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Les rackets persistent sur les routes ouest-africaines

Posted on 17 décembre 2009 (0)

Les racketteurs en uniforme continuent de sévir de plus belle sur les tronçons routiers internationaux de l’Afrique de l’Ouest. Ils sont particulièrement actifs dans le corridor Bamako-Dakar. Leurs agissements coûteraient plus de 45 000 francs Cfa par voyage à chaque transporteur, qui perdrait également environ 22 minutes tous les 100 km.

L’Observatoire des pratiques anormales de l’UEMOA répertorie et dénonce ces pratiques. Cette structure mise en place par l’Union économique et monétaire de l’Afrique de l’Ouest et la CEDEAO en partenariat avec l’USAID et le Centre ouest africain pour le commerce, a publié son 9e rapport à Dakar.

L’inflation à 5,7 % : Trop cher le couffin

Posted on 29 novembre 2009 (0)

Les chiffres de l’inflation poursuivent leur hausse en Algérie. L’inflation est fortement remontée, fin octobre, s’établissant à +5,7 % sur les dix premiers mois de 2009, contre 4,2 % durant la même période de 2008, selon des données de l’Office national des statistiques (ONS).

Le taux d’inflation a augmenté en octobre après être resté inchangé par rapport à celui enregistré au cours des neuf premiers mois de l’année en cours. Il s’agit là d’une forte hausse. Cette évolution préfigure ce que sera l’inflation sur toute l’année 2009. Une progression que l’ONS impute essentiellement à la hausse du prix de près de 8 % des biens alimentaires, avec une flambée des prix de 21,01 % pour les produits agricoles frais. Les prix des produits alimentaires industriels ont enregistré au contraire une légère baisse de 1,01 %. Les produits manufacturés et les services ont respectivement subi un bond de 3,74 % et 4,22 %. Hormis les huiles et graisses qui ont chuté de (-21,43 %) et le lait, fromages et dérivés (0,88 %), tous les autres produits alimentaires sont plus chers : les oeufs (25,02 %), la viande ovine (26,93 %), les légumes frais (22,92 %) et les poissons frais (21,56 %). L’envolée des prix a touché également la viande blanche (19,43 %), la viande bovine (17,42 %), la pomme de terre (15,32 %), et les fruits frais (6,55 %). Les produits du «panier» de biens et services ont connu des hausses, la plus importante après celles des produits alimentaires, a été enregistrée par le groupe «éducation-culture et loisirs» (6,8 %). La hausse a touché également les groupes «transport et communication» (4,2 %), suivi par celui de «santé-hygiène corporelle»(3,4 %), «logement-charges» (2,5 %) et enfin «habillement-chaussure» (0,31 %). En octobre 2009, les prix à la consommation ont augmenté de 0,2% par rapport à septembre (+1,2 %), contre une stagnation durant le même mois de 2008. Les biens alimentaires ont progressé de 0,4 %, une hausse induite aussi bien par les produits agricoles frais que par les produits alimentaires industriels (+0,4 %).

L’ONS affirme « utiliser, depuis octobre dernier, un nouvel indice des prix à la consommation pour calculer le taux moyen d’inflation, basé sur des règles universelles ». « Le nouvel indice a pour objectif, explique-t-on à l’ONS, de mettre en évidence les variations des prix payés par les consommateurs pour un ensemble de biens et services achetés dans de différents points de vente. Ce type d’indice a une signification bien précise, puisqu’il mesure l’évolution des prix d’un même «panier» de biens et services représentatif de la consommation des ménages. Il indique combien il faut dépenser en plus ou en moins pour consommer la même chose à une période donnée ». Toutefois, certains économistes se montrent septiques vis-à-vis des données de l’ONS. Pour ces derniers, « les chiffres de l’ONS semblent exagérément bas ». Explication d’un économiste : « L’ONS ne prend généralement en compte que les prix officiels et administrés. Le calcul de l’inflation ne prend pas en considération, par exemple, les prix réels du logement qui sont trop élevés que ceux déclarés à l’administration. Le même calcul ne comprend pas aussi les chiffres de l’économie informelle qui sont aussi énormes. L’inflation ne devrait pas être située à 5,7% mais bien plus haut ». D’où vient cette poussée inflationniste ? Un expert explique : « L’Etat injecte beaucoup d’argent dans des secteurs improductifs. Le caractère rentier de notre économie mène à une poussée de l’inflation ».

Amine L.

Thanksgiving : près de 38 millions d’Américains en voyage

Posted on 26 novembre 2009 (0)

0La fête de Thanksgiving est traditionnellement l’occasion des retrouvailles familiales. L’organisation américaine d’assistance aux automobilistes AAA estime à près de 38 millions le nombre d’Américains qui en profiteront pour voyager cette année, soit une légère hausse par rapport à l’année dernière.

Ils seront environ 33 millions à emprunter la voiture, le train ou l’autobus cette année, souligne l’AAA, qui projette une baisse de 6,7% du nombre des voyageurs par avion. L’organisation s’attend tout de même qu’il y ait 20 millions de voyageurs de moins qu’en 2005, lorsque l’économie américaine était au mieux de sa forme.

Le fort taux de chômage et divers autres problèmes économiques ont grevé les budgets familiaux, mettant le transport aérien hors de la portée de nombreux Américains cette année.

Suivant la tradition, le président Barack Obama a gracié hier, à la Maison-Blanche, une dinde nommée « Courage. », qui se voit épargner le sort de ses autres congénères destinés au four en cette fête de Thanksgiving. Le chef de l’exécutif et sa famille ont aussi distribué des repas et des vivres aux nécessiteux de Washington.

Pour sa part, la Voix de l’Amérique vous propose une programmation spéciale à l’occasion de cette fête dont l’origine remonte aux premiers colons anglais des Etats-Unis.

Ruée vers les agences d’Air Algérie

Posted on 16 novembre 2009 (0)

0Aller vers Khartoum et… faire gagner les Verts. One Two Three… Les supporters de l’équipe algérienne continuent à y croire. Ils seront au Soudan pour encourager leur équipe avec d’autant plus de force ou de hargne qu’ils ont le sentiment, justifié, que leurs joueurs ont subi une situation inacceptable.

Dans les rapports, peu cordiaux, entre l’Algérie et l’Egypte, cette ultime affaire laissera des traces. Beaucoup de traces même car ce ne sont plus des cercles politiques restreints qui se sont sentis concernés par ce qui s’est passé au Caire. On a pu le constater même chez des intellectuels arabophones, traditionnellement dans une relation de sujétion avec l’Egypte et suspectant toujours des manoeuvres contre «l’arabité». Il faut en faire le constat, même si dans les milieux intellectuels algériens on rappelle, de manière fort raisonnable, que l’Egypte ce n’est pas seulement des hooligans et qu’elle n’est pas réductible aux apparatchiks qui sont semblables – ou qui ont servi de modèles – à ceux des autres «absurdistans» arabes. C’est une évidence qu’il est sain de rappeler.

Mais les moyens de communications modernes, assurant une diffusion intense des évènements, ont créé un impact plus lourd : quelque chose s’est bien rompu avec l’Egypte, même si des Algériens continueront à apprécier les écrivains et les artistes égyptiens. Que des nervis ou tout simplement des jeunes – encouragés ou laissés libres de le faire – caillassent le bus des footballeurs algériens, aurait pu passer pour un incident, s’il n’y avait eu l’insupportable attitude des officiels et des médias égyptiens. La manipulation de la rue et des bas instincts par des voyous en costume, qui ne jettent pas de pierres mais répandent leur poison dans l’opinion, a démontré son efficacité au Caire.

Il reste que si l’on est légitimement écoeuré par ces comportements arrogants et violents, la pire des choses serait de les dupliquer en Algérie, de verser dans une absurde vendetta et de répliquer à la bêtise haineuse avec les mêmes arguments. On ne peut plus affirmer que ce «n’est qu’un match». C’est devenu, même si l’on n’aime pas cela, plus qu’un match. Les dégâts occasionnés par le guet-apens du Caire sont trop lourds et les esprits ont été trop échauffés pour parvenir à ramener les choses à cette simple dimension.

Il reste pourtant, au milieu de l’exacerbation des passions, une place pour la raison. Les médias, même s’il est de leur rôle de «traduire» les sentiments de l’opinion, ne doivent pas oublier qu’ils sont tenus par des règles déontologiques élémentaires : ne pas diffuser de fausses informations, ne pas appeler à la haine et à la violence. Les médias ne sont pas des hooligans. Les citoyens, pas seulement l’Etat, ont aussi le devoir de veiller à ce qu’aucune violence ne vienne toucher des expatriés égyptiens. Le comportement strictement imbécile et vulgaire des élites officielles égyptiennes et de quelques égarés ne met pas en cause le peuple égyptien et encore moins les ressortissants de ce pays qui vivent en Algérie. Il ne faudrait pas le perdre de vue sur la route de Khartoum.

K. Selim

Les infrastructures africaines dans état déplorable

Posted on 13 novembre 2009 (0)

Hopital-AfriqueUne étude récente réalisée dans 24 pays africains révèle que l’état déplorable des infrastructures dans l’Afrique subsaharienne réduit la croissance économique des pays de 2 % chaque année et limite la productivité des entreprises jusqu’à 40 %. Le rapport cite le réseau électrique du continent, celui de l’eau potable, ses routes et sa technologie de l’information et des communications.

Cette étude, menée par la Banque mondiale et ses partenaires, constate que l’Afrique possède l’infrastructure la plus faible au monde. Ce qui fait que les Africains paient dans certains pays deux fois plus pour les services de base que les habitants d’autres régions du monde.

La remise en état et l’amélioration des infrastructures du continent nécessitera l’investissement de quelques 93 milliards de dollars par an sur une période de dix ans, explique Renaud Paubelle, économiste des infrastructures au Consortium pour l’infrastructure en Afrique (ICA), basé à la Banque africaine de développement à Tunis.

« Aujourd’hui, on dépense 45 milliards de dollars an », a souligné M. Paubelle en précisant que ces fonds incluent l’aide tant bilatérale que multilatérale, mais également « tous les efforts financiers que réalisent les pays africains eux-mêmes. »

Indice de développement humain de 2009

Posted on 11 novembre 2009 (0)

0Le rapport mondial sur le développement humain 2009 du Programme des Nations unies pour le développement a été lancé dans notre pays le 11 novembre 2009. Ledit rapport classe le Burkina Faso 177e sur 182 pays. Un rang peu honorable du fait notamment de la variable Education et plus précisement l’alphabétisation et l’enseignement secondaire.

« Lever les barrières : mobilité et développement humain », c’est le thème du rapport mondial sur le développement humain 2009 publié par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD). Il récuse les stéréotypes négatifs décrivant les migrants comme « volant nos emplois » ou « vivant au dépend du contribuable ».

Il démontre que les craintes et les autres effets négatifs sur le développement que suscite la migration de main d’œuvre qualifiée sont souvent exagérés. Même quand elles sont justifiées, il existe plus de solutions efficaces que les barrières à l’immigration.

L’étude au regard des avantages de l’immigration, a fait des recommandations : libéraliser et simplifier les canaux habituels permettant aux personnes faiblement qualifiées de chercher du travail à l’étranger ; garantir des droits élémentaires aux migrants ; réduire les coûts de transactions de la migration ; améliorer les résultats pour les migrants et les communautés d’accueil, récolter les bénéfices de la mobilité interne et intégrer la mobilité aux stratégies de développement. Au sujet de la classification des pays, la Norvège vient en tête des pays qui ont un développement humain très élevé.

Le Burkina Faso est classé 177e sur 182 pays dont la queue est tirée par le Niger. Notre pays est donc devant cinq pays que sont le Mali (178e), la République centrafricaine (179e), la Sierra Leone (180e) ; l’Afghanistan (181e) et le Niger (182e).

Les indices auxquels les rédacteurs du rapport sont parvenus reposent sur les données de 2007. Au Burkina, l’IDH en 2007 est évalué à 0,389 soit une évolution positive depuis 1975 et de 0,267 avec une progression de près de 46% sur la période.

Selon le coordonateur du Système des Nations unies, Babacar Cissé, cette évolution est imputable :

- aux efforts dans l’éducation primaire entraînant une hausse de scolarisation de près de 20% en dix ans ;

- à l’amélioration de certains indicateurs intermédiaires de santé dont l’accès à l’eau, l’insuffisance pondérale des enfants de moins de 5 ans, la mortalité infantile qui ont un effet direct sur l’espérance de vie ;

- au coût de la vie relativement bas comme le démontre le Produit intérieur brut en parité de pouvoir d’achat (PPA).

Cependant, avec les taux de scolarisation (32,8%) et d’alphabétisation (28,7%) qui sont parmi les plus bas au monde, notre pays ne peut avoir meilleur classement. « La variable Education et plus précisement l’alphabétisation et l’enseignement secondaire tirent le pays par le bas », a fait remarquer le représentant résident du PNUD.

Il est donc impérieux que ces défis soient intégrés dans la nouvelle Stratégie de croissance accélérée de développement durable (SCADD).

Abdou Karim Sawadogo, l’Observateur

Guinée : Difficile sera la tâche du facilitateur

Posted on 05 novembre 2009 (0)

0Après deux jours de concertations, les forces vives de Guinée ont remis mercredi dernier leurs propositions de sortie de crise à leur hôte, Blaise Compaoré. Ces revendications, jugées « à la fois constructives et intéressantes » par le facilitateur, portent sur la mise en place d’un organe de transition, la libération des détenus en rapport avec la répression du 28 septembre 2009, la restauration de toutes les libertés publiques et, surtout, la dissolution du CNDD (Conseil national pour la démocratie et le développement), suivie du départ de la junte.

Une exigence qui n’est pas pour plaire au capitaine Dadis Camara, lequel caressait encore l’espoir de conserver la mainmise sur la transition, voire de se présenter à la prochaine présidentielle. Si la remise de ce document au facilitateur constitue le point de départ d’un hypothétique dialogue entre la junte militaire et ses opposants, son contenu démontre que les positions n’ont pas varié et que, bien au contraire, elles se sont durcies au fil des semaines : en effet, si avant la tuerie du 28 septembre dernier les forces vives demandaient seulement que Moussa Dadis Camara ne se présente pas à la présidentielle de 2010, aujourd’hui on ne parle que de démission, exigeant même qu’il débarrasse purement et simplement le plancher avec son CNDD et le reste de la junte.

Il faut dire que depuis cette journée sanglante, la Guinée, mise au ban de la communauté internationale, traverse des heures sombres, marquées par une insécurité croissante et un inquiétant déficit démocratique. En demandant à ses interlocuteurs de coucher par écrit leurs propositions, nul doute que le facilitateur entendait se donner un peu de temps et, pourquoi pas, un peu d’air pour examiner avec toute l’attention qu’il sied le mémorandum des Forces vives.

« On ne peut encore parler de chronogramme pour la transition, car ce n’est qu’une partie des acteurs de la crise qui a été entendue », a souligné mercredi soir le facilitateur. Tout le travail de conciliation reste donc à faire. Et du pain sur la planche, Blaise Compaoré en a, lui qui, dès la semaine prochaine, reçoit les émissaires de la junte afin de recueillir leurs propositions de sortie de crise.

Pas besoin d’être devin pour savoir que l’homme fort de Conakry, bien qu’acculé par les sanctions internationales, est bien parti pour vendre très cher sa reddition ainsi que l’éviction du CNDD du processus de transition. Un premier round qui s’annonce des plus délicats, tant les points de vue des deux parties diffèrent. Rarement, le docteur ès facilitation aura eu à concilier des positions aussi antagoniques. Espérons seulement qu’à l’issue de cette première phase, les protagonistes de la crise trouveront le moyen de s’asseoir enfin à la même table pour poser les problèmes et en débattre.

H. Marie Ouédraogo, l’Observateur

RDC : l’ONU ne plus appuyer certaines unités de l’armée

Posted on 05 novembre 2009 (0)

RDCHuman Rights Watch juge insuffisantes les mesures annoncées par l’ONU concernant le retrait du soutien de la MONUC à la 213ème brigade de l’armée congolaise, s’agissant d’une seule unité. L’ONG estime que la Mission des Nations Unies en RDC doit complètement cesser son soutien aux Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), que les officiers responsables d’exactions doivent être retirés de l’armée congolaise et que la population doit être sécurisée.

Human Rights Watch indique que les exactions des FARDC sont bien plus nombreuses et étendues que celles retenues dans le rapport faisant état de 62 personnes tuées. « Nous pensons que la MONUC doit partager cette responsabilité et doit l’assumer avec les FARDC », a déclaré Maitre Dunia Ruyenzi de l’ONG Promotion de la démocratie et protection des droits humains.

De son côté, le gouvernement de la RDC, n’entend pas de la même oreille le retrait du soutien de la MONUC à la 213ème brigade, qui est déployée à Nyabiondo au Nord Kivu. « Nous ne sommes pas d’accord avec la décision qui est prise avant même que l’enquête ait démarré et avant même que l’enqu3te n’ait conclu à une culpabilité quelconque de l’un quelconque des éléments de la 213e Brigade », a déclaré le ministre congolais de la Communication, Lambert Mende, porte-parole du gouvernement.

Le Conseil de paix de l’UA et le dossier du Darfour

Posted on 30 octobre 2009 (0)

UALe dossier du Darfour était à l’ordre du jour du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine, réuni jeudi à Abuja au Nigéria, pays qui en assure la présidence en exercice de cet organe. Il s’agissait essentiellement d’examiner le rapport du panel dirigé par l’ancien président Africain Thabo Mbéki.

Ce panel recommande la mise sur pied d’un tribunal spécial composé de juges soudanais et africains pour juger les personnes accusées d’avoir commis des atrocités au Darfour. Monsieur Mbéki a déclaré que la désignation de juges et d’enquêteurs non-soudanais est la seule façon de donner une certaine crédibilité à la procédure. Quoique dûment invité, le président soudanais Omar Al Béchir n’a pas fait le déplacement d’Abuja.

Le numéro 1 soudanais fait l’objet d’un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale pour crimes de guerre au Darfour. Les ONG de défense des droits humains avaient demandé son arrestation s’il venait à Abuja d’autant que le Nigéria qui préside le Conseil de paix et de sécurité de l’Union Africaine, et est aussi signataire de la CPI. Finalement le Soudan a été représenté à la réunion par le vice-président Ali Osman Mohamed Taha.

L’Union africaine a ouvertement exprimé son désaccord par rapport le mandat d’arrêt de la CPI affirmant que cela compliquait le processus de paix au Darfour. En 2003 les rebelles du Darfour ont pris les armes pour s’opposer au gouvernement de Khartoum. Ce conflit a fait 300 mille morts selon les estimations onusiennes.

Qui a dit que le dollar est mort ?

Posted on 29 octobre 2009 (0)

dollarsLa blogosphère s’émoustille des rumeurs de disparition du dollar. Le billet vert a chuté de 15% par rapport à l’euro depuis le début de l’été. Les banques centrales ont progressivement cessé d’accumuler des dollars et préfèrent d’autres monnaies. Une histoire sensationnelle, même si elle n’est pas vérifiée, prétend que les États du Golf seraient en train de conspirer avec la Chine, la Russie, le Japon et la France (une bien drôle de coalition, n’est-ce pas ?) pour établir le prix du pétrole à partir d’une autre monnaie que le dollar.

Les économistes n’ont aucun problème à expliquer la faiblesse du dollar a posteriori. Les ménages américains épargnant plus pour reconstituer leur retraite, le pays doit exporter plus. Il faut un dollar plus faible pour rendre les biens américains plus attractifs aux yeux des consommateurs étrangers.

En outre, le ralentissement des flux de capitaux étrangers vers les Etats-Unis résulte de la désillusion provoquée par une des grandes spécialités des institutions américaines, ces instruments sophistiqués qu’elles ont créé et distribué. Le dollar est affaibli par la baisse des achats d’actifs américains. Les conjoncturistes, par extrapolation du passé dans l’avenir, prévoient une baisse encore plus importante.

La première chose à dire à ce sujet est qu’il faut se méfier des prévisions des économistes, surtout celles à court terme. Nos modèles sont clairement incapables de prédire les mouvements monétaires sur quelques semaines ou quelques mois.

Je suis bien placé pour le savoir. Lorsque la crise des surprimes a éclaté en septembre 2007, j’ai publié un article dans un éminent journal financier intitulé « Pourquoi est-ce le bon moment de vendre du dollar ». Ce qui s’est déroulé par la suite, bien sur, c’est que le dollar s’est fortement renforcé, dans la mesure où les investisseurs, recherchant désespérément des liquidités, se sont précipités sur les bonds du Trésor américain. Puis le dollar s’est effectivement remis à la baisse pour remonter en flèche à la suite de la faillite de Bear Stearns et des problèmes d’AIG.

Sur des périodes de plusieurs années, nos modèles s’améliorent. Sur cette échelle de temps, il faut se concentrer sur la nécessité pour les États-Unis d’exporter plus et sur la difficulté croissante de l’économie à attirer les capitaux étrangers. Ces facteurs laissent à penser qu’il faut s’attendre à d’autres faiblesses du dollar.

La question est : Faiblesse contre quoi ? Pas contre l’euro, qui est déjà cher et qui est la monnaie d’une économie avec des problèmes structurels et bancaires plus sérieux que ceux des États-Unis. Pas contre le yen, qui est la monnaie d’une économie qui refuse de grandir.

Donc, une éventuelle dépréciation du dollar se ferait contre des monnaies comme celle de la Chine et d’autres marchés émergeants. Leur intervention ces dernières semaines montre quelque hésitation. Mais leur choix se résume soit à acheter des dollars américains, soit à acheter des produits américains. La première option est une option perdante.

Sur le long terme, l’OPEP exprimera le prix de son pétrole à partir d’un panier de monnaies. Elle vend son pétrole de la même façon aux États-Unis, à l’Europe, au Japon et aux marchés émergeants. Cela n’a plus de sens d’établir le prix de son pétrole dans la monnaie d’un seul de ses clients. Et les banques centrales ne concentreront surement pas tous leurs œufs sur le seul panier dollar lorsqu’elles constitueront leurs réserves.

Au-delà, le dollar ne va nulle part. Il n’est pas prêt d’être remplacé par l’euro ou le yen, puisque tant l’Europe que le Japon ont de sérieux problèmes économiques. Le renminbi va arriver, mais pas avant 2020, et d’ici là, Shanghai sera devenu un centre financier international de premier ordre. Et même alors, le renminbi partagera probablement la scène avec le dollar ; il ne le remplacera pas.

La chose qui pourrait précipiter la disparition du dollar serait une gestion imprudente de l’économie américaine. Un des scénarii populaire est une inflation chronique. Mais cela est peu plausible. Lorsque l’épisode des taux zéro prendra fin, la Réserve Fédérale américaine sera impatiente de réaffirmer son engagement en faveur de la stabilité des prix. Il y aura peut-être une tentation de gonfler la dette détenue par les étrangers ; mais en fait, la majeur partie de la dette américaine est détenue par des Américains qui se constitueraient certainement en puissant groupe de pression contre cette politique.

L’autre scénario est que les déficits budgétaires américains ne seraient toujours pas maîtrisés. L’hypothèse d’une faillite est insensée. Mais une forte dette signifie des impôts élevés. La combinaison d’une politique budgétaire peu rigoureuse et d’une politique monétaire de resserrement entrainera des taux d’intérêts élevés, une léthargie des investissements et un ralentissement de la croissance. La monnaie d’une économie avec de telles caractéristiques pourrait bien faire perdre leurs illusions aux étrangers, ainsi qu’aux résidents.

Mark Twain, l’auteur et humoriste américain du XIXème siècle, avait répondu à des rumeurs sur la dégradation de sa santé en écrivant que « les rumeurs sur ma mort sont grandement exagérées. » Il aurait aussi bien pu parler du dollar. Pour l’instant, le patient est stable, si l’on ne tient pas compte des symptômes extérieurs. Mais il y aura des raisons de s’inquiéter s’il ne s’impose pas des règles de vie plus saines.

Barry Eichengreen, Professeur d’économie et de science politique à l’université de Californie à Berkeley – Traduit de l’américain par Frédérique Destribats