La Cour Constitutionnelle a confirmé la victoire d’Ali Bongo avec 41,79% des suffrages, suivi de Pierre Maboundou avec (25, 64% ) et André Mba Obame (25,33%). André Mba Obame, ancien ministre de l’Intérieur et candidat malheureux à la présidentielle, a entamé une grève de la faim pour protester contre ce qu’il qualifie de coup d’Etat électoral.
La Cour constitutionnelle gabonaise a confirmé, lundi, la victoire, avec 42% des voix, d’Ali Bongo Ondimba à l’élection présidentielle du 30 août après recomptage des suffrages. Elle a rejeté tous les recours déposés par 9 candidats de l’opposition qui faisaient état d’une fraude généralisée. De l’avis de la plupart des observateurs électoraux, le scrutin présidentiel gabonais était transparent et équitable en dépit de quelques irrégularités.
De son côté, André Mba Obame, ancien ministre de l’Intérieur et candidat malheureux à la présidentielle, a entamé une grève de la faim pour protester contre ce qu’il qualifie de coup d’Etat électoral.
Biographie d’Ali Bongo
Le nouveau président Ali Bongo Ondimba entre dans la vie politique gabonaise en 1981. Ministre des affaires étrangères de 1989 à 1991, il occupe le poste de Ministre de la Défense depuis 1999. Il est Vice Président du Parti Démocratique Gabonais (PDG) depuis le 8eme Congrés en 2003, Le 15 juillet 2009, le Parti a désigné Ali Bongo candidat officiel du PDG pour l’élection présidentielle anticipée qui se déroulera le 30 août 2009.
Fils du défunt Président Omar Bongo et de Patience Dabany, Ali Bongo est né à Brazzaville le 9 février 1959. Il est marié à Sylvia avec qui, il a quatre enfants : une fille, Malika Bongo Ondimba et trois fils Noureddin Bongo Ondimba, Jalil Bongo Ondimba et enfin Bilal Bongo Ondimba, adopté par le couple en 2002.
Après des études de Droit à Paris, il entre dans la vie politique en intégrant le PDG en 1981. A l’occasion du 3ème Congrès extraordinaire du Parti, en 1983, il est élu au Comité Central du PDG. L’année suivante, il entre au Bureau Politique du Parti en qualité de Représentant Personnel de son père. Il y sera élu en septembre 1986 à l’issu d’un congrès ordinaire du Parti.
En 1989, Ali Bongo est nommé ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération.Il se présente comme candidat du PDG lors des élections parlementaires de 1990, premières élections organisées après la mise en place du multipartisme dans la politique Gabonaise. Il est élu Député de l’Assemblée Nationale dans la Province du Haut-Ogooué.
En 1991, Ali Bongo est contraint de quitter son poste de Ministre des Affaires Etrangères après deux ans d’exercice, suite à un amendement de la Constitution qui définit un âge de 35 ans minimum pour exercer une fonction ministérielle. Après son départ du gouvernement, Ali Bongo se consacre à son rôle de Député à l’Assemblée Nationale.
En février 1992, il organise la visite au Gabon de la star américaine de la pop, Michael Jackson.
Le Conseil Supérieur des Affaires Islamiques du Gabon (CSAIG) le nomme à sa tête en 1996. En décembre de la même année, il est reconduit comme candidat du PDG à la députation pour la province du Haut-Ogooué. Il est réélu en 1996.
Après avoir siégé plus de sept ans à l’Assemblée Nationale, Ali Bongo est nommé Ministre de la Défense Nationale le 25 juin 1999.
Il est réélu une nouvelle fois Député de la Province du Haut-Ogooué en 2001. Il accède deux ans plus tard à la Vice-présidence du PDG. Lors des élections présidentielles de 2005, Ali Bongo s’engage activement dans la campagne de réélection de son père, sous la responsabilité de Coordinateur Générale de la Jeunesse.
Ali Bongo est réélu la même année comme représentant du Parti pour le Haut-Ogooué, en conservant son portefeuille ministériel à la Défense Nationale. Le 9ème Congrès Extraordinaire du Parti, en 2008, le reconduit à la Vice-présidence du PDG. Il est actuellement le candidat du Parti à l’élection présidentielle du 30 août 2009.
Le nouveau président tiendra-t-il ses promesses ? Il s’est engagé pendant la campagne à lutter contre les inégalités, la pauvreté et l’exclusion
« Les Gabonais ne ressentent pas encore assez au quotidien les fruits du développement économique de notre pays. Les infrastructures sociales restent très insuffisantes (hôpitaux, logement, etc.), près d’un quart de nos concitoyens vivent en dessous du seuil de pauvreté et les écarts de revenus demeurent importants. Ceux qui possèdent beaucoup côtoient ceux qui n’ont presque rien. Et, en dépit des moyens et des programmes que l’Etat a mis en place pour les rendre accessibles à l’ensemble des gabonais, les services sociaux de base demeurent une préoccupation majeure.
Dans ces conditions, certains compatriotes se sentent marginalisés. Ces disparités accentuent la fracture sociale, remettant en cause notre cohésion nationale. Parallèlement, on déplore une montée sensible du tribalisme dans la vie sociopolitique. Or, le tribalisme, manifestation régressive et facteur d’exclusion, est en partie une manipulation politicienne.
Il nous faut donc réduire les inégalités et promouvoir la solidarité nationale dont le fondement est notre « vouloir vivre collectif ». La nation a le devoir moral de venir en aide aux couches de la population les plus vulnérables. Pour cela, il sera nécessaire d’accroître et d’étendre le système d’allocations et d’aides sociales, les équipements collectifs, les internats, les écoles publiques, la santé publique, la couverture maladie, en particulier celle des plus démunis…
Il faut que le Gabonais moyen soit le premier bénéficiaire de la richesse nationale. Cette exigence de transformation sociale sera une des hautes priorités de mon mandat.
En effet, je souhaite placer l’Homme au cœur de l’action, à la fois en tant qu’acteur du développement et bénéficiaire de ce développement. J’invite donc solennellement mes concitoyens à un nouveau contrat social, qui nous permettra de réussir cette transformation d’ici 2016.
Les urgences sociales sont nombreuses et concernent aussi bien l’éducation, la protection sociale, l’égalité face à la maladie que l’accès à l’eau potable, à un logement décent et à l’assainissement, ainsi qu’à un emploi rémunéré et à des opportunités de revenus.
Dans le domaine de l’éducation, nous bénéficions d’une scolarisation au primaire presque universelle et d’une quasi parité entre les filles et les garçons. Toutefois, cette performance doit être relativisée, en raison de la faible efficacité interne du système éducatif gabonais qui se manifeste dans les taux de redoublement élevés et dans les faibles taux d’achèvement à tous les niveaux, du primaire au supérieur. Il s’y ajoute, l’inadéquation entre la formation et l’emploi.
A titre d’exemple, l’Etat gabonais consacre, en plus des efforts propres des parents, 40 milliards de francs CFA par an pour financer les allocations scolaires dans des filières de formation qui au final ne correspondent pas toujours aux besoins de notre économie et du marché de l’emploi. Nous ne pouvons plus nous permettre cela. La modernisation de notre infrastructure de formation et sa meilleure adéquation avec l’emploi seront un impératif pour le prochain mandat.
Nous poursuivrons la politique de gratuité scolaire et nous favoriserons un meilleur accès aux fournitures scolaires et un encadrement renforcé, en qualité et en quantité.
De nouvelles écoles supérieures et techniques seront créées, sur l’ensemble du territoire, et les contenus des formations seront repensés pour mieux préparer les élèves aux réalités du milieu du travail. Je compte organiser en 2010 des Etats généraux de l’éducation et de la formation, afin que tous les acteurs concernés redessinent ensemble les voies à suivre pour générer un système éducatif d’excellence dans notre pays.
Le développement du potentiel humain de notre pays suppose également qu’un appui conséquent soit accordé aux acteurs culturels, aux artistes et aux intellectuels, pour leur permettre d’exprimer pleinement leur art et leur savoir tout en assurant une protection de leurs droits en tant qu’auteurs.
Les industries culturelles seront donc encouragées à travers tout le pays et plusieurs infrastructures culturelles (musées, conservatoires, théâtres, bibliothèques) seront mises en place ou redynamisées, notamment le CICIBA afin de mieux valoriser notre patrimoine national et notre riche histoire. L’apprentissage des langues nationales sera encouragé.
Concernant la santé, il nous faut nous attaquer en priorité à la pandémie du sida qui touche encore plus de 7% de la population. Des mesures énergiques de prévention et de traitement seront mises en œuvre, de manière à inverser rapidement la tendance. J’en ferai une affaire personnelle.
Au-delà du VIH/Sida, notre intérêt portera sur l’ensemble du système de santé qui continue de se caractériser par de faibles indicateurs. Les efforts seront concentrés sur l’amélioration de l’accès aux soins de santé, sur la généralisation de la couverture vaccinale et l’assurance maladie, sur un meilleur approvisionnement en médicaments ainsi que sur une meilleure qualité des soins.
De manière spécifique, je m’engage à rendre gratuits les frais d’accouchement dans les structures de santé publique dès le premier jour de mon installation à la Présidence de la République. La protection sociale recevra d’importants moyens financiers, en ciblant en priorité les handicapés, les personnes âgées, les enfants, les indigents, les veuves, les orphelins, les filles mères, la femme rurale et les peuples autochtones.
La pension des retraités sera revalorisée et une couverture sanitaire gratuite leur sera garantie dans les centres de santé de l’Etat. Leur mobilisation dans des activités d’intérêt public sera également promue.
La dimension genre sera prise en compte dans toutes les politiques publiques. Les femmes bénéficieront ainsi de plus de pouvoir politique. Leurs capacités économiques seront également renforcées, notamment par la facilité de l’accès au crédit et à la formation. Les droits des veuves et des orphelins seront protégés notamment en ce qui concerne la succession.
Nous veillerons également, à l’horizon 2016, à rendre universel, l’accès à l’eau potable et à l’assainissement, partout sur le territoire national. Il s’agit là d’un droit fondamental de tout citoyen gabonais. L’habitat social sera fortement relancé, à travers la mise en œuvre d’un programme de construction de villas et d’aménagement de parcelles, de façon à permettre à tout citoyen de pouvoir disposer d’un logement digne. Les quartiers insalubres des centres urbains notamment ceux de Libreville doivent être réhabilités et modernisés.
L’emploi sera soutenu, grâce à la mise en place de lignes de crédit et à l’encadrement des promoteurs de projets productifs. Les jeunes doivent être les grands bénéficiaires. Des opportunités de stage leur seront offertes, en encourageant la signature de conventions Etat-Patronat et en valorisant l’apprentissage dans les ateliers d’artisans.
Afin de mieux cerner les besoins et attentes de la Jeunesse, je compte tenir en 2010 un Forum national de la Jeunesse pendant lequel toutes les questions relatives à la jeunesse, y compris les sports et les loisirs, seront abordées, un plan d’actions identifié et mis en œuvre avec diligence.
Concernant le sport en particulier, nous devons en faire un facteur privilégié de l’épanouissement de notre jeunesse. Nos établissements primaires, secondaires et supérieurs doivent devenir des pépinières de champions. Outre les moyens que l’Etat mettra en place, nous nous engageons à encourager le mécénat. De même, les Artistes bénéficieront de l’attention des pouvoirs publics, notamment par la création d’un conservatoire, des centres culturels dans chaque province et par la protection effective des droits d’auteur.
Ces neuf axes stratégiques vont être détaillés et renforcés dans le cadre des visites de proximité que je compte vous rendre. Pour chaque axe retenu, j’indiquerai, de manière précise, les mesures d’urgence qui seront prises dès mon entrée en fonction.
Le Premier ministre, que je vais nommer une fois élu, détaillera encore plus, dans sa Déclaration de Politique générale, les actions envisagées dans chaque secteur, en relation avec les ministres. Nous pourrons ainsi disposer d’un agenda gouvernemental chiffré et daté.
Je souhaite en effet gouverner dans une option de gestion axée sur l’obligation des résultats. Nous y parviendrons en plaçant l’homme au cœur de l’action et en adoptant des méthodes de travail simples, pragmatiques et performantes.
Le programme que je vous propose sera constamment suivi, pour veiller à sa bonne mise en œuvre. Une évaluation systématique des performances atteintes sera effectuée, afin d’apporter si besoin, les correctifs nécessaires. » (Ali Bongo)