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Algérie : Salaires ou pouvoir d’achat ?

Posted on 25 octobre 2009 (0)

Bouteflika2L’Intersyndicale autonome de la fonction publique (IAFP), qui regroupe en son sein des syndicats de l’Education nationale et des fédérations de fonctionnaires affiliées à la SNAPAP, a dénoncé, dans une déclaration, la décision de justice prise par la Chambre administrative portant «dissolution de la section Cnes de l’USTO-MB d’Oran», et a annoncé qu’elle observera un sit-in devant le Palais du gouvernement le jour de la tenue de la tripartite prévue pour cette fin d’année.

La réunion tenue à la maison des syndicats et qui a vu la présence du CLA, du SNAPAP, du SATEF et du CNAPEST, a été aussi l’occasion aux représentant syndicaux de ces organisations de faire le point et d’expliquer les raisons qui poussent à réclamer des augmentations avoisinant les 40 000 DA. Selon une étude (non officielle) faite par l’intersyndicale, le smicard algérien ne peut couvrir que 26 % de ses besoins minimums. Autrement dit, il est impossible avec un million de centimes de tenir plus d’une semaine, explique-t-on. Au même moment, le smicard marocain et tunisien couvrent, selon cette même étude, respectivement, 32 % et 15 % des besoins minimums.

Pour ce qui est appelé classe «A» dont le salaire se situe entre 15.000 et 25.000 DA touchant à une proportion importante de fonctionnaires dans l’éducation, la santé, les services…), ils ne peuvent couvrir que 52 % des besoins minimums par mois contre 64 % pour les Marocains et 51 pour les Tunisiens.

En ce qui concerne ce qui est appelé classe «B», seule cette catégorie peut avec son salaire couvrir tout le mois (104 %). Au Maroc, le similaire de cette catégorie peut couvrir ses besoins minimums respectivement à 159 % et à 131 % pour les Tunisiens.

L’intersyndicale ne semble pas être emballée par l’augmentation du SMIG, présentée, selon les syndicats autonomes, comme la solution idoine qui réglerait le problème du pouvoir d’achat du citoyen. Pour eux, c’est toute la politique des salaires qu’il faut revoir. L’augmentation du salaire minimum garanti (SNMG) ne profitera même pas aux premiers concernés qui sont les smicards mais aux fonctionnaires nommés par décret, cadres, DG, PDG… dont les salaires sont de 20 à 30 fois équivalents au SNMG. Ces syndicats demandent à ce que le point indiciaire soit calculé par rapport au prix des produits en mettant en veille un mécanisme qui sera actionné en fonction des augmentations. «Il ne sert à rien de faire des augmentations si elles seront gommées ou absorbées par des augmentations des prix à la consommation». C’est la raison pour laquelle, «nous demandions l’augmentation du point indiciaire de 45 Da à plus de 191 DA», estiment les syndicats autonomes.

Leur étude donne également un aperçu pour calculer le coût de la vie dans notre pays et le salaire qui lui correspond. Ainsi, pour la nutrition, il faut 14.200 Da, le logement et énergie 8.000 Da, autres frais 7.500 Da et pour la prise en charge de 3 enfants, 8.600 Da sont nécessaires. Ce qui représente, au bout du compte, 38.300 Da. «Cela pour que l’Algérien couvre seulement ses besoins vitaux», précise-t-on.

Avec un PIB par habitant de 8.100 dollars, l’Algérien peut «normalement» prétendre à une vie meilleure.

Les syndicats sont revenus lors de cette réunion sur la question de représentativité syndicale. Ils estiment que leurs actions, s’ils sont associés dans les grandes décisions concernant leur avenir, apaiseront les tensions sociales. «Mais, dans la situation actuelle (blocage de médiation, exclusion des syndicats autonomes de la tripartite), l’on continue à nous ignorer», regrettent-ils. Ils estiment à ce propos que l’augmentation des salaires qui sera décidée lors de la prochaine tripartite ne sera conséquente que si les syndicats se mobilisent.

Salah-Eddine K.

Algérie : Les nouveaux salaires dépendront de la tripartite

Posted on 24 octobre 2009 (0)

AlgérieEn attendant qu’elle se tienne, la prochaine tripartite serait «seule habilitée» à décider des prochaines augmentations des salaires, et le degré de ces hausses, a laissé entendre jeudi devant les députés le ministre des Finances, M. Karim Djoudi.

Il a répondu, à une question d’un député, que «seule la tripartite est habilitée à décider du niveau de l’augmentation» du SNMG, qui devrait constituer le point principal de la prochaine tripartite (gouvernement, UGTA, patronat). Djoudi répondait en fait à la question de savoir si les 100 milliards de dinars de dotation budgétaire prévue par la loi de finances 2010 pour augmenter le SNMG représentent si oui ou non le montant global et définitif décidé par l’Exécutif. Une question qui a amené le ministre des Finances à donner un peu plus d’explications sur ce sujet, mais sans trop en donner en même temps.

Il a ainsi souligné que le gouvernement de Ouyahia aurait inscrit cette dotation comme une provision dans le projet de la loi de finances 2010, et non pas comme une dépense. Autrement dit, cette dotation est susceptible d’être autant revue à la hausse ou à la baisse. Et, il précisera ainsi que cela dépendra en fait des niveaux d’augmentation des salaires que devra décider la tripartite. Le représentant du gouvernement aura ainsi pris le soin de laisser la porte ouverte à toutes les supputations et, bien sûr, celle de savoir quand cette tripartie va se tenir et, surtout, jusqu’où le gouvernement Ouyahia est-il prêt à aller pour faire offrir un cadeau de fin d’année à la centrale syndicale, alors que les recettes pétrolières algériennes baisseront de moitié à la fin de l’année 2009.

Selon Djoudi, la chute des cours du brut va se traduire «par une réduction de 50% des recettes extérieures et une baisse quasi équivalente des recettes fiscales pétrolières». Dans un bilan des 8 premiers mois de l’année, le PDG de Sonatrach avait relevé cette semaine que les recettes du groupe avaient baissé de moitié par rapport à la même période en 2008. Mais cela ne semble pas préoccuper outre mesure l’argentier du pays, qui estime que malgré cette baisse, l’Algérie a réussi à «réduire son endettement interne et externe, consolider ses réserves de change, ce qui conforte la situation financière du pays».

Il a, par ailleurs, annoncé que la dette extérieure publique de l’Algérie est de moins de 500 millions de dollars, alors que la dette intérieure publique est évaluée à 750 milliards de dinars. Les réserves de change sont, selon un dernier rapport de la Banque centrale, de plus de 140 milliards de dollars. Une situation financière ainsi «satisfaisante», autant sur le plan des équilibres internes, que ceux externes, avec une quasi-disparition de l’endettement extérieur, alors que, il y a quelques années, au début des années 2000, la dette extérieure publique était de plus de 26 milliards de dollars.

Pour autant, l’année 2009 continue de s’inscrire sous de mauvais auspices, avec un recul de moitié des recettes pétrolières, un gonflement du déficit public du Trésor, et une inflation en hausse constante. C’est dans ce contexte que la tripartie devrait décider des éventuelles augmentations du SNMG, et des salaires. Toute la question sera, en fait, de savoir quand interviendra cette réunion, et quelles sont les catégories socioprofessionnelles qui seront touchées. Là, Djoudi est resté bien silencieux devant les députés.

Mahrez Ilias

Barack Obama prix Nobel de la paix 2009

Posted on 09 octobre 2009 (0)

Obama victoryLe prix Nobel de la paix 2009 a été attribué au président des Etats-Unis, Barack Obama, ce vendredi 9 octobre 2009. Il est récompensé « pour ses efforts extraordinaires en faveur du renforcement de la diplomatie et de la coopération internationales entre les peuples », explique le jury du prix Nobel à Oslo.

Le parcours remarquable de Barack Obama, conjugué à sa campagne électorale menée de main de maître pour l’investiture du parti démocrate à la présidentielle de 2008, ouvre un nouveau chapitre dans les annales de la politique aux États-Unis.

Le premier candidat noir à recevoir l’investiture d’un grand parti politique à une présidentielle, Barack Obama a un passé qui sort de l’ordinaire. Né d’un père kényan et d’une mère blanche issue de l’Amérique profonde, il se fait découvrir sur la scène nationale en galvanisant son auditoire lorsqu’il prononce le discours principal à la convention nationale du parti démocrate tenue en 2004, l’année même où il est élu sénateur, représentant l’Illinois au Congrès. Tout juste quatre ans plus tard, il devance tous ses concurrents en lice, vieux routiers du parti démocrate, dans la course à l’investiture du parti pour la Maison-Blanche.

Orateur au style distingué, maître dans l’art de l’éloquence et des joutes oratoires émouvantes, capable de susciter l’enthousiasme des jeunes électeurs et habile usager de l’internet dont il a su faire un outil de sa campagne, Barack Obama est bel et bien un candidat du XXIe siècle. Pour autant, il possède aussi les connaissances pratiques qui ont de tout temps formé la clé de voûte des campagnes électorales, ce qui lui a notamment permis de sortir vainqueur d’une guerre de tranchée politique, longue de cinq mois et parfois brutale, après avoir éliminé son principal rival pendant les primaires, la sénatrice Hillary Rodham Clinton.

Deux thèmes sous-tendent sa campagne, à savoir la nécessité de rejeter la formule du « business as usual » qui caractérise Washington et la volonté d’amener les Américains à l’idéologie et aux origines sociales et raciales diverses à s’unir pour le bien commun.

« Il n’y a pas une Amérique libérale et une Amérique conservatrice – il y a les États-Unis d’Amérique », déclare-t-il dans son discours à la convention nationale du parti démocrate en 2004. « Il n’y a pas une Amérique noire et une Amérique blanche et une Amérique latino-américaine et une Amérique asiatique ; il y a les États-Unis d’Amérique… Nous formons un seul peuple, nous tous prêtant allégeance au drapeau, nous tous œuvrant à la défense des États-Unis d’Amérique. »

Les premières années

Les parents de Barack Obama sont issus de milieux très différents. Sa mère, Ann Dunham, est née et a grandi dans une petite ville du Kansas. Quand sa famille s’installe à Hawaï, elle fait la connaissance de Barack Obama père, étudiant boursier kényan qui est inscrit à l’Université d’Hawaï. Ils se marient en 1959 et, le 4 août 1961, Barack Obama naîtra à Honolulu. Deux ans plus tard, son père quitte sa nouvelle famille, d’abord pour continuer ses études de troisième cycle à Harvard, ensuite pour occuper un poste d’économiste dans le gouvernement kényan. Le jeune Obama ne reverra son père qu’une seule fois, à l’âge de dix ans.

Il a six ans quand sa mère se remarie, cette fois à un cadre de l’industrie pétrolière, de nationalité indonésienne. La famille va vivre en Indonésie et, quatre ans durant, le jeune garçon fréquente une école de Djakarta, la capitale. Il finira par regagner Hawaï pour vivre avec ses grands-parents maternels le temps de poursuivre ses études secondaires.

Dans son premier livre, Rêves de mon père, il décrit les troubles de son existence d’adolescent, plus nombreux que de coutume, tandis qu’il s’efforce de donner un sens à son héritage biracial, phénomène encore relativement rare à l’époque aux États-Unis. Le fait d’avoir ses racines tant dans l’Amérique noire que dans l’Amérique blanche pourrait avoir contribué à forger la vision panoramique qu’il apportera dans l’arène politique bien des années plus tard et qui reflète sa compréhension des deux points de vue.

« Barack a le don incroyable de faire la synthèse de réalités apparemment contradictoires et de les rendre cohérentes », s’émerveille Cassandra Butts, l’une de ses camarades de classe en faculté de droit, à une journaliste de la revue The New Yorker, Larissa MacFarquhar. « Cela tient au fait qu’il est né dans un foyer où des Blancs le chérissaient, mais qu’il a été perçu comme un Noir lorsqu’il a quitté le cocon familial. »

Une fois de plus, Barack Obama quitte Hawaï, cette fois pour Los Angeles, où il va rester deux ans, le temps de faire des études à Occidental College. Il ira ensuite à New York pour suivre des cours à l’université Columbia, dont il sortira titulaire d’une licence ès-lettres en 1983. Son séjour de relativement courte durée à New York éveille en lui le désir de faire du travail de terrain parce qu’il voit le gouffre qui sépare l’élite cossue de la ville des habitants des ghettos aux prises avec toutes sortes de maux sociaux dévastateurs.

Les années passées dans l’Illinois

En quête d’une identité et désireux de donner un sens à son existence, Barack Obama quitte son poste de rédacteur financier pour une société de consultants à vocation internationale sise à New York et il part pour Chicago en 1985. Là, il s’investit dans le combat social en faisant du travail de terrain pour une coalition d’églises des quartiers sud de la ville, où vit une population afro-américaine pauvre, durement touchée par la transformation de Chicago, cet ex-centre manufacturier qui a cédé la place au secteur tertiaire.

« C’est dans ces quartiers que j’ai reçu la meilleure éducation de ma vie et où j’ai compris la signification réelle de ma foi chrétienne », racontera Barack Obama des années plus tard en annonçant sa candidature à la présidence des États-Unis.

Il remporte des succès tangibles dans cette entreprise, donnant aux habitants des quartiers sud les moyens de s’exprimer sur des questions aussi diverses que le redéveloppement économique, la formation à l’emploi et l’assainissement de l’environnement. Pour lui, son rôle essentiel consiste à mobiliser les simples citoyens à la base pour qu’ils forgent des stratégies locales propres à favoriser l’autonomisation politique et économique.

Après trois années d’efforts soutenus, Barack Obama arrive à la conclusion qu’il faut s’impliquer à un échelon plus élevé, dans l’arène du droit et de la politique, pour améliorer véritablement le sort des collectivités en détresse. Dès lors, il s’inscrit à la faculté de droit de l’université Harvard, où il se distingue en étant le premier Noir à être président de la prestigieuse revue Harvard Law Review et à sortir diplômé magna cum laude en 1991.

Avec un bagage aussi impressionnant, « Barack Obama n’avait que l’embarras du choix », fait observer David Axelrod, aujourd’hui le stratège de sa campagne présidentielle. Barack Obama décide de regagner sa ville d’adoption, Chicago, où il travaille comme avocat spécialiste en droits civils et enseigne le droit constitutionnel à l’université de Chicago. En 1992, il épouse Michelle Robinson, elle-même diplômée de la faculté de droit de Harvard, et il participe à des campagnes d’inscription sur les listes électorales à Chicago pour appuyer la candidature de démocrates, dont Bill Clinton.

Fermement attaché au principe du service public, il brigue son premier poste électif en 1996 et intègre ainsi l’assemblée législative de l’Illinois en qualité de sénateur représentant Chicago. À de nombreux égards, cette démarche s’inscrit dans le prolongement logique de ses premières activités d’organisateur communautaire, et sa conception de la politique s’en ressent dans une grande mesure : dans son esprit, il incombe aux hommes politiques de faciliter la mobilisation des citoyens et de forger des coalitions de vaste portée.

« Les Afro-Américains qui invoquent exclusivement le racisme comme obstacle à leur réussite se fourvoient profondément s’ils continuent d’ignorer les forces économiques de plus grande ampleur qui sont responsables de la précarité économique de tous les travailleurs – blancs, hispaniques et asiatiques », affirme-t-il à l’époque. La réforme de la fiscalité, les réductions d’impôts accordées aux travailleurs à faible salaire et les améliorations apportées au système de justice criminelle de l’État comptent au nombre des initiatives qu’il met en place tout au long de ses huit années de service au sénat de l’Illinois.

La scène nationale

En 2000, Barack Obama tente pour la première fois de se faire élire au Congrès, mais il doit s’incliner devant son rival démocrate, Bobby Rush, qui sollicite le renouvellement de son mandat à la Chambre des représentants où il représente Chicago. Découragé par son échec brutal lors des primaires mais désireux d’étendre son influence au-delà de la législature de l’Illinois, il persuade sa femme qu’il devrait briguer un siège au Sénat, dernière tentative pour faire avancer sa carrière politique dans un jeu de quitte ou double.

La course aux élections sénatoriales de 2004 avait tourné à la débandade l’année précédente quand le sénateur sortant, Peter Fitzgerald (républicain), avait annoncé son intention de ne pas se représenter. Sept démocrates et huit républicains décident de briguer l’investiture de leur parti respectif. Barack Obama triomphe facilement de ses adversaires démocrates, remportant une plus grande part du scrutin (53 %) que ses six opposants réunis.

À l’époque, les républicains détiennent une infime majorité au Sénat, où ils occupent cinquante et un sièges sur cent, et les démocrates voient dans l’élection pour le poste de représentant de l’Illinois un élément crucial dans leurs efforts visant à reconquérir la majorité en novembre (en fait, ils n’y parviendront qu’en 2006). Le désir de donner un coup de pouce à la campagne de Barack Obama en lui faisant jouer un rôle de premier plan à la convention du parti, ses compétences oratoires bien connues et l’impression très favorable qu’il a déjà faite sur le candidat démocrate à la présidence, John Kerry, sont autant de facteurs qui se conjuguent pour expliquer que c’est à lui qu’on demande de prononcer le discours-phare à la convention d’investiture du parti.

Brillant et inspirant, le discours de Barack Obama sur la nécessité de transcender les divisions partisanes et son plaidoyer pour une « politique de l’espoir » et non du cynisme n’ont pas pour seul effet de galvaniser l’assistance ; il catapulte le jeune sénateur de l’Illinois sur la scène nationale, l’étoile montante du parti démocrate. L’automne venu, il remportera aisément le siège convoité au Sénat en obtenant 70 % des suffrages. Si la déroute quasi totale des républicains cette année-là contribue assurément à sa victoire éclatante, celle-ci est néanmoins impressionnante en soi quand on considère qu’il obtient la majorité des voix dans 93 des 102 comtés de l’État, dont les deux tiers des suffrages exprimés par les électeurs blancs.

Il affirme rapidement sa réputation, celle d’être une nouvelle race de politicien, capable de surmonter les fractures raciales traditionnelles. Dans un portrait publié par la revue The New Yorker, William Finnegan, prenant note du talent qu’a le sénateur d’« adopter subtilement la façon de parler de son interlocuteur », constate que Barack Obama « maîtrise tout l’éventail des dialectes américains ». Barack Obama explique pourquoi il sait toucher les électeurs blancs.

« Je les connais, dit-il. Ce sont mes grands-parents… Leurs manières, leurs sensibilités, leur sens du bien et du mal – tout cela, je le connais comme ma poche. »

Au Sénat, ses prises de position lors des votes s’inscrivent dans le droit fil de celles de l’aile libérale du parti démocrate. Son opposition à la guerre en Irak est devenue l’une de ses images de marque, depuis le jour, en 2002, avant même le début de la guerre, où il affirme que toute action militaire serait fondée « non sur une question de principe, mais sur des considérations de politique politicienne ». En outre, il s’emploie à renforcer les normes éthiques au Congrès, à améliorer les soins de santé en faveur des anciens combattants et à accroître le recours aux carburants renouvelables.

La course à la Maison-Blanche

Quand Barack Obama et sept autres prétendants à l’investiture du parti démocrate commencent à s’organiser en 2007, les sondages révèlent systématiquement que le sénateur de l’Illinois est en deuxième place, derrière la favorite présumée, à savoir la sénatrice de l’État de New York, Hillary Clinton. Mais dès les premiers temps de la campagne pour les primaires, Barack Obama se montre particulièrement habile à mobiliser de fervents partisans, en particulier parmi les jeunes, et dans tout le pays il organise sa campagne électorale sur une base populaire et sollicite des dons via l’Internet.

Mieux connue du grand public, à la tête d’une machine électorale aux rouages bien graissés et bénéficiant de l’appui des cadres du parti démocrate au niveau des États, Hillary Clinton jouit d’avantages que le camp Obama doit surmonter, et il met en place une stratégie novatrice à cette fin : il cible les États qui choisissent leurs délégués par le biais de « caucus », de préférence aux primaires, et se concentre sur des petits États qui votent normalement républicain lors des élections générales. Cette démarche fait fond sur le système de la représentation proportionnelle du parti démocrate (le nombre des délégués qui seront envoyés au congrès national est proportionnel au pourcentage des suffrages obtenus par le candidat), alors que le parti républicain accorde la plupart ou la totalité des délégués au vainqueur des élections dans chaque État.

Cette stratégie se révélera payante lors des premiers « caucus » tenus dans l’Iowa, le 3 janvier 2008 : contre toute attente, Barack Obama devance Hillary Clinton. Du coup, tout change ; comme l’explique le Washington Post, « le fait de battre Hillary Clinton (…) a changé la donne en faisant de Barack Obama son principal rival – le seul candidat à avoir le message, le muscle organisationnel et les ressources financières nécessaires pour lui contester le haut du pavé ».

Sa stratégie fera de nouveau la preuve de son mérite le jour du « super mardi », le 5 février, quand vingt-deux États tiennent simultanément leurs élections primaires : le verdict des urnes est un match nul, mais Barack Obama l’emporte haut la main dans des États ruraux de l’Ouest et du Sud. Il remportera dix autres victoires consécutives en février, ce qui lui permet de conforter son avance sur Hillary Clinton du point de vue du nombre de délégués. Sa rivale ne pourra jamais le rattraper.

Malgré la galère des mois de mars et d’avril – ses défaites dans les grands États de l’Ohio, du Texas et de la Pennsylvanie, les propos inflammatoires tenus par un pasteur avec lequel il est lié de longue date, sa dure observation selon laquelle les électeurs en milieu rural « s’accrochent » aux armes à feu et à la religion parce qu’ils sont amers -, Barack Obama prend inexorablement de l’avance sur la sénatrice du New York au point où il devient mathématiquement impossible à cette dernière de triompher de son rival. Finalement, le 3 juin, cinq mois jour pour jour après le début de l’épuisante course à la Maison-Blanche, les jeux sont faits. Fort de sa victoire dans le Montana et avec les « super-délégués » jusqu’alors neutres qui se rallient en nombre croissant à sa cause, Barack Obama détient la majorité des délégués dont il a besoin pour décrocher l’investiture de son parti pour la présidentielle.

« Parce que vous avez choisi d’écouter non pas vos doutes ni vos craintes, mais vos espoirs et vos aspirations les plus nobles », déclare Barack Obama ce soir-là lors d’un rassemblement à St. Paul, dans le Minnesota, « ce soir nous marquons la fin d’un parcours historique en en commençant un nouveau. »

Une présidence Obama

Dans les foyers et dans la rue, les Américains ont célébré l’élection du premier président afro-américain, un événement qu’ils considèrent comme un moment clé de leur histoire.

Le démocrate Barack Obama, fils d’une Blanche du Kansas et d’un Noir du Kénya, a remporté la présidence en recueillant 364 voix du collège électoral. Certes il reste encore des bulletins à dépouiller, mais au moins 63 millions d’Américains ont voté pour le sénateur de l’Illinois.

M. Obama n’a prononcé son discours de victoire qu’à minuit, mais de nombreux Américains ont veillé tard pour l’écouter. À la conclusion de son discours, de nombreuses personnes sont sorties dans la rue pour célébrer cet événement historique.

À Washington, la capitale du pays, des centaines d’étudiants se sont rassemblés à l’université George Washington pour suivre la soirée électorale à la télévision. Lorsque les diverses chaînes télévisées ont annoncé la victoire de M. Obama, ils ont explosé de joie et se sont embrassés. À quelques pas de là, des milliers d’habitants convergeaient vers la Maison-Blanche, agitant des drapeaux et entonnant des chants patriotiques.

À Chicago, où réside M. Obama, plus de 125.000 personnes se sont rassemblées à Grant Park pour écouter le discours du président élu. Les caméras de télévision ont capturé l’image d’influents dirigeants afro-américains en larmes qui célébraient cet événement.

À Atlanta, des certaines de personnes se sont assemblées à l’église baptiste Ebenezer, où le pasteur Martin Luther King a prêché. « Mon père serait fier de l’Amérique », a dit Bernice King, sa fille.

Quelques minutes seulement après l’annonce de la victoire, le président Bush a appelé le sénateur de l’Illinois. « J’ai dit au président élu qu’il pouvait compter sur l’entière coopération de mon gouvernement pendant qu’il prépare sa transition à la Maison-Blanche », a déclaré M. Bush le 5 novembre.

« Quelle que soit la façon dont ils ont voté, les Américains peuvent être fiers du chapitre historique qu’ils ont écrit hier. Ils ont montré au monde qui les observait la vitalité de la démocratie américaine et les progrès que nous avons réalisés vers une union plus parfaite. »

La secrétaire d’État Condoleezza Rice a également félicité M. Obama, et l’a assuré que le département d’État se tenait également prêt à faciliter sa transition.

Sur une note plus personnelle, elle a déclaré : « En tant qu’Afro-Américaine, je suis particulièrement fière, parce que notre pays a parcouru un long chemin pour panser ses blessures et éliminer la race comme facteur affectant nos vies. Ce travail n’est pas achevé, mais ce qui s’est passé hier est à l’évidence un extraordinaire pas en avant. »

Les dirigeants et de simples citoyens du monde entier félicitent le président élu

Et il n’y avait pas qu’aux États-Unis qu’on faisait la fête. Dans le monde entier, des gens se sont rassemblés dans des restaurants et d’autres endroits pour regarder les résultats à la télévision.

À Obama, petite ville de pêcheurs du Japon portant le même nom que le président élu, plus de 30.000 personnes ont participé à des festivités liées à l’élection. Nombre d’entre elles chantaient le slogan répété par les partisans de M. Obama durant la campagne : « Oui, nous le pouvons ! »

Mais le pays le plus enthousiasmé par la victoire de M. Obama est sans doute le Kénya. Le pays natal du père de M. Obama a suivi de près la campagne électorale, considérant le sénateur de l’Illinois comme l’un des leurs. À sept heures du matin heure locale, lorsque la victoire de M. Obama a été annoncée, des hourras ont retenti dans tout Nairobi.

Le président kényan, Mwai Kibaki, la déclaré le 6 novembre jour férié. « Parce que ses racines sont ici au Kénya, notre pays est rempli de fierté par son succès. En conséquence, je souhaite annoncer que demain (…) sera un jour férié national afin de permettre à tous les Kényans de célébrer cet accomplissement historique du président élu Obama. »

« En vous élisant, le peuple américain a choisi le changement, l’ouverture et l’optimisme », a déclaré le président français Nicolas Sarkozy.

« En cette nouvelle ère historique, j’ai hâte de (…) placer notre relation bilatérale de coopération constructive à un nouveau niveau », a déclaré le dirigeant chinois, Hu Jintao.

« L’élection du sénateur Barack Obama à la présidence des États-Unis a ouvert une nouvelle ère au peuple américain et au monde entier, une ère dans laquelle la race, la couleur et l’appartenance ethnique, je l’espère, ne feront plus de différence », a déclaré le président afghan, Hamid Karzaï.

De simples citoyens du monde entier ont également félicité le président élu par le truchement du site d’america.gov. Vous pouvez envoyer vos commentaires à l’adresse suivante : http://blogs.america.gov/campaign/2008/11/04/president-elect-barack-obama/

« Le monde espère de nouveau, que Dieu bénisse l’Amérique et mes meilleurs vœux à Obama », a écrit un lecteur.

« M. Obama est un homme qui inspire tant de gens en dehors des États-Unis, et nous envions aux Américains le dirigeant intelligent, courageux et compatissant qu’ils ont choisi, écrit un autre lecteur. Nous sommes persuadés que sous sa direction, les Américains peuvent redevenir un peuple révéré et aimé dans le monde. »

Une lectrice de Yaoundé (Cameroun) écrit directement au président élu : « En ce 4 novembre 2008, jour de mon anniversaire et de votre élection comme 44e président des USA, je suis heureuse de vous adresser mes sincères félicitations. Je prie pour vous. »

Une autre lectrice africaine fait observer : « Martin Luther King a lutté durant toute sa vie pour tous les Noirs. Son rêve était de vivre l’événement d’aujourd’hui (…) Cela n’est pas arrivé par hasard. Si M. Obama ne s’était pas sacrifié pour les études sur la base du sérieux il n’aurait pas atteint ce jour. »

Enfin, ce témoignage ému d’un lecteur lui aussi africain : « Vous êtes une nation extraordinaire ! Vous êtes un peuple extraordinaire ! Comme toutes les nations et comme tous les peuples, vous pouvez vous tromper, mais votre capacité à vous réformer est unique. Vous venez de donner la plus incroyable leçon de modernité au monde entier et en cela on peut dire que l’Amérique est bénie de Dieu. »

Les patrons alignés ?

Posted on 28 septembre 2009 (0)

La tripartite n’est belle que si elle fonctionne. A défaut, elle se déprécie en rencontre de routine destinée à avaliser ce qui a été déjà décidé par le gouvernement. Comme s’il s’agissait d’offrir l’image du dialogue à la place du dialogue. L’utilité politique de la tripartite n’est en tout cas guère évidente.

La représentation unique du monde du travail par l’UGTA est une fiction qui ne dupe personne. En tout cas pas les travailleurs. Au demeurant, l’Algérie continue de cultiver la grande bizarrerie d’avoir un patronat représenté par plusieurs organisations et des travailleurs représentés de manière contrainte par la seule UGTA. Mais cette représentation «multiple» du patronat ne l’élève pas forcément au rang de partenaire. Les patrons seront, bien entendu, directement concernés par une éventuelle augmentation du salaire minimum garanti et ils devront en assumer la charge. C’est une participation formelle. L’Etat, étant le principal employeur, veillera à ce qu’une augmentation du SNMG ne soit pas trop élevée.

On sait les raisons «politiques» qui font que le gouvernement continue d’instituer l’UGTA unique représentant des travailleurs. La «sagesse» et la «responsabilité» de l’UGTA sont clairement préférées à la turbulence, voire à la «subversion» des syndicats autonomes.

Les organisations patronales – dont la multiplicité par rapport à l’épaisseur sociale de la catégorie sociale concernée laisse songeur – ne sont pas mieux loties. Une partie au moins de ces organisations patronales n’a pas apprécié les derniers ajustements contenus dans la loi de finances complémentaire. Certains l’ont dit de manière fort bruyante.

commerceThéoriquement, la tripartite est le lieu indiqué pour soulever les questions et exprimer les préoccupations du patronat. Quel meilleur lieu pour discuter de la politique économique du pays que la tripartite, où les principaux acteurs de la vie économique sont présents. Sauf que les choses ne se passent pas ainsi. Il est hautement improbable que les organisations patronales puissent changer d’un iota l’ordre du jour «préfixé» par le gouvernement. C’est qu’on est dans un système où la forme prime sur le fond. Les patrons, comme l’UGTA, sont dans la tripartite pour jouer la partition formelle du dialogue. Et comme le capitalisme algérien reste particulièrement dépendant de l’Etat, ces organisations patronales ne peuvent même pas y déroger.

Le message froid contenu dans les mesures décidées par le gouvernement dans le cadre de la LFC 2009 est que l’Etat, en dépit du «marché», décide encore de la fortune et des infortunes des gens. La précarité de l’entreprise est absolue et les patrons ne peuvent qu’en tenir compte et s’aligner. Il ne manque déjà pas d’exemples d’entreprises algériennes qui semblaient avoir atteint le firmament, avant de rechuter brutalement. Et la politique n’a été absente ni de leur fulgurante ascension, ni de leur chute abyssale. Une tripartite ne peut être «belle» dans un tel système. Elle est juste un lieu obligatoire.

K.Selim

Tripartite: «Seul le dossier du SNMG est à l’ordre du jour»

Posted on 28 septembre 2009 (0)

Tayeb Louh, ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, a déclaré dans un point de presse, en marge du séminaire portant sur le rôle de l’inspection du travail dans la promotion du dialogue social dans l’entreprise, que «seul le dossier du SNMG (salaire national minimum garanti) figure à l’ordre du jour de la tripartite», dont la tenue des assises est prévue pour la fin de l’année. Il précisera qu’aucun autre dossier n’est à l’ordre du jour de la tripartite. La date de la rencontre gouvernement-représentants des travailleurs-patronat n’a pas été non plus fixée, selon le ministre.

Louh a affirmé que l’Algérie avait adopté le principe du dialogue social dans sa législation nationale, «qui s’est traduit concrètement par la mise en place de mécanismes de concertation à tous les niveaux». La concrétisation de ce principe «est évidente à tous les niveaux», en partant des négociations sectorielles jusqu’à l’entreprise, en passant par les concertations régulières qui se tiennent dans le cadre des réunions de la tripartite et de la bipartite, a indiqué le ministre, rappelant certains acquis réalisés dans le sillage de ce dialogue, notamment la conclusion du pacte économique et social.

Evoquant certains résultats enregistrés sur le terrain dans le cadre de ce dialogue, M. Louh a cité la concrétisation de «55 conventions sectorielles et 93 accords collectifs sectoriels», outre la réalisation de «2.893 conventions collectives d’entreprises et 13.606 accords collectifs d’entreprise». Louh insistera sur le dialogue en tant que moyen pour trouver des solutions aux multiples problèmes pouvant naître des transformations économiques et des effets de la mondialisation.

En ce qui concerne le rôle de l’inspection du travail, le ministre a indiqué que ses moyens matériels et humains se sont amplement renforcés et modernisés pour mieux contrôler les conditions de travail (et du coup accompagner les partenaires sociaux, travailleurs et employeurs) dans l’élaboration des conventions et accords ainsi que dans leur exécution.

Salah-Eddine K.

A grade égal : tâches égales, salaire inégal !

Posted on 25 septembre 2009 (0)

Depuis la promulgation de l’ordonnance portant statut général de la fonction publique en juillet 2006 (et tous les espoirs suscités en son temps), les enseignants-chercheurs ainsi que leurs collègues chercheurs hospitalo-universitaires et chercheurs permanents n’ont eu aucune autre alternative que de ronger leur frein en attendant le régime indemnitaire qui n’a pas encore pointé son nez malgré les « assurances » des pouvoirs publics.

Tantôt c’est vers la fin de la promulgation de tous les statuts particuliers, tantôt c’est à chaque secteur de discuter les indemnités de ses fonctionnaires, une fois que leur statut particulier soit décrété. Dans un premier temps, on a évoqué le mois de juillet 2009. Mais comme en Algérie l’été est la saison du profond coma politico-social, c’est vers ce mois de septembre 2009 que les regards se sont tournés. Accrochés au moindre chuchotement ou à la plus petite rumeur suintant des journaux, de la radio ou de la télévision, les enseignants-chercheurs suivent ce feuilleton avec un grand intérêt dont le nombre d’épisodes semble incommensurable.

Cette rentrée 2009/2010 constitue donc une fois de plus une indéniable désillusion pour les enseignants chercheurs qui ont trop espéré depuis les multiples promesses, surtout après l’inattendue grille des salaires de septembre 2007. Ils sont lassés par tant d’attente et laminés par une inflation galopante.

Les responsables du secteur en particulier et les pouvoirs publics en général n’ont-ils pas annoncé, à maintes circonstances, que le problème des salaires des enseignants-chercheurs allait être définitivement réglé afin qu’ils puissent consacrer leur énergie aux défis qui les attendent ? Maintenant que les échéances arrivent à terme, il semble que plus personne ne se rappelle ces engagements et que l’amnésie règne dans les arcanes de la république.

LA DÉVALUATION DE L’ENSEIGNANT CHERCHEUR DÉCRÉTÉE

commerceAu moment où l’on s’attendait à se mettre quelque chose sous la dent à propos du régime indemnitaire, voilà que le site Internet du journal officiel a mis en ligne, en ce jeudi 17 septembre 2009 et 27ème jour du mois de Ramadhan 1430, le décret exécutif n° 09-272 du 30 août 2009 modifiant et complétant le décret n° 86-276 du 11 novembre 1986 fixant les conditions de recrutement des personnels étrangers dans les services de l’État, des collectivités locales, établissements, organismes et entreprises publics.

Exactement, c’est comme l’année dernière qui nous fait évoquer non sans soupirs le 1er anniversaire du jour béni des parlementaires suite à la nuit de leur destin.

La spécificité de l’amendement dudit décret concerne les enseignants-chercheurs et notamment leurs collègues hospitalo-universitaires avec le nouvel article 2 qui est libellé de la sorte: « L’article 8 bis du décret n° 86-276 du 11 novembre 1986, modifié et complété, susvisé, est modifié, complété et rédigé comme suit : les personnels étrangers recrutés pour exercer les fonctions de professeur hospitalo-universitaire, professeur, maître de conférences hospitalo-universitaire classe «A», maître de conférences classe «A», maître de conférences hospitalo-universitaire classe «B» et maître de conférences classe «B» au sein des établissements l’enseignement supérieur perçoivent le traitement de base de leurs homologues algériens. Le traitement de base déterminé ci-dessus est affecté d’un coefficient correcteur compris entre 2 et 4,1. Le reste sans changement ».

Notons que dans la version officielle en langue nationale, le mot « affecté » signifie « multiplié ». Pour rappel, mentionnons qu’en 1986 le coefficient correcteur était compris entre 1,1 et 4 pour l’ensemble des travailleurs étrangers jusqu’en octobre 2004 où il a bondi entre 8 et 11 pour les enseignants universitaires afin d’encourager les étrangers à venir enseigner dans nos établissements universitaires. En plus, l’arrêté interministériel du 9 janvier 2005 a encore corrigé ce coefficient pour le hausser à 10 ou 11 fois le salaire de base !

Par ailleurs, le coefficient multiplicateur risque encore d’augmenter si l’on tient compte de l’indemnité d’expérience professionnelle et des primes qui sont, en général, toutes calculées en fonction du salaire de base.

En attendant l’arrêté interministériel qui va détailler le dernier décret paru, le salaire de base pourra atteindre la somme de 273060,00 DA (vingt-sept millions trois mille soixante centimes algériens en brut) pour l’équivalent de notre professeur sans oublier le reste ! Ainsi, le traitement de base d’un maître de conférences de classe B « étranger » peut aisément dépasser le triple de celui de notre malheureux cher professeur !

L’HISTOIRE DE L’ANNONCE CANADIENNE DE 2004

On se rappelle toujours de cette offre d’emploi pour les années 2004/2005 et 2005/2006 du ministère de l’enseignement supérieur Algérienne destinée aux enseignants exerçant au Canada. C’était le bureau des relations internationales de l’école polytechnique de Montréal qui avait diffusé l’annonce émise par le consulat général d’Algérie à Montréal, via l’ambassade d’Algérie à Ottawa. Cette alléchante annonce avait défrayé la chronique au sein du milieu universitaire Algérien. L’enseignant embauché avait droit à une prise en charge totale : billet d’avion pour lui, son conjoint et de deux de ses enfants et la mise à sa disposition d’un logement meublé.

En plus d’un salaire net de 60.000 da, l’enseignant coopérant se verrait octroyer un supplément transférable allant de 900 à 1100 dollars canadiens. Il bénéficierait, en outre, d’un congé annuel et d’un rapatriement en cas de difficultés de santé ou autres.

Comme le signale cette affiche, il y a lieu de souligner que l’enseignement devrait être dispensé en français et ou en arabe pour les enseignants maîtrisant la langue officielle du pays. Une telle annonce ne pouvait autrement s’adresser qu’à nos universitaires expatriés au Canada mais seul Dieu sait s’ils sont revenus au galop ou se sont retenus : il n’y malheureusement aucun chiffre sur le sujet mais la réalité visible du terrain l’a bien décelée. Rappelons seulement, qu’à l’époque, le salaire d’un enseignant algérien au grade de professeur à l’échelon intermédiaire ne dépassait guère les 50000 da.

Il est important de souligner ici que les enseignants-chercheurs ne sont absolument pas contre la venue des compétences étrangères. Bien au contraire, l’université algérienne doit s’ouvrir sur le monde extérieur afin d’éviter l’isolement scientifique et le repli sur soi. Personnellement, je me réjouis que les salaires proposés soient aux normes maroco-tunisiennes. Mais là où le bât blesse, c’est que les enseignants-chercheurs algériens ne peuvent même pas rêver de ces payes malgré des compétences semblables et des obligations similaires.

Les fortes disparités entre les rémunérations des enseignants locaux et coopérants risquent de porter atteinte au respect et à la dignité de l’enseignant local. Une humiliation de plus. A titre d’exemple, regardons la situation qui prévaut dans l’équipe nationale de football. Les joueurs sont tous traités de la même façon par le pays. En effet, les joueurs expatriés et leurs camarades locaux perçoivent, au centime près, les mêmes primes et indemnités. Cela est aussi vrai pour ceux qui n’ont jamais évolué sur le terrain. Imaginez ce que cela provoquerait comme zizanie et malaise si jamais les instances du sport avaient opté pour la différence de traitement. L’équipe en serait sans aucun doute décimée.

En tous les cas, elle n’aurait jamais fait un tel parcours. Notons que le décret n° 86-276 du 11 novembre 1986, dans son article 2, révèle que les travailleurs étrangers doivent justifier des conditions de recrutement au moins égales à celles offertes aux homologues algériens occupant les mêmes emplois ou postes de travail et doivent avoir une expérience de travail d’au moins 4 ans. Ces conditions sont déterminées par les statuts particuliers compte tenu des titres universitaires et professionnels détenus par les intéressés, ainsi que les travaux qu’ils auraient réalisés dans leurs spécialités.

Remarquons, au passage, que comme l’expérience minimale exigée n’est pas énorme, ce ne sont donc pas du tout les grandes sommités qu’on cherche à attirer.

LE PARADOXE DES JUMEAUX

Pour parler concrètement, prenons le cas de 2 jumeaux. Après avoir fait leurs études ensemble au pays, partent à l’étranger pour poursuivre leurs études dans la même université. Après avoir obtenu des diplômes similaires de doctorat, les frères siamois se sont ensuite séparés. Le premier est rentré au pays muni de son passeport vert et recruté dans un établissement universitaire local en tant que Maître de Conférences « A », après avoir honoré ses obligations du service national. Je ne vous raconterais pas les années de galère et les déboires qu’il a endurés pour obtenir un logement social dans un quartier populaire à cause de la crise aiguë dans le domaine. Quant au second, il est resté dans le pays formateur et a été engagé avec un grade équivalent au premier et possède dorénavant l’avantage de la double nationalité. Ce dernier peut donc, s’il le souhaite, être recruté au pays avec son passeport étranger.

À ce titre, il bénéficiera de la multiplication de son salaire et logé à bonne enseigne, contrairement à son homologue possédant la nationalité algérienne : un vrai dilemme et un casse-tête juridico-politico-administratif très complexe à résoudre.

La problématique reste la même si on remplace le deuxième enseignant par un Canadien de souche car le patriotisme de l’enseignant local en prendrait un sacré coup.

Il est dévalué par son pays et de surcroît dans son propre pays. Les complexes d’infériorité et de supériorité seraient ainsi nourris en permanence.

VALORISER AU LIEU DE DÉVALORISER

Il va sans dire qu’un nombre considérable d’enseignants-chercheurs locaux vont se sentir mal à l’aise et diminués devant leurs homologues recrutés en qualité d’étrangers. Pour remédier à ce dilemme inconcevable, les décideurs auraient dû revaloriser les salaires des locaux à leur juste valeur et indexer ceux des coopérants étrangers sur ces salaires. De la sorte, ils en finiraient une fois pour toute avec cette politique de deux poids, deux mesures au détriment de l’Algérien et du pays. Les nôtres se hâtent d’attribuer les normes internationales aux étrangers mais non à leurs propres compatriotes ! Pouvez-vous imaginer une telle situation dans un pays européen ? Une telle affaire aurait ébranlé la scène politique de ce pays et les médias s’en seraient donné à coeur joie. En procédant ainsi, les autorités algériennes sont tacitement en train de dévaloriser toute la formation universitaire. En plus, ils mettent également en doute toutes les compétences locales qui ont été marginalisées à cause justement de ces mesures injustes et inacceptables. Comble de cette ambiguïté, le décret a été publié suite au rapport du ministère de tutelle comme l’indique précisément le texte. C’est ce qu’on appelle en japonais se faire hara-kiri.

UN RÉGIME INDEMNITAIRE SALVATEUR ?

Enfin, le décret présidentiel n°07-304 du 29 septembre 2007 fixant la grille indiciaire des traitements et le régime de rémunération des fonctionnaires est cité en avenant du décret d’août 2009. Cependant, à la place de « régime de rémunération des fonctionnaires », les rédacteurs du décret l’ont remplacé par « régime indemnitaire des fonctionnaires ». S’agit-il d’une erreur de transcription ou d’une promulgation prémonitoire des indemnités ? Attendons les prochaines péripéties du feuilleton pour mieux voir.

Mohammed Beghdad, Enseignant à l’université de Mostaganem et syndicaliste du CNES

RDC : ultimatum des enseignants au gouvernement

Posted on 14 septembre 2009 (0)

De gros nuages s’amoncèlent sur la rentrée scolaire en RDC. Les enseignants ont lancé un ultimatum au gouvernement pour exiger la satisfaction de leurs revendications salariales à défaut de quoi, ils entameront un nouveau mouvement de grève.

Depuis 2004, le corps enseignant réclame ni plus ni moins que l’application intégrale d’un accord qui avait été conclu la même année avec le gouvernement. Le salaire moyen d’un enseignant en RDC est de 70 dollars par mois, mais la dépréciation du franc congolais a considérablement fait chuter son pouvoir d’achat.

Le secrétaire général du principal syndicat d’enseignants du Congo, Jean-Pierre Kimpuya, affirme que les syndicalistes demandent prioritairement le payement des salaires du mois d’août. Toutefois, dans le budget 2010, ceux-ci demandent aussi de « tenir compte de l’uniformisation du barème salariale en termes de salaire de base pour tous les enseignants et personnel de l’éducation du pays ainsi que d’autres revendications », a expliqué M. Kimpuya.

Les syndicalistes entendent prendre contact avec les sénateurs et sénateurs en rapport avec la nouvelle session budgétaire, a-t-il révélé.

NAHD: Le club en butte à une crise financière

Posted on 02 septembre 2009 (0)

Le NAHD pourrait se retrouver dans une situation embarrassante en matière de finances. Une crise financière n’est pas à écarter, selon un dirigeant du club qui a révélé au Quotidien d’Oran «que tout l’argent disponible actuellement dans les caisses du club sera insuffisant pour assurer la gestion de l’équipe d’ici la fin de la phase aller du championnat».

D’autre part, le club sera vraisemblablement dans l’impossibilité d’assurer salaires et primes de matchs aux joueurs en raison du montant dérisoire de la subvention allouée par l’APC et qui doit être débloquée incessamment.

Dans un autre registre, notre interlocuteur nous fera savoir que «des membres du club qui ont contribué financièrement dans l’opération recrutement veulent à tout prix récupérer leur argent qui est de l’ordre de trois milliards de centimes. Et même l’argent des sponsors ne résoudra pas le problème financier qui risque de déstabiliser le club qui a besoin d’une manne financière importante pour débloquer la situation», conclura-t-il.

A.E.M.

Un bon SMIG, c’est combien ?

Posted on 27 août 2009 (0)

«Le seul point dont on est sûr qu’il est à l’ordre du jour, c’est le SNMG. Tout le reste doit faire l’objet de consultations transversales avec les autres partenaires», nous a déclaré hier le secrétaire général de l’UGTA au sujet de la prochaine tripartite.

Une virée à la centrale syndicale, hier en fin de matinée, permet quand même de prendre le pouls d’un des partenaires d’une tripartite, dont le monde du travail attend beaucoup. «Le seul point dont on est sûr qu’il est à l’ordre du jour, c’est le SNMG. Tout le reste doit faire l’objet de consultations transversales avec les autres partenaires», nous a dit hier le SG de la Centrale syndicale après plusieurs tentatives de le faire parler. Le salaire national minimum garanti (SNMG) est justement ce point précis à propos duquel les travailleurs tendent l’oreille pour en connaître les évolutions que daignerait bien opérer le président de la République. Parce que si, Sidi Saïd est sûr que le SNMG est à l’ordre du jour, c’est parce que le premier à en avoir parlé, c’est Bouteflika. Il a ordonné aux partenaires sociaux de réfléchir à son relèvement. «A quelle hauteur ?», demandons-nous à Sidi Saïd. «Il est impossible que j’en parle maintenant, je ne veux m’avancer sur rien du tout», a-t-il lâché sans presque réfléchir comme s’il pensait qu’on pouvait deviner les niveaux de relèvement qu’il doit jalousement garder dans ses tiroirs. «Bien sûr que nous avons différentes hypothèses, c’est déjà fait, on attend de les affiner», susurre-t-on dans les couloirs de la Maison du peuple.

Il est inutile d’insister à vouloir faire parler Sidi Saïd sur cette question. Sous son air débonnaire, il peut cacher des sautes d’humeur qui lui ferait perdre son sourire habituel.

Un SNMG à 18 000, 20 000 ou à 35 000 DA comme le revendique Louisa Hanoune ? «Et même à 50 000, pourquoi pas ?», s’amuse à renchérir Sidi Saïd. Pourtant, on entend dire que l’UGTA vient de finaliser une étude sur le panier de la ménagère et pense qu’il ne pourrait être rempli que si le salaire minimum serait de 36 000 DA. «Nous sommes en train de la terminer», nous dit Sidi Saïd comme pour mettre un terme à la discussion sur ce sujet. Il est clair que le niveau du relèvement du SNMG est une question qui sera tranchée par le seul président de la République.

Le SG de l’UGTA venait de sortir d’une réunion avec quelques membres de son secrétariat national. Abdelkader Malki, l’air un peu fatigué – Ramadhan aidant – restera le dernier à sortir du bureau. Ce qu’ils confirmeront tous les deux, c’est la tenue de la prochaine tripartite «juste après l’Aïd, fin septembre». Vous deviez la tenir plutôt ? Interrogeons-nous. «On n’était pas prêt», répond Sidi Saïd.

Dans l’attente «des consultations transversales»

Et bien qu’il refuse de communiquer, ses «compagnons» ont déjà avancé que l’ordre du jour de cette rencontre ne sera pas si différent de ceux des tripartites passées. «En dehors du SNMG qui en sera le clou, on se penchera sur des dossiers récurrents comme les salaires impayés, l’application des décisions de justice et autres du même type comme le pouvoir d’achat et la cherté de la vie, nous inclurons le soutien à des mesures encourageant la production nationale», nous a déclaré un membre du secrétariat national en juin dernier (Voir Le Quotidien d’Oran du 18 juin 2009). Mais, pour cette fois-ci, on s’attarde quelque peu sur un autre point, le nouveau code du travail que le gouvernement tentera, selon les syndicalistes, d’introduire dans l’ordre du jour. Seulement «c’est justement ce que nous ne souhaitons pas parce que ce code a beaucoup de zones d’ombre qu’on n’a pas encore éclairci avec le ministère du Travail», nous disait notre source en juin dernier. «Si l’on accepte de ne pas être trop regardant sur le volet relations de travail ou recrutement, nous tenons par contre à savoir qu’entend le gouvernement par flexibilité de l’emploi, c’est une question très délicate », estime-t-on à l’UGTA. Il est possible aussi que la tripartite examine les programmes d’assainissement financier des entreprises. En fait, il est plus question pour la centrale syndicale de demander au gouvernement de lui remettre l’emploi du temps de Temmar pour tout ce qui est industrie. D’autant que le programme d’assainissement existe bel et bien puisque même le ministre des Finances en a parlé quand il a reçu, à la mi-août, un groupe de journalistes pour expliquer les dispositions de la loi de finances. Il a fait état, en effet, d’un dispositif qui, a-t-il dit, « traite les entreprises viables dont les dettes ont été rachetées par le Trésor public et celles non viables pour lesquelles l’Etat a gelé les découverts et pris en charge leurs intérêts». L’UGTA voudrait voir les Sociétés de gestion des participations (SGP) ouvrir le dossier en tripartite.

L’on nous dit à la centrale syndicale que chaque partenaire (gouvernement, UGTA, organisations patronales) doit préparer son ordre du jour. Et avant de rentrer en tripartite, ils devront s’échanger les copies pour en accorder les points et en faire un ordre du jour collectif. C’est ce qui sera fait, comme a dit Sidi Saïd, «en consultations transversales ». Celles-ci auront lieu en principe, une semaine avant l’Aïd.

«Il y a chez nous un véritable problème de société»

L’on s’attend à ce que le Forum des chefs d’entreprises (FCE) participe pour la première fois à la tripartite. «Il est possible qu’il soit présent puisqu’il a voulu se transformer en syndicat des patrons», explique-t-on.

Excepté la tenue de la tripartite après l’Aïd, rien de tout cela ne sera ni confirmé ni infirmé par le SG de l’UGTA, qui avait une allure décontractée. Chemise – en soie – bleu marine lâchée sur un pantalon en toile écru et espadrilles en écru et blanc, Sidi Saïd était plutôt serein hier même si, à un moment, avec ses mains croisées sur sa tête, il donnait l’air de battre en retraite. « Je suis fatigué, je ne dors pas d’abord assez », nous dit-il. Interrogé sur sa santé, il affirme «gérer les choses, sans trop de problèmes». Mis à part les yeux un peu bouffis par le manque de sommeil, il n’avait pas l’air de souffrir. Mais, curieusement, il avait affiché une tendance de philosophe qu’on ne lui connaissait pas. Nous l’entendrons dire ainsi «nous sommes en période de piété, le Ramadan est un mois de clémence, mais ce n’est pas ce que nous voyons chez nous». Il se dit peiné de voir tant de visages angoissés dans les rues et les marchés. «J’ai été faire un tour au marché de Aïn Benian, j’ai vu des visages angoissés, il y a, chez nous, un véritable problème de société», souligne-t-il. Il estime que pour s’en sortir «il faut en discuter, il faut un débat serein, sans a priori, sans insultes, sans déchirures». Il dit être pour des discours contradictoires «mais basés sur des logiques positives». Pour lui, «la société n’a plus de repères, il ne faut pas oublier que ceux qui sont nés durant les années 80, qui ont vu plusieurs crises et ceux des années 90 qui sont nés dans la violence et le sang, sont aujourd’hui de jeunes adultes qui ont pour seuls repères la violence et le matériel, ça ne construit pas un être humain». Il suggère qu’«aujourd’hui, on doit donner sa dimension à la sérénité parce que nous sommes un pays en convalescence, nous sommes dans une situation de post-violence, c’est très délicat». Le pays, dit-il, «a besoin d’être porté par tout le monde et tout le monde doit faire des concessions, des sacrifices. Si je suis appelé à les faire en tant que syndicaliste pour amorcer le rétablissement du pays, je le ferais. Je préfère dialoguer même si beaucoup n’en sont pas convaincus». Toujours sur un ton désappointé, il continue «je peux être incompris par ma base, mais nous avons besoin de tranquillité pour avancer, il faut sauter les verrous de l’hypocrisie pour atteindre l’objectif d’un pays prospère, de plein emploi, d’un bon pouvoir d’achat, d’une vie normale tout court». L’on se demanderait si le SG de l’UGTA n’anticiperait pas ainsi sur une tripartite dont les résultats ne changeraient rien aux angoisses des petites gens…

Ghania Oukazi