Quel est, en effet, le meilleur moyen d’accroître nos chances de guérison quand un cancer se déclare ? Un seul : le dépistage précoce. Comment trouver les mots pour dire les maux ? Comme se faire entendre de ces femmes qui, par milliers, chaque année, ne répondent pas à l’appel du dépistage organisé ?
Faites-vous dépister pour ne pas risquer d’être soignée trop tard. Faites-vous dépister pour augmenter vos chances de vivre plus longtemps en bonne santé et pour ne pas avoir à le regretter. Quel est, en effet, le meilleur moyen d’accroître nos chances de guérison quand un cancer se déclare ? Un seul : le dépistage précoce.
Ce message, d’une seule et même voix, dans toutes les langues de l’Europe, nous l’adressons aujourd’hui aux femmes, à toutes les femmes, à commencer par celles qui ne savent pas ou qui n’osent pas. C’est à ces femmes qu’il faut d’abord s’adresser, aux plus fragiles, aux plus vulnérables, aux plus précaires, aux plus isolées.
Comment trouver les mots pour dire les maux ? Comme se faire entendre de ces femmes qui, par milliers, chaque année, ne répondent pas à l’appel du dépistage organisé ?
Les contraintes qui interdisent ou empêchent certaines femmes d’utiliser les procédures de dépistage qui leurs sont offertes, nous les connaissons.
Le défaut d’information, le préjugé, parfois aussi la peur, sont les causes qui font qu’un trop grand nombre de femmes sont soignées trop tard.Il nous faut donc susciter une plus large adhésion au dépistage organisé.
Saisissons l’occasion de cet « octobre rose » pour mieux communiquer et mieux informer. En ce mois du dépistage du cancer du sein, l’Europe doit unir ses forces pour faire valoir cette culture de prévention qui doit irriguer toujours davantage nos politiques de santé publique.
Pour susciter une plus large adhésion au dépistage organisé, nous devrons, sans doute, briser encore certains tabous, convaincre, faire circuler partout l’information, mais aussi défendre le principe d’un accès universel à la pratique gynécologique.
Pour Roselyne Bachelot, « défendre un tel principe, c’est défendre la cause des femmes, de toutes les femmes, quelles que soient leurs origines et leur situation sociale. » La ministre de la Santé estime que « ce combat est un combat pour la vie, un grand défi de santé publique, mais c’est aussi un combat militant pour la liberté. » Elle souhaite que lEurope, par les valeurs qu’elle incarne, soit à l’avant-garde de ce combat.
Tocqueville, il y a maintenant près de deux siècles, affirmait justement qu’« on reconnaît le degré de développement d’une société au niveau d’émancipation des femmes ». Or, si, aujourd’hui, partout en Europe, l’égalité des droits entre les hommes et les femmes est instituée, cela ne suffit toujours pas à établir, dans les faits, l’égalité réelle. Parmi les indicateurs de cette injustice persistante, on oublie trop souvent d’évoquer la question, à mes yeux essentielle, de la santé des femmes.
Les cancers du sein et de l’utérus restent les deux premiers cancers pour lesquels les femmes paient un lourd tribut. Et là encore, l’inégalité face au risque est patente : les plus modestes et les plus vulnérables, celles qui demanderaient à être les mieux protégées sont aussi les plus exposées au risque par défaut de prévention et carence d’information.
La pratique très disparate, suivant les milieux, de la mammographie, en atteste de manière éloquente. La vulnérabilité sociale éloigne, en effet, trop souvent de l’information disponible. Entre le taux de chômage et la mortalité par cancer du sein liée à une inégalité dans l’accès au dépistage, la corrélation est ainsi clairement établie.
Le ministère de la Santé place cet « octobre rose » sous le signe de la solidarité envers les moins favorisées d’entre nous, qui sont aussi trop souvent les moins bien informées et les moins instruites. Ainsi, à toutes celles qui craindraient le dépistage, il faut dire et faire savoir, quelle que soit la nature de leur réticence, qu’elles n’ont rien à craindre, ni de la méthode ni du diagnostic. Car, si par malchance, un cancer est découvert, le plus tôt est le mieux pour assurer au traitement de meilleures conditions de confort et de résultat.
Pour les femmes qui s’y prennent trop tard, ce qui vient après est plus difficile. « En aucun cas, nous ne saurions accepter comme une fatalité cette inégalité des femmes devant la santé », affirme Roselyne Bachelot.
Le combat pour la santé des femmes dont la politique de dépistage du cancer du sein est un peu l’emblème, est l’affaire de tous : l’affaire des pouvoirs publics mais aussi du monde associatif et de la société civile toute entière, partout mobilisée en Europe.
Nous sommes tous solidaires dans ce combat. Les entreprises, par exemple, ont, de toute évidence, un rôle éminent à jouer dans la diffusion de l’information utile. C’est aussi sur leur lieu de travail que les femmes doivent pouvoir recourir à la pratique souvent décisive du dépistage.
« Informer, éduquer, émanciper, tels sont les maîtres-mots de notre engagement commun au service de la santé des femmes », indique la ministre de la Santé. « Pour faire progresser la pratique du dépistage, il nous faudra donc adapter nos messages pour modifier les comportements et toucher un plus grand nombre de femmes », précise-t-elle. Elle veut qu’on saisisse l’occasion de cet « octobre rose » pour mieux communiquer et mieux informer.
Malgré les politiques de prévention et les traitements toujours plus efficaces, le cancer reste aujourd’hui l’une des causes principales de mortalité en Europe. Parmi les plus courants figure le cancer du sein. Une exposition, intitulée « Cancer du sein, faites-vous dépister! » s’est déroulée du 7 au 16 octobre 2008 au Parlement européen de Bruxelles.
En 2006, 429000 femmes ont été touchées dans les pays membres de l’Union européenne. En France, près d’une femme sur huit sera confrontée au cours de sa vie à ce fléau, les derniers chiffres font état de 11000 décès annuels.
C’est pour mobiliser les énergies et mettre en avant l’importance du dépistage que Roselyne Bachelot-Narquin, ministre française de la Santé, de la Jeunesse, des Sports et de la Vie associative, a choisi le Parlement européen pour relayer ce message.