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Ali Bongo à Paris : Séjour d’allégeance ou de rupture ?

Posted on 22 novembre 2009 (0)

ali-bongoAli Bongo Ondimba a achevé sa visite en France. Il y a séjourné après un détour à Londres, où il a assisté à un colloque sur la préservation des forêts tropicales. Un sommet qui l’intéresse particulièrement, vu qu’il a décrété les exportations d’agrumes pour compter de 2010 afin de faire profiter ses compatriotes de la transformation du bois sur place.

Mais la présence d’un Ali Ben Bongo Ondimba dans la capitale française n’est pas comme celle de n’importe quel chef d’Etat africain. Il est le fils de… Bongo, un des dernies baobabs de la Françafrique.

Il a été élu dans des circonstances controversées, même que ses adversaires soutiennent mordicus que sans l’imprimatur de l’Hexagone, il n’aurait jamais été élu. CQFD, puisque cette opposition est mal placée pour réclamer cette victoire, elle qui, mise ensemble, aurait obtenu la majorité. Ayant opté d’y aller en rangs dispersés, elle a gagné la présidentielle mais perdu la présidence.

Les bouches fendues au mauvais endroit ont vite fait d’assimiler cette visite de Bongo fils donc à de l’allégeance. Mais n’est-ce pas porter des œillères que de confiner un tel séjour dans ce carcan ?

Son père ne cachait pas ses liens étroits avec les dirigeants français. Il était à tu et à toi avec la classe politique et les hommes qui comptent dans ce pays. Et courant 2008, un ministre français, Bockel pour ne pas le nommer, qui pensait que le lion de Libreville avait les dents élimées, s’étant piqué de vouloir signer l’acte de décès de la Françafrique, prenant au mot son patron, Sarkozy, a perdu son poste : Bongo père a demandé et obtenu sa tête.

Mais tel père en politique peut ne pas être tel fils, et, pour le moment, Ali tente de le prouver. D’ailleurs, le voudrait-il qu’il ne le pourrait pas : son père, c’est une autre époque, sa longévité au pouvoir est exceptionnelle, et le contexte international d’aujourd’hui ne s’y prête pas. Bref, Ali est contraint de se faire un prénom.

Au Gabon d’abord, où il a commencé à nettoyer les écuries du Bongoland, en congédiant tous ces profiteurs et ces centaines de conseillers officiels ou occultes qui arpentaient les couloirs du palais du bord de mer. Concernant sa présence à Paris, ne serait-ce que dans les formes, il a voulu se démarquer de l’ombre tutélaire du père : en lieu et place de l’éternel hôtel Meurice, il a posé ses valises au George V.

Pendant son audience avec Sarkozy, il a été certes officiellement question des relations bilatérales entre les deux pays, du prochain sommet de Copenhague, de la politique de « l’émergence », de l’entrée en 2010 du Gabon au Conseil de sécurité des Nations unies.

Mais tout tête-à-tête entre chefs d’Etat comporte des off, et cette rencontre Sarkozy/Bongo fils n’a pas dérogé à la règle. A l’évidence, les deux personnalités sont des hérauts de la « rupture ». Le président français la pratique depuis un peu plus de 2 ans.

Depuis quelques semaines, Ali aussi veut montrer qu’il a coupé le lien politique qui le liait au père, du moins que certaines pratiques, qui étaient à la limite encouragées, seront désormais sanctionnées ; même s’il est vrai qu’il ne faut pas oublier que l’actuel chef de l’Etat gabonais est le pur produit d’un système, en l’occurrence celui du PDG. Bongo a-t-il profité de ce séjour pour signifier à Sarkozy que des bouleversements salutaires, surtout pour les Gabonais, devaient s’opérer ?

S’agissait-il d’une visite pour dire que l’époque des relations étatiques marquée du sceau de la condescendance est révolue ? Visite d’allégeance ou de rupture ? Les prochains mois en donneront les réponses.

Zowenmanogo Dieudonné Zoungrana, l’Observateur

Guinée : « La paix ne peut se faire dans l’exclusion »

Posted on 11 novembre 2009 (0)

0Rendez-vous respecté hier, 11 novembre 2009. Les envoyés du CNDD ont remis aussi leur document au facilitateur Blaise Compaoré. Si rien n’a filtré de ce mémorandum, il contient, à coup sûr, ce à quoi la junte au pouvoir à Conakry attache du prix. Notamment la problématique de la transition, le processus électoral et le sort du CNDD et de son patron, Dadis. En tout cas le facilitateur, après avoir reçu les propositions du colonel Moussa Keita et de ses compagnons, a laissé entendre que « la construction de la paix en Guinée ne peut se faire avec l’exclusion de Guinéens ».

Contrairement au début des échanges avec ces mandataires du CNDD qui ont duré près de 2 heures, pour cette réception du mémorandum, 30 minutes auront suffi. En effet, en conclave dans la salle polyvalente du palais présidentiel de Kosyam à 18 h, le tout a été plié à 18 h 30 mn.

Preuve effectivement que la chose du CNDD était mâchée depuis Conakry et, n’eussent été les amendements à faire à l’issue de la première rencontre avec le facilitateur intervenue le 10 novembre courant, les partisans du capitaine Dadis auraient pu remettre leur « devoir » le jour de leur arrivée, c’est-à-dire le 9 novembre.

On retiendra en tout cas que le médiateur s’est dit satisfait des échanges et estime qu’il a désormais les matériaux nécessaires (les mémorandums des Forces vives et du CNDD) pour enclencher les négociations en vue de concilier les deux parties. « …D’ici une semaine, un projet de cadre de dialogue sur tous les thèmes, dans l’optique d’une sortie de crise à la fois pour les questions politiques, économiques et militaires », sera dégagé, a promis Blaise Compaoré.

Ensuite, il a clairement signifié que son rôle est d’accompagner, mais que les véritables faiseurs de paix sont les Guinéens eux-mêmes. « Nous connaissons moins la Guinée que les Guinéens…nous pensons qu’ils doivent fortement s’investir, au-delà de leurs divergences, pour bâtir la paix ». Et, paraphrasant Léopold Sédar Senghor, il dira que ces négociations pour l’avènement de la paix sont le rendez-vous, pour chaque partie, « du donner et du recevoir ».

Mais, déjà, Blaise commence à circonscrire le périmètre et à énoncer le préalable à toute négociation : l’acceptation de la différence. Il a en effet laissé entendre que « la construction de la paix ne peut se faire avec l’exclusion de Guinéens, ceci est très important… ».

Le chef de la délégation de la junte, Moussa Keita, lui, dira en substance, après la remise du fruit de leur cogitation, que le CNDD n’a pas de revendications particulières, mais que c’est la classe politique qui a des revendications. Mais lorsque revient la sempiternelle question du départ des militaires, il martèlera de sa voix douce mais ferme que « ce ne sont pas les Forces vives qui ont mis le CNDD en place… en aucun cas ces forces vives ne peuvent exiger le départ du CNDD et du président Dadis… le peuple guinéen a souffert 50 ans, le seul souci du président Dadis est le retour de la paix.

On l’aura constaté, le sujet sur « le sort du CNDD » promet de faire des gorges chaudes. Car même si de plus en plus d’aucuns, qui réclamaient le départ hic et nunc de cette junte, commencent à réviser leurs positions, certains continuent à emboucher cette trompette. Or à lire cette déclaration du facilitateur mentionnée plus haut, un message loin d’être subliminal, on devine qu’il va falloir discuter avec celui qui a le fait du pouvoir.

Dans quelques jours, quand le facilitateur assoira les deux parties autour d’un conseil des ministres, il va en effet falloir évoquer tout et, surtout, aboutir à un compromis qui constitue le cœur même de la politique et surtout le moindre mal en la matière.

Zowenmanogo Dieudonné Zoungrana , l’Observateur

Une délégation de la junte guinéenne au Burkina

Posted on 11 novembre 2009 (0)

0Le médiateur des pourparlers inter-guinéens, le président bukinabè Blaise Compaoré s’est entretenu mardi avec une délégation de vingt-six membres de la junte militaire au pouvoir à Conakry conduite par le colonel Moussa Kéita.

Le ministre de la justice le colonel Cécé Lohalamou, le tout nouveau ministre de la communication à la présidence et au ministère de la défense nationale et conseiller spécial du président, Idrissa Chérif, ainsi que le ministre secrétaire général à la présidence Kélétigui Faro, le numéro 1 du département des télécommunication et des nouvelles technologies de l’information, le colonel Mathurin Bangoura, le patron du ministère de l’administration du territoire et des affaires politiques, et la conseillère politique du président Camara, Niépou Traoré ont également fait le déplacement.

« Nous avons exprimé au médiateur que le président Dadis Camara est disposé au dialogue afin de trouver une solution pratique pour une sortie de crise » a indiqué le colonel Keita à sa sortie d’audience. Le chef de l’Etat burkinabè, le président Blaise Compaoré a indiqué pour sa part que la délégation guinéenne aura l’occasion de finaliser le document sur les grandes questions de la transition, qui porte notamment sur la configuration de la nouvelle autorité de transition, le chronogramme des activités et les contours du gouvernements qui sera chargé de conduire les activités pratiques.

Pourparlers en Guinée

Posted on 10 novembre 2009 (0)

Guinée3Une vingtaine de personnes représentant la junte guinéenne (CNDD) sont à Ouagadougou depuis le 9 novembre 2009 dans le cadre des pourparlers. Ils ont été reçus hier par le facilitateur, Blaise Compaoré, soit une semaine après le Forum des forces vives (FFVG). Ces missi dominici de Dadis vont remettre à ce dernier un document qui résume leurs propositions. Ce sera pour aujourd’hui même 11 novembre. Un document qu’ils ont d’ailleurs amené de Conakry, mais qui devra, après cette rencontre avec le facilitateur, connaître quelques toilettages.

« On n’est pas venu pour défendre une position, mais pour défendre la vérité, la démocratie la justice et l’avenir du pays ». Propos de Moussa Keita, bombardé colonel récemment et patron des envoyés spéciaux du CNDD dans la capitale burkinabè. On l’aura constaté, le chef de mission de cette délégation ne verse ni dans la polémique ni dans des positions tranchées, mais cultive plutôt les circonvolutions diplomatiques.

Moussa Keita a confirmé ce que nous écrivions dans notre Grille de lecture du 10 novembre 2009, à savoir que la discordance des tonalités n’était pas permise : « La voix » du CNDD est censée être unique. A l’évidence, ça l’est et il ne pouvait en être autrement puisque vraisemblablement, avant d’atterrir à Ouagadougou, la vingtaine de personnes a fait le pèlerinage du camp Alpha Yaya, question d’harmoniser les choses et surtout d’éviter le cafouillage constaté avec les FFVG.

Ainsi une seule voix, celle du colonel Moussa Keita était audible. Même Chérif Idriss, le ministre de la communication à la présidence, évite les caméras et le dictaphones ; en off il s’exprime mais le porte-parole de la délégation, c’est bien le colonel Moussa Keita qui est d’ailleurs assez sympathique et d’un abord facile. Avant le début des travaux, hier sur le coup de 18 heures, ce dernier laissera entendre que « notre attente est très grande…nous espérons trouver avec le facilitateur une solution à cette crise ».

1h45 après, c’est-à-dire à la fin de la réunion avec Blaise Compaoré dans la salle polyvalente du palais présidentiel, le secrétaire permanent du CNDD dira, face aux moult questions de la presse, que « pour le moment c’est une prise de contact….on fera tout dans la transparence. ». Au sujet de la transition et du partage du pouvoir, Moussa Keita lâchera : « Nous avons été les premiers à proposer cela …aucune question ne sera occultée… ».

Quant au facilitateur au sortir de ces échanges, il a dit mutatis mutandis ce qu’on en avait entendu le 3 novembre dernier avec les FFVG : « J’ai eu l’occasion de les écouter, de faire une évaluation de la situation, mais aussi de m’indiquer leur détermination à s’inscrire dans le dialogue politique… ils auront quelques heures de travail pour finaliser le document sur les grandes questions que sont la transition, la nouvelle autorité de cette transition, le chronogramme des activités, la question relative au gouvernement qui doit présider à la conduite des activités pratiques de cette transition… je leur ai donné rendez-vous aujourd’hui (NDLR : 11 novembre 2009) ».

Une transition avec ou sans le président Dadis ? Réponse de Blaise : « Nous sommes là pour introduire un dialogue qui va porter sur ces questions ». Aujourd’hui donc, le document remanié du CNDD sera entre les mains du médiateur qui devra pouvoir commencer la confrontation des deux mémorandums en vue de ce qui va ressembler à un préaccord.

Zowenmanogo Dieudonné Zoungrana, l’Observateur

Concessionnaires automobiles : Des soucis pour la pièce détachée

Posted on 05 novembre 2009 (0)

carsLa mesure décidée par le ministère du Commerce de ne tolérer que l’importation exclusive, à partir du 2 novembre dernier, de la pièce de rechange d’origine a été saluée hier par Marc Bergeretti, directeur général de Peugeot Algérie SPA (PSA).

S’exprimant à l’occasion d’une conférence de presse organisée au siège de PSA à Alger, le responsable du constructeur automobile français pour l’Algérie a indiqué que cette décision intervient après les réunions de concertation organisées le mois de juin dernier avec le ministère du Commerce, pour lutter efficacement contre les pièces de rechange contrefaites.

«C’est un signal fort qui démontre que les autorités algériennes ont pris conscience du danger que représentent ces pièces sur la vie des citoyens», a déclaré M. Bergeretti, qui ajoute cependant, «qu’il faut attendre comment cela va se passer».

Même si la mesure est louable à plus d’un titre, le responsable de la marque a néanmoins souligné que Peugeot n’a pas été consulté et a été pris de court.

Le constructeur français n’a pas encore adapté sa logistique, notamment pour ce qui est de l’étiquetage de la pièce de rechange en langue arabe, a indiqué le conférencier qui fera savoir qu’une demande a été adressée au ministre du Commerce pour débattre de ce problème.

Le responsable chargé de la pièce de rechange à Peugeot a fait savoir hier qu’il y’a actuellement quelque 25 000 références (Pièces détachées) qui sont stockées au niveau du magasin central dans la capitale. D’après lui, l’adaptation à la nouvelle mesure décidée par le ministère du Commerce, pour ce qui est du moins de l’étiquetage en langue arabe, demande du temps.

«L’installation d’une chaîne d’étiquetage en Algérie serait bénéfique pour le pays», indiquera le patron de PSA qui soulèvera un autre problème, à savoir le fait que les pièces dont sont dotés les véhicules de la marque Peugeot ne sont pas toutes fabriquées en France. M. Bergeretti a clairement fait savoir qu’il redoutait «des lourdeurs administratives au niveau de la douane» à cause de tous les documents qu’il faudrait présenter. Par ailleurs, interrogé sur les répercussions des mesures contenues dans la LFC 2009, le directeur général de Peugeot Algérie a souligné que l’Algérie est souveraine dans ses décisions.

Toutefois, le conférencier n’a pas écarté une augmentation des prix de vente des véhicules de la marque en Algérie. L’instauration du certificat de conformité, les lettres de crédits et le changement du débarquement des véhicules dans d’autres ports vont certainement induire d’autres coûts.

Enfin, pour ce qui est de l’éventualité de la mise en place d’une industrie automobile dans notre pays, Marc Bergeretti a indiqué que l’Association des concessionnaires automobiles algériens (AC2A) est en train de réfléchir à mettre sur pied des paramètres pour concrétiser l’idée, d’autant plus, a-t-il argumenté, que l’Algérie est aux portes de l’Europe et occupe une position stratégique.

Z. M.

Guinée : Au secours, Kadhafi s’en mêle

Posted on 25 octobre 2009 (0)

Guinée3Quelle est la crise en Afrique sur laquelle on n’a pas vu l’ombre de Kadhafi planer pour offrir ses bons offices ? Des irrédentistes touaregs maliens et nigériens aux hordes rebelles du Tchad en passant par les frères ennemis centrafricains ou soudanais, le bédouin de Syrte a souvent pu rassembler les différents adversaires sous sa tente, d’où chacun, ayant fait semblant de fumer le calumet de la paix, est reparti lesté de quelques millions de dollars.

Mais, généralement, à peine l’encre qui a servi à signer le manifeste du cessez-le-feu avait-elle séchée, que la crise ou le conflit recommençait de plus belle. Comme si, de la Libye, les adversaires étaient repartis gonflés à bloc pour mieux continuer la bagarre, et que le « roi des rois » et actuel président de l’Union africaine (UA) assurait sa médiation en incitant les uns et les autres à se rentrer davantage dedans. Comme si chacun négociait une dague ou un AK 47 derrière le dos !

Est-ce cette réputation qui a dicté l’attitude des Guinéens, auxquels le guide de la Jamahiria a proposé sa facilitation ? En tout cas, pas plus tard que le 22 octobre 2009, la junte et les forces vives ont poliment décliné l’invitation du dirigeant libyen à se rendre à Tripoli pour une éventuelle médiation de sa part. En vérité, l’intrusion de Kadhafi dans le dossier guinéen n’est pas une nouveauté : dès le 28 décembre 2008, soit moins d’une semaine après le putsch, il était le premier chef d’Etat à fouler le sol guinéen pour échanger avec la junte et lui… apporter son soutien.

Le voyage avorté du président Moussa Dadis Camara en juin dernier (pour cause de surnombre de la délégation ou de coup d’Etat étouffé dans l’œuf ?) et le sac de jute plein d’argent, don de Kadhafi au patron du CNDD, que ce dernier exhibait face aux caméras de télévision sont autant de signes que l’axe Conakry-Tripoli n’est pas froid du tout, loin s’en faut.

Pourtant, cette junte a refusé les bons offices du libyen, adoptant ainsi la position des forces vives. Les deux camps ont brandi un argument-massue : ils ne veulent pas gêner la médiation du Burkinabè Blaise Compaoré. C’est connu, la meilleure manière de faire capoter une négociation est d’en multiplier les missi dominici.

Cette proposition de Kadhafi qui, bien qu’il porte la casquette de l’UA, est inopportune, car il n’ignore pas que Blaise Compaoré est déjà sur le dossier guinéen. En outre, il y a quelques jours de cela, Kadhafi avait déjà apporté son soutien à la junte, comme il l’avait déjà fait avec la Mauritanie. Un facilitateur étant, par essence, neutre et devant taire ses états d’âme, on ne sait ce qui se serait passé si les Guinéens avaient fait le déplacement en Libye. N’aurait-il pas essayé d’imposer les vues d’une partie à une autre ?

Le « niet » des protagonistes est donc celui de personnes avisées et instruites par les précédents agissements du numéro un libyen. Mieux vaut s’en tenir à la médiation officielle, confiée à Blaise par la CEDEAO ! Peut-être que si cette proposition venait d’un autre dirigeant africain, les Guinées n’auraient rien trouvé à redire, mais parce qu’elle émane du premier des Libyens, certains subodorent une torpille tout simplement. Voilà ce à quoi s’accrochent les Guinéens. Une telle posture, à la limite qualifiée de sage, met aussi la pression sur le facilitateur.

Il a une certaine exclusivité pour apaiser cette palabre, et est donc très attendu sur le terrain par certains de ses pairs et la communauté internationale. Parlant de murs, nombreux sont ceux qui se dressent devant lui, à commencer par le départ de Dadis.

L’Observateur

Poursuite des discussions sur le nucléaire iranien

Posted on 21 octobre 2009 (0)

Mohamed-ElBaradeiMohamed ElBaradei affirme que les pourparlers sur le programme nucléaire iranien reprendront aujourd’hui, après avoir piétiné mardi.

La réunion de Vienne sur l’enrichissement à l’étranger d’uranium iranien à usage civil pourrait toujours aboutir, a déclaré Mohamed ElBaradei, le patron de l’Agence internationale pour l’énergie atomique (AIEA).

Les discussions ont tourné en rond mardi, mais en fin de journée, les diplomates iraniens, russes, français et américains se sont retrouvés au siège de l’AIEA. Évoquant « des progrès plus lents que prévus », M. ElBaradei a fait valoir qu’il restait beaucoup d’aspects techniques et de garanties pour créer la confiance à analyser. Les pourparlers doivent se poursuivre aujourd’hui.

Crise en Guinée : la CEDEAO face à la junte

Posted on 17 octobre 2009 (0)

Guinée3Les dirigeants de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) se sont retrouvés ce samedi à Abuja, la capitale du Nigeria, dans l’espoir de trouver une issue à la crise en Guinée. Depuis ce lundi macabre de fin septembre, rien ne va plus en Guinée, ce qui est un euphémisme vu que, depuis des décennies dans ce pays, auquel la nature a presque tout donné, le peuple se paupérise chaque jour que Dieu fait, de par l’impéritie de ses premiers dirigeants.

De l’Etat concentrationnaire de Sékou Touré au régime « du laisser-aller » de Lansana Conté, la Guinée aura mis 50 ans à faire du surplace, sinon à reculer. Puis voilà qu’un papa Noël guinéen, du nom de Moussa Dadis Camara, vint et promit de balayer la maison et de s’éclipser pour laisser le fauteuil à celui qui aura recueilli l’onction populaire, pourvu qu’on lui trouve un point de chute, de préférence dans une organisation internationale.

Pris par les vertiges du pouvoir, le capitaine se parjura, ce qui est grave ; et comme un pathos ne vient jamais seul, voilà que, 9 mois après son accession au pouvoir, des civils aux mains nues, qui voulaient tout simplement jouir de leurs droits de citoyens, sont fauchés par des balles assassines dont les premiers responsables sont supposés être des proches du chef de l’Etat.

Ce massacre à huis clos a fait fondre comme neige au soleil la petite sympathie dont bénéficiait le patron de la junte, le CNDD. Et pour tout dire, le dialogue est rompu avec les forces vives guinéennes, qui regroupent les politiques, les syndicats et la société civile.

En réagissant presque au quart de tour à cette affaire guinéenne, la CEDEAO a rapidement pris la mesure de la gravité de la situation. Mieux, en remettant le retour à l’accalmie politico-sociale dans ce pays entre les mains de Blaise Compaoré, l’organisation sous-régionale se donne de réelles chances de parvenir à un modus vivendi.

Certes, comme l’a laissé entendre le Premier ministre guinéen, Kabiné Komara, la « réussite de la médiation dépend moins du talent du médiateur que de la volonté des parties de s’entendre ». N’empêche, la CEDEAO, au vu de la réalité du terrain, a voulu mandater un homme dont les précédents dans les cas togolais et ivoiriens font école.

Alors même que Conakry et d’autres villes telles Labé et Kankan étaient paralysées hier par des opérations « villes mortes », lancées par les Forces vives, les chefs de la diplomatie de la CEDEAO rencontraient les protagonistes de la crise à Abuja. Une démonstration de force pour signifier à l’adversaire ce dont on est capable, ça pèse toujours dans les négociations au Nigeria.

Un sommet pour rien, diront certains, tant, pour le moment, les positions, maximalistes, augurent l’échec de tout rapprochement. Mais, à vrai dire, ni le CNDD ni les ouailles de Mouctar Diallo, encore moins les partisans des leaders politiques n’ont d’autre choix que de reprendre langue, comme l’a, du reste, fait comprendre en substance le facilitateur le 5 octobre dernier lors de sa visite de prise de contact à Conakry.

Ce raout des diplomates à Abuja s’apparente aux derniers réglages avant les face-à-face de Ouagadougou. Mais les vraies hypothèques (transition apaisée, présidentielle, candidature de Dadis…), ce sera bien dans la capitale burkinabè et pas ailleurs qu’il faudra les lever.

Et si les ministres des Affaires étrangères obtenaient de ces frères ennemis qu’ils acceptent de venir au Faso sans conditions, ce serait déjà ôter un petit caillou du pied de Blaise, qui pourrait alors entamer sa mission de police de la palabre guinéenne.

Venu au pouvoir à la faveur de la mort du Général Lansana Conté, le capitaine Dadis Camara avait suscité un espoir pour bien de ses concitoyens par des mesures populaires et un discours révolutionnaire.

Ses déplacements à l’intérieur du pays drainaient toujours des foules immenses, qui scandaient à tête-tue “Dadis, Dadis”. C’est ce qui a sans doute donné corps à l’idée de sa candidature à l’élection présidentielle de janvier prochain. Il a ainsi succombé aux virus du pouvoir quitte à se parjurer. N’est-il pas sur le point, si on ne l’en empêche, de fouler aux pieds sa promesse d’organiser la transition et de se retirer tranquillement du pouvoir après une élection qui consacrera l’arrivée, au sommet de l’Etat, d’un civil ?

Sans chercher à le diaboliser on ne pourra jamais lui pardonner le massacre de 150 civils désarmés et pris en souricière dans un stade qui porte le nom d’une date historique pour la Guinée et toute l’Afrique francophone, celle du 28 septembre. S’il y a 51 ans de cela Sékou Touré, au grand bonheur de notre continent, a eu le courage de relever le défi du fameux référendum proposé par De Gaule, le 28 septembre dernier, l’armée guinéenne ou ce qui en tenait lieu a fait la honte de nous tous.

La communauté internationale, dans toute sa diversité, s’en est en tout cas fortement émue et indignée. Pour une fois, elle ne se sera pas montré avare en pression pour faire rendre gorge à la junte. Bien avant le massacre du 28-Septembre, l’Union africaine avait annoncé la couleur à travers son ultimatum acculant le capitaine Dadis à s’engager par écrit avant le 17 octobre à ne pas faire acte de candidature.

Mieux, réunis dans la capitale nigérienne, les ministres des Affaires étrangères de la CEDEAO, en présence du Groupe de contact, ont purement et simplement demandé sinon exigé, lundi dernier, le départ de l’imprévisible capitaine de Conakry. Sans s’embarrasser des formules diplomatiques, le président de la Commission de cette instance, Mohamed Ibn Chambas, n’a pas manqué de dénoncer “une militarisation de la Guinée, caractérisée par l’usage arbitraire et irresponsable du pouvoir”, avant de poursuivre ainsi : “Si cette junte passe de force, elle va imposer une nouvelle dictature (…), la CEDEAO et la communauté internationale sont aux côtés du peuple guinéen”.

L’étau se resserre donc sur Dadis, au risque, bien sûr, de pousser le caractériel pathologique à radicaliser sa position. Loin donc de baliser le chemin pour Blaise, contrairement à ce que nous titrions le 13 octobre, cette fermeté de la CEDEAO va exiger du Médiateur beaucoup plus de doigté. Il est vrai qu’au Togo comme en Côte d’Ivoire, il nous a abondamment donné les preuves de son talent de médiateur, mais sa mission en Guinée pourrait être une autre paire de manches.

Les leaders ouest-africains ont convenu de se réunir samedi, à Abuja, au Nigeria, sur les tensions politiques en Guinée. Ce même jour, l’Union africaine doit discuter de possibles sanctions ocntre la junte au pouvoir à Conakry.

A l’issue de sa réunion à Abuja, le Groupe international de contact sur la Guinée (GIC-G) a fermement condamné la sanglante répression de la manifestation du 28 septembre à Conakry. Il a exigé la libération immédiate de toutes les personnes détenues en rapport avec ces incidents ainsi que la restitution des corps de victimes à leurs familles.

En plus de la mise en place d’une Commission Internationale d’enquête pour faire toute la lumière sur les graves exaction du 28 septembre 2009, le GIC-G demande que les auteurs des ces actes soient traduits devant les juridictions guinéennes compétentes ou la Cour Pénale Internationale.

Le communiqué du Groupe international de contact sur la Guinée a appelé les partenaires à préparer les mécanismes appropriés de sanctions individuelles qui seront prises contre les responsables identifiés. Le Groupe a appelé le chef de la junte guinéenne, le capitaine Moussa Dadis Camara, à formaliser avant le 17 octobre l’engagement selon lequel ni lui-même, ni les autres membres du CNDD ou le Premier Ministre,ne se présenteront à l’élection présidentielle.

« A certains points, ils n’ont pas tenu compte de la pertinence des arguments avancés par la délégation du CNDD et le gouvernement pour se focaliser sur la candidature ou la non candidature du président Dadis », a expliqué le chef de la diplomatie guinéenne, Alexande Cece Loua. Pour M. Loua, ce débat « prématuré (…) dans la mesure où aucun instrument juridique n’est mis en pied pour définir les conditions de présentations des candidatures aux élections présidentielles. »

Toutefois, le gouvernement compte répondre à l’ultimatum du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine, a assuré Alexandre Cece Loua.

Abdou Karim Sawadogo, Zowenmanogo Dieudonné Zoungrana, l’Observateur

La Fondation Gates offre $120 milliards aux agriculteurs

Posted on 17 octobre 2009 (0)

Bill-GatesL’ancien patron du géant des logiciels Microsoft, Bill Gates, a annoncé ce don à l’occasion du symposium annuel de la Fondation du Prix mondial de l’alimentation à Des Moines dans l’Iowa. L’Afrique a été laissée pour compte par les grandes avancées technologiques du secteur agricole au 20ème siècle, a dit M. Gates. Il n’y a aucune raison qu’autant de petits exploitants aient faim en Afrique.

« Les paysans pauvres ne sont pas un problème à résoudre. Ils sont la solution, la meilleure réponse dans un monde qui lutte contre la faim et la pauvreté et cherche à nourrir une population croissante » expliquait M. Gates.

L’argent facilitera l’accès des petits producteurs aux semences améliorées : des légumes qui fixent l’azote dans le sol, des variétés à rendement accru de millet et de sorgho ou des patates douces enrichies en vitamine A.

Le don de la Fondation Bill et Melinda Gates servira également à appuyer les cantines scolaires publiques et à renforcer les liens entre ces cantines et les producteurs locaux.

Une somme de $15 millions de dollars ira à l’Alliance pour une Révolution Verte en Afrique (AGRA) afin de soutenir les politiques agricoles mises au point par les dirigeants du continent.

Par ailleurs, Bill Gates a fustigé ceux parmi les verts qui tentent de diviser les groupes qui militent contre la faim en s’opposant aux OGM.

« Ils ont tenté de restreindre l’usage potentiel de biotechnologies en Afrique subsaharienne sans tenir compte du fait qu’elles peuvent réduire la faim et la pauvreté, ou que les agriculteurs en veulent » a fait valoir M. Gates.

Symposium de la Fondation du Prix mondial de l’alimentation

Posted on 15 octobre 2009 (0)

world_FoodLes experts et personnalités attendus à ce forum, qui a débuté ce mercredi à Des Moines dans l’Iowa, devaient se pencher sur les moyens d’augmenter la production agricole aussi bien aux États-Unis qu’àtravers le monde, alors même que, selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et le Programme alimentaire mondial (PAM), le nombre de personnes affamées atteint des niveaux sans précédent : plus d’un milliard d’êtres humains sont sous-alimentés, conséquence des crises alimentaires et économiques mondiales.

A l’occasion du symposium de Des Moines, le Prix mondial de l’alimentation sera remis à un botaniste et généticien renommé, né en Éthiopie et naturalisé citoyen américain. Les travaux de Gebisa Ejeta, professeur à l’université Purdue de l’Indiana, ont considérablement augmenté les stocks alimentaires pour des centaines de millions d’habitants de l’Afrique subsaharienne, a déclaré Kenneth Quinn, président de la Fondation du Prix mondial de l’alimentation.

Le Prix mondial de l’alimentation, qui avait été fondé par Norman Borlaug, le père de la « Révolution Verte », est attribué chaque année à des individus qui ont grandement contribué à la qualité, à la quantité et à la disponibilité des vivres dans le monde.

Avant d’émigrer aux États-Unis, le professeur Ejeta avait mis au point la première variété hybride de sorgho résistant à la sécheresse. Plus tard, avec un collègue de l’université Purdue, il a créé une variété de cette céréale résistante au striga parasite.

Parmi les personnalités attendues au symposium : l’ancien président mozambicain Joaquim Chissano, mais également le secrétaire américain à l’Agriculture Tom Vilsack, et l’ancien patron de Microsoft, Bill Gates, dont la fondation est très active en Afrique.

M. Vilsack a récemment annoncé la création d’un nouveau service au sein du ministère de l’agriculture, chargé d’améliorer la production agricole et la sécurité alimentaire, et orienté vers les nouvelles sources d’énergie et la protection de l’environnement.

« La science au ministère de l’agriculture doit changer pour répondre à ces pressions, garantir la pérennité des aliments, des combustibles et fibres aux Etats-Unis et s’attaquer à certains des problèmes les plus réfractaires du pays et du monde » a déclaré M. Vilsack.

Rappelons que lors de son voyage au Ghana en juillet, le président Barack Obama avait souligné l’engagement des États-Unis à fournir 3,5 milliards de dollars pour redynamiser le secteur agricole africain.