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La spéculation pointée du doigt en Algérie

Posted on 26 octobre 2009 (0)

commerceLa demande dépasse largement l’offre. Un déficit qui ne sera comblé que par le recours au marché parallèle à des prix multipliés par deux. A l’ouest comme au centre et à l’est, on assiste à une véritable valse des prix allant de 550 DA à l’ouest pour atteindre les 600 et 700 DA le sac de 50 kg dans certaines wilayas. Cette disponibilité du produit sur le marché noir et l’insuffisance des quotas livrés par les cimenteries au niveau national créent, en effet, la polémique et donnent le tournis aux professionnels qui se disent incapables d’expliquer ce phénomène qui revient à chaque fois. Ils se plaignent d’avoir été contraints de s’approvisionner à 90 % au marché noir et à seulement 10 % de l’usine «juste pour éviter l’arrêt des chantiers et tous les désagréments qui en découlent».

La spéculation bat son plein sur ce produit avec «le réseau de spéculateurs», comme le qualifie les entrepreneurs, qui s’est constitué et qui reste seul maître des cours au marché.

Pour les professionnels, si la crise continue, cela n’a qu’une explication, le réseau des spéculateurs s’élargit de plus en plus et fait main basse sur le marché. La spéculation est à tous les niveaux. Des commerçants achètent des tonnes de ciment de l’usine et les écoulent dans le marché parallèle. Selon des entrepreneurs dans le bâtiment à l’ouest, au centre ou à l’est, «ces personnes, qui détiennent le monopole, n’ont pas un statut bien défini. Nous n’arrivons pas à les connaître tellement le réseau est bien étendu et introduit chaque jour un nouveau maillon qui va faire monter les enchères davantage. La spéculation peut être le fait d’un simple travailleur de l’usine jusqu’au gros bonnet qui met le paquet, en achetant des quantités énormes des usines pour les écouler ensuite au marché noir». Comment ces tonnes de ciment de l’usine arrivent au marché parallèle ?

Seule explication donnée par les professionnels est la complicité qui se tisse à tous les niveaux, dans le seul but de créer la pénurie et vider ensuite les stocks.

L’autre cause directe, qui contribue aussi à l’envolée des prix du ciment, est liée aux opérations de maintenance qui sont programmées dans la même période par les usines de ciment et les pannes à répétition qui sont signalées, chamboulant ainsi la chaîne de production et le calendrier de distribution. Un promoteur immobilier à Alger explique, pour sa part, que «la spéculation a encore de beaux jours devant elle tant que l’équilibre entre l’offre et la demande n’est pas établi. Si les cimenteries arrivaient à satisfaire tous les besoins des entrepreneurs dans le bâtiment, il n’y aurait pas de place pour les spéculateurs. A Alger, on s’approvisionne à partir de plusieurs usines telles que la cimenterie de Sour, celle de Meftah et bien d’autres mais toutes n’arrivent pas à satisfaire cette demande toujours croissante avec tous les projets qui sont en chantier. Le marché parallèle trouve ainsi toujours preneurs avec la crise».

A l’est du pays, l’instabilité des prix reste incompréhensible pour les professionnels du bâtiment. «Du point de vue disponibilité de ce matériau de construction, nous n’avons pas de problèmes. On ne peut pas dire qu’il y a pénurie quand nous constatons que le marché parallèle est inondé avec des prix de 500 DA le sac de 50 kg au lieu des 230 DA prix de l’usine. Il y a dix jours, 150 camions semi-remorques sont sortis du port de Annaba pleins de ciment. Une quantité qui, normalement, devait apaiser la crise mais au contraire, le marché est de plus en plus florissant et nous ne savons pas qui sont ces gens qui détournent ces quantités de ciment», nous dira un promoteur immobilier dans la wilaya de Guelma. A l’ouest du pays, à Oran, à Sidi Bel-Abbès, à Mostaganem, Aïn Témouchent… les prix flambent et la grande question des entrepreneur est : «quand est-ce que va arriver le million de tonnes de ciment promis par l’Etat». «Nous subissons la crise tous les jours et l’Etat n’a rien fait pour réguler ce marché. Nous continuons à payer ce matériau de construction au prix fort », nous dira un entrepreneur d’Oran. Mais rien ne garantit que la spéculation ne sera qu’un mauvais souvenir avec la mise sur le marché de cette importante quantité de ciment si sa distribution, argue le promoteur immobilier de Sidi Bel-Abbès, n’est pas gérée correctement. Pour éviter tout dérapage et assurer un équilibre dans la distribution, il faudrait confier cette mission à une société indépendante créée à cet effet. «Dans le cas contraire, il ne faut pas s’attendre à une régulation du marché. Le déséquilibre entre l’offre et la demande persistera tout comme la crise», conclut notre interlocuteur.

Mokhtaria Bensaâd

Loi des finances : Polémique dans la polémique

Posted on 03 octobre 2009 (0)

commerceLe remous et la polémique suscités par les nouvelles dispositions de la loi de finances complémentaire (LFC) ne se sont pas totalement éteints, qu’une autre charge est tirée contre l’exécutif gouvernemental.

La cause en est cette fois l’entrée en vigueur avant-hier des mesures prises par le ministre des Transports Amar Tou. Lesquelles mesures consistent, selon l’explication officielle, à transférer du port d’Alger les navires transportant des cargaisons non conteneurisées et des équipements roulants vers les ports de Mostaganem, Djendjen, Jijel et Ghazaouet, dans la wilaya de Tlemcen, et ce pour mettre fin à l’engorgement dont le premier port est le théâtre.

Tout comme les mesures incluses dans la loi de finances complémentaire, celle endossée par le ministre des Transports divise et pousse à la controverse les opérateurs économiques concernés par sa mise en application.

Les adversaires de la délocalisation ainsi opérée sont montés au créneau pour en dénoncer les conséquences négatives qu’elle induit, selon eux, sur leurs opérations commerciales liées aux produits qu’elle concerne. Et de mettre en avant celle qui obligera à la revue en hausse des prix de ces produits du fait des surcoûts financiers que leur délocalisation entraînerait. Ce à quoi ils ajoutent que l’impréparation des ports désignés pour accueillir les cargaisons délocalisées et la défectuosité du réseau routier national ne plaident pas pour cette mesure.

Ces détracteurs de la mesure se recrutent dans le monde des opérateurs économiques ayant pour base d’activité Alger, sa région et le centre du pays plus généralement. Ils ont reçu l’appui des représentations syndicales du port d’Alger, qui elles craignent que cette délocalisation engendrera des suppressions d’emplois à ce niveau.

Ses partisans par contre en saluent la pertinence en tant qu’elle met fin à l’engorgement du port de la capitale et contribuera ainsi à réduire les frais de surestaries qu’une telle situation génère. Il leur apparaît tout autant logique que le flux des importations maritimes du pays soit réparti entre l’ensemble des installations portuaires existantes et qu’il soit mis fin au quasi-monopole de la domiciliation dont a bénéficié le port d’Alger.

Les approbateurs sont eux aussi des opérateurs économiques qui, a contrario des détracteurs, estiment que la mesure de Amar Tou est justifiée dans son principe, même s’ils émettent comme ces derniers la critique du fait accompli qu’elle a imposé à leur milieu et font le reproche de l’absence de concertation qui a caractérisé la prise de décision du ministre des Transports.

Qu’elles soient indispensables et nécessaires, ou au contraire portent la marque d’un déphasage par rapport aux réalités politique, économique et autres du pays, les initiatives, décisions et mesures prises par l’exécutif de l’Etat provoquent invariablement et systématiquement controverses et appréciations contradictoires. Mais jamais un vrai débat qui, mettant de côté les considérations partisanes ou d’intérêt, ne se préoccupe que de rechercher ce qu’il est bon de faire pour le pays et de faire émerger un consensus national pour la mise en oeuvre de cela.

Kharroubi Habib