cet objectif.

Cette voie sera cependant longue et difficile, et nous n’avons pas beaucoup de temps pour aller jusqu’au bout. C’est une voie qui exigera que chacun de nous persévère en dépit des revers et lutte pour progresser petit à petit, même lorsqu’il y a des saccades. Commençons donc dès maintenant, car si nous sommes souples et pragmatiques, si nous pouvons décider de travailler inlassablement et de concert, nous pourrons alors réaliser notre objectif commun, à savoir un monde qui est plus sûr, plus propre et en meilleur santé que celui que nous avons trouvé et un avenir qui est digne de nos enfants. Je vous remercie. (Barack Obama, président des Etats-Unis d’Amérique)

Des effets d’une crise financière

Posted on 17 septembre 2009 (0)

Il y a un an, le monde ne parlait que de subprimes. Que reste-t-il de la crise et quelles leçons en a tirées l’Algérie ?  Un an après la faillite de Lehman Brothers, considérée comme le moment symbole marquant le début de la plus grave crise économique que le monde ait connue depuis bientôt un siècle, l’économie mondiale donne de sérieux signes de reprise. Malgré les menaces qui continuent de planer, la situation semble s’être stabilisée, quand elle n’a pas connu une reprise, dans la plupart des pays, comme les Etats-Unis, l’Allemagne et la France. Certains pays émergents, comme la Chine, l’Inde et le Brésil, continuent de leur côté de fonctionner à un régime soutenu. Malgré une diminution de deux à trois points, la croissance dans ces pays reste élevée.

En Chine, par exemple, le taux de croissance se situait à 11 pour cent avant la crise, avant de redescendre à 8 pour cent. Tout ceci semble avoir autorisé le patron de la Réserve fédérale américaine à estimer que la récession est très probablement derrière nous.

G-20La crise a eu des effets politiques et symboliques majeurs, dont le monde ne mesure pas encore toute la portée. Les plus spectaculaires ont eu lieu chez les deux premières économies mondiales, Etats-Unis et Japon, encore en convalescence. Les Etats-Unis ont vécu un évènement spectaculaire dans leur histoire, avec l’élection d’un Noir à la présidence, alors que le Japon vient tout juste de mettre fin à l’hégémonie du parti libéral, qui domine la vie politique du pays depuis plus d’un demi-siècle.

Les grandes puissances économiques ont aussi su innover et se concerter pour faire face à la crise. Des mécanismes destinés à atténuer le choc ont été mis en place de manière concertée, et des dogmes sont tombés. Nationaliser ou mettre de l’argent public dans une banque privée, considéré comme une aberration en temps normal, est devenu un acte de gestion banal dans les pays qui ont inventé le moins d’Etat et la dérégulation.

FMI et Banque mondiale ont, de leur côté, mis de côté certains principes dont ils ont fait une religion depuis plusieurs décennies. Le déficit budgétaire n’est plus un péché, et le recours aux fonds publics pour investir dans les grands projets constitue, désormais, un choix honorable pour ces vénérables institutions.

Mais s’il fallait retenir les aspects qui ont dominé cette crise, on retiendra, de manière arbitraire, trois traits dominants : d’abord, la capacité des pays occidentaux à se concerter pour faire face de manière collective à la crise ; ensuite, les effets dévastateurs de la crise sur les pays pauvres, plus touchés dans leur vie quotidienne que les pays riches ; enfin, le maintien de l’Algérie hors temps, malgré l’opportunité offerte par la crise pour tenter de s’adapter à l’économie moderne.

Les pays occidentaux ont développé des mécanismes insoupçonnés de concertation, réussissant tous à agir dans la même direction, malgré quelques ratés au départ. L’injection massive d’argent public dans des banques privées, par le biais de plans de relance mobilisant des montants gigantesques, ont permis de maintenir le système en vie. Tout en critiquant ce système et tout en promettant de le rénover en profondeur, ce qui apparaît comme un simple discours destiné à justifier cette aide massive aux riches, les dirigeants des grandes puissances économiques ont réussi à maintenir une certaine cohésion. La Chine elle-même, qui détient pour deux mille milliards de dollars en bons du Trésor américain, a été contrainte de jouer le jeu, pour sauver ses réserves de change et maintenir à flot l’économie de son principal client, les Etats-Unis. C’est là le signe d’une imbrication totale de l’économie mondiale, d’une part, et une preuve que la Chine est plus dépendante des Etats-Unis qu’on ne le croyait.

Quant aux pays pauvres, ils ont subi la crise de plein fouet. Mais comme on ne s’intéresse guère à leur sort, les dégâts qui y ont été causés par la crise ne sont pas encore médiatisés. On s’intéresse davantage aux vingt millions de dollars perdus par Enrico Macias dans une banque islandaise qu’aux quelques milliers de dollars perdus par une coopérative de paysans du Niger dans la faillite d’une banque belge.

Enfin, un phénomène mérite qu’on s’y arrête : les dirigeants algériens ne semblent guère s’être rendus compte qu’il y a eu crise. Leur comportement sur le terrain économique est fait des mêmes aberrations qu’avant la tempête. Après avoir prétendu que l’Algérie ne serait pas touchée par la crise, « grâce aux mesures prises conformément aux orientations du Président de la République », ils sont revenus aux vieilles méthodes de gestion, faites d’injonctions et de décisions contradictoires, sur un fond de dysfonctionnement institutionnel généralisé. Navigant au jugé, décidant selon les humeurs du moment, ils ont éliminé tous les organismes de concertation, y compris les plus dociles : l’Assemblée nationale, totalement soumise, est pourtant interdite de débat, et des organismes comme le CNES n’ont plus le droit de faire semblant d’être critiques !

Aujourd’hui, ceux qui ont ligoté l’économie algérienne à coups d’injonctions et de décisions bureaucratiques prétendent apporter le remède. En utilisant les mêmes méthodes, comme s’ils voulaient absolument démontrer qu’ils n’ont rien retenu de la crise.

Abed Charef

Réchauffement climatique : technologie en déficit

Posted on 03 septembre 2009 (0)

L’approche envisagée actuellement pour résoudre le réchauffement climatique n’est pas bonne. Elle est défectueuse sur le plan économique, car la taxe sur le carbone coûtera une fortune pour pas grand chose. Elle est aussi défectueuse sur le plan politique, car les négociations pour réduire les émissions de CO2 seront de plus en plus tendues et sujettes à discorde. Vous pouvez certes contester ces deux points, mais pas le fait qu’elle est, en outre, défectueuse sur le plan technologique.

Nombre de pays se fixent en ce moment des objectifs de réduction du carbone en vue des négociations mondiales qui auront lieu à Copenhague en décembre pour remplacer le protocole de Kyoto. Imaginons que les participants finissent par tomber d’accord sur un objectif ambitieux.

Disons qu’ils décident de réduire les émissions de gaz à effet de serre aux trois quarts d’ici à 2100 tout en maintenant une croissance raisonnable. C’est là que réside le problème technologique : pour atteindre cet objectif, il faudrait que le taux, effarant, des sources d’énergie mondiale sans carbone soit 2,5 fois plus fort en 2100 que le taux de consommation d’énergie totale de l’an 2000.

Les économistes Chris Green et Isabel Galiana de l’université McGill ont calculé ces chiffres. Leur recherche prouve qu’il faut maîtriser la révolution technologique pour faire face au réchauffement de la planète avec efficacité. Or, nous ne prenons pas ce défi assez au sérieux. Si nous continuons sur notre voie, les avancées technologiques sur les sources d’énergie sans carbone ne seront pas assez importantes pour concurrencer les carburants fossiles, en terme de prix et d’efficacité. A Copenhague en décembre, l’emphase sera mise sur la quantité de carbone à réduire, plutôt que sur la manière de procéder. Le fait que les solutions pour réduire les émissions de gaz carbonique sont insuffisantes pour atteindre les objectifs ne sera peu ou pas traité.

Les chefs d’état et de gouvernement fonderont leurs décisions sur des schémas de changement climatique qui partent du principe que des percées technologiques vont se produire toutes seules. Cette foi est malheureusement – et dangereusement – mal placée.

Green et Galiana analysent l’état actuel de l’énergie sans carbone – nucléaire, éolienne, solaire, géothermique, etc. – et postulent que, ajoutées les unes aux autres, ces sources ne nous mèneraient pas à la moitié du chemin à suivre pour obtenir des émissions de carbone stables d’ici à 2050, et bien loin de l’étape nécessaire à la stabilisation d’ici à 2100. Nous avons besoin de beaucoup, beaucoup plus d’énergie sans carbone que ce que nous produisons à l’heure actuelle.

Or, en termes d’extensibilité ou de stabilité, la technologie requise ne sera pas prête. Le besoin de recherche fondamentale et de développement se fait cruellement sentir dans de nombreux cas. Nous ne sommes même pas sur le point d’entamer cette révolution.

La technologie actuelle est si inefficace – pour ne citer qu’un exemple – que si nous envisagions sérieusement la force éolienne, nous devrions recouvrir la plupart des territoires avec des turbines pour générer assez d’énergie pour tout le monde. Nous aurions aussi un grave problème de stockage, car nous ne savons que faire lorsque le vent ne souffle pas.

Les décideurs politiques devraient abandonner les négociations épineuses concernant la réduction du taux de carbone. Ils feraient mieux de conclure des accords d’investissement dans la recherche et le développement afin de faire avancer la technologie. Cela n’aurait pas seulement l’avantage de mieux traiter le changement climatique, cela mènerait aussi vers de plus belles chances de réussite politique. Les plus grands pays émetteurs du xxie siècle, y compris l’Inde et la Chine, n’ont pas envie de se fixer des objectifs rigoureux et coûteux. Ils pencheraient plus pour une approche moins chère et plus intelligente, qui contribuerait d’ailleurs à l’innovation. Les responsables politiques actuels se concentrent rigoureusement sur la hauteur des taxes à imposer pour empêcher les gens de recourir aux carburants fossiles. Mais ce n’est pas la question. Pris à part, le marché n’est pas un moyen efficace pour stimuler la recherche et le développement vers une technologie incertaine. Et une taxe carbone élevée ne fera que ralentir la croissance, si les autres solutions ne sont pas prêtes. En d’autres mots, nous serons tous plus mal lotis.

Green et Galiana proposent de commencer par fixer le tarif de la taxe à un seuil assez bas (disons, 5 $ la tonne) pour financer la recherche et le développement sur l’énergie. Avec le temps, d’après eux, il serait possible d’augmenter légèrement la taxe pour encourager le déploiement d’autres technologies efficaces et abordables.

Un investissement annuel d’environ 100 milliards de dollars dans la recherche sur les énergies sans carbone signifierait que nous pourrions traiter l’essentiel du changement climatique sur un siècle. Green et Galiana calculent les avantages – depuis un réchauffement atténué à une plus grande prospérité – et concluent avec prudence que pour tout dollar dépensé, cette méthode permettrait d’éviter 11 $ de dégât climatique. Il suffit de comparer cette approche à d’autres analyses indiquant qu’une forte réduction immédiate des émissions de gaz à effet de serre serait très coûteuse, et n’équivaudrait cependant qu’à 0,02 $ de dégât climatiques évité.

Si nous continuons de mettre en œuvre des politiques de réduction des émissions à court terme sans nous attacher à développer la technologie pour y parvenir, un seul résultat se profile : aucune répercussion sur le climat à proprement parler, mais un trou très important dans la croissance économique mondiale, plus de personnes touchées par la pauvreté et une planète dans un état de marche moins bon qu’il ne pourrait l’être.

Bjørn Lomborg – Directeur du Copenhagen Consensus Center, professeur adjoint à la Copenhagen Business School

Palestine : Ne tirez pas sur le pianiste !

Posted on 07 mars 2009 (0)

Les Palestiniens sont divisés parce que le monde arabe est divisé… Le monde arabe est divisé parce que le monde est divisé… Le monde est divisé parce que les «dominants» s’entendent à exploiter, à tirer leur force, à reposer leur domination sur les faiblesses du monde… Le monde musulman triomphera de ses faiblesses, cessera d’être la victime du monde, parce qu’il croit en l’unité du genre humain.

La «libanité» du Liban, l’«algérianité» de l’Algérie ou la «maghrébité» du Maghreb, bref ce que chacun peut apporter en propre au monde, sa touche particulière, tout cela ne pourra «prendre», émerger que lorsqu’à un bout du monde, une partie du monde cessera de vouloir, de pouvoir user des divisions du monde à son seul profit. Lorsque cette partie du monde cessera de vouloir et de pouvoir déterminer le monde à elle seule, cessera et ne pourra imposer sa carte, alors auront émergé d’autres sujets au monde. Chacun pourra alors de ce que leur apporte, leur région et le monde, faire plus, ajouter une nouvelle valeur et ne seront pas empêchés d’être en cela. Chacun pourra se faire avec «ses» «différences», ses matériaux et ceux du monde et ne sera pas simplement fait avec. Lorsque le monde ne se concevra plus en fils de Dieu, peuples élus, maîtres et serviteurs, mais en partenaires égaux, toutes les puissances du monde, de la vie, de l’humanité pourront briller de leurs feux particuliers dans une humanité qui ne sera en rien diminuée par sa multiplicité, ni réduite dans sa complexité.

La grande division qui court à travers le monde est celle qui oppose les anciennes puissances coloniales et leurs anciennes colonies. Elle oppose le monde occidental au reste du monde. Aussi Chavez peut-il être plus arabe que certains arabes. Le monde occidental poursuit sa domination du monde au travers l’exploitation des divisions de celui-ci en hindous et musulmans, en sunnites et chiites, en slaves, etc. Il impose sa carte du monde, son jeu au monde. Il construit ses frontières, les frontières du monde en détruisant ce qui lui résiste. Il a produit pour cela la doctrine du choc des civilisations : la civilisation occidentale n’étant plus qu’une civilisation parmi d’autres et celle musulmane, par son fanatisme, l’ennemi de toutes. Il retourne le monde contre une partie de lui-même, afin qu’il ne s’élève pas contre lui.

La grande division qui menace sa suprématie est celle qui passe entre l’Occident et l’Extrême-Orient. La grande guerre est celle qui oppose déjà le monde chinois au monde occidental. La guerre économique est en train d’éprouver la nouvelle division du travail que l’Occident aimerait imposer à la Chine. La Chine récupère l’industrie, le monde occidental veut garder la conception et le contrôle de l’énergie. Car sans énergie bon marché quelles machines vendre à la Chine ? Quelles machines opposer à la main-d’oeuvre chinoise ?

La grande division par laquelle le monde occidental domine le monde musulman, n’est pas une division interne au monde musulman, elle est entre le monde et le monde musulman, elle est celle qui court entre musulmans et hindous que laisse l’empire britannique comme cadeau à l’indépendance du Sud asiatique. Il faut rendre justice à Malek Bennabi qui ne voulait pas s’associer à la réjouissance d’une grande partie du monde musulman lors de la séparation de l’Inde et du Pakistan. Et nous pouvons défendre à nouveau son point de vue, car il devrait apparaître plus clairement aujourd’hui que l’allié stratégique du monde musulman dans sa quête de libération, son partenaire privilégié si l’on préfère, c’est l’Inde. La Chine par sa valeur travail ne pourra qu’achever l’oeuvre de l’Occident et renvoyer le monde musulman qui avait espéré dans l’industrialisation, à ses traditions de farniente. Que pouvons-nous opposer à l’industrie chinoise, à ses machines humaines, que lui proposer en échange ? Quel travail autochtone, le travail chinois peut-il laisser subsister ? Je crains que dans le monde chinois, tel qu’il est et tel qu’il a été (personne n’étant parfait cependant, il faut croire qu’il pourrait en être autrement), nous n’ayons quasiment aucune place.

La petite division, interne au monde musulman, une parmi d’autres, mais que privilégie la nouvelle carte occidentale du monde, et de diversion plutôt que réelle, est celle qui court entre chiites et sunnites. C’est un peu comme la lutte des roitelets de l’Andalousie. On grandit l’un pour crédibiliser l’affrontement, comme on l’a fait avec l’Irak et ses armes de destruction massive.

Donc en dessous de la grande guerre qui met aux prises principalement le monde chinois et le monde occidental et qui a pour enjeu le travail, sa division internationale (conception/exécution, industrie/engineering), la distribution de la puissance productive et du pouvoir d’achat mondial qui s’y rapporte, la petite guerre, elle, met aux prises les mondes musulman et russe au monde occidental. Elle a pour enjeu la fixation, le contrôle des prix des matières premières, de l’énergie. Car on l’a bien compris prix du travail et prix de l’énergie déterminent le type de machines que l’on pourra vendre et fabriquer. Pour que l’Allemagne puisse continuer de vendre ses machines à la Chine, il faut que le prix du travail monte mais que celui de l’énergie ne le fasse pas trop, c’est-à-dire qu’une énergie non humaine puisse être substituée à celle humaine, surtout lorsque la demande mondiale commence à changer de centre de gravité, se décentre hors de l’Occident.

Ce n’est donc pas à la Chine que nous allons pouvoir disputer le travail, travail auquel l’Occident a déjà renoncé dans sa partie mécanique. C’est la cohérence d’ensemble d’un travail social, sa conception comme son exécution (dans une moindre mesure pour cette seconde partie). Avant d’arriver à une telle maîtrise nous devrons beaucoup apprendre du monde chinois à condition que nous puissions y survivre. Pour cela, il ne nous faudra pas reproduire les erreurs commises avec l’Occident et il nous faudra prendre appui sur l’exemple de l’Asie du Sud, poursuivre un débat avec lui.

De grâce donc, ne surévaluons pas nos divisions, elles sont notre passé, faisons en sorte qu’elles ne soient pas notre avenir et construisons les unités qui permettraient de nous donner les activités dont peuvent dépendre nos souverainetés, nos libertés. Tournons plutôt nos regards vers le monde en train de se faire, qui devrait se faire pour que les peuples, les sociétés puissent s’accorder en eux-mêmes et avec le monde. Peut-être alors nos régimes, nos élites cesseront de rechercher la protection, les subsides, la liberté de circuler des maîtres occidentaux.

Israël a fait le choix de se considérer comme une partie de l’Occident dominateur, il est une partie de la machine militaire américaine. Après avoir subi l’holocauste européen, avoir reçu pour compensation de ses anciens bourreaux une terre pour construire un Etat, le peuple juif se prépare à une nouvelle défaite dont il ne pourra être sauvé qu’en renonçant à son Etat d’apartheid. Alors de grâce encore une fois, ne tirez pas sur le pauvre Abbas !

Arezki Derguini