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Ali Bongo à Paris : Séjour d’allégeance ou de rupture ?

Posted on 22 novembre 2009 (0)

ali-bongoAli Bongo Ondimba a achevé sa visite en France. Il y a séjourné après un détour à Londres, où il a assisté à un colloque sur la préservation des forêts tropicales. Un sommet qui l’intéresse particulièrement, vu qu’il a décrété les exportations d’agrumes pour compter de 2010 afin de faire profiter ses compatriotes de la transformation du bois sur place.

Mais la présence d’un Ali Ben Bongo Ondimba dans la capitale française n’est pas comme celle de n’importe quel chef d’Etat africain. Il est le fils de… Bongo, un des dernies baobabs de la Françafrique.

Il a été élu dans des circonstances controversées, même que ses adversaires soutiennent mordicus que sans l’imprimatur de l’Hexagone, il n’aurait jamais été élu. CQFD, puisque cette opposition est mal placée pour réclamer cette victoire, elle qui, mise ensemble, aurait obtenu la majorité. Ayant opté d’y aller en rangs dispersés, elle a gagné la présidentielle mais perdu la présidence.

Les bouches fendues au mauvais endroit ont vite fait d’assimiler cette visite de Bongo fils donc à de l’allégeance. Mais n’est-ce pas porter des œillères que de confiner un tel séjour dans ce carcan ?

Son père ne cachait pas ses liens étroits avec les dirigeants français. Il était à tu et à toi avec la classe politique et les hommes qui comptent dans ce pays. Et courant 2008, un ministre français, Bockel pour ne pas le nommer, qui pensait que le lion de Libreville avait les dents élimées, s’étant piqué de vouloir signer l’acte de décès de la Françafrique, prenant au mot son patron, Sarkozy, a perdu son poste : Bongo père a demandé et obtenu sa tête.

Mais tel père en politique peut ne pas être tel fils, et, pour le moment, Ali tente de le prouver. D’ailleurs, le voudrait-il qu’il ne le pourrait pas : son père, c’est une autre époque, sa longévité au pouvoir est exceptionnelle, et le contexte international d’aujourd’hui ne s’y prête pas. Bref, Ali est contraint de se faire un prénom.

Au Gabon d’abord, où il a commencé à nettoyer les écuries du Bongoland, en congédiant tous ces profiteurs et ces centaines de conseillers officiels ou occultes qui arpentaient les couloirs du palais du bord de mer. Concernant sa présence à Paris, ne serait-ce que dans les formes, il a voulu se démarquer de l’ombre tutélaire du père : en lieu et place de l’éternel hôtel Meurice, il a posé ses valises au George V.

Pendant son audience avec Sarkozy, il a été certes officiellement question des relations bilatérales entre les deux pays, du prochain sommet de Copenhague, de la politique de « l’émergence », de l’entrée en 2010 du Gabon au Conseil de sécurité des Nations unies.

Mais tout tête-à-tête entre chefs d’Etat comporte des off, et cette rencontre Sarkozy/Bongo fils n’a pas dérogé à la règle. A l’évidence, les deux personnalités sont des hérauts de la « rupture ». Le président français la pratique depuis un peu plus de 2 ans.

Depuis quelques semaines, Ali aussi veut montrer qu’il a coupé le lien politique qui le liait au père, du moins que certaines pratiques, qui étaient à la limite encouragées, seront désormais sanctionnées ; même s’il est vrai qu’il ne faut pas oublier que l’actuel chef de l’Etat gabonais est le pur produit d’un système, en l’occurrence celui du PDG. Bongo a-t-il profité de ce séjour pour signifier à Sarkozy que des bouleversements salutaires, surtout pour les Gabonais, devaient s’opérer ?

S’agissait-il d’une visite pour dire que l’époque des relations étatiques marquée du sceau de la condescendance est révolue ? Visite d’allégeance ou de rupture ? Les prochains mois en donneront les réponses.

Zowenmanogo Dieudonné Zoungrana, l’Observateur

Egypte-Algérie : La Coupe de notre monde

Posted on 15 novembre 2009 (0)

FIFAIl faut se l’avouer : il est presque plus important de vaincre l’Egypte que d’aller en Afrique du Sud. La raison ? L’Afrique du Sud c’est la Coupe du monde, le match d’hier était la coupe de notre monde, à nous et aux Egyptiens. A l’heure de ces lignes, le score était impossible à deviner, mais pour nous, l’Egypte avait déjà perdu. Perdu quoi ? Ce qui lui restait de son nassérisme culturel, réduite à mitrailler un bus au lieu de libérer le panarabisme de ses territoires imaginaires. Le nombrilisme égyptien était choquant pour nous les Algériens, mais aussi cette certitude qu’avait ce pays frère d’être le grand frère de tous les autres pays arabes, sans hésiter devant le lamentable et le ridicule. Un spectacle de délire médiatique qui montre cette extrémité de la désolation et de la vanité où peut mener le panarabisme lorsqu’il est vaincu partout et ne trouve plus d’autres ennemis que ses frères de lait.

Le néonassérisme déclenché par un simple match de foot montre que ce pays n’a pas encore réglé la question de son obésité historique : il se prend encore pour le centre de notre monde. D’où l’enjeu de ce match : c’est la coupe de « notre monde » à nous, un monde triste et horizontal où le leadership se joue en écrasant les autres au lieu de les mener à la victoire.

Les Algériens savent depuis longtemps ce qu’est un pays ennemi ; ce qu’il ne savent pas cependant, c’est quoi un « pays frère ». Comment définir cette expression, cette fraternité orale dont l’utopisme nous étouffe et dont la redondance nous fait grimacer par son hypocrisie ? C’est quoi être un pays frère ? Est-ce que cela se mange et nourrit son homme et son peuple ? Est-ce que cela s’exprime comme le doigts de la main ou en poussant Yussef dans le puits ? Est-ce que cela nous sert quelque part lorsqu’on se fait malmener en terres étrangères ? Presque pas.

Maintenant, si même avant le résultat du match, nous savons que l’Egypte a perdu quelque chose, l’autre question est « qu’avons-nous gagné nous ? ». Une première conclusion : il faut désormais qu’on soit fier d’être des Algériens et pas des produits dérivés du panarabisme décadent. Deux : ils peuvent nous concurrencer notre arabité ; mais si on accepte notre algérianité, celle-là personne ne peut nous la voler. Trois : nous avons une équipe, un drapeau et un peuple : il ne nous manque que l’indépendance vis-à-vis du panarabisme démodé et des colonisations internes. Quatre : désormais, nous n’avons plus à imiter l’Egypte, ni personne d’autre que les nôtres. Cinq : il faut demander à tous nos officiels de parler algérien et de ne pas baragouiner dans une langue classique, là où même les Egyptiens n’hésitent pas à parler égyptien tout en se déclarant d’un arabisme pur à plusieurs castes. Six : nous n’avons plus à avoir honte de nous-mêmes, de nos prénoms, de notre vraie langue nationale et de notre culture: nous ne sommes la photocopie de personne, ni d’aucune origine certifiée. Ce n’est peut-être qu’un match, mais il a suffi à démonter l’essentiel : nous pouvons être simplement algériens et l’être superbement et sans artifices importés.

Kamel Daoud

L’Italie remporte la Fed Cup de tennis

Posted on 09 novembre 2009 (0)

0L’Italie a remporté ce week-end sa deuxième Fed Cup de tennis. Les italiennes ont acquis la victoire après avoir remporté les trois premiers matchs face aux États-Unis, sur les cinq prévus. Samedi Flavia Pennetta s’était facilement imposée face à Alexa Glatch tandis que Francesca Schiavone battait Melanie Oudin.

Aujourd’hui c’est Flavia Pennetta qui a apporté le troisième point synonyme de victoire en battant la jeune Melanie Oudin, âgée de 18 ans seulement. Sara Errani et Roberta Vinci ont ensuite remporté le double face à Liezel Huber et Vania King.

Il s’agit de la deuxième victoire des italiennes dans la compétition après leur titre de 2006. Les américaines n’ont plus remporté ce trophée depuis leur victoire en 2000 sur l’Espagne.

Italie – États-Unis
Francesca Schiavone 7-6, 6-2 Melanie Oudin
Flavia Pennetta 6-3, 6-1 Alexa Glatch
Flavia Pennetta 7-5, 6-2 Melanie Oudin
Sara Errani – Roberta Vinci 4-6, 6-3, 12-10 Liezel Huber – Vania King.

Texte sous licence Creative Commons Attribution 2.5 – Source : wikinewsHistorique

Iran : 30e anniversaire de la prise de l’ambassade américaine à Téhéran

Posted on 05 novembre 2009 (0)

iran_electionsL’Iran célèbre aujourd’hui le 30ème anniversaire de la prise de l’ambassade des États-Unis à Téhéran avec des manifestations anti-américaines. L’occasion pour les opposants de protester à nouveau contre le gouvernement iranien.

Des milliers d’Iraniens se sont rendus au rassemblement organisé par le gouvernement devant l’ancienne ambassade américaine à Téhéran. La foule scandait « Dieu est grand » et « Mort à l’Amérique » alors que le récit des événements de 1979 résonnait dans les haut-parleurs. Le 4 novembre 1979, des étudiants islamistes avaient pris d’assaut l’ambassade américaine et retenu en otage 52 Américains pendant plus d’un an.

La prise de l’ambassade avait représenté une victoire pour la nouvelle République islamique qui avait renversé un peu plus tôt le régime du Shah, soutenu par les États-Unis.
Mais 30 ans plus tard, une nouvelle vague de manifestants défie le gouvernement iranien, en particulier après la réélection controversée du Président Mahmoud Ahmadinejad en juin.

Les opposants ont tenu une contre-manifestation mercredi à Téhéran, la dernière en date d’une série de rassemblements organisés pour protester selon eux contre la fraude massive lors de la réélection d’Ahmadinejad. D’après plusieurs témoignages, la police a fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser la foule.

La veille de cet anniversaire, Barack Obama a déclaré : « Cela fait trente ans qu’on nous dit ce à quoi le gouvernement iranien est opposé. Désormais, la question est de savoir quel type d’avenir il souhaite ».

Christina remporte la finale de Koh Lanta

Posted on 31 octobre 2009 (0)

christinaChristina a remporté vendredi la finale de Koh Lanta face à Patrick. Elle remporte la somme de 100.000 euros qu’elle compte « utiliser intelligemment ». L’émission ne lui a apporté « que de bonnes choses ». Elle a un nouveau travail  et « une histoire d’amour qui s’officialise ». Quant Myriam, est a été qualifiée d’office pour l’édition 2010 de «Koh-Lanta» 2010.

La finale de Koh-Lanta Palau présentée vendredi par Denis Brogniart a été remportée par Christina, selon la décision du jury de l’émission. L’émission a attiré 7.537.000 de téléspectateurs, ce qui correspond à 33.9% de parts de marché (PDM).  « J’ai gagné Koh Lanta et j’ai trouvé l’amour ! », a déclaré Christina à Closer, une interview qui pourrait avoir été réalisée avant la finale diffusée par TF1, ce qui laisserait supposer qu’il y a eu des fuites.

Myriam, la formatrice financière de 56 ans originaire de Montreuil peut remercier le ciel d’avoir droit à une seconde chance. Ayant quitté l’aventure de Koh-Lanta par abandon médical en août dernier, elle vient d’être qualifiée d’office pour la saison 10 de «Koh-Lanta».  Pour en savoir plus sur la finale de Koh-Lanta et la victoire de Christina, veuillez lire cet article.

Football : Coupe du monde en Afrique du Sud

Posted on 25 octobre 2009 (0)

FiFa_Afriquedusud« Cette inspection nous a confortés dans l’idée que nous aurons tout ce dont nous avons besoin », déclarait début octobre, le chef des opérations de la FIFA en Afrique du Sud, Ron DelMont à l’issue de la mission d’inspection des travaux des stades et des autres installations de la Coupe du monde (CM) 2010.

Ainsi, les cinq nouveaux stades et les cinq stades rénovés dans les neuf villes sud-africaines retenues, seront tous terminés pour le tirage au sort de la phase finale de la Coupe du monde le 4 décembre prochain. Une victoire pour la Nation « arc-en-ciel » a qui revenait le défi d’organiser la première de cette compétition mondiale sur le continent africain.

Avec la fin des travaux des infrastructures prévues pour accueillir la fête du ballon rond, l’Afrique du Sud cloue le bec… à tous ses détracteurs qui doutaient de sa capacité à y parvenir, surtout que des grèves à répétition ont ralenti et mis en péril, entre temps, les constructions.

Maintenant que la première bataille est gagnée, le plus dur reste, pour le pays de Nelson Mandela, de remplir ces joyaux architecturaux lors des matchs du prochain rendez-vous footballistique mondial. Il faut dire que cette dernière tâche sera difficile à accomplir pour l’Afrique du Sud quand on sait qu’elle n’est pas une « nation de football » à proprement parler ; et les oppositions à guichets fermés pourraient se compter sur le bout … des ongles.

Ce ne sont pas les étrangers qui rempliront les gradins en tout cas. Autre défi à relever, les problèmes de transport et surtout d’insécurité. L’Afrique du Sud détient d’ailleurs, l’un des taux de criminalité les plus élevés du monde, avec en moyenne 50 meurtres par jour, doublé de persécutions racistes antiBlanc.

Ce qui n’est pas pour encourager les visiteurs quand bien même fous de football. C’est donc dire, comme d’aucuns, que c’est bon mais ce n’est pas arrivé, car l’Etat sud-africain, qui se veut d’ores et déjà rassurant quant à la résolution de ces difficultés, se doit de les aplanir au plus vite et pour cela, il ne dispose que de neuf mois avant le début de la compétition.

Le moins que l’on puisse dire, à cet effet, est que la balle est dans son camp. A elle de jouer et de bien jouer pour ne pas donner raison à ceux qui pensent que l’Afrique n’est pas prête pour accueillir une coupe du monde de football.

L’Observateur

David Douillet devient député

Posted on 18 octobre 2009 (0)

David_DouilletLe champion du monde de Judo David Douillet (UMP) et le socialiste Frédérik Bernard se sont affrontés au second tour de l’élection législative partielle de ce dimanche dans la Douzième circonscription des Yvelines. La victoire revient finalement à David Douillet avec 52% des voix.

David Douillet débute très jeune la pratique du judo. En 1991, à vingt-deux ans, il remporte son premier titre de champion de France et arrive troisième aux championnats d’Europe. Il participe pour la première fois aux Jeux Olympiques de Barcelone en 1992, où il obtient la médaille de bronze dans la catégorie poids lourds. Deux ans plus tard, David Douillet devient champion d’Europe, puis champion du monde en 1995. Aux Jeux Olympiques d’Atlanta en 1996, un nouveau champion olympique des poids lourds est né. Blessé à de nombreuses reprises, il parvient tout de même à décrocher la médaille d’or à Sydney en 2000.

David Douillet est champion olympique et champion du monde de Judo, homme d’affaires, consultant sportif pour Canal+, et membre du bureau exécutif de l’UMP en charge des sports. David est un homme de cœur. C’est ainsi qu’il parraine depuis nombreuses années la collecte des « pièces jaunes » organisée par Madame Chirac, afin de soutenir les hôpitaux pour les enfants. Incarnant les valeurs du judo et de la réussite, David Douillet participe à la formation sportive des jeunes et effectue des démonstrations dans les prisons pour aider à leur réintégration.

David Douillet a effectué une mission de l’Unesco à Niamey au Niger, afin d’apporter son soutien au programme « Espérance et Solidarité autour d’un ballon », qui mêle activités éducatives, sportives et culturelles. De cette manière il participe à la lutte contre l’exclusion par l’éducation, car il considère que le sport peut permettre aux enfants de se rencontrer, d’échanger et de réintégrer le circuit scolaire.

Il est candidat UMP à l’élection législative partielle dont le second tour aura lieu le 18 octobre prochain dans la Douzième circonscription des Yvelines. Il est arrivé largement en tête au premier tour avec 44,19% des suffrages contre 21,87% pour le maire socialiste de Poissy Frédérik Bernard qui s’est qualifié pour le second tour.
L’ex-député européen Alain Lipietz, candidat de l’Europe écologie arrive en troisième position avec 14,82%, suivi de Michael Bertrand du MoDem (7,75%), et de François Delapierre du Parti de Gauche (4,87%). Au second tour, selon les résultats provisoires, il se serait imposé avec 52% des voix, devenant ainsi député de la 12ème circonscription des Yvelines.

Présidentielle en Côte d’Ivoire : Alassane Ouattara favori

Posted on 14 octobre 2009 (0)

AlassaneDepuis avant-hier, Alassane Dramane Ouattara (ADO) est officiellement candidat à la présidentielle ivoirienne, prévue pour le 29 novembre 2009.

A première vue un non-événement, comme nous qualifiions aussi l’annonce, faite par Simone Gbagbo, de la candidature de l’actuel président, Laurent Koudou Gbagbo, à sa propre succession. Mais là où le cas ADO fait événement, c’est que c’est la première fois que le président du Rassemblement des républicains (RDR) participera à un tel niveau de la compétition politique.

Déposés le lundi 12 octobre 2009 à la Commission électorale indépendante (CEI), les dossiers de l’ancien gouverneur de la BCEAO ont été transmis le même jour au Conseil constitutionnel, la haute juridiction qui doit, en principe, statuer sur la recevabilité ou non de cette candidature. En principe seulement. Car, selon un gentleman’s agreement établi dans le cadre des Accords de Linas-Marcoussis signé en 2003, aucune condition d’éligibilité ne sera opposable aux desseins présidentiels des leaders politiques signataires desdits Accords.

ADO enfin sur la ligne de départ de la course à la présidentielle. Une première pour celui qui a été, trois années durant, le Premier ministre de Félix Houphouët-Boigny et dont la candidature avait été rejetée en 2000 pour nationalité douteuse, disons plutôt, pour coller avec la vulgate d’antan, pour ivoirité douteuse ; un concept funeste et discriminatoire forgé ad hominem. Véritable lame de fond, c’est cette ivoirité-là qui a sérieusement troublé le calme, qui a naguère régné sur la lagune Ebrié et dont se vantaient, à juste raison, nos frères ivoiriens. On comprend alors aisément Alassane Dramane Ouattara lorsqu’il se fixe comme priorité la résolution définitive de cette question d’appartenance nationale si ses compatriotes le poussaient jusqu’à la victoire finale.

On ne sait pas encore si la présidentielle sera maintenue pour le 29 novembre malgré les multiples retards accusés dans la mise en œuvre du processus électoral. En revanche, on sait que le scrutin, quelle qu’en soit la date, est plein de promesses du fait de l’animosité politique que se vouent les trois dinosaures de la politique ivoirienne : celui qui a été chassé du pouvoir à Noël 99, c’est-à-dire Henri Konan Bédié ; l’occupant actuel du palais de Cocody, Laurent Gbagbo, qui n’a pratiquement jamais joui de la plénitude de sa charge ; et enfin Alassane Dramane Ouattara, longtemps considéré comme un étranger dans son propre pays et qui rêve d’étrenner les attributs de la Magistrature suprême.

Comme on le constate, chacun des trois principaux adversaires aborde la partie, nourri d’un violent ressentiment. Malheur aux vaincus. Même s’il est prématuré de prévoir l’issue du vote, Gbagbo en serait le grand favori : en effet, deux sondages, l’un réalisé par l’institut TNS Sofres et l’autre par Voodoo Communication (l’agence qui gère les relations médiatiques d’ADO), donnent le président sortant vainqueur à l’issue du second tour, quel que soit son challenger. La prédiction des commanditaires de ces enquêtes d’opinion se réalisera-t-elle ? Seule la vérité des urnes nous le dira.

Alain Saint Robespierre, l’Observateur

Gabon : un recomptage qui ne change rien

Posted on 14 octobre 2009 (0)

ali-bongoAu lendemain de l’élection présidentielle du 30 août au Gabon qui a vu la victoire du candidat du PDG, Ali Ondimba Bongo, ses concurrents n’ont pas hésité à crier à la fraude électorale.

Et comme on s’y attendait, des partisans de l’opposition sont entrés en action pour manifester leur mécontentement. C’est ce qui arrive généralement en Afrique quand on soupçonne le camp d’en face d’avoir usé de tous les moyens pour ne pas perdre. La violence s’est installée dans le pays et a fait craindre le pire. Quand la crise politique a connu une accalmie après des appels au calme de l’Union africaine, on a trouvé un autre mode pour faire baisser la tension : le recomptage des voix. Du jamais vu dans cette Afrique qui a sa propre démocratie.

Après deux semaines donc de recomptage, il n’y a pas eu de coup de théâtre. Ali Bongo sera le locataire du Palais du bord de mer qu’occupait Bongo père, décédé en juin dernier après 41 ans au pouvoir. C’est la Cour constitutionnelle qui a validé son élection avec 41,79% des voix à l’issue d’une heure de lecture. L’opposant historique, Pierre Mamboundou, est désormais deuxième du scrutin avec 25, 64% des voix et passe ainsi devant l’ex-ministre de l’Intérieur André Mba Obame crédité de 25, 22%. Doit-on parler de surprise après cette victoire de Bongo fils ? Assurément non, et il le savait lui-même dans son for intérieur. Il est resté stoïque dans ses appartements sans chercher à aller voir un marabout pour savoir si la Cour constitutionnelle dirait autre chose que la confirmation de son élection. Ce recomptage, qui ne change rien, a un peu fait oublier le Gabon sur la scène africaine.

Dans quelques jours, quand il aura fini de prêter serment, Ali Bongo sera-t-il dans la lignée des grands hommes d’Etat ? C’est ce qu’on attend non seulement du vainqueur de cette présidentielle, mais la question qu’on se pose aussi est de savoir s’il va ouvrir son gouvernement à d’autres sensibilités politiques. Les appétits ne manqueront certainement pas dans son camp, et il lui faudra une grande lucidité dans la conduite des affaires. En tout cas, on peut se féliciter du fait que la transition se soit bien passée, même si on n’oublie pas les morts de Port-Gentil.

En attendant de voir Ali Bongo à l’œuvre, l’opposition devra s’en prendre à elle-même de ne s’être pas unie pour affronter l’adversaire commun. En allant en rangs dispersés à ce scrutin à un tour, elle a grandement ouvert la voie du Palais présidentiel à Ali Bongo, qui ne demandait pas mieux. Les résultats de Mamboundou et Obame auraient nettement fait la différence et chassé le Parti démocratique gabonais (PDG) du pouvoir.

C’était le seul moyen d’obtenir le changement que des Gabonais réclament depuis longtemps, mais les ambitions des uns et des autres ont pris le pas sur la coalition. Voilà ce que ça coûte de s’obstiner à vouloir faire cavalier seul. Le changement viendra-t-il un jour ? Quand on sait que Bongo père a régné en maître sur ce pays avant de tirer sa révérence, il est possible que le fils verrouille davantage le système pour suivre les traces des autres dictateurs qui ne sont pas prêts à aller planter leurs choux.

Justin Daboné, l’Observateur

Ali Bongo confirmé président du Gabon

Posted on 13 octobre 2009 (0)

La Cour Constitutionnelle a confirmé la victoire d’Ali Bongo avec 41,79% des suffrages, suivi de Pierre Maboundou avec (25, 64% ) et André Mba Obame (25,33%). André Mba Obame, ancien ministre de l’Intérieur et candidat malheureux à la présidentielle, a entamé une grève de la faim pour protester contre ce qu’il qualifie de coup d’Etat électoral.

La Cour constitutionnelle gabonaise a confirmé, lundi, la victoire, avec 42% des voix, d’Ali Bongo Ondimba à l’élection présidentielle du 30 août après recomptage des suffrages. Elle a rejeté tous les recours déposés par 9 candidats de l’opposition qui faisaient état d’une fraude généralisée. De l’avis de la plupart des observateurs électoraux, le scrutin présidentiel gabonais était transparent et équitable en dépit de quelques irrégularités.

De son côté, André Mba Obame, ancien ministre de l’Intérieur et candidat malheureux à la présidentielle, a entamé une grève de la faim pour protester contre ce qu’il qualifie de coup d’Etat électoral.

Biographie d’Ali Bongo

Ali Bongo : Crédit photo Ali09

Le nouveau président Ali Bongo Ondimba entre dans la vie politique gabonaise en 1981. Ministre des affaires étrangères de 1989 à 1991, il occupe le poste de Ministre de la Défense depuis 1999. Il est Vice Président du Parti Démocratique Gabonais (PDG) depuis le 8eme Congrés en 2003, Le 15 juillet 2009, le Parti a désigné Ali Bongo candidat officiel du PDG pour l’élection présidentielle anticipée qui se déroulera le 30 août 2009.

Fils du défunt Président Omar Bongo et de Patience Dabany, Ali Bongo est né à Brazzaville le 9 février 1959. Il est marié à Sylvia avec qui, il a quatre enfants : une fille, Malika Bongo Ondimba et trois fils Noureddin Bongo Ondimba, Jalil Bongo Ondimba et enfin Bilal Bongo Ondimba, adopté par le couple en 2002.

Après des études de Droit à Paris, il entre dans la vie politique en intégrant le PDG en 1981. A l’occasion du 3ème Congrès extraordinaire du Parti, en 1983, il est élu au Comité Central du PDG. L’année suivante, il entre au Bureau Politique du Parti en qualité de Représentant Personnel de son père. Il y sera élu en septembre 1986 à l’issu d’un congrès ordinaire du Parti.

En 1989, Ali Bongo est nommé ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération.Il se présente comme candidat du PDG lors des élections parlementaires de 1990, premières élections organisées après la mise en place du multipartisme dans la politique Gabonaise. Il est élu Député de l’Assemblée Nationale dans la Province du Haut-Ogooué.

En 1991, Ali Bongo est contraint de quitter son poste de Ministre des Affaires Etrangères après deux ans d’exercice, suite à un amendement de la Constitution qui définit un âge de 35 ans minimum pour exercer une fonction ministérielle. Après son départ du gouvernement, Ali Bongo se consacre à son rôle de Député à l’Assemblée Nationale.

En février 1992, il organise la visite au Gabon de la star américaine de la pop, Michael Jackson.

Le Conseil Supérieur des Affaires Islamiques du Gabon (CSAIG) le nomme à sa tête en 1996. En décembre de la même année, il est reconduit comme candidat du PDG à la députation pour la province du Haut-Ogooué. Il est réélu en 1996.

Après avoir siégé plus de sept ans à l’Assemblée Nationale, Ali Bongo est nommé Ministre de la Défense Nationale le 25 juin 1999.

Il est réélu une nouvelle fois Député de la Province du Haut-Ogooué en 2001. Il accède deux ans plus tard à la Vice-présidence du PDG. Lors des élections présidentielles de 2005, Ali Bongo s’engage activement dans la campagne de réélection de son père, sous la responsabilité de Coordinateur Générale de la Jeunesse.

Ali Bongo est réélu la même année comme représentant du Parti pour le Haut-Ogooué, en conservant son portefeuille ministériel à la Défense Nationale. Le 9ème Congrès Extraordinaire du Parti, en 2008, le reconduit à la Vice-présidence du PDG. Il est actuellement le candidat du Parti à l’élection présidentielle du 30 août 2009.

Le nouveau président tiendra-t-il ses promesses ? Il s’est engagé pendant la campagne à lutter contre les inégalités, la pauvreté et l’exclusion

« Les Gabonais ne ressentent pas encore assez au quotidien les fruits du développement économique de notre pays. Les infrastructures sociales restent très insuffisantes (hôpitaux, logement, etc.), près d’un quart de nos concitoyens vivent en dessous du seuil de pauvreté et les écarts de revenus demeurent importants. Ceux qui possèdent beaucoup côtoient ceux qui n’ont presque rien. Et, en dépit des moyens et des programmes que l’Etat a mis en place pour les rendre accessibles à l’ensemble des gabonais, les services sociaux de base demeurent une préoccupation majeure.

Dans ces conditions, certains compatriotes se sentent marginalisés. Ces disparités accentuent la fracture sociale, remettant en cause notre cohésion nationale. Parallèlement, on déplore une montée sensible du tribalisme dans la vie sociopolitique. Or, le tribalisme, manifestation régressive et facteur d’exclusion, est en partie une manipulation politicienne.

Il nous faut donc réduire les inégalités et promouvoir la solidarité nationale dont le fondement est notre « vouloir vivre collectif ». La nation a le devoir moral de venir en aide aux couches de la population les plus vulnérables. Pour cela, il sera nécessaire d’accroître et d’étendre le système d’allocations et d’aides sociales, les équipements collectifs, les internats, les écoles publiques, la santé publique, la couverture maladie, en particulier celle des plus démunis…

Il faut que le Gabonais moyen soit le premier bénéficiaire de la richesse nationale. Cette exigence de transformation sociale sera une des hautes priorités de mon mandat.

En effet, je souhaite placer l’Homme au cœur de l’action, à la fois en tant qu’acteur du développement et bénéficiaire de ce développement. J’invite donc solennellement mes concitoyens à un nouveau contrat social, qui nous permettra de réussir cette transformation d’ici 2016.

Les urgences sociales sont nombreuses et concernent aussi bien l’éducation, la protection sociale, l’égalité face à la maladie que l’accès à l’eau potable, à un logement décent et à l’assainissement, ainsi qu’à un emploi rémunéré et à des opportunités de revenus.

Dans le domaine de l’éducation, nous bénéficions d’une scolarisation au primaire presque universelle et d’une quasi parité entre les filles et les garçons. Toutefois, cette performance doit être relativisée, en raison de la faible efficacité interne du système éducatif gabonais qui se manifeste dans les taux de redoublement élevés et dans les faibles taux d’achèvement à tous les niveaux, du primaire au supérieur. Il s’y ajoute, l’inadéquation entre la formation et l’emploi.

A titre d’exemple, l’Etat gabonais consacre, en plus des efforts propres des parents, 40 milliards de francs CFA par an pour financer les allocations scolaires dans des filières de formation qui au final ne correspondent pas toujours aux besoins de notre économie et du marché de l’emploi. Nous ne pouvons plus nous permettre cela. La modernisation de notre infrastructure de formation et sa meilleure adéquation avec l’emploi seront un impératif pour le prochain mandat.

Nous poursuivrons la politique de gratuité scolaire et nous favoriserons un meilleur accès aux fournitures scolaires et un encadrement renforcé, en qualité et en quantité.

De nouvelles écoles supérieures et techniques seront créées, sur l’ensemble du territoire, et les contenus des formations seront repensés pour mieux préparer les élèves aux réalités du milieu du travail. Je compte organiser en 2010 des Etats généraux de l’éducation et de la formation, afin que tous les acteurs concernés redessinent ensemble les voies à suivre pour générer un système éducatif d’excellence dans notre pays.

Le développement du potentiel humain de notre pays suppose également qu’un appui conséquent soit accordé aux acteurs culturels, aux artistes et aux intellectuels, pour leur permettre d’exprimer pleinement leur art et leur savoir tout en assurant une protection de leurs droits en tant qu’auteurs.

Les industries culturelles seront donc encouragées à travers tout le pays et plusieurs infrastructures culturelles (musées, conservatoires, théâtres, bibliothèques) seront mises en place ou redynamisées, notamment le CICIBA afin de mieux valoriser notre patrimoine national et notre riche histoire. L’apprentissage des langues nationales sera encouragé.

Concernant la santé, il nous faut nous attaquer en priorité à la pandémie du sida qui touche encore plus de 7% de la population. Des mesures énergiques de prévention et de traitement seront mises en œuvre, de manière à inverser rapidement la tendance. J’en ferai une affaire personnelle.

Au-delà du VIH/Sida, notre intérêt portera sur l’ensemble du système de santé qui continue de se caractériser par de faibles indicateurs. Les efforts seront concentrés sur l’amélioration de l’accès aux soins de santé, sur la généralisation de la couverture vaccinale et l’assurance maladie, sur un meilleur approvisionnement en médicaments ainsi que sur une meilleure qualité des soins.

De manière spécifique, je m’engage à rendre gratuits les frais d’accouchement dans les structures de santé publique dès le premier jour de mon installation à la Présidence de la République. La protection sociale recevra d’importants moyens financiers, en ciblant en priorité les handicapés, les personnes âgées, les enfants, les indigents, les veuves, les orphelins, les filles mères, la femme rurale et les peuples autochtones.

La pension des retraités sera revalorisée et une couverture sanitaire gratuite leur sera garantie dans les centres de santé de l’Etat. Leur mobilisation dans des activités d’intérêt public sera également promue.

La dimension genre sera prise en compte dans toutes les politiques publiques. Les femmes bénéficieront ainsi de plus de pouvoir politique. Leurs capacités économiques seront également renforcées, notamment par la facilité de l’accès au crédit et à la formation. Les droits des veuves et des orphelins seront protégés notamment en ce qui concerne la succession.

Nous veillerons également, à l’horizon 2016, à rendre universel, l’accès à l’eau potable et à l’assainissement, partout sur le territoire national. Il s’agit là d’un droit fondamental de tout citoyen gabonais. L’habitat social sera fortement relancé, à travers la mise en œuvre d’un programme de construction de villas et d’aménagement de parcelles, de façon à permettre à tout citoyen de pouvoir disposer d’un logement digne. Les quartiers insalubres des centres urbains notamment ceux de Libreville doivent être réhabilités et modernisés.

L’emploi sera soutenu, grâce à la mise en place de lignes de crédit et à l’encadrement des promoteurs de projets productifs. Les jeunes doivent être les grands bénéficiaires. Des opportunités de stage leur seront offertes, en encourageant la signature de conventions Etat-Patronat et en valorisant l’apprentissage dans les ateliers d’artisans.

Afin de mieux cerner les besoins et attentes de la Jeunesse, je compte tenir en 2010 un Forum national de la Jeunesse pendant lequel toutes les questions relatives à la jeunesse, y compris les sports et les loisirs, seront abordées, un plan d’actions identifié et mis en œuvre avec diligence.

Concernant le sport en particulier, nous devons en faire un facteur privilégié de l’épanouissement de notre jeunesse. Nos établissements primaires, secondaires et supérieurs doivent devenir des pépinières de champions. Outre les moyens que l’Etat mettra en place, nous nous engageons à encourager le mécénat. De même, les Artistes bénéficieront de l’attention des pouvoirs publics, notamment par la création d’un conservatoire, des centres culturels dans chaque province et par la protection effective des droits d’auteur.

Ces neuf axes stratégiques vont être détaillés et renforcés dans le cadre des visites de proximité que je compte vous rendre. Pour chaque axe retenu, j’indiquerai, de manière précise, les mesures d’urgence qui seront prises dès mon entrée en fonction.

Le Premier ministre, que je vais nommer une fois élu, détaillera encore plus, dans sa Déclaration de Politique générale, les actions envisagées dans chaque secteur, en relation avec les ministres. Nous pourrons ainsi disposer d’un agenda gouvernemental chiffré et daté.

Je souhaite en effet gouverner dans une option de gestion axée sur l’obligation des résultats. Nous y parviendrons en plaçant l’homme au cœur de l’action et en adoptant des méthodes de travail simples, pragmatiques et performantes.

Le programme que je vous propose sera constamment suivi, pour veiller à sa bonne mise en œuvre. Une évaluation systématique des performances atteintes sera effectuée, afin d’apporter si besoin, les correctifs nécessaires. » (Ali Bongo)