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Guinée : la junte rejette les propositions du médiateur

Posted on 21 novembre 2009 (0)

Guinée3Le médiateur dans la crise guinéenne, le président burkinabè Blaise Compaoré, préconise le maintien au pouvoir du chef de la junte, lors d’une « transition » de 10 mois pour sortir de la crise actuelle, mais l’opposition exige toujours le départ des putschistes.

Après avoir rencontré séparément les deux parties à Ouagadougou depuis début novembre et recueilli leurs propositions, le médiateur leur a remis un document de synthèse jeudi soir à Ouaga. Ce document a été accueilli avec réserve par les forces vives guinéennes.

« Le document était très déséquilibré en faveur de la junte », a déclaré Cellou Dalein Diallo, président de l’Union des forces démocratiques de Guinée. Selon M. Diallo, les préoccupations des Forces vives dans un mémorandum remis au médiateur « n’ont pas été pris en compte. »

Au terme du projet d’accord, le capitaine Moussa Dadis Camara « devient le président de la République, chef de l’Etat, commandant en chef des forces armées, mais en plus, président du CNP, qui est un organe législatif », a fait remarquer le leader de l’Union des forces démocratiques de Guinée, ajoutant que les Forces vives vont saisir le médiateur d’une lettre pour exprimer leur désapprobation.

Togo : L’UFC et le CAR exigent une présidentielle à deux tours

Posted on 19 novembre 2009 (0)

Au Togo, les deux principaux partis d’opposition, l’Union des Forces du changement (UFC) de Gilchrist Olympio et le Comité d’Action pour le Renouveau (CAR) de Yawovi Agboyibo, menacent de boycotter la présidentielle du 28 février si le scrutin ne s’effectue pas à deux tours. « Il ne s’agit pas de menace, il s’agit d’une mise au point », explique Eric Dupuy, chargé de la communication de l’UFC au Togo.

Les partis d’opposition, a-t-il dit, n’ont « jamais cessé de relancer le pouvoir en place pour des réformes institutionnelles et constitutionnelles.» Citant les réformes prévues par l’Accord politique global, Eric Dupuis affirme que le Togo est le seul pays de la sous-région « à avoir un scrutin uninominal à un tour. »

Le secrétaire général du Rassemblement du peuple togolais (RPT), Esso Sonitoki, se dit surpris par la menace des deux principaux partis de l’opposition de boycotter la prochaine présidentielle. « Pour cette question précisément, nous nous sommes retrouvés à Ouaga, et nous avons échangé autour du Facilitateur, et nous n’avons pas trouvé de solution consensuelle », a-t-il déclaré.

Des journaux gabonais suspendus pour « désinformation »

Posted on 12 novembre 2009 (0)

ali-bongoLe Conseil national de la communication (CNC) du Gabon a procédé, le 10 novembre, à la suspension de huit organes de presse accusés de « désinformation et d’intoxication. » Les responsables des organes en question dénoncent une dérive autoritaire du pouvoir.

Les organes suspendus entendent bien mener des actions collectives pour obtenir la levée des sanctions qui vont de la mise en demeure à la suspension provisoire allant d’1 à 3 mois. Pour le CNC, ces mesures ont pour but de promouvoir une presse professionnelle, beaucoup de journalistes y voient des mesures liberticides et un avenir inquiétant pour la presse au Gabon.

« Lorsque dans un pays qui a entamé son processus de démocratisation il y a à peine quelques années, on sanctionne huit journaux, cela veut dire manifestement qu’il y a là péril en la demeure », a déclaré Norbert Ngoua Mezui, fondateur du journal « Nku’u le messager. » Pour le directeur de publication du journal « Les Echos du Nord », Désiré Ename, « Le CNC (…) devrait commencer par se mettre dans la peau d’un organe de régulation avant de se metter dans la peau du gendarme et du père fouettard.»

Togo : journée sans presse

Posted on 12 novembre 2009 (0)

Les médias privés togolais ont observé, mardi, une journée sans presse pour protester contre la nouvelle loi relative à la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication. L’assemblée nationale avait voté une loi donnant à la HAAC le pouvoir de suspendre les organes de presse en cas de non respect des dispositions éthiques et déontologiques.

« Cette loi- si jamais elle est retenue, la haute autorité peut retirer les autorisations avec saisie des équipements », a expliqué Etoname Akakpo-Ayanyo de l’Union des journalistes indépendants du Togo. Selon Akakpo-Ayanyo, le gouvernement n’avait pas vraiment à se faire du souci concernant le respect des règles déontologiques par les journalistes. « La presse togolaise a fait, durant les élections législatives, un travail remarquable, qui a été salué partout, par l’opion tant nationale qu’internationale », a-t-il souligné.

Mali : 13e Conférence de la CNUCED sur les hydrocarbures et lesressources minérales en Afrique

Posted on 12 novembre 2009 (0)

La treizième Conférence de la CNUCED sur le commerce et le financement du pétrole, du gaz et des ressources minérales en Afrique s’est ouverte mardi, à Bamako en présence du chef de l’Etat malien, Amadou Toumani Touré. Y prennent part divers hauts responsables de gouvernements africains, des investisseurs, des dirigeants d’entreprises pétrolières et minières, des banquiers, des cabinets de conseil juridique et des spécialistes de l’environnement.

« L’objectif de la conférence est de permettre aux différents décideurs dans ce secteur des hydrocarbures et des mines de pouvoir se retrouver, d’échanger sur des expériences respectives, de nouer des partenariats novateurs », a expliqué Claudine Sigam, responsable de la Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le développement.

Centrafrique : Ange Félix Patassé est de retour

Posted on 11 novembre 2009 (0)

0Ange Félix Patassé est de retour. Les choses peuvent singulièrement se compliquer en Centrafrique sur le plan politique. De par sa barbe fleurie et son éternel nœud papillon, il est connu au-delà des frontières de son pays comme le loup blanc. Mieux que quiconque, il a connu les délices du pouvoir au haut sommet de l’Etat, mais aussi ses moments les plus durs.

C’est cette figure fortement marquée de la politique centrafricaine qui vient de rentrer dans son pays, au terme d’un exil de plus de six ans à Lomé au Togo où il résidait depuis qu’il a été renversé par son ancien chef d’état-major, François Bozizé, une nuit du 15 mars 2003.

Patassé a appris le renversement de la situation politique dans son pays pendant qu’il se prélassait dans un hôtel de Niamey où il était venu assister à une conférence internationale. Depuis le début de la semaine, l’homme est chez lui à Bangui. Un retour qui est loin de réjouir beaucoup de monde au sein de la classe politique nationale.

En effet, sitôt rentré que le prédécesseur du général Bozizé, qui du haut de ses 72 ans dirigea la Centrafrique de 1993 à mars 2003, déclara sans autre forme de procès, qu’il serait candidat à la présidentielle de 2010. Lui qu’on croyait bon pour la retraite veut donc remonter en selle. Mais sous la bannière de quelle formation politique va-t-il se porter candidat, puisqu’il a été exclu du Mouvement de libération du peuple centrafricain (MLPC), son parti ?

On se souvient que le Conseil politique national du MLPC, réuni le 12 juin dernier, avait pris la grave décision, par vote à bulletin secret et à l’unanimité des 73 conseillers politiques nationaux venus des 16 préfectures du pays et des 4 fédérations de Bangui, de radier définitivement Ange Félix Patassé du parti.

On reproche, entre autres, au prédécesseur du général Bozizé à la tête de l’Etat de n’avoir pas tenu de congrès en dépit de ses multiples professions de foi. Qui pis est, on l’accuse d’œuvrer uniquement pour ses propres intérêts au détriment de ceux du parti, surtout que la Cour suprême de Bangui, dans un arrêté en date du 19 décembre 2008, avait formellement interdit à Patassé et à ses partisans de faire usage du nom et du logo du parti.

Patassé exclu du parti, c’est désormais à son ancien Premier ministre, Martin Zéguélé, qu’échoit la lourde tâche de conduire le MLPC vers des lendemains qui chantent. Et c’est peu dire d’affirmer que les choses se compliquent singulièrement pour Patassé, qui assiste, quelque peu impuissant et l’âme en peine, à son exclusion du MLPC, la formation politique qu’il avait patiemment bâtie de ses mains.

Et s’il tient toujours à être candidat à la prochaine présidentielle, il doit le faire comme candidat indépendant ou au nom d’un autre parti que le MLPC qu’il se doit aussi de créer d’ici là, sauf à tomber sous le coup de la loi, s’il s’entête à user du nom et du logo du Mouvement de libération du peuple centrafricain.

Mais quoi qu’on dise, le MLPC n’est aucunement à l’abri un grand déchirement, car en dépit de son long exil togolais, l’homme à la barbe fleurie a encore quelques fidèles qui entendent dire non à cette mort politique programmée de leur leader. Une probable zizanie au sein du MLPC qui pourrait bien faire l’affaire de François Bozizé qui, par-dessus tout, craint fortement l’aura de cette formation politique qui reste quoi qu’on dise le principal parti d’opposition centrafricain.

Avec le MLPC, Bozizé, qui a goûté au pouvoir et qui entend y rester a bien du souci à se faire si, bien sûr, la prochaine présidentielle se déroule à la régulière. Mais si Patassé peine à retrouver son pouvoir, un autre tracas, et non des moindres, semble également l’habiter.

Il s’agit de l’interpellation du Congolais Jean-Pierre Bemba qui, depuis, attend au fond d’une prison de la Haye son procès, accusé qu’il est de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité pour des actes commis par ses troupes venues prêter main-forte au président Patassé en 2003.

Et Patassé sait, mieux que quiconque, que si l’exécutant se trouve emmêlé dans les mailles du filet de la justice internationale, le commanditaire pourrait difficilement y échapper. Ce n’est peut-être qu’une question de temps.

En tentant de redescendre dans l’arène politique au soir de sa vie, pour certainement mieux se prémunir contre les affres de cette justice internationale, Patassé veut mener son dernier combat. Certainement un combat de trop !

Boureima Diallo, l’Observateur

Transition en Guinée

Posted on 11 novembre 2009 (0)

0Malgré les grandes qualités qu’on lui prête (entregent, patience, grande capacité d’écoute), on se doutait bien que la tâche du facilitateur dans la crise guinéenne n’allait pas être du tout aisée. Aujourd’hui nous en sommes convaincus, au regard des positions diamétralement opposées qu’affichent les deux camps adverses qui s’étripent à Conakry.

Reçue la semaine dernière par le chef de l’Etat burkinabè Blaise Compaoré dans son palais de Kosyam, la délégation des forces vives, ce conglomérat de partis politiques de l’opposition et d’organisations de la société civile, dans un document remis au médiateur Blaise Compaoré, exige entre autres et surtout, le départ du pouvoir du président Moussa Dadis Camara et la dissolution pure et simple de l’organe dirigeant, le Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD).

Revendication matricielle, à laquelle, bien sûr, la junte n’entend guère se plier outre mesure. Et c’est peu dire. Arrivée à son tour avant-hier dans la capitale burkinabè, la mission présidentielle, en retour, au négociateur la formation d’un gouvernement d’union nationale. Main tendue, s’il en est, qui fait reculer, les bras croisés au dos, les représentants des forces vives.

Vous avez dit pourparlers interguinéens ? Revoyez votre copie. Pourparlers ? Peut-être. Interguinéens ? Que nenni ! Car depuis le massacre de militants de l’opposition le 28 septembre 2009, au stade de Conakry, une ligne de feu sépare désormais les deux vis-à-vis, passés maîtres dans l’art de s’éviter.

Dans ces conditions, que peut bien faire le pauvre Blaise, écartelé qu’il est par les protagonistes de la crise guinéenne qui, embarqués dans la même galère, rament pourtant à hue et à dia ? Quelle potion magique va-t-il concocter en guise d’antidote de l’animosité politique qui infecte, tel un poison, le Château d’eau de l’Afrique de l’Ouest ?

Demander à la junte de se saborder, comme le ressassent vivement les forces vives ? Le CNDD et son ubuesque président, Dadis Camara, ont beau être sur le banc des accusés de la communauté internationale en général et de la CEDEAO en particulier, c’est-à-dire celle-là même qui a commandité la médiation, il ne faut pas s’attendre à voir le facilitateur épouser, ici et maintenant, la revendication des opposants. Il le ferait qu’il signerait la mise à mort de la facilitation.

Le seul modus vivendi qu’il lui est donné de proposer aux frères ennemis guinéens, c’est de mettre sur la balance la formation d’un gouvernement d’union nationale et la présidence surveillée pour le capitaine Dadis, c’est-à-dire sa renonciation à se présenter à la prochaine présidentielle. Une proposition salomonique qui, comme telle, prend en compte les requêtes de chaque partie.

Les forces vives seraient bien inspirées en ne cherchant pas à s’arc-bouter contre leur revendication principale. Dans la situation actuelle qui est celle de la Guinée, le réalisme politique leur indique cette conduite à tenir. L’intérêt supérieur de la nation, dont elles aspirent à être un jour les garants, le leur dicte.

Alain Saint Robespierre, l’Observateur

Guinée : « La paix ne peut se faire dans l’exclusion »

Posted on 11 novembre 2009 (0)

0Rendez-vous respecté hier, 11 novembre 2009. Les envoyés du CNDD ont remis aussi leur document au facilitateur Blaise Compaoré. Si rien n’a filtré de ce mémorandum, il contient, à coup sûr, ce à quoi la junte au pouvoir à Conakry attache du prix. Notamment la problématique de la transition, le processus électoral et le sort du CNDD et de son patron, Dadis. En tout cas le facilitateur, après avoir reçu les propositions du colonel Moussa Keita et de ses compagnons, a laissé entendre que « la construction de la paix en Guinée ne peut se faire avec l’exclusion de Guinéens ».

Contrairement au début des échanges avec ces mandataires du CNDD qui ont duré près de 2 heures, pour cette réception du mémorandum, 30 minutes auront suffi. En effet, en conclave dans la salle polyvalente du palais présidentiel de Kosyam à 18 h, le tout a été plié à 18 h 30 mn.

Preuve effectivement que la chose du CNDD était mâchée depuis Conakry et, n’eussent été les amendements à faire à l’issue de la première rencontre avec le facilitateur intervenue le 10 novembre courant, les partisans du capitaine Dadis auraient pu remettre leur « devoir » le jour de leur arrivée, c’est-à-dire le 9 novembre.

On retiendra en tout cas que le médiateur s’est dit satisfait des échanges et estime qu’il a désormais les matériaux nécessaires (les mémorandums des Forces vives et du CNDD) pour enclencher les négociations en vue de concilier les deux parties. « …D’ici une semaine, un projet de cadre de dialogue sur tous les thèmes, dans l’optique d’une sortie de crise à la fois pour les questions politiques, économiques et militaires », sera dégagé, a promis Blaise Compaoré.

Ensuite, il a clairement signifié que son rôle est d’accompagner, mais que les véritables faiseurs de paix sont les Guinéens eux-mêmes. « Nous connaissons moins la Guinée que les Guinéens…nous pensons qu’ils doivent fortement s’investir, au-delà de leurs divergences, pour bâtir la paix ». Et, paraphrasant Léopold Sédar Senghor, il dira que ces négociations pour l’avènement de la paix sont le rendez-vous, pour chaque partie, « du donner et du recevoir ».

Mais, déjà, Blaise commence à circonscrire le périmètre et à énoncer le préalable à toute négociation : l’acceptation de la différence. Il a en effet laissé entendre que « la construction de la paix ne peut se faire avec l’exclusion de Guinéens, ceci est très important… ».

Le chef de la délégation de la junte, Moussa Keita, lui, dira en substance, après la remise du fruit de leur cogitation, que le CNDD n’a pas de revendications particulières, mais que c’est la classe politique qui a des revendications. Mais lorsque revient la sempiternelle question du départ des militaires, il martèlera de sa voix douce mais ferme que « ce ne sont pas les Forces vives qui ont mis le CNDD en place… en aucun cas ces forces vives ne peuvent exiger le départ du CNDD et du président Dadis… le peuple guinéen a souffert 50 ans, le seul souci du président Dadis est le retour de la paix.

On l’aura constaté, le sujet sur « le sort du CNDD » promet de faire des gorges chaudes. Car même si de plus en plus d’aucuns, qui réclamaient le départ hic et nunc de cette junte, commencent à réviser leurs positions, certains continuent à emboucher cette trompette. Or à lire cette déclaration du facilitateur mentionnée plus haut, un message loin d’être subliminal, on devine qu’il va falloir discuter avec celui qui a le fait du pouvoir.

Dans quelques jours, quand le facilitateur assoira les deux parties autour d’un conseil des ministres, il va en effet falloir évoquer tout et, surtout, aboutir à un compromis qui constitue le cœur même de la politique et surtout le moindre mal en la matière.

Zowenmanogo Dieudonné Zoungrana , l’Observateur

Une délégation de la junte guinéenne au Burkina

Posted on 11 novembre 2009 (0)

0Le médiateur des pourparlers inter-guinéens, le président bukinabè Blaise Compaoré s’est entretenu mardi avec une délégation de vingt-six membres de la junte militaire au pouvoir à Conakry conduite par le colonel Moussa Kéita.

Le ministre de la justice le colonel Cécé Lohalamou, le tout nouveau ministre de la communication à la présidence et au ministère de la défense nationale et conseiller spécial du président, Idrissa Chérif, ainsi que le ministre secrétaire général à la présidence Kélétigui Faro, le numéro 1 du département des télécommunication et des nouvelles technologies de l’information, le colonel Mathurin Bangoura, le patron du ministère de l’administration du territoire et des affaires politiques, et la conseillère politique du président Camara, Niépou Traoré ont également fait le déplacement.

« Nous avons exprimé au médiateur que le président Dadis Camara est disposé au dialogue afin de trouver une solution pratique pour une sortie de crise » a indiqué le colonel Keita à sa sortie d’audience. Le chef de l’Etat burkinabè, le président Blaise Compaoré a indiqué pour sa part que la délégation guinéenne aura l’occasion de finaliser le document sur les grandes questions de la transition, qui porte notamment sur la configuration de la nouvelle autorité de transition, le chronogramme des activités et les contours du gouvernements qui sera chargé de conduire les activités pratiques.

Mahmoud Abbas est-il en train de bluffer ?

Posted on 11 novembre 2009 (0)

abbasBeaucoup de choses portent à croire que oui. D’abord l’insistance de la part de ses défenseurs qui semblent l’implorer de ne pas se retirer, une insistance si pressante et si bien montée qu’elle laisse entrevoir une préparation certaine. L’air sérieux de Yasser Abd Rabbou, qui eut la charge de la déclaration, ne change rien à la chose.

Ensuite, le manque de réaction de certains pays arabes et surtout de l’Egypte officielle – qui, d’habitude, ne rate pas de telles occasions pour faire savoir son point de vue – laisse l’observateur un tant soit peu étonné parce que, et cela tout le monde le sait, le premier impliqué après les Palestiniens eux-mêmes dans cette affaire, c’est bien la diplomatie égyptienne, que ce soit pour sa proximité géographique, pour son implication directe dans les médiations (entre Palestiniens et entre Palestiniens et Israéliens) ou pour son intérêt dans la stabilité des sphères de pouvoir palestinien. De ce fait, le silence égyptien est plus qu’intrigant, à moins que les Egyptiens sachent un peu plus qu’ils ne veulent le dire.

Par ailleurs, qu’on le veuille ou pas, Mahmoud Abbas a tellement joué un rôle qui n’est pas le sien qu’il a cessé, depuis longtemps, d’être maître de ses décisions et de ses mouvements. Nul ne peut croire que l’actuel président palestinien puisse cesser de jouer le rôle qu’il a si bien tenu jusqu’ici pour les Israéliens, les Américains et les Européens. Il n’est pas question d’un jugement quelconque, Abbas est mieux placé pour mieux connaître l’intérêt de son peuple. Il s’agit tout simplement d’une observation aux fins d’analyse et qui peut être démontrée de mille et une manières.

Ainsi, Abbas ne pourra en réalité laisser tomber ses interlocuteurs qui, de leur part, ne voudraient surtout pas le perdre et courir le risque d’avoir affaire à quelqu’un de moins modéré que l’actuel président. C’est en tout cas une situation où les Israéliens ne risqueront jamais de se jeter, d’autant plus qu’ils font actuellement face à un problème sérieux d’un voisin appelé l’Iran. Et ce n’est pas la mollesse avec laquelle Israël a demandé à Abbas de revenir sur sa décision qui risque de tromper les observateurs.

Sur un autre plan, les réactions trop timides de l’Europe et des Américains laissent croire que ces derniers savent ce qu’est en train d’exiger Abbas avec son geste. Certains vont jusqu’à dire que Abbas, par ce geste, veut faire pression sur Américains et Israéliens pour qu’ils le soutiennent plus. Peut-être, mais si c’était destiné aux Arabes eux-mêmes ? Si, par ce geste, Abbas voulait que les Arabes fassent plus de concessions à l’égard d’Israël ? N’est-ce pas ce qui a été demandé par Clinton au Maroc après tout ?

Aïssa Hirèche