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Le projet de l’AIEA fustigé par des parlementaires iraniens

Posted on 02 novembre 2009 (0)

AIEADes parlementaires iraniens influents ont rejeté le projet de l’Agence internationale de l’énergie atomique pour trouver une solution aux préoccupations suscitées par le programme nucléaire de l’Iran.

La Commission à la sécurité nationale du parlement iranien est complètement opposée à la proposition de livrer un uranium enrichi à 3,5% en échange d’un uranium enrichi à 20%, a déclaré le président de cette commission, Alaeddin Boroujerdi cité par les médias officiels iraniens. Rien de garantit que l’Iran recevrait en échange l’uranium enrichi promis par l’accord, a ajouté M. Boroujerdi.

Le gouvernement iranien aurait dit à l’AIEA qu’il souhaite garder la quantité d’uranium nécessaire à ses réacteurs avant d’en envoyer à l’étranger. Un autre député de premier plan, Kazem Jalali, a dit à la télévision iranienne que Téhéran n’était pas du tout sûr que l’Occident respectera les termes de l’accord envisagé par l’AIEA.
Pour sa part, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a dit espérer que les négociations avec les puissances nucléaires continueront, mais il a souligné que son pays a toujours du mal à faire confiance aux puissances occidentales en ce qui concerne les négociations sur son programme nucléaire.

Nucléaire : le « oui, mais… » de Téhéran à l’AIEA

Posted on 30 octobre 2009 (0)

0L’Iran a donné sa réponse initiale au plan onusien de faire enrichir son uranium à l’étranger. Celle-ci n’a pas été rendue publique, mais Téhéran semble avoir posé quelques conditions à ce plan.

Le représentant de l’Iran auprès de l’Agence internationale de l’énergie atomique – l’AIEA – dit que son pays a adopté une approche positive concernant les pourparlers sur l’enrichissement de l’uranium. Dans une interview diffusée par une chaîne de télévision iranienne, Ali Asghar Soltanieh semble toutefois minimiser la portée des discussions actuelles et laisse entendre que d’autres pourparlers sont nécessaires.

« Lors d’une telle réunion, qui est essentiellement une discussion technique entre l’Iran et AIEA, les préoccupations techniques et économiques doivent être prises en considération lorsqu’il s’agit des modalités de fourniture de combustible », a-t-il déclaré.

Ces allusions de Soltanieh semble renforcer les informations selon lesquelles l’Iran cherche à poser des conditions au plan original. L’AIEA veut que l’Iran envoie la plupart de ses réserves d’uranium en Russie pour être enrichie à 20%, un degré suffisant pour des besoins énergétiques mais pour des armes nucléaires.

Cet uranium enrichi devra ensuite être expédié en France pour être transformé en crayons ou plaques nucléaires, puis retourné en Iran d’ici la fin de l’année.Selon les médias iraniens, Téhéran veut bien envoyer son uranium à l’étranger, mais de manière graduelle. L’Iran se plaint, par ailleurs, du rôle de la France dans ce processus. Paris, on s’en souvient, avait pris une position particulièrement ferme vis-à-vis du programme nucléaire iranien.

Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a assuré, de son côté, que son pays coopèrera avec l’AIEA. Toutefois, il a souligné que l’Iran ne renoncera pas à ce qu’il a appelé « ses droits nucléaires. »

Nucléaire iranien : Téhéran ne répond pas à l’AIEA

Posted on 24 octobre 2009 (0)

IranAux négociations sur le programme nucléaire iranien à Vienne, Téhéran n’a pas accepté la proposition de l’Agence internationale de l’énergie atomique de faire enrichir son uranium à l’étranger. Un officiel iranien a fait savoir que son pays ne répondra pas avant la semaine prochaine à la proposition soutenue par les Nations Unies, les Etats-Unis, la France et la Russie, selon laquelle Téhéran recevrait de l’uranium faiblement enrichi.

La télévision publique iranienne cite Ali Asghar Soltanieh, qui explique que son pays réfléchit aux différents aspects du plan avant de donner une réponse à l’Agence internationale de l’énergie atomique.

Ce commentaire de l’émissaire iranien sur le dossier nucléaire intervient après l’ultimatum de l’AIEA pour une réponse à la proposition faite a Téhéran de lui donner accès au nucléaire civil avec de l’uranium enrichi, mais pas assez pour fabriquer une bombe nucléaire.

La télévision d’Etat iranienne cite un négociateur iranien non identifié disant que l’Iran a proposé d’acheté lui-même du combustible nucléaire pour son réacteur. Selon la même source, l’Iran attend « une réponse positive » des puissances mondiales à son plan. Les détails de la proposition iranienne n’ont pas été rendus publics.

L’agence de presse d’Etat iranienne IRNA affirme que des inspecteurs de l’agence onusienne se rendront demain à Téhéran pour visiter la nouvelle usine d’enrichissement de l’uranium, près de Qom, dont l’existence a été récemment révélée.

Téhéran ne renonce pas à son droit d’enrichir l’uranium

Posted on 23 octobre 2009 (0)

IranTéhéran ne renoncera pas à son droit d’enrichir l’uranium, affirme un haut responsable iranien

Selon les media iraniens, le chef de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique a affirmé que Téhéran ne renoncera pas à son droit à l’enrichissement d’uranium et ne s’engagera pas à limiter ses activités d’enrichissement.

M. Ali Akbar Salehi s’exprimait alors que les grandes puissances mondiales étudient un projet d’accord sur le programme nucléaire de Téhéran à des fins civiles.

Il a souligné que son pays n’a pas besoin de faire un enrichissement d’uranium au-delà de 5% pour les réacteurs utilisés par les scientifiques iraniens. Mais cela ne veut pas dire que nous renonçons à notre droit pour un enrichissement à un niveau plus élevé, a-t-il ajouté.

Poursuite des discussions sur le nucléaire iranien

Posted on 21 octobre 2009 (0)

Mohamed-ElBaradeiMohamed ElBaradei affirme que les pourparlers sur le programme nucléaire iranien reprendront aujourd’hui, après avoir piétiné mardi.

La réunion de Vienne sur l’enrichissement à l’étranger d’uranium iranien à usage civil pourrait toujours aboutir, a déclaré Mohamed ElBaradei, le patron de l’Agence internationale pour l’énergie atomique (AIEA).

Les discussions ont tourné en rond mardi, mais en fin de journée, les diplomates iraniens, russes, français et américains se sont retrouvés au siège de l’AIEA. Évoquant « des progrès plus lents que prévus », M. ElBaradei a fait valoir qu’il restait beaucoup d’aspects techniques et de garanties pour créer la confiance à analyser. Les pourparlers doivent se poursuivre aujourd’hui.

Réunion sur le programme nucléaire iranien lundi à Vienne

Posted on 19 octobre 2009 (0)

Iran_voaSont attendus à ce rendez-vous prévu à l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) : les États-Unis, la France, la Russie et des responsables onusiens, qui se retrouveront en tête à tête avec les diplomates iraniens chargés du dossier nucléaire de Téhéran.

Ils étudieront le possible transfert d’uranium iranien faiblement enrichi en France et en Russie en vue de son enrichissement ultérieur. L’Iran affirme en avoir besoin pour un réacteur de recherche.

David Makovsky, directeur d’études au Washington Institute for Near East Policy (Winep), un groupe de réflexion américain, soutient la politique de négociations de l’administration Obama.

« Nous ne savons pas si cette politique de dialogue donnera des résultats. Mais nous pensons que même si cela ne s’avère pas une stratégie viable, cela reste utile comme tactique pour, essentiellement, encadrer toutes nos autres options. On les considèrera comme plus légitimes, plus crédibles, parce que nous aurons fait un effort » explique M. Makovsky.

Les pourparlers qui s’ouvrent lundi interviennent après l’adoption la semaine dernière par la Chambre des représentants américaine d’un projet de loi sur les sanctions contre l’Iran, qui permettra aux gouvernements locaux et fédéral américains de retirer leurs investissements des compagnies impliquées dans les activités énergétiques iraniennes. Le Congrès étudie d’ailleurs d’autres projets de loi qui sanctionneraient Téhéran.

Rappelons que les inspecteurs de l’AEIA pourront visiter le site d’enrichissement d’uranium de Qom le 25 octobre. Les pays occidentaux restent incertains quant à l’existence d’autres sites secrets en Iran et l’administration Obama envisage d’autres sanctions pour empêcher l’Iran de faire trainer les pourparlers. A noter néanmoins que la Russie et la Chine continuent de privilégier le dialogue avec Téhéran.

De l’avis des analystes, d’autres mesures de rétorsion sont envisageables, dont au besoin, un blocus naval de l’Iran.

Nucléaire : l’Iran persiste et signe

Posted on 12 octobre 2009 (0)

Iran_voaLes pressions occidentales sur l’Iran ne semblent pas avoir d’effet sur la volonté iranienne de maîtriser le processus complet d’acquisition des connaissances et de mise en oeuvre de son programme atomique.

A quelques jours d’une réunion à Vienne sur les conditions de l’enrichissement d’une partie des stocks iraniens par des puissances étrangères, le porte-parole de l’Agence atomique iranienne, Ali Shirzadian, a lancé un véritable pavé dans la mare. «L’Iran dispose de la technologie pour enrichir l’uranium et s’en servira pour alimenter en combustible un réacteur nucléaire, si aucun accord n’est conclu en Autriche», a déclaré le responsable iranien. Histoire de rappeler que dans le poker menteur qui oppose son pays aux Occidentaux, Téhéran dispose de quelques cartes qu’il serait vain de feindre d’ignorer.

L’affaire est révélatrice des stratégies occidentales qui font mine de s’alarmer du caractère potentiellement militaire de son programme nucléaire, pour empêcher en réalité le développement de l’acquisition d’une technologie duale par essence. L’objet des discussions de la semaine prochaine porte sur le transfert d’uranium iranien vers la France et/ou la Russie pour enrichir à 20% ce combustible nécessaire à la production d’isotopes à usage médical. On sait que l’utilisation militaire de l’uranium requiert un enrichissement à 90%. La stratégie occidentale vise à réduire autant que faire se peut les stocks d’uranium iranien afin de limiter les capacités de produire des armes nucléaires. Mais même cela, pourtant accepté par Téhéran, est discuté et pose problème.

Les atermoiements occidentaux révèlent bien ce qui est fondamentalement en cause : l’acquisition par les Iraniens du savoir-faire intégral en matière d’énergie atomique. La théâtralisation lassante et les fausses révélations qui se succèdent n’ont d’autre fin que de créer une atmosphère de suspicion la plus générale possible à l’endroit du programme iranien. La dernière en date a consisté à s’alarmer que l’Iran disposerait des connaissances pour fabriquer des armements atomiques. Cette «nouvelle», qui n’en est pas une, est l’expression des craintes réelles de ceux qui entendent garder le monopole et la haute main sur l’énergie de demain. Ce qui est en cause n’est pas la détention réelle, ou, au niveau des intentions, de l’arme atomique, mais la possession du savoir-faire en matière fissile.

Le glissement est intéressant en ce qu’il relève que la dissémination qui inquiète le plus les Occidentaux est bien celle des connaissances. Dans ce sens, les déclarations menaçantes de Mme Hillary Clinton ne surprennent que ceux qui le veulent bien. Le programme iranien, dont l’objet civil est à chaque fois réitéré par les plus hautes autorités du pays, inquiète infiniment plus que la détention d’un très important stock d’armes nucléaires détenu par Israël.

Or, si les intentions occidentales étaient aussi pures que leurs discours semblent le laisser accroire, l’effort de dénucléarisation devrait d’abord concerner ceux qui détiennent des armes de ce type et qui, de surcroît, ne sont pas signataires du TNP. La préoccupation inquiète sans cesse réitérée par les médias occidentaux y gagnerait en crédibilité.

K. Selim

Nucléaire iranien : La menace d’Israël

Posted on 11 octobre 2009 (0)

IranA chaque fois qu’un espoir de dialogue entre l’Iran et l’Occident se manifeste, Israël revient à la rescousse pour le briser. Où se situe la menace contre la paix au Proche et Moyen-Orient ? A Téhéran ou Tel-Aviv ?

«Il faut, certainement, prendre au sérieux la menace israélienne -sous-entendre militaire – contre l’Iran», a déclaré hier, au cours d’un entretien, le ministre des Affaires étrangères français, Bernard Kouchner. Au même moment, à l’issue de ses entretiens avec son homologue britannique à Londres, la Secrétaire d’Etat américaine aux AE, Hillary Clinton, annonçait que «le monde n’attendra pas indéfiniment des actes concrets de son engagement à coopérer avec l’AIEA sur son dossier du nucléaire». Ces deux déclarations de deux membres du Conseil de sécurité sont faites après que l’Iran s’est engagé à coopérer, lors de sa dernière réunion du 1er octobre à Genève avec le Comité des 5+1.

Il y a lieu de s’interroger sur la signification de tels propos, alors que Téhéran s’est dit prêt à recevoir dès le 25 octobre prochain une nouvelle mission des contrôleurs de l’AIEA, et qu’une autre rencontre, sur le sujet, est prévue entre l’Iran, les USA, la Russie et la France le 19 octobre à Vienne. Faut croire qu’au retour à la raison et à la négociation de l’Iran réponde une escalade «provocatrice» du gouvernement israélien qui est «à prendre au sérieux», selon le ministre français des AE. Ainsi, on découvre qu’Israël passe du statut de menacé à celui de menaçant. On découvre, par ailleurs, que Téhéran est disposé à remettre (contre paiement) une grande partie de son uranium (1,5 kilogramme) enrichi à hauteur de 5 % à la France, la Russie ou les USA, pour qu’il soit enrichi à 19,75 % et utilisé dans sa centrale nucléaire de Téhéran. Il faut rappeler que pour les besoins d’une bombe thermonucléaire, l’uranium doit être porté à 99 % de taux d’enrichissement. On est loin des 5 % dont dispose l’Iran.

La question est de savoir pourquoi Israël s’empresse de mettre sa menace à exécution ? Que doit-on craindre, la menace iranienne avec une bombe qu’il ne possède pas ou celle d’Israël qui en possède ? Et lorsque le ministre israélien des AE, David Liebermann, appelle, voilà une semaine, son pays à se «libérer» du soutien américain, cela traduit bien son «rejet» de tout projet de paix dans la région que Barack OBAMA tente de mettre en place. C’est la réponse d’Israël au lauréat du Nobel de paix 2009. Ce sera aussi son chantier prioritaire par excellence. Reste au pouvoir iranien de ne pas faciliter la tâche au dessein sioniste en faillant à ses engagements pris le 1er octobre à Genève : laisser les commissaires de l’AIEA faire leur inspection en toute liberté. Sans doute est-ce aussi le sens qu’il faut donner aux propos d’Hillary Clinton tenus hier à Londres. C’est la seule stratégie pour ramener la crise du Moyen-Orient à son «centre de gravité», c’est-à-dire la liberté et un Etat pour les Palestiniens. Car, il est évident que l’Etat sioniste fait tout pour focaliser la crise sur la «menace nucléaire» iranienne au détriment de son occupation et sa politique de la terre brûlée en Palestine.

Le président Ahmadinejad, qui fait de la question palestinienne son credo, ne peut lui rendre un plus grand service qu’en coopérant dans la transparence et la bonne volonté avec la communauté internationale sur son programme nucléaire. A contrario, tant que la tension politique est de mise entre Téhéran et l’Occident, Israël fait reculer l’espoir d’une paix en Palestine.

M’hammedi Bouzina Med, QO  Buxelles

Obama, Sarkozy et Brown sur l’usine nucléaire iranienne

Posted on 02 octobre 2009 (0)

Sarkozy1Le gouvernement iranien a adressé à l’AIEA une lettre qui fait référence à un nouveau site d’enrichissement, cela plusieurs années après en avoir entrepris la construction. Barack Obama, Nicolas Sarkozy et Gordon Brown ont fait une série de déclarations au sujet de l’installation nucléaire iranienne de Qom

Centre des congrès de Pittsburgh / Pittsburgh (Pennsylvanie)

Le président américain Barack Obama : Bonjour. Nous sommes venus ici pour annoncer qu’hier, à Vienne, les États-Unis, le Royaume-Uni et la France ont présenté à l’AIEA des éléments détaillés qui prouvent que la République islamique d’Iran s’emploie depuis plusieurs années à construire à proximité de Qom une usine clandestine d’enrichissement d’uranium.

Le gouvernement iranien a adressé hier à l’AIEA une lettre qui fait référence à un nouveau site d’enrichissement, cela plusieurs années après en avoir entrepris la construction. L’existence de cette installation constitue une infraction aux obligations qui découlent pour l’Iran des résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies et des exigences de l’AIEA. Nous attendons de l’AIEA qu’elle procède immédiatement à une enquête sur cette information préoccupante et qu’un rapport soit présenté à son Conseil des gouverneurs.

La décision iranienne de construire une nouvelle installation nucléaire de plus sans en aviser l’AIEA constitue un défi direct à l’accord fondamental qui est au centre du régime de non-prolifération. Les règles sont claires : tous les États ont le droit à l’énergie nucléaire pacifique ; les États dotés d’armes nucléaires doivent s’orienter vers le désarmement ; les États sans armes nucléaires doivent renoncer à en acquérir. Cet accord, qui reste largement appliqué depuis des décennies, assure au monde une sécurité et une sûreté nettement accrues. Il dépend de toutes les nations de tenir leurs responsabilités pour en garantir le respect.

Or l’existence de ce site ne fait qu’aviver encore la crainte que l’Iran refuse d’assumer ses responsabilités au plan international, notamment celle de déclarer toutes ses activités liées au nucléaire. Comme la communauté internationale le sait, ce n’est pas la première fois que l’Iran cache des faits relatifs à son programme nucléaire. L’Iran a certes le droit de se doter de l’énergie nucléaire pacifique nécessaire aux besoins de sa population. Mais la taille et la configuration de cette installation ne cadrent pas avec un programme pacifique. L’Iran enfreint des règles que tous les États doivent appliquer ; ce faisant, il met en danger le régime mondial de non-prolifération, il prive sa population de l’accès aux ressources qu’elle mérite et il met en péril la stabilité et la sécurité de la région et du monde entier.

Il est temps que l’Iran agisse immédiatement afin de rétablir la confiance de la communauté internationale en remplissant ses obligations internationales. Nous demeurons résolus à mener un dialogue sérieux et substantiel avec l’Iran afin de faire face à ce problème dans le cadre des négociations P5+1. Lors de ces entretiens, nous sommes déterminés à montrer que le droit international n’est pas une promesse creuse, que les obligations doivent être remplies et les traités appliqués.

Voilà pourquoi la réunion prévue en octobre entre l’Iran et les membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU plus l’Allemagne suscite un sentiment d’urgence. Lors de cette rencontre, l’Iran doit être prêt à coopérer pleinement avec l’AIEA pour prendre des mesures concrètes propres à instaurer la confiance et la transparence dans son programme nucléaire et manifester son engagement à démontrer ses intentions pacifiques dans le cadre d’un dialogue sérieux et d’actions concrètes.

Pour parler simplement, l’Iran doit appliquer les résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU et démontrer qu’il est disposé à tenir ses responsabilités en tant que membre de la communauté des nations. Nous avons offert à l’Iran une voie claire vers une plus grande intégration internationale s’il remplit ses obligations, et cette offre tient toujours. Mais le gouvernement iranien doit maintenant apporter par des actes concrets la démonstration de ses intentions pacifiques, sous peine d’encourir l’application des principes internationaux et du droit international.

Je dois préciser que si le Royaume-Uni, la France et les États-Unis ont présenté des faits à Vienne, l’Allemagne, qui est membre du P5+1, et la chancelière Merkel en particulier, qui ne pouvait être des nôtres ce matin, souhaite s’associer à nos propos.

Je passe à présent la parole au président Sarkozy, de France, pour une brève déclaration.

Le président français Nicolas Sarkozy : Mesdames et Messieurs, nous nous sommes réunis hier pour un sommet du Conseil de sécurité sur la non-prolifération et le désarmement nucléaire. J’ai redit ma conviction que l’Iran entraînait la communauté internationale sur une voie dangereuse, j’ai rappelé toutes les tentatives que nous avons faites pour proposer une solution négociée aux dirigeants iraniens, sans aucun succès. Ce qui est révélé aujourd’hui est exceptionnel. Après l’usine d’enrichissement de Natanz en 2002, c’est celle de Qom qui est mise à jour. Elle a été conçue et construite depuis plusieurs années en violation de résolutions du Conseil de Sécurité et de l’AIEA. J’attends de l’AIEA une enquête complète et rigoureuse, comme l’a dit le président Obama.

Nous étions déjà dans une grave crise de confiance, nous sommes maintenant face à un défi lancé à la communauté internationale. Les Six rencontreront les dirigeants iraniens à Genève, tout doit être mis, maintenant, sur la table. Ne laissons pas les dirigeants iraniens gagner du temps pendant que les centrifugeuses tournent. Et, si d’ici au mois de décembre, il n’y a pas un changement profond de politique de la part des dirigeants iraniens, des sanctions devront être prises. Il en va de la paix et de la stabilité.

Je vous remercie.

Le premier ministre britannique Gordon Brown : Les États-Unis, le Royaume-Uni et la France parlent d’une seule voix. Le programme nucléaire iranien est le défi le plus urgent en matière de prolifération auquel le monde ait à faire face aujourd’hui.

Ainsi que viennent de le dire le président Obama et le président Sarkozy, le degré de dissimulation du gouvernement iranien et notre évaluation de la gravité de la violation de ses engagements internationaux vont choquer et scandaliser toute la communauté internationale et renforcer notre détermination.

Confrontée à ces dissimulations en série sur de longues années, la communauté internationale n’a d’autre option que d’adopter une attitude ferme. Le 1er octobre, l’Iran devra engager le dialogue avec la communauté internationale et se joindre à elle en tant que partenaire. S’il ne le fait pas, il n’en sera que plus isolé.

Et je le dis au nom du Royaume-Uni aujourd’hui, nous ne laisserons pas passer cette affaire. Nous sommes prêts à appliquer des sanctions supplémentaires et plus sévères.

Que ce message adressé au monde soit absolument clair : l’Iran doit abandonner toute ambition militaire pour son programme nucléaire. Merci. (Fin de la transcription)

Conseil de sécurité : le programme nucléaire iranien à l’ordre du jour

Posted on 01 octobre 2009 (0)

Les Iraniens rencontrent aujourd’hui à Genève les 5+1 (les membres permanents du Conseil de sécurité et l’Allemagne) avec, à l’ordre du jour, le programme nucléaire iranien. La réunion a été précédée d’une dramatisation du côté des Occidentaux au sujet de la nouvelle usine d’enrichissement d’uranium de Qom.

Les Américains, curieusement plus tempérés que les Européens, ne pouvaient cependant pas trop forcer sur la dramatisation. Personne n’oublie un Colin Powell présentant de manière brillante les «preuves» de l’existence d’armes de destruction massive en Irak. On connaît la suite…

Les services américains en charge de l’évaluation des informations font preuve désormais d’une pondération qu’on ne trouve pas à Paris ou à Londres et qu’il est bien entendu vain de chercher à Tel-Aviv. Les Occidentaux le ressassent constamment, ils ont un problème de «confiance» avec les Iraniens. Ce qui ne se dit presque jamais est que les Iraniens ont également un problème de confiance vis-à-vis des Occidentaux et ils ont des appréhensions sécuritaires sérieuses.

Les mentalités des dirigeants occidentaux sont façonnées dans une seule direction – pour ne pas dire plus – et ils n’arrivent pas à concevoir qu’Israël constitue pour l’Iran et pour d’autres pays de la région une source de menace sérieuse, pour ne pas dire «existentielle». L’énorme propagande qui est faite en Occident sur le programme nucléaire iranien ne tient qu’à une seule préoccupation : Israël.

Le savoir-faire acquis par les Iraniens dans le domaine nucléaire bouscule le rapport de force dans la région, où seul Israël est une puissance nucléaire. La «menace» de l’Iran n’est pas qu’il cherche à «rayer Israël de la carte»  – Ahmadinejad est ridicule à ce sujet -, mais dans le fait qu’il met fin au monopole du savoir nucléaire dans la région. C’est ce qui rend particulièrement stupides les discours arabes sur la «menace iranienne».

L’Iran ne peut être un modèle politique pour les Etats arabes, cela est évident. Mais ce que les discours arabes feignent d’ignorer est que l’Etat iranien, de la période du Shah à celle des mollahs, encourage le savoir scientifique et sa diffusion. C’est d’ailleurs, à terme, le plus grand risque pour le régime iranien en place : plus la société est instruite et plus elle exigera de libertés. Mais les Arabes, qui répètent, à la manière de perroquets programmés, le discours sur la «menace iranienne», feignent d’ignorer que la grande différence est bien à ce niveau. En Iran, les universités et les centres de recherche fonctionnent. Ce sont les avancées des Iraniens dans le domaine de la maîtrise du savoir et des technologies qui en font, aux yeux des Occidentaux et d’Israël, une «menace».

ONULes Occidentaux usent de pressions économiques pour amener l’Iran à faire en quelque sorte voeu d’ignorance. Les Iraniens affirment que même au plan religieux, les armes de destruction massive sont répréhensibles mais ils se refusent à faire plaisir aux Occidentaux en déclarant qu’ils renoncent à acquérir le savoir. Tout tourne autour du savoir. Ce que les Occidentaux ne supportent pas est que l’Iran ait le «potentiel». Et ils n’ont pas beaucoup de solutions quand un pays refuse de renoncer au savoir. Quand des généraux américains doutent ouvertement de l’efficacité de frappes contre l’Iran, c’est qu’ils pensent qu’on peut bien bombarder une usine ou cent, mais qu’on ne bombarde pas un savoir ou un savoir-faire.

On l’aura compris : si les Etats arabes, y compris les plus riches, comptent peu au niveau géopolitique, c’est que la qualité de leurs universités et leur rapport au savoir y sont pour beaucoup.

K. Selim