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Concessionnaires automobiles : Des soucis pour la pièce détachée

Posted on 05 novembre 2009 (0)

carsLa mesure décidée par le ministère du Commerce de ne tolérer que l’importation exclusive, à partir du 2 novembre dernier, de la pièce de rechange d’origine a été saluée hier par Marc Bergeretti, directeur général de Peugeot Algérie SPA (PSA).

S’exprimant à l’occasion d’une conférence de presse organisée au siège de PSA à Alger, le responsable du constructeur automobile français pour l’Algérie a indiqué que cette décision intervient après les réunions de concertation organisées le mois de juin dernier avec le ministère du Commerce, pour lutter efficacement contre les pièces de rechange contrefaites.

«C’est un signal fort qui démontre que les autorités algériennes ont pris conscience du danger que représentent ces pièces sur la vie des citoyens», a déclaré M. Bergeretti, qui ajoute cependant, «qu’il faut attendre comment cela va se passer».

Même si la mesure est louable à plus d’un titre, le responsable de la marque a néanmoins souligné que Peugeot n’a pas été consulté et a été pris de court.

Le constructeur français n’a pas encore adapté sa logistique, notamment pour ce qui est de l’étiquetage de la pièce de rechange en langue arabe, a indiqué le conférencier qui fera savoir qu’une demande a été adressée au ministre du Commerce pour débattre de ce problème.

Le responsable chargé de la pièce de rechange à Peugeot a fait savoir hier qu’il y’a actuellement quelque 25 000 références (Pièces détachées) qui sont stockées au niveau du magasin central dans la capitale. D’après lui, l’adaptation à la nouvelle mesure décidée par le ministère du Commerce, pour ce qui est du moins de l’étiquetage en langue arabe, demande du temps.

«L’installation d’une chaîne d’étiquetage en Algérie serait bénéfique pour le pays», indiquera le patron de PSA qui soulèvera un autre problème, à savoir le fait que les pièces dont sont dotés les véhicules de la marque Peugeot ne sont pas toutes fabriquées en France. M. Bergeretti a clairement fait savoir qu’il redoutait «des lourdeurs administratives au niveau de la douane» à cause de tous les documents qu’il faudrait présenter. Par ailleurs, interrogé sur les répercussions des mesures contenues dans la LFC 2009, le directeur général de Peugeot Algérie a souligné que l’Algérie est souveraine dans ses décisions.

Toutefois, le conférencier n’a pas écarté une augmentation des prix de vente des véhicules de la marque en Algérie. L’instauration du certificat de conformité, les lettres de crédits et le changement du débarquement des véhicules dans d’autres ports vont certainement induire d’autres coûts.

Enfin, pour ce qui est de l’éventualité de la mise en place d’une industrie automobile dans notre pays, Marc Bergeretti a indiqué que l’Association des concessionnaires automobiles algériens (AC2A) est en train de réfléchir à mettre sur pied des paramètres pour concrétiser l’idée, d’autant plus, a-t-il argumenté, que l’Algérie est aux portes de l’Europe et occupe une position stratégique.

Z. M.

Vrais habitants ou vrais Algériens ?

Posted on 25 octobre 2009 (0)

AlgérieLe ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, a affirmé on ne peut plus catégoriquement que «l’Etat a les moyens de reloger les véritables habitants de Diar Chems». En principe, et c’est l’effet recherché par cette annonce de Zerhouni, les esprits vont se calmer dans ce quartier populeux de la capitale, qui vient d’être secoué par des émeutes dont le déclencheur a été la contestation des listes d’attribution de logements sociaux arrêtées par les pouvoirs publics compétents. C’est même l’exigence posée par ce ministre à la concrétisation de ce relogement annoncé qui doit, selon lui, se faire dans un climat serein et organisé.

Sauf qu’en faisant référence «aux véritables habitants» de Diar Chems qui en seront les bénéficiaires, le ministre a pris le risque d’un emballement de la situation dans ce quartier à cause de ce distinguo dont il sera difficile, voire impossible d’en faire admettre la pertinence par cette autre catégorie d’habitants qu’il vise et qui ne s’estime pas moins avoir droit au relogement que ces «vrais habitants».

Il est clair que l’Etat ne peut, compte tenu de son parc immobilier et surtout en matière de logement social, satisfaire l’ensemble des demandeurs qui peuplent ce quartier dans son vieux bâti ou dans les bidonvilles qui le cernent. Les «laissés-pour-compte» que la logique du ministre de l’Intérieur semble avoir exclus du relogement annoncé, n’accepteront pas leur situation. D’où, à notre sens, la probabilité d’un nouvel embrasement inéluctable à Diar Chems. Et c’est là la conséquence de la gestion de la crise du logement par les pouvoirs publics depuis des décennies.

Pour rester sur le cas de Diar Chems, ce quartier devait bénéficier d’un programme de réhabilitation dans les années quatre-vingt. Il s’agissait d’éradiquer les bidonvilles qui ont proliféré à ses alentours et d’atténuer le taux d’occupation qui devenait exponentiel des logements des cités originelles du quartier. Il y eut même des opérations à grand spectacle d’éradication de bidonvilles qui ont consisté au final à reconduire leurs occupants dans leurs villes, villages et douars d’origine. Et ce fut à peu près tout.

L’inertie de l’Etat dans la prise en charge de la réhabilitation de Diar Chems, doublée de l’absence criante de l’autorité publique, ont fait que de nouveaux bidonvilles ont surgi peu de temps après et que le quartier a été abandonné à sa crise du logement devenue maintenant insoutenable et donc inacceptable pour tous ses habitants.

Comment dans ces conditions faire admettre à une partie de ceux-ci un «droit de priorité» dont ils seront exclus sous le prétexte qu’ils ne sont pas les «vrais habitants». L’interrogation qu’ils renverront en toute légitimité alors aux autorités est de savoir s’ils sont «de vrais Algériens». Ils le feront par la seule voie qui leur reste, celle de la contestation et de l’émeute.

Kharroubi Habib

Rappel de tétines pour bébés chez Leclerc

Posted on 19 octobre 2009 (0)

tétineLes magasins Leclerc ont procédé au rappel des tétines pour bébés de la marque « Mots d’enfants » en raison d’un risque de déchirure, a annoncé Calyxis, une entreprise spécialisée dans la sécurité et les rappels de produits.

Les tétines ou sucettes pour bébés concernées ont été vendues par lots de deux depuis le 15 juillet 2009 jusqu’au 30 septembre dernier. Les références des produits en question sont 3601025052530 et 3601025052523.

Les personnes ayant ces produits à leur disposition sont priées de les rapporter en magasin. Les autorités compétentes européennes ont également été informées de cette mesure par le fabricant.

L’Inserm lance un « site d’information scientifique en santé »

Posted on 13 octobre 2009 (0)

InssermL’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) vient de lancer son nouveau site internet d’information scientifique en santé. Ce nouveau site est « attractif, clair et aéré » et « met à disposition plus de 50 dossiers d’information » étoffés de vidéos, d’images, de références et de liens.

Le nouveau site renforce l’interactivité avec l’internaute. Etre « une référence en sciences de la vie et de la santé » de par « la qualité des informations et la richesse des illustrations », telle est la vocation du nouveau site de l’Inserm. L’Inserm souhaiterait apporter aux Français « une information scientifique complète et fiable » sur plusieurs « thématiques liées aux sciences de la vie et de la santé », a expliqué le directeur du département de l’information scientifique et de la communication de l’Inserm, Arnaud Benedetti.

Il s’agit d’un site « moins institutionnel et directement dédié à un public plus large ». Dans les prochains jours, ‘le site sera régulièrement enrichi de dossiers, d’interviews, de reportages photos et de vidéos » pour « illustrer la diversité de la recherche. »

A propos de l’Inserm

InsermCréé en 1964, l’Institut national de la santé et de la recherche médicale est un établissement public à caractère scientifique et technologique, placé sous la double tutelle du ministère de la Santé et du ministère de la Recherche.

L’Inserm, seul organisme public de recherche français entièrement dédié à la santé humaine, s’est vu confier, en 2008, la responsabilité d’assurer la coordination stratégique, scientifique et opérationnelle de la recherche biomédicale. Ce rôle central de coordinateur lui revient naturellement par la qualité scientifique de ses équipes mais également par sa capacité à assurer une recherche translationnelle, du laboratoire au lit du patient.

Le décret adopté en mars 2009 va permettre à l’Inserm d’assumer ses missions dans le contexte de la recherche face aux nouveaux défis scientifiques, sanitaires et économiques du XXIe siècle. L’expertise et la veille scientifiques sont désormais inscrites comme missions officielles de l’Institut.

Cette mission de coordination a conduit à la création de 10 instituts thématiques associés à l’Inserm, début 2008, dont le rôle est pérennisé par ce nouveau décret où leurs attributions, état des lieux de la recherche française dans leur domaine, animation de cette recherche, définition des objectifs, sont clairement définies.

Pour remplir ses missions, l’Institut a été conçu dès l’origine dans un partenariat étroit avec les autres établissements de recherche publics ou privés, et les lieux de soins que sont les hôpitaux. Aujourd’hui, 80 % des 318 unités de recherche Inserm sont implantées au sein des centres hospitalo-universitaires, ou des centres de lutte contre le cancer. Les campus de recherche du CNRS, ainsi que les Instituts Pasteur et Curie accueillent eux aussi des structures de recherche Inserm. L’Université, placée au centre du dispositif de recherche par la loi sur l’autonomie des universités, sera également un partenaire privilégié.

La coordination nationale se trouve renforcée par la création, en avril 2009, de l’Alliance nationale pour les sciences de la vie et de la santé, dont l’Inserm est signataire aux côtés d’autres organismes et instituts de recherche et de la conférence des présidents d’université. Pour élargir la coordination stratégique et progammatique de la recherche à l’ensemble des sciences de la vie et de la santé, l’Alliance s’appuie sur une organisation en 10 instituts thématiques multi-organismes, dont la direction est assurée conjointement par deux organismes de recherche (Inserm, CNRS, CEA ou Inra), selon le domaine de recherche.

Enfin, l’Inserm joue un rôle de première importance dans la construction de l’espace européen de la recherche et conforte sa position à l’international par d’étroites collaborations (équipes à l’étranger et laboratoires internationaux associés). Pour en savoir plus, visitez le nouveau site de l’Inserm : http://www.inserm.fr

La Tunisie boycotte le pèlerinage à La Mecque

Posted on 06 octobre 2009 (0)

H1N1_bleu-specilLa Tunisie a annoncé ce mardi que le Hajj annuel à la Mecque se fera sans Tunisiens en 2009. Une décision prise en raison de risques de propagation de la nouvelle grippe A (H1N1). Quelle est la situation en Tunisie ?

1. Situation épidémiologique :

Le Nombre de cas, confirmés au laboratoire national de référence est, et séjournant sur le territoire national, au 24/9/2009, de 73 cas. Ces 73 se répartissent selon le sexe en 35 sujets féminins et 38 masculins. L’âge moyen des sujets est de 22 ans, il est de 23,5 chez les femmes et de 26,6 chez les hommes.

30 parmi ces malades se sont contaminés en Tunisie et 40 à l’étranger. Le pays où a lieu la contamination est la Tunisie (30), Espagne (8), France (7), Angleterre (4), Malaisie (4), Italie (2), Canada (2), Ile Maurice (2), USA (2), Suède (2), Hollande (1), Mali (1), Norvège (1), Chine (1), Arabie Saoudite (1), Suisse (1), Italie ou Roumanie (1) et indéterminé (1). Les cas se répartissent ainsi selon les régions : Tunis (33), Ariana (9), Monastir (5), Médenine (5), Sfax (4), Nabeul (4), Ben Arous (4), Sousse (3), Bizerte (3), Sidi Bouzid (1), Mannouba (1), et Kairouan (1). 50 malades sont de nationalité Tunisienne et 23 sont de nationalité étrangère. Selon la nationalité les cas positifs se répartissent en nationalité : Tunisienne (50), française (8), suédoise (2), anglaise (1), anglo- pakistanaise (1), Anglo-tunisienne (1), canadienne (1), espagnole (1), sénégalaise (1), ghanéenne (1), Hollandaise (1), Malienne (1), norvégienne (1), roumaine (1), Soudanaise (1), et franco-gabonaise (1).

2. Transmission communautaire ? :

Aucun signe direct ou indirect de l’existence d’une transmission communautaire n’est encore décelé en Tunisie : · La quasi-totalité des cas dépistés a un rapport, plus ou moins direct mais clair avec une importation de l’étranger.

· L’activité grippale communautaire surveillée en Tunisie à travers le % de consultations pour syndrome grippal et IRA parmi les consultations enregistrées, dans 200 centres de santé sentinelles, à travers le pays est à un niveau habituel pour la saison. · Pas de cas groupés. · Pas de constatation d’un absentéisme à un niveau anormal, tant en milieu scolaire qu’en milieu de travail. · Pas d’observation de cas graves en milieu hospitalier.

3. Une flambée épidémique au lycée Pierre Mendès France :

Suite à la découverte, le 17 septembre 2009, d’une grippe positive au virus A/H1N1, chez un élève âgé de 15 ans scolarisé au lycée français Pierre Mendès France de Mutuelleville, suivi par la déclaration d’une flambée de cas de grippe A/H1N1 dans ce lycée, le suivi épidémiologique de cette flambée établit, au 29 septembre 2009, le bilan suivant : 41 personnes malades sont recensées, elles ont subies des prélèvements naso-pharyngés et une recherche du virus A/H1N1. Parmi ces 41 malades, 26 se sont révélées être positifs et 15 sont indemnes du virus. Les 26 cas positifs sont des élèves (19), des contacts (5), et des enseignants (2).

Les 15 cas négatifs sont des élèves (5), un enseignant (1) et des contacts (9). Tous les cas identifiés sont dénués de gravité et sont en bonne voie de guérison.

4. Un cas d’infection par le virus A/H1N1 parmi le personnel d’un service hospitalier de Tunis.

Une infection par le nouveau virus a été découverte le 25/9/2009, chez un personnel médical de l’hôpital La Rabta, dans un service qui reçoit de nombreux malades suspects de grippe A/H1N1. Dès la découverte du cas toute une série de mesures ont été immédiatement prises pour prévenir la diffusion de l’infection à d’autres personnels du service ainsi qu’aux malades, ainsi il a été procédé à une désinfection générale du service qui n’a pas concerné seulement les aires réservées aux grippés mais le service dans son ensemble. Toutes les personnes non indispensables à la marche du service comme les étudiants ont été momentanément écartés du service et une surveillance du personnel a été mise en place. 5 jours après, aucun autre cas de syndrome grippal ne s’est déclenché parmi le personnel de service et le jeune médecin se porte comme un charme (Tbarkallah).

Obama, Sarkozy et Brown sur l’usine nucléaire iranienne

Posted on 02 octobre 2009 (0)

Sarkozy1Le gouvernement iranien a adressé à l’AIEA une lettre qui fait référence à un nouveau site d’enrichissement, cela plusieurs années après en avoir entrepris la construction. Barack Obama, Nicolas Sarkozy et Gordon Brown ont fait une série de déclarations au sujet de l’installation nucléaire iranienne de Qom

Centre des congrès de Pittsburgh / Pittsburgh (Pennsylvanie)

Le président américain Barack Obama : Bonjour. Nous sommes venus ici pour annoncer qu’hier, à Vienne, les États-Unis, le Royaume-Uni et la France ont présenté à l’AIEA des éléments détaillés qui prouvent que la République islamique d’Iran s’emploie depuis plusieurs années à construire à proximité de Qom une usine clandestine d’enrichissement d’uranium.

Le gouvernement iranien a adressé hier à l’AIEA une lettre qui fait référence à un nouveau site d’enrichissement, cela plusieurs années après en avoir entrepris la construction. L’existence de cette installation constitue une infraction aux obligations qui découlent pour l’Iran des résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies et des exigences de l’AIEA. Nous attendons de l’AIEA qu’elle procède immédiatement à une enquête sur cette information préoccupante et qu’un rapport soit présenté à son Conseil des gouverneurs.

La décision iranienne de construire une nouvelle installation nucléaire de plus sans en aviser l’AIEA constitue un défi direct à l’accord fondamental qui est au centre du régime de non-prolifération. Les règles sont claires : tous les États ont le droit à l’énergie nucléaire pacifique ; les États dotés d’armes nucléaires doivent s’orienter vers le désarmement ; les États sans armes nucléaires doivent renoncer à en acquérir. Cet accord, qui reste largement appliqué depuis des décennies, assure au monde une sécurité et une sûreté nettement accrues. Il dépend de toutes les nations de tenir leurs responsabilités pour en garantir le respect.

Or l’existence de ce site ne fait qu’aviver encore la crainte que l’Iran refuse d’assumer ses responsabilités au plan international, notamment celle de déclarer toutes ses activités liées au nucléaire. Comme la communauté internationale le sait, ce n’est pas la première fois que l’Iran cache des faits relatifs à son programme nucléaire. L’Iran a certes le droit de se doter de l’énergie nucléaire pacifique nécessaire aux besoins de sa population. Mais la taille et la configuration de cette installation ne cadrent pas avec un programme pacifique. L’Iran enfreint des règles que tous les États doivent appliquer ; ce faisant, il met en danger le régime mondial de non-prolifération, il prive sa population de l’accès aux ressources qu’elle mérite et il met en péril la stabilité et la sécurité de la région et du monde entier.

Il est temps que l’Iran agisse immédiatement afin de rétablir la confiance de la communauté internationale en remplissant ses obligations internationales. Nous demeurons résolus à mener un dialogue sérieux et substantiel avec l’Iran afin de faire face à ce problème dans le cadre des négociations P5+1. Lors de ces entretiens, nous sommes déterminés à montrer que le droit international n’est pas une promesse creuse, que les obligations doivent être remplies et les traités appliqués.

Voilà pourquoi la réunion prévue en octobre entre l’Iran et les membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU plus l’Allemagne suscite un sentiment d’urgence. Lors de cette rencontre, l’Iran doit être prêt à coopérer pleinement avec l’AIEA pour prendre des mesures concrètes propres à instaurer la confiance et la transparence dans son programme nucléaire et manifester son engagement à démontrer ses intentions pacifiques dans le cadre d’un dialogue sérieux et d’actions concrètes.

Pour parler simplement, l’Iran doit appliquer les résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU et démontrer qu’il est disposé à tenir ses responsabilités en tant que membre de la communauté des nations. Nous avons offert à l’Iran une voie claire vers une plus grande intégration internationale s’il remplit ses obligations, et cette offre tient toujours. Mais le gouvernement iranien doit maintenant apporter par des actes concrets la démonstration de ses intentions pacifiques, sous peine d’encourir l’application des principes internationaux et du droit international.

Je dois préciser que si le Royaume-Uni, la France et les États-Unis ont présenté des faits à Vienne, l’Allemagne, qui est membre du P5+1, et la chancelière Merkel en particulier, qui ne pouvait être des nôtres ce matin, souhaite s’associer à nos propos.

Je passe à présent la parole au président Sarkozy, de France, pour une brève déclaration.

Le président français Nicolas Sarkozy : Mesdames et Messieurs, nous nous sommes réunis hier pour un sommet du Conseil de sécurité sur la non-prolifération et le désarmement nucléaire. J’ai redit ma conviction que l’Iran entraînait la communauté internationale sur une voie dangereuse, j’ai rappelé toutes les tentatives que nous avons faites pour proposer une solution négociée aux dirigeants iraniens, sans aucun succès. Ce qui est révélé aujourd’hui est exceptionnel. Après l’usine d’enrichissement de Natanz en 2002, c’est celle de Qom qui est mise à jour. Elle a été conçue et construite depuis plusieurs années en violation de résolutions du Conseil de Sécurité et de l’AIEA. J’attends de l’AIEA une enquête complète et rigoureuse, comme l’a dit le président Obama.

Nous étions déjà dans une grave crise de confiance, nous sommes maintenant face à un défi lancé à la communauté internationale. Les Six rencontreront les dirigeants iraniens à Genève, tout doit être mis, maintenant, sur la table. Ne laissons pas les dirigeants iraniens gagner du temps pendant que les centrifugeuses tournent. Et, si d’ici au mois de décembre, il n’y a pas un changement profond de politique de la part des dirigeants iraniens, des sanctions devront être prises. Il en va de la paix et de la stabilité.

Je vous remercie.

Le premier ministre britannique Gordon Brown : Les États-Unis, le Royaume-Uni et la France parlent d’une seule voix. Le programme nucléaire iranien est le défi le plus urgent en matière de prolifération auquel le monde ait à faire face aujourd’hui.

Ainsi que viennent de le dire le président Obama et le président Sarkozy, le degré de dissimulation du gouvernement iranien et notre évaluation de la gravité de la violation de ses engagements internationaux vont choquer et scandaliser toute la communauté internationale et renforcer notre détermination.

Confrontée à ces dissimulations en série sur de longues années, la communauté internationale n’a d’autre option que d’adopter une attitude ferme. Le 1er octobre, l’Iran devra engager le dialogue avec la communauté internationale et se joindre à elle en tant que partenaire. S’il ne le fait pas, il n’en sera que plus isolé.

Et je le dis au nom du Royaume-Uni aujourd’hui, nous ne laisserons pas passer cette affaire. Nous sommes prêts à appliquer des sanctions supplémentaires et plus sévères.

Que ce message adressé au monde soit absolument clair : l’Iran doit abandonner toute ambition militaire pour son programme nucléaire. Merci. (Fin de la transcription)

PFOA et BPA, deux composés perfluorés montrés du doigt

Posted on 01 octobre 2009 (0)

RESLe PFOA est l’acide perfluorooctanoïque ou son sel d’ammonium. Le PFOA rentre dans la fabrication des composés perfluorés (composés formés d’atomes de carbone et de fluor) et il peut s’en dégager sous l’effet de la chaleur. Plusieurs centaines de substances forment cette famille des perfluorés, dont beaucoup n’ont pas été étudiées. Plusieurs articles analysent les sources de contamination de la population, via le biberon, les ciments dentaires, les poussières domestiques et, pour la première fois, via le travail. Les dosages biologiques urinaires confirment cette exposition en population générale en Chine (50 % contre 93 % aux Etats Unis). Un article montre que l’exposition aux perturbateurs endocriniens via les emballages est plus large que celle liée au BPA, ce qui devrait avoir des conséquences réglementaires.

Les perfluorés sont utilisés comme surfactants dans de nombreux produits industriels et domestiques, à cause de leur propriété unique à la fois anti-humidité et anti-tâche. On les trouve dans des usages comme les ustensiles de cuisine, les cosmétiques, les emballages (pizza et pop corn par ex), dans l’imprégnation et l’imperméabilisation des textiles, vêtements, chaussures, meubles et moquettes, dans les peintures, les lubrifiants et cires pour sols et voitures, dans les mousses anti-incendies. L’utilisation sous forme de nanomatériaux est signalée. Les noms de marques les plus connus sont : Téflon, SilverStone, Staindefender, Baygard, Scotchgard, Gore-Tex, Zonyl, Stainmaster.

On ne peut analyser ce dossier sans faire référence aux autres produits perfluorés, émis lors de la dégradation des perfluorés, dont le PFOS (Acide perfluorooctane sulfonique). Celui-ci a été interdit depuis 2008 en Europe, mais reste cependant très présent dans l’environnement et l’organisme humain où il peut agir de concert avec le PFOA et les autres composés fluorés.

Une évaluation des risques liés au PFOA devrait donc prendre en considération le fait qu’il agit en coexposition avec les autres composés perfluorés.

Une pollution ubiquitaire

L’usage généralisé des perfluorés s’est traduit par une pollution généralisée de l’écosystème (eau, sol, air), jusque dans les zones polaires (C’est chez les ours polaires que l’on trouve les niveaux les plus élevés en PFOS). Le PFOA a été détecté dans 97 % et le PFOS dans 94 % des échantillons prélevés dans plus de 100 rivières des 27 pays européens (Réf Loos, 2009), soit respectivement les 3e et 7e composés les plus fréquemment détectés. Les maxima étaient respectivement 174 ng/l et 1371 ng/l (Moyennes 12 ng/l et 39 ng/l). 5 autres composés perfluorés ont été également détectés avec une fréquence allant de 24 à 70 %.

Les perfluorés sont retrouvés dans les poussières de l’environnement intérieur (3,7 ppm soit mg/kg pour le PFOA, 5 ppm pour le PFOS, 75 ppm pour le EtFOSE). Les enfants ont par conséquence une exposition 5 à 10 fois plus élevée que celle des adultes (Réf Jensen, 2008).

Une exposition humaine quasi-générale

L’imprégnation de la population par le PFOA est quasi-générale (> 98 % aux Etats Unis selon l’agence fédérale Centers for Disease Controls). Il est retrouvé dans le lait maternel (100 % d’un échantillon en Chine). C’est ce qui avait été également observé par le programme DETOX du WWF en 2005. Outre les sources ubiquitaires, la caractéristique métabolique du PFOA explique cette fréquence. Il est, en effet, éliminé très lentement par l’organisme humain, beaucoup plus lentement que chez le rongeur. Le temps de demi-vie biologique, c’est-à-dire le temps nécessaire pour que la concentration interne diminue de moitié est, dans le sérum, de 17 jours chez la souris contre 3,8 ans chez l’homme (5,4 ans pour le PFOS). L’exposition du foetus est quasi-générale également via le placenta.

Classification

Depuis octobre 2006, le PFOA est classé par l’Union Européenne avec les phrases de risque correspondantes : R61 : Risque pendant la grossesse d’effets néfastes pour l’enfant ; R20/22 : Nocif par inhalation et par ingestion ; R36 : Irritant pour les yeux ; R40 : Possibilité d’effets irréversibles ; R48/22 : Nocif : risque d’effets graves pour la santé en cas d’exposition prolongée par ingestion.

Le Centre International de Recherche contre le Cancer (CIRC) l’a classé dans les substances prioritaires à évaluer en raison de cancers observés en plusieurs sites chez l’animal. L’US Environmental Protection Agency (EPA) est en cours d’un processus de classement (Réf).

L’avis de l’AFSSA

L’AFSSA a rendu publique le 27 juillet une réponse à une question de l’UFC Calvados en date du 13 Décembre 2007 intitulée : « Poêles antiadhésives : l’Afssa répond aux interrogations des consommateurs. L’utilisation de casseroles, poêles et autres ustensiles de cuisine antiadhésifs menace-t-elle la santé du consommateur ? ».

Cette réponse s’appuie sur un avis émis le 13 Mars 2009 (Avis de l’AFSSA relatif aux risques potentiels pour la santé humaine liés à la présence résiduelle d’acide perfluorooctanoïque (PFOA) dans les revêtements antiadhésifs des ustensiles de cuisson des aliments) . Celui-ci fait référence notamment à un rapport de l’Agence Européenne de la Sécurité Alimentaire (AESA) datant de 2008 à qui il emprunte son mode de raisonnement.

La conclusion du rapport est la suivante : « Le PFOA est un composé perfluoroalkylé, appartenant à la classe des produits organiques persistants. Considérant que le PFOA et ses sels ne sont pas génotoxiques, que le mécanisme de cancérogenèse chez les rongeurs n’est pas extrapolable à l’Homme, que la DJT dérivée par l’AESA (2008) pour le PFOA est de 1,5 μg/kg/j, que l’exposition réaliste au PFOA via les matériaux au contact des aliments serait de 0,0025 μg/kg/j et l’exposition théorique maximale de 0,3 μg/kg pc/j et, que l’exposition maximale via les denrées alimentaires est estimée par l’AESA à 6 ng/kg pc/j (AESA 2008), le risque pour la santé des consommateurs relatif à la présence résiduelle de PFOA dans les revêtements anti-adhésifs des ustensiles de cuisson des aliments est considéré comme négligeable ».

Analyse critique

1) que le PFOA et ses sels ne sont pas génotoxiques, Commentaire : la référence au mécanisme de génotoxicité comme étant le seul mécanisme de toxicité à envisager dans une évaluation n’est pas recevable, dans la mesure où le PFOA est un perturbateur endocrinien et qu’il est admis que ce dernier mécanisme est impliqué dans la cancérogénèse. L’activation des peroxysomes responsable des cancers du foie chez le rongeur n’est d’ailleurs pas un mécanisme génotoxique.

2) que le mécanisme de cancérogenèse chez les rongeurs n’est pas extrapolable à l’Homme, Commentaire : le mécanisme en question est celui de la prolifération des peroxysomes. C’est un mécanisme explicatif du cancer du foie chez le rat, qui n’est pas mis en évidence chez l’homme. Ceci étant, d’autres cancers sont mis en évidence par les expérimentations animales (pancréas, testicule) pour lesquels le mécanisme peut ne pas être celui de l’activation des peroxysomes, ce que reconnaît l’avis de l’AFSSA lui-même.

3) que la DJT dérivée par l’AESA (2008) pour le PFOA est de 1,5 μg/kg/j,* Commentaire : • Cette DJT est dérivée d’un effet non-cancérogène (hypertrophie du foie), consécutif au mécanisme décrit par ailleurs comme spécifique au rat. On ne comprend pas pourquoi dans ces conditions il a été choisi comme effet critique. • La valeur de référence est une Dose avec effet correspondant à une croissance de 10 % ; on devrait selon les règles de bonne pratique considérer que c’est une DMENO (Dose Minimale induisant un Effet Minimal Observé) et appliquer un facteur de sécurité supplémentaire de 10 au lieu de la valeur 2 retenue. La DJT devrait donc être 0,03 μg/kg/j 4) que l’exposition réaliste au PFOA via les matériaux au contact des aliments serait de 0,0025 μg/kg/j et l’exposition théorique maximale de 0,3 μg/kg pc/j • Si on applique les règles de bonne pratique, l’exposition théorique maximale dépasse d’un facteur 10 la DJT de 0,03 μg/kg/j • Cette exposition ne prend pas en considération les autres sources d’exposition, notamment l’eau et les poussières dans l’environnement intérieur 5) que l’exposition maximale via les denrées alimentaires est estimée par l’AESA à 6 ng/kg pc/j (AESA 2008), • Il serait plus pertinent de partir de l’imprégnation, ce qui n’est pas évoqué dans cette conclusion.

Les données non-prises en compte ou minimisées :

Effets chez l’homme

Plusieurs études épidémiologiques montrent : – un excès de cancer (prostate en milieu professionnel ; étude minimisée dans l’avis de l’AFSSA sur des questions d’estimation de l’exposition ; il a été montré que la seconde étude négative n’était pas la simple continuation de la première, mais avait été reformatée), – une baisse de la qualité du sperme (au Danemark : 2,5 fois moins de spermatozoïdes chez les hommes les plus imprégnés en PFOA et PFOS) ; étude non prise en compte, alors qu’elle a été publiée en juin 2009, en version papier soit avant que l’avis ne soit rendu public en juillet, mais en version électronique le 2 mars 2009 avant la publication du 1er rapport de l’AFSSA), « Considerable levels of perfluorooctane sulfonic acid (PFOS), perfluorooctanoic acid (PFOA), and perfluorohexane sulfonic acid were found in all young men (medians of 24.5, 4.9, and 6.6 ng/mL, respectively). Men with high combined levels of PFOS and PFOA had a median of 6.2 million normal spermatozoa in their ejaculate in contrast to 15.5 million among men with low PFOS–PFOA (p = 0.030)” (Réf Nordstroem-Joensen , 2009).

Cette étude montre la nécessité de ne pas considérer le PFOA seul, mais en lien avec les autres composés perfluorés. De même, il est plus pertinent de partir de l’imprégnation humaine que de calculs d’exposition, dans la mesure où les effets observés chez l’homme et chez l’animal peuvent être corrélés à des niveaux d’imprégnation connus. Il est à noter que l’AFSSA ne prend jamais en considération le fait que l’imprégnation de la population aux Etats Unis est quasi-totale (> 98%). – une atteinte du développement (baisse du poids de naissance et taille aux USA corrélée négativement à la concentration dans le sérum du cordon en PFOA et PFOS, « Despite relatively low cord serum concentrations, we observed small negative associations between both PFOS and PFOA concentrations and birth weight and size », étude non prise en compte (Réf Apelberg 2007). – une atteinte de la reproduction : baisse de la fécondité liée au niveau d’imprégnation maternelle « These findings suggest that PFOA and PFOS exposure at plasma levels seen in the general population may reduce fecundity » ; étude américano-danoise non prise en compte ; Réf Fei 2009).

Effets chez l’animal

Des études importantes récentes ne sont pas prises en compte ou minimisées :

  • L’exposition pendant la gestation ou pendant la lactation induit un impact sur la glande mammaire persistant à l’âge adulte. La dose interne chez la souris correspond à 4 fois la dose interne observée chez l’homme en population générale. “ Intrauterine exposure during the final days of pregnancy caused adverse mammary glands developmental effects similar to that of extended gestational exposures. These studies confirm a window of mammary glands sensitivity in late fetal and early neonatal life, and demonstrate developmental PFOA exposure results in early and persistent MG effects, suggesting permanent consequences » (Etude non prise en compte Réf White)

- effets neurologiques pouvant induire des troubles du comportement, notamment en cas d’exposition néonatale à une dose unique de PFOA ou de PFOS chez la souris (Réf Johansson, 2009).

- une atteinte du système immunitaire (données écartées en raison du mécanisme « spécifique »), alors qu’une étude (non prise en compte) montre que ce mécanisme de prolifération des peroxysomes n’est pas en cause dans ce type d’effet (Réf De Witt, étude cosignée par 3 scientifiques travaillant chez un des fabricants DuPont) – tumeurs : du foie, des testicules et du pancréas. Ces données sont écartées en raison du mécanisme « spécifique » au rat, alors que ce mécanisme est surtout évoqué pour le cancer du foie.

Le rapport de l’AFSSA est d’ailleurs particulièrement prudent au point d’évoquer cette question dans le texte au conditionnel, mais sans en tirer les conséquences : « De même que pour les tumeurs du foie, les tumeurs des cellules de Leydig et les tumeurs des cellules acinaires pancréatiques sont secondaires à l’activation des PPARα hépatiques ; ceci impliquerait que comme les tumeurs du foie, ces tumeurs ne seraient probablement pas induites chez l’homme. Néanmoins, à ce jour et comme rappelé par l’EFSA, les données de l’implication de l’induction de la prolifération des péroxysomes comme le mécanisme d’action cancérogène exclusif du PFOA étant discordantes, la possibilité de survenue de ces tumeurs chez l’homme ne peut donc pas être totalement exclue (EFSA 2008) ».

Conclusion

On retrouve dans cet avis tous les ingrédients déjà présents dans l’avis de l’AFSSA sur le BPA :

  • non prise en compte des données gênantes, notamment non prise en compte du caractère de perturbateur endocrinien de la substance,
  • définition d’une DJA non conforme aux règles de bonne pratique (Facteur de sécurité de 2 au lieu de 10 )
  • non prise en compte des données d’imprégnation pour effectuer les comparaisons animal-homme, analyse plus pertinente que le calcul de risque basé sur des estimations d’exposition
  • non prise en compte des données sur le rongeur au motif que le mécanisme d’action est spécifique aux rongeurs, alors que plusieurs effets ne passent pas par ce mécanisme (effets immunologiques) et qu’il existe un doute pour les effets cancérogènes non hépatiques, doute notifié par l’AFSSA
  • non prise en compte des autres sources d’exposition que les poêles téflonées (eau, textile, cartons alimentaires, moquette, poussières domestiques…) et non prise en considération des effets de coexposition avec les autres composés perfluorés dont le plus important le PFOS.

La conclusion de cet avis conduit à minimiser l’impact sanitaire de la contamination par le PFOA et les autres composés perfluorés. L’ingestion est une voie importante, mais d’autres sources d’exposition existent ce qui plaide pour que l’expertise soit conduite non par la seule AFSSA, mais sur un mode interagence non seulement pour le PFOA, mais pour l’ensemble des perfluorés.

Plusieurs articles analysent les sources de contamination de la population, via le biberon, les ciments dentaires, les poussières domestiques et, pour la première fois, via le travail. Les dosages biologiques urinaires confirment cette exposition en population générale en Chine (50 % contre 93 % aux Etats Unis). Un article montre que l’exposition aux perturbateurs endocriniens via les emballages est plus large que celle liée au BPA, ce qui devrait avoir des conséquences réglementaires.

Effets chez l’animal

Les données expérimentales confirment des effets chez la descendance suite à des expositions pendant la gestation à des niveaux d’exposition inférieurs à la DJA de l’AFSSA et de l’Agence sanitaire européenne AESA (DJA de 50 μg/kg/j). – Une étude chez le rat confirme des effets transgénérationnels, sur la 4e génération, à des doses 20 et 40 fois inférieures à la DJA européenne. Une diminution du développement de l’endomètre à l’âge adulte est observé chez des rats exposés à la naissance à une dose correspondant à la DJA européenne (schéma de l’exposition au biberon ou pendant la lactation), dont la conséquence peut donc être une atteinte de la fertilité de la femme. Par ailleurs une atteinte génotoxique est décrite, dans les tissus mammaires et hépatiques, mais à dose supérieure à la DJA. – Une étude chez le singe montre un trouble du comportement chez les mâles exposés via la gestation à une dose égale au cinquième de la DJA européenne.

Effets chez l’homme

Chez l’homme, un effet de stress oxydant et d’inflammation est suggéré chez les femmes ménopausées (mécanismes impliqués dans la cancérogénèse). Aspects réglementaires. Une étude répond à l’argument de la différence de métabolisation entre le rat et l’homme évoqué par l’AFSSA et l’AESA, en montrant que la conjugaison du BPA dans l’organisme est une succession de phases de conjugaison et de déconjugaison notamment dans le placenta, ce qui se traduit par une exposition du foetus.

Dans le même esprit, un autre article critique le modèle expérimental utilisé pour construire la DJA européenne du BPA et plaide pour une remise en cause du paradigme traditionnel de la toxicologie « C’est la dose qui fait le poison ». Au vu de ces résultats, la réouverture de l’expertise sur les risques liés au BPA que demande le RES apparaît plus que jamais nécessaire. Celle-ci a été demandée à l’AFSSA par Mme Chantal Jouanno secrétaire d’Etat à l’Ecologie sans suite à ce jour. Source : dossier presse du Réseau Environnement Santé

Blue Nocta, un appareil contre le ronflement

Posted on 30 septembre 2009 (0)

Blue Nocta est le nom d’une orthèse testé avec succès auprès de 500 ronfleurs. Cet appareil permet de libérer votre pharynx en maintenant en position avancée votre mandibule. Cette solution simple et confortable vous permet debien respirer pendant votre sommeil.

Blue Nocta est un dispositif médical qui sert à prévenir les ronflements et les apnées obstructives du sommeil est commercialisé par l’entreprise Lariss. Sachez que vous n’êtes pas tout seul :44 % des personnes de plus de 30 ans ronflent, soit presque 1 personne sur 2 ronfle, selon les références bibliographiques des études cliniques disponibles sur demande ici.

Des études cliniques montrent la corrélation entre apnées du sommeil et les attaques cardiaques est de 62,8 %; les accidents vasculaires cérébraux est de 60 % et l’hypertension clinique est de 38,5 %. Quelques 500 patients traités ont déjà eu recours à Blue Nocta dont l’efficacité est à 100 % sur les ronflements.

sommeilUn ronflement peut plus ou moins longtemps rester peu bruyant. Mais le plus souvent avec le temps, et l’embonpoint venant, il s’aggrave, et surtout va se compliquer d’apnées obstructives du sommeil. Car, même lorsqu’il est très discret et sans apnée, ronflement entraîne une certaine asphyxie chronique. Au début de la survenue du ronflement, cette asphyxie est légère, et d’autant mieux supportée que le sujet est jeune. Cependant, il faut savoir que cette privation d’oxygène pendant le sommeil est d’autant plus sévère que le bruit émis est plus intense ; les conséquences physio-pathologiques multiples de cette asphyxie sont si évidentes 
que ce symptôme, pourtant bien banal, doit de nos jours être considéré 
comme une véritable maladie débutante.

Les causes de l’asphyxie, dues au ronflement et au syndrome des apnées obstructives du sommeil, sont tellement nombreuses et variées, que le traitement de la rhonchopathie chronique comporte six catégories de traitements, dont les principes sont très différents. Elles doivent être choisies de manière appropriée à chaque patient, et souvent être associées pour parvenir à la guérison.

Cette pathologie n’est pas anecdotique puisqu’elle concerne la moitié des Français âgés de plus de 30 ans. Ce dispositif, composé de gouttières souples permet de libérer le pharynx pendant le sommeil en maintenant la mandibule en position avancée. « De cette manière, il n’y a plus d’écrasement du pharynx et l’air peut pénétrer plus librement dans les poumons », affirme Denis Masquilier, le gérant de la société Lariss. Pour en savoir plus, visitez le site de http://www.bluenocta.com/ ou cliquez sur l’image ci-dessous :
BlueNocta

L’agriculture, atout en prévision de l’après-pétrole

Posted on 09 septembre 2009 (0)

La sécurité alimentaire du pays est le défi majeur auquel les Algériens seront confrontés quand, l’après-pétrole venu, ils ne pourront plus compter sur la même manne financière qui, jusqu’à cette échéance, leur aura permis d’assurer cette sécurité alimentaire si vitale à tout point de vue. C’est en ayant en perspective cet horizon après-pétrole et l’impérative nécessité pour le pays de s’y préparer que le président de la République a formulé ses orientations et donné des directives au gouvernement quand il a procédé à l’audition-évaluation du secteur de l’agriculture et du développement rural, dont les performances à venir devront tendre à garantir au pays cette sécurité alimentaire sans laquelle il sombrerait inévitablement.

Pour le chef de l’Etat, faisant référence aux mesures et aides consenties par les pouvoirs publics à ce secteur, «les conditions sont réunies pour engager un développement structurel à même d’asseoir les fondements d’une croissance agricole soutenue et un développement durable du monde rural». Il s’agit, selon lui, par conséquent «de poursuivre et de renforcer dans le cadre d’une politique de renouveau rural dynamique les actions de modernisation de l’agriculture».

Il est indéniable que depuis quelques années, le secteur de l’agriculture aligne des performances qui contribuent à atténuer la dépendance du pays en matière de sa sécurité alimentaire envers les marchés internationaux. Il reste, pour que ces performances s’installent dans la durée et deviennent la norme de la contribution du secteur dans la bataille pour la sécurité alimentaire du pays, que soient levées en partie les hypothèques qui risquent de remettre en cause leur poursuite. Dans ses orientations au ministre en charge du secteur, Bouteflika en a évoqué la plus cruciale. A savoir l’utilisation rationnelle et la valorisation des ressources en eau pour l’irrigation des terres agricoles, à l’effet de sécuriser un niveau acceptable de production.

C’est un fait en effet que si le secteur de l’agriculture continue à dépendre uniquement des conditions climatiques qui ne sont pas globalement propices à des rendements performants, il sera dans l’impossibilité de répondre de façon déterminante aux besoins alimentaires du pays. D’où effectivement l’urgente nécessité d’une politique visant à lui permettre d’être protégé autant que faire se peut des aléas climatiques.

Les conditions climatiques durant l’année 2008-2009 ayant été favorables, l’agriculture du pays a enregistré des résultats de production records en beaucoup de filières, que les mesures d’encadrement et d’incitation mises préalablement en oeuvre par les pouvoirs publics ont assurément contribué à amplifier. Mais il reste beaucoup à faire pour que le secteur de l’agriculture continue dans cette dynamique.

L’horizon d’une sécurité alimentaire totale pour le pays n’est pas l’objectif que l’on peut rationnellement fixer à ce secteur, compte tenu des limites naturelles qui sont les siennes rapportées aux besoins d’une population qui outrepasseront toujours ses meilleures productions. Ce qui en est attendu, c’est qu’en complément d’un développement industriel productif, il participe à réduire le déséquilibre défavorable de notre balance commerciale. Et si cela se concrétise, l’après-pétrole serait susceptible d’être favorablement appréhendé par le pays.

Kharroubi Habib

La programmation de la recherche nationale : Autopsie d’un échec annoncé

Posted on 23 mai 2009 (0)

«Une chose n’est pas juste parce qu’elle est loi. Mais elle doit être loi parce qu’elle est juste»
Montesquieu

Cette contribution tentera de mettre en lumière la problématique de la programmation de la recherche comme un des principaux obstacles qui entrave notre système de recherche.

D’abord, nous exposerons de manière non exhaustive l’intérêt de programmer les activités de recherche ainsi que le processus de programmation. Ensuite, nous ferons un examen critique de la nouvelle loi de programme pour la recherche. Nous terminerons enfin par une conclusion en y proposant une série de pistes d’action pour une revitalisation de notre système que nous croyons inévitable en ce moment privilégié de l’histoire, une chance à saisir.

Dans notre pays, la programmation des activités de la recherche relative à l’élaboration d’une politique nationale (policy-making) de la science et de la technologie (S&T) a été identifiée comme une des principales problématiques qui paralysent la contribution du potentiel humain et matériel au développement économique et social (1). Car l’un des objectifs fondamentaux d’une politique scientifique et technologique nationale est de mettre les produits des activités de la R&D** et les activités des SST*** au service du développement national.

Cependant, cet objectif ne peut être atteint que si les programmes et projets de la R&D sont inspirés et orientés selon les objectifs du plan de développement national ou d’une stratégie de développement, mais également que si l’ensemble de la démarche du processus d’innovation – c’est-à-dire la séquence Recherche-Développement-Production-Commercialisation – est vécue concrètement de bout en bout, au moins dans quelques domaines choisis pour l’impact qu’ils peuvent avoir sur la mutation à accomplir dans les structures économiques et sociales à travers l’émergence de technologies originales et adaptées ; «une première étape dans cette voie est celle de la transformation des objectifs du développement national en termes de programmes scientifiques et technologiques à la fois précis et concrets à effectuer dans le pays» (2). Cette question de management est donc primordiale et fondamentale.

Il est par conséquent d’une importance capitale que tous les acteurs (politiques, chercheurs, universitaires, entreprises, syndicats, financiers, médias, etc.) prennent conscience de la complexité et de l’intérêt de la programmation de la recherche non seulement pour la vitalité économique et sociale, mais aussi pour la valorisation des ressources humaines et naturelles que recèle notre pays.

En effet, la mise en oeuvre d’un tel processus est incontournable à la mise au point des outils de gestion de la R&D nationale au développement économique et social et à l’exploitation durable des ressources humaines et naturelles. Il constitue en fait pour notre pays le chaînon manquant de l’approche intégrale, globale et équilibrée de la gestion efficace du mouvement des idées et celui des réalisations concrètes. Il se nourrit des techniques, mais les techniques sont inopérantes si on y recourt en dehors de lui. Par contre, si cette mise en oeuvre inclut quelques défauts sur le plan de la disponibilité des hommes, sur le manque de confiance existant entre différents partenaires, sur l’absence de consultation des milieux concernés (milieu scientifique, milieu des décideurs, public au sens large), alors il y a toute chance qu’un échec vienne conclure les travaux de programmation, et ceci, quelle que soit la technique utilisée (3). Il est donc indispensable de développer la coordination et la concertation à tous les niveaux du système de recherche à travers un processus participatif afin d’agir avec cohérence et intelligence et donner du sens à la démarche pour répondre au mieux aux besoins et aux attentes de la société. Car la gestion du développement exige de ceux qui en sont responsables une vision aussi lucide que possible des éléments et interactions qui sont impliqués dans le processus complexe du développement. La prise de conscience de cet aspect incontournable doit nous permettre de mieux comprendre comment se pose aujourd’hui le problème de la recherche scientifique et le développement technologique en Algérie et quelles solutions peuvent être envisagées dans le cadre de ses interactions avec les diverses activités économiques et sociales. La tâche est d’autant plus indispensable et urgente qu’elle intervient dans une conjoncture très particulière de notre histoire marquée par des opportunités exceptionnelles, une chance à saisir.

L’analyse faite sur l’évolution des pays dits émergents dont la Chine, la Corée du Sud, Taïwan, on ne le répétera jamais assez, montre que leur succès résulte de l’habile agencement de la politique scientifique et technologique et la politique générale et ce, grâce à leur lucidité, leur ténacité, au progrès réalisé dans la S&T utilisée à bon escient, à l’attention accordée au processus de gestion de S&T et les liens à établir entre S&T et les objectifs sociaux et économiques. Décidément en Algérie, tous les gouvernements qui se sont succédé ont adopté des politiques de colmatage, qui n’ont eu d’autres résultats que le maintien du statu quo plutôt qu’une transformation en profondeur qu’elles doivent enclencher sans plus tarder. Sinon, comment expliquer alors que l’Algérie ne soit pas parvenue aux résultats de ces pays, partis pourtant du même point et avec moins de ressources propres, qu’ils ont atteint en l’espace de quarante ans seulement. Et il est temps que les politiques s’imprègnent de cette évidence, et il y va de leur responsabilité, d’où la nécessité d’adopter une politique claire de planification et de programmation articulée autour de la S&T. C’est faire preuve de myopie politique à ne pas le comprendre !

La planification, répétons-le, est de nature essentiellement politique et stratégique. Et cela n’a rien à voir avec la planification centralisée de l’économie planifiée, telle qu’elle était pratiquée dans les années 1970. Ce sont des responsables de haut niveau dans le gouvernement ou dans les sphères socio-économiques les plus élevées qui en définissent les contours, qui prononcent les premiers les termes qui seront retenus plus tard comme objectifs, qui suggèrent les ordres de grandeur financiers, les délais, les institutions éventuelles d’exécution. Bien entendu, ces personnalités n’inventent pas tout cela. Ils ne font que traduire des demandes collectives ou professionnelles, des informations sur la concurrence internationale, des grands enjeux internationaux et nationaux en matière scientifique et technologique, quelle pertinence ces enjeux peuvent avoir à moyen et long terme pour le bien-être du pays, des impressions personnelles. Ce sont des preneurs de risques (pour la Nation et, secondairement pour eux) conseillés sur le plan scientifique et technologique par des personnalités au plus haut niveau dans leur pays, et le plus souvent reconnus internationalement par la communauté scientifique.

Quant à la programmation, contrairement à la planification et au budget, elle est un lieu de passage permettant de comprendre le mouvement des idées et celui des réalisations concrètes. Les hommes qui composent ce milieu sont donc d’origines et de profils très divers et c’est leur hétérogénéité qui identifie le mieux la catégorie professionnelle des programmateurs. On y trouve du monde scientifique, des budgétaires, des politiques, des régionaux qui assurent une couverture territoriale du pays.

Dans tous les cas, ces experts sont avant tout un carnet d’adresses dans leur spécialité. La programmation assure la communication entre la planification et la budgétisation. Ce rôle d’intermédiaire est la principale caractéristique qui la définit le mieux.

Qu’en est-il de la programmation de la recherche dans notre pays ?

Avant de faire une autopsie à visée scientifique pure et rationnelle, tout en évitant de se perdre dans les détails secondaires, il me semble utile et important de rappeler quelques notions du processus de la programmation applicables à la gestion de la R&D nationale – concepts liés à la gouvernance, très en vogue aujourd’hui – qui permettent de mieux cerner et comprendre la problématique de la recherche. C’est pourquoi, nous allons d’abord répondre à la question de manière non exhaustive, qu’est-ce que la programmation des activités S&T?

La programmation pluriannuelle des activités S&T, comme dit ci-haut, est globale par nature. Elle assure le lien entre le plan (ou stratégie qui s’y substitue, en cas d’absence de plan) et le budget annuel (qui, lui, existe toujours). C’est une tactique d’emploi des ressources financières (réparties entre plusieurs institutions) pour atteindre le mieux possible et de manière cohérente les objectifs nationaux fixés par l’Etat (ces objectifs correspondent souvent à des fonctions politiques de l’Etat).

Les programmes sont généralement pluriannuels et pluri-institutionnels. Et dans une optique de suivi et d’amélioration de l’efficacité des actions de recherche, les programmes sont parfois révisés annuellement (programmes à horizon glissant).

On distingue deux types de programmation de la R&D :

1/ La programmation descendante et normative où les thèmes et projets de recherche qui composent les divers programmes sont en quelque sorte imposés d’en haut par l’organe responsable de la politique S&T aux institutions et unités de recherche chargées de leur exécution.

2/ La programmation ascendante et réactive où ce sont les unités et institutions de recherche dans le cadre de leurs comités de programmes qui suggèrent les thèmes et projets de recherche en haut lieu ; ceux-ci sont acceptés, amendés ou rejetés, compte tenu de leur pertinence par rapport aux priorités du développement national, et d’autre part de leur compatibilité avec les objectifs et les moyens du système scientifique et technologique national.

En réalité, il s’agit fréquemment d’un processus dialectique combinant ces deux types de programmation. Préalablement, cela suppose que la détermination d’objectifs socio-économiques précis en termes de problèmes prioritairement «pondérés» ainsi que leur transposition en termes techniques; la traduction de ceux-ci en objectifs/problèmes scientifiques et technologiques; l’inventaire des moyens disponibles : humains, financiers, institutionnels, en équipement et en information, c’est-à-dire le potentiel scientifique et technologique national, soient clairement établis.

La programmation de la R&D est un processus long qui exige un grand nombre d’opérations et dont la démarche exige une période de temps relativement longue, plus de cinq par exemple. Néanmoins, pour éviter que des événements économiques et politiques viennent remettre en cause les engagements pris au moment de l’élaboration initiale de la programmation, une astuce procédurière bien connue en démocratie parlementaire, qui consiste à faire acter des engagements par voie législative, en transformant la programmation en loi programme pour une durée jugée convenable (cinq ans ou plus). Une telle démarche, qui assure aux programmes de R&D une réalisation sur une longue période est généralement réservée aux réalisations stratégiques du pays (Défense nationale, énergie, télécommunications, etc.).

Dans ce contexte, pour combler le retard pris en Algérie et remédier aux lacunes en matière d’élaboration d’une politique scientifique et technologique, l’Etat a créé en janvier 1992 deux instruments chargés d’élaborer et d’appliquer cette politique à travers deux décrets exécutifs portant création, fonctionnement et organisation : des commissions intersectorielles de promotion, de programmation et d’évaluation de la recherche scientifique et technique ; et du conseil national de la recherche scientifique et technique (CNRST), présidé par le chef du gouvernement. Tout récemment, en ce sens qu’une loi a été votée et promulguée par le chef de l’Etat (loi n°08-05 du 23 février 2008), modifiant et complétant la loi n°98-11 du 22 août 1998 portant loi d’orientation et de programme à projection quinquennale sur la recherche scientifique et le développement technologique. Celle-ci définit toute une série d’objectifs du développement socio-économique du pays. De toute évidence, cela suppose que le politique ait réellement des objectifs politiques.

Ce qui n’est pas nécessairement le cas puisque l’organe chargé de les fixer et déterminer les priorités relatives ne s’est jamais réuni, en l’occurrence le CNRST. C’est aussi le reflet de la situation de nos systèmes politiques. Cette loi, bien qu’applicable à la R&D, est en fait un véritable fourre-tout où l’on mélange absolument tout : les sciences de l’ingénieur et les sciences sociales et humaines. La simple lecture de la loi suffit pour se rendre compte, il en ressort une série d’amalgames. En effet, la loi dans son article 3 du titre I de ses dispositions générales ainsi que dans l’article 10 du titre II de la programmation nationale de la recherche fait dans la confusion dans la formulation des objectifs sectoriels et scientifiques.

Ceux-ci devraient être élaborés à partir d’une nomenclature d’objectifs spécifiques applicable aux activités S&T au développement. Pareillement, la confusion entourant la priorisation des programmes nationaux de recherche, ceci relèverait plutôt des commissions intersectorielles que le CNRST (article 10 bis).

Dès lors que le rôle de ce dernier est principalement dans les déclarations d’orientation politique et les stratégies qu’il sera appelé à émettre périodiquement en matière de développement national et ce, conformément aux attributions qui lui sont dévolues par le décret susvisé n°92-23 du 13 janvier 1992.

Quant au financement du programme de la recherche, le texte dans le rapport annexé de ladite loi fait référence, en tant que base de calcul, à un certain principe de l’estimation de l’effort à consentir par l’Etat. Ce principe, dénué de tout fondement rigoureux, est un véritable défi au bon sens qu’un grand commis de l’Etat n’oserait même pas le présenter. En effet, il est dit clairement que «l’estimation du nombre de projets est faite sur la base de l’effectif chercheurs et en considérant qu’un projet de recherche est mené en moyenne par 6 chercheurs et que deux tiers des effectifs chercheurs auront des projets retenus», et d’autre part que «le coût unitaire annuel moyen d’un projet de recherche a été évalué à 1,5 million de DA». Cette démarche discordante dans la gestion des dépenses de recherche va dans le sens inverse des priorités et des préoccupations qui font référence à des considérations de pertinence (adéquation à des besoins nationaux) et d’opportunité politique (socio-économique ou culturelle). D’autant plus qu’elle ne prend pas en considération la diminution continue des effectifs de chercheurs aggravée par le phénomène de fuite de cerveaux. Donc, elle ne permettrait pas de traduire les préoccupations précitées, assorties de critères, pour la priorisation des activités de recherches répondant au mieux aux besoins socio-économiques.

Quant à cette question de budget de R&D, elle est très importante et sa détermination est étroitement liée à une volonté politique affichée envers l’application de la S&T dans le développement socio-économique du pays. Dans les économies sensées et rationnelles, le budget de R&D est rapporté au produit national brut (PNB), et aux éléments comparatifs qui sont fréquemment utilisés pour orienter la programmation budgétaire pluriannuelle.

Et sa répartition s’effectue selon l’ordre des priorités de programmes. La loi en question affiche 30 objectifs de la recherche scientifique et de développement technologique, alors qu’en fait il s’agirait plutôt d’objectifs socio-économiques devant être arrêtés par le CNRST, et 34 programmes nationaux de recherche dont certains expriment plutôt des objectifs socio-économiques, engendrant une confusion dans les objectifs. A trop vouloir entreprendre, dans cet esprit empreint de confusion, on risque de sombrer dans l’excès utopique et de perdre toute crédibilité auprès des scientifiques dans leur mobilisation pour le développement. On ne voit pas comment les uns interagissent avec les autres. Et on se demande pourquoi il y a tant d’infertilité.

Un autre paradoxe à relever, il est regrettable, dans un pays comme le nôtre, qu’une loi n’ait pas consacré un chapitre au transfert de technologie qui constitue l’instrument privilégié par excellence de l’innovation. Comme nous l’avons déjà fait observer, le transfert de technologie ne peut réussir que si un grand nombre de conditions sont réunies simultanément où l’essentiel reste évidemment le facteur humain. Et que toute tentative de développement technologique autonome est vouée à l’échec. Une autre question qui reste entière dont la loi n’en fait nullement mention, disposons-nous d’un inventaire exhaustif et fiable de notre potentiel scientifique et technologique, c’est-à-dire de l’ensemble des ressources disponibles aux fins d’étude de tous les problèmes que pose l’application de la S&T ?

De surcroît, une autre catégorie de chercheurs oubliée par la loi sur la recherche : les doctorants.

Cette catégorie de chercheurs est à considérer en tant qu’acteurs à part entière au niveau du système de recherche si l’on veut qu’elle participe activement à l’effort national de recherche, d’autant plus qu’elle doit représenter une proportion importante de notre potentiel scientifique.

Un aspect qui mérite d’être souligné est que les chercheurs soient dotés d’un statut différencié et susceptible de les motiver aussi bien au plan matériel que professionnel. A cet égard, la définition des centres d’excellence, reconnaissant implicitement la nécessité d’un élitisme scientifique, va du reste dans ce sens.

Et ce n’est pas en développant un statut égalitariste, comme celui qui vient d’être promulgué, avec un salaire de misère pour l’ensemble des chercheurs que l’élitisme scientifique verra le jour. Le principe de base de l’organisation est de dire «définir qui fait quoi», cela implique une catégorisation plus forte dans le statut des chercheurs et des institutions de recherche. Sans ce terrain humain et celui pour le développement institutionnel, à développer progressivement, il n’est pas utile de perdre son temps à écrire des rapports de programmation de la recherche : ils resteront des rapports et ne seront jamais appliqués.

Par ailleurs, l’autre problème majeur auquel l’on est aujourd’hui confronté qui ne fera qu’enliser notre système de recherche, répétons-le, est toutefois celui de l’absence de personnels de planification, d’organisation et de gestion des activités scientifiques et technologiques et leur intégration au sein des stratégies (1).

Autrement dit, les spécialistes capables de décrire et d’évaluer le potentiel scientifique et technologique dans son évolution ultérieure, d’anticiper le changement des techniques de production et de tous les éléments non matériels (connaissances fondamentales, méthodes et procédés) qui sont associés au progrès technologique, d’adapter et d’optimiser les ressources au regard des objectifs à atteindre.

Disposons-nous, dans ce contexte, des services scientifiques et technologiques (SST) dignes de ce nom, indispensables pour surmonter les problèmes posés par le passage de la recherche scientifique au développement technologique et de celui-ci à la mise sur le marché d’un produit ? On voit mal comment dans une telle situation les résultats de la recherche pourraient aboutir à la création de produits et de nouveaux procédés et dans quel délai pourraient-ils aboutir.

La disponibilité de ces informations et d’un potentiel humain adéquat et adapté à ses différentes missions est indispensable pour apprécier les forces et les faiblesses du système de recherche, déceler les inadaptations et les déséquilibres, évaluer la cohérence interne et externe des activités de recherche, et apprécier les activités de recherche des universités, des établissements de recherche et des services scientifiques et techniques. Ce n’est que lorsque nous disposons de ces informations que les responsables peuvent résoudre les problèmes d’organisation, orienter efficacement l’effort de recherche, définir les mesures propres à favoriser le développement de la S&T dans notre pays, en un mot, formuler une politique en fonction de nos choix stratégiques. Faute de quoi, les nouvelles démarches n’aboutiront à aucun résultat valable, et s’ajouteront aux échecs précédents, que l’histoire enregistrera sur le compte de ceux qui en sont responsables, et que les nouveaux fonds alloués à la recherche scientifique estimés à 100 milliards de DA seront perdus et l’investissement n’est finalement pas rentabilisé.

En guise de conclusion, nous réitérons la véritable question qui mérite d’être posée aujourd’hui connaissant ces problèmes pour sauver l’avenir, c’est comment construire alors une stratégie globale insérée dans un environnement international où le potentiel national humain et technologique n’est pas au rendez-vous ? Dans cette perspective et à la lumière de ce qui précède, il paraît essentiel et primordial dans la recherche de toute solution liée à une définition d’une stratégie de développement global, harmonisé et durable de constituer des capacités dans le domaine du management des activités scientifiques et technologiques.

Face aux attentes culturelles, sociales et économiques, il est nécessaire de mettre fin à la gestion à tâtons, à l’incohérence de notre système de recherche, à la dispersion et au gaspillage des ressources qui seraient de nature à détruire plutôt qu’à construire et qui relève des constatations évidentes. Pour ce faire, il nous parait utile de réitérer une série de pistes d’actions pratiques :

1/ Développer les compétences managériales dans le domaine de la S&T pour l’élaboration de politiques, la collecte, l’analyse et l’exploitation des données statistiques, la planification, la programmation des activités scientifiques et technologiques ainsi que du processus de leur intégration dans le plan de développement et autres méthodes de management. L’expérience acquise par certains pays dits émergents d’Asie, notamment la Corée du Sud, pourrait se révéler fort instructive pour l’Algérie, qui pourrait apporter sa contribution utile dans ce domaine de management.

2/ Favoriser et encourager le transfert vers notre pays d’activités d’innovation à forte valeur ajoutée des compétences nationales expatriées ciblant des objectifs économiques en fonction de la demande des marchés internationaux au sein des pôles de compétitivité, de manière à induire la création d’un potentiel d’innovation technologique local.

3/ Commencer à créer un potentiel national dans quelques créneaux porteurs des technologies universelles et favoriser la politique de réseau, de manière à articuler développement économique et potentiel scientifique et technologique et à jeter les bases des futurs points forts de la seconde phase d’industrialisation du pays.

4/ Contribuer à consolider les objectifs de développement à fixer. Ceux-ci doivent correspondre à un choix de valeurs que se donnera notre société et de prévoir les impacts probables de la stratégie envisagée grâce aux apports des spécialistes en sciences sociales. Les sciences de la communication en particulier peuvent aider à dégager et comprendre les facteurs qui contribuent à la création d’un climat favorable au développement de la S&T.

Les médias sont des instruments indispensables dans la réalisation des tâches du développement économique, social et culturel. Judicieusement utilisés, les médias peuvent être de précieux facteurs d’animation, d’éducation et de progrès.

Rare est le regard de celui qui voit et qui scrute les signes des temps qu’il est des instants privilégiés de l’Histoire, comme un rendez-vous avec le Destin, où une politique paraît menacée de tous les dangers, alors qu’en réalité le péril dégage l’horizon d’une manière tellement décisive qu’il présente plus d’avantages à éclater au grand jour que de risques pour l’oeuvre ; car les obstacles qu’il met en évidence éclairent si bien la situation qu’ils ressemblent davantage à des appels à une stratégie, comme un rappel à l’ordre, qu’à des barrières dressées sur le chemin à parcourir.

Il en est ainsi de l’évolution actuelle de notre société où les principes de morale politique sont bafoués, alors que nous avons tout ce qu’il faut pour relever le défi dans le siècle qui s’ouvre devant nous, caractérisée par une conjoncture favorable : une économie mondiale ouverte et interdépendante ; une désagrégation de la chaîne de valeurs dans les secteurs des technologies universelles ; et une aisance financière. Nous avons des atouts, les ressources minérales et énergétiques. Nous avons la capacité humaine aussi bien locale qu’expatriée possédant des qualités ancestrales susceptibles de s’actualiser et d’accomplir le miracle. Il y a plusieurs raisons de garder espoir et de l’entretenir.

Aurons-nous la volonté ou la sagesse de les mettre à profit et, surtout, le courage politique de passer à l’action ? Plutôt que de tourner le dos à une société en mal de vie et de rejeter notre responsabilité sur les autres qui ne peut, en effet, que nous porter préjudice, nous devons plutôt assumer pleinement notre responsabilité, comme dit ailleurs, pour un projet de société ; c’est là l’essence même de l’humanité.

(*) Maître de recherche /CDTA
Docteur en microélectronique

(**) LA Recherche et Développement (R&D) : désigne globalement les activités de recherche et de développement technologique qui, de façon complémentaire à court ou à long terme, conduisent à l’application de nouveaux procédés et la production de nouveaux produits. La R&D recouvre les trois types d’opération de recherche : recherche fondamentale, recherche appliquée et développement expérimental.

(***) Les Services Scientifiques et Technologiques (SST) : recouvrent les essais, la normalisation, la métrologie, le contrôle de qualité, la collecte et le traitement des données scientifiques, les collections scientifiques et technologiques, la diffusion de la documentation et des données scientifiques, la vulgarisation, le dépôt de brevets et l’enregistrement des licences, etc.

Dr. Mohand Tahar Belaroussi, Maître de recherche /CDTA Docteur en microélectronique

Références :

1. Recherche scientifique et politique de développement : Quelle orientation pour la gouvernance ? M.T. Belaroussi, El Watan Economie, 30 juin 2008.

2. Introduction à l’analyse politique en science et technologie, Etudes et documents de politiques scientifiques – UNESCO, n°46 (Paris, 1981).

3. Méthodes de programmation applicables à l’orientation et à la gestion de la R&D nationale, Etudes et documents de politiques scientifiques – UNESCO, n°68 (Paris, 1990).

Sur fond de tensions géopolitiques au Moyen-Orient et en Russie